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    Le Discours
    Anecdotes, potins, actus, voire secrets inavouables autour de "Le Discours" et de son tournage !

    Cannes 2020

    Le film fait partie de la Sélection Officielle Cannes 2020.

    La rencontre

    C'est après avoir lu Zaï Zaï Zaï Zaï, qu'il a adoré, que Laurent Tirard a pris contact avec Fabcaro pour lui faire part de son admiration. Les deux hommes ont fini par se rencontrer autour d'un café. Les droits de la BD burlesque étaient déja pris et Tirard ne se voyait de toute façon pas l'adapter. En revanche, il était persuadé qu'ils seraient amenés à travailler ensemble. Quand Le Discours est sorti, le réalisateur s'est jeté dessus et a immédiatement voulu l'adapter, malgré la réticence de Fabcaro : "je lui ai dit que c’était inadaptable ! Un texte aussi introspectif allait être ennuyeux à l’écran. Tout se passe dans la tête d’Adrien et, en plus, tout tourne autour d’un repas".

    Un deuxième premier film

    Laurent Tirard qualifie Le Discours de "deuxième premier film" : "Cela faisait un moment que je cherchais à faire [...] un film où je remettais les compteurs à zéro, où j’allais essayer des choses, prendre des risques, et dans une économie raisonnable de production, contrairement à des films « énormes » comme Astérix et Obélix : au service de Sa Majesté". Il révèle d'ailleurs que le film a été difficile à vendre auprès des gros distributeurs avec lesquels il est habitué à travailler, et que c'est grâce à l'enthousiasme de Jean Labadie du Pacte que le projet s'est fait.

    Le défi de l'adaptation

    À l'instar de la narration du livre, Laurent Tirard a souhaité que celle du film ne soit pas linéaire. Il revient sur sa méthode : "J’ai d’abord disséqué le roman de manière très méthodique, en résumant chaque moment sur des bristols. Puis j’ai mélangé les bristols en obéissant à mon instinct, en commençant, par exemple, par une anecdote qui est au milieu du bouquin, en sacrifiant aussi des moments que, pourtant, j’aimais… Généralement, je mets entre six et huit mois pour écrire un scénario, mais, cette fois, une fois mon puzzle de bristols composé sur mon mur, je l’ai écrit en deux mois seulement". Si Fabcaro s'entretenait régulièrement avec le réalisateur, il lui a fait totalement confiance et ne s'est pas interposé dans son travail d'adaptation. Il admet avoir été emballé par le résultat : "Il y a une trouvaille de mise en scène dont j’ai été carrément jaloux en découvrant le film : les interprètes des Nations Unies qui, chacun, dans leur bocal, traduisent les échanges de la famille pendant le dîner".

    La perle rare

    Trouver l'interprète d'Adrien a été un défi pour Laurent Tirard, d'autant que "certains lecteurs du roman, surtout des femmes, le trouvaient un peu agaçant. Trop ado attardé, trop égocentrique, et qui mériterait un coup de pied au cul !" Il a fallu chercher un comédien qui dégage un énorme potentiel de sympathie et soit capable d'être de quasiment tous les plans du film, en passant de monologues face caméra à des dialogues réels et à une voix off. L'ayant adoré aussi bien dans Le Sens de la fête que sur scène à la Comédie-Française ou dans Un entretien, le programme court de Canal +, le réalisateur a vu en Benjamin Lavernhe une évidence.

    Briser le 4ème mur

    Pour les séquences à table où Benjamin Lavernhe se tourne pour parler face caméra en pleine conversation, le réalisateur ne voulait pas refaire ces prises en post-synchro, car ce procédé sonne toujours un peu faux selon lui : "nous avons fait des essais avec des perchmans autour de la table pour voir jusqu’à quel point les quatre acteurs pouvaient continuer leur conversation en baissant le ton pendant que Benjamin, lui, parlait à la caméra. Et c’est fou comme ils ont chopé le truc ! Ils étaient capables de détimbrer légèrement leur voix en un clin d’oeil". L'ingénieur du son n'a pratiquement pas eu besoin de faire de retouches en post-synchro grâce aux acteurs.
    Il s'agissait d'un véritable défi pour Benjamin Lavernhe, aussi bien en termes de jeu que de logistique : "La caméra était un partenaire de jeu à intégrer. J’avais parfois envie de dire à la caméra : "Casse-toi, je veux jouer avec mes camarades" ! Une drôle de sensation. De plus, parler à la caméra accentue le trac car cela donne une conscience aiguë de ce que l’on est en train de jouer comme devant un miroir".

    Sans trucage

    Pour les arrêts sur image, les acteurs s'immobilisaient sur le plateau : "ils l’ont fait en vrai. Nous avons tourné une journée entière et ils ont refait la prise dix-huit fois ! Chapeau" raconte Laurent Tirard. "Moi-même je n’étais pas sûr que ce soit possible. J’avoue tout de même que la technologie numérique a du bon : j’ai juste effacé quelques clignements d’oeil".

    Références

    L'un des défis du Discours a été de ne pas être statique et d'essayer d'être toujours original. Les trois grandes influences de Laurent Tirard ont été Annie Hall "pour sa liberté narrative incroyable"Eternal Sunshine Of The Spotless Mind "pour son inventivité visuelle et sa poésie" et Un air de famille : "un "classique" sur les rapports familiaux". L'équipe a tourné avec plusieurs caméras, dans différents angles pour pouvoir, ensuite, choisir au montage la forme la plus vivante et la moins lassante pour le spectateur.

    Un "rôle total"

    Incarner le héros du Discours exigeait de Benjamin Lavernhe de passer par de nombreuses émotions, le rôle offrant un condensé de tout ce qu'il est possible de jouer. L'acteur revient sur ce qui l'a séduit dans le projet : "C’est en lisant la deuxième partie [du scénario] que j’ai été complètement convaincu : le mélange de poésie, d’humour, et de… "cerveau malade" de mon personnage me touchait beaucoup. Mais aussi la mélancolie profonde qui m’a envahi en finissant le scénario". Autre élément qui lui a plu : "ce mélange de réalisme dans le jeu, opposé aux scènes de fantasme plus absurdes et burlesques, tout ça avec la langue de Fabcaro si bien rendue par Laurent [Tirard]".

    Une séquence sans fin

    La séquence du repas a nécessité quinze jours de tournage. Julia Piaton se souvient de la configuration particulière du plateau : "Autour de Benjamin [Lavernhe], nous étions tous beaucoup en réaction à sa musique, sans déranger ses rendez-vous avec la caméra. Nous étions quatre + un. Nous devions chacun être dans notre partition, mais en écoutant très attentivement les autres, et être sans cesse sur le qui-vive. C’était compliqué ! [...] C’était un peu Un jour sans fin : tu recommences ton entrée puis tu passes au gigot que tu as déjà mangé la veille à huit heures du matin !"

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