Un drame intime d’un réalisme saisissant, avec aussi pas mal de longueurs, sur la crise existentielle d’un officier de gendarmerie dont la vie bascule, interprété par un impeccable Jeremie Rénier. 3,25
Un drame réaliste et saisissant filmé avec brio par le cinéaste Xavier Beauvois !! Je me demandais pourquoi le titre "Albatros" , nom de bateau, la réponse est dans la dernière partie du long métrage. Sinon, cette oeuvre se raconte en trois actes, avant, pendant et après une erreur fatale commis par un gendarme ordinaire sur un paysan voulant se suicider avec son fusil. L'avant avec son quotidien de gendarme pendant le boulot en patrouille et voulant épouser sa femme auquel ils ont déjà une fille. Le pendant avec un copain paysan au bord de la crise de nerfs ayant des dettes, fugues, et comme je l'ai plus haut meurt. Puis l'après avec la garde à vue , le choc, la dépression, le monde agricole le maudissant etc.. . L'émotion qu'on ressent en voyant ce film est forte, comme dans "Le petit lieutenant", Xavier Beauvois signe une oeuvre dramatiquement réelle du milieu des forces de l'ordre. Jérémie Rénier est une fois de plus exceptionnel dans la peau du personnage principal , les acteurs qui l'entourent (dont un certain Victor Belmondo, petit fils de Bébel) sont remarquables. Je le conseille vivement.
Albatros est un film aux multiples facettes. Quotidien d’une gendarmerie, précarité de l’agriculture, drame sociale, familiale, personnel, aventure marine, ode à la Normandie, … Cette liste peut faire penser à un fouillis mais le scénario, la réalisation et les interprètes en fond un ensemble cohérent, touchant et puissant.
Un drame social brillamment porté par Jérémie Renier, qui mue de professionnel empathique en homme brisé. Néanmoins, "Albatros" se caractérise par un déséquilibre entre une première partie illustrant cette France qui souffre, et une seconde plus convenue et linéaire sur la capacité de résilience.
Comme à son habitude, Xavier Beauvois réalise ici un beau film dont les maîtres mots sont dignité, pudeur, humanisme discret et profond. Le film se découpe en une partie documentaire pleine de tendresse pour les personnages, qu’ils soient gendarme(tte)s ou victimes d’une misère poignante, et une partie dramatique qui se penche sur la difficile rédemption du gendarme, abandonnée par la société qu’il a défendue intègrement, et sur la belle dignité de sa famille. Deuxième partie qui est aussi à un magnifique hommage à la mer et aux marins. Magnifiquement filmée, l’œuvre est réaliste, juste, bien dosée et parfaitement interprétée aussi bien par les professionnels que par les amateurs, gendarmes ou agriculteurs. Xavier Beauvois continue de prouver son immense talent pour décrire les âmes en miettes.
J’ai failli arrêter le visionnage avant la fin, tellement ce film me paraissait misérabiliste et déprimant. Heureusement, la fin relève l’ensemble : il ne faut donc pas la rater. Je m’explique : trois parties inégales dans ce film. La première est le quotidien de la vie de gendarmes, filmée avec un réalisme digne d’un documentaire d’Elise Lucet. Jérémie Rénier y est particulièrement excellent en cadre de la gendarmerie. Puis, et c’est la deuxième partie, survient le drame, où notre gendarme, spoiler: voulant éviter qu’un agriculteur qu’il connait bien se suicide avec son fusil lui tire dans la jambe mais, touchant sans doute l’artère fémorale, l’agriculteur décède . S’ensuit l’anéantissement de notre héros devenant totalement prostré, devant en plus supporter la réaction de sa hiérarchie pour l’usage de son arme. Vient ensuite la troisième partie, nettement plus courte, où il quitte tout , abandonnant femme et enfant, en s’embarquant sur son voilier. Cette partie explique bien la réaction et le dénouement. Le drame social de certains agriculteurs y est largement développé, rendant le propos parfois difficilement supportable. En tout cas le réalisateur démontre, une fois de plus, son savoir faire.
Pendant les 30 premières minutes, le spectateur découvre la vie d’un adjudant de gendarmerie et de sa famille. Les évènements de sa vie professionnelle et privée s’enchaînent sans grand intérêt, entre le documentaire et le téléfilm. Le réalisateur veut tellement bien faire qu’il nous inonde avec les problèmes de la planète, les CRS et leurs flash-balls, les problèmes d’inceste, les jeunes qui roulent sans casque et les drames paysans. Quand la tragédie survient et bouleverse la vie de ce militaire, le scénario nous renvoie dans une espèce de rédemption en mer qui fait bien encore une demi-heure sur fond de musique sacrée pour bien marquer le coup. Pas grand-chose sur le traitement judiciaire et une fin bateau – sans mauvais jeu de mot – me laisse sur ma (très grande) faim.
Un joli drame au sujet fort et délicatement traité. On apprécie la finesse du casting et la jolie mise en scène. Parfois en peu long mais jamais larmoyant. Un film qui mérite d'être vu et qui donne matière a s'interroger.
Une petite prod sympa, un drame bien abouti. heureux de voir le petit-fils de Jean-Paul Belmondo. Également l'occasion de découvrir la Normandie. 3/5. ----août 2022----
Un film formidable, comme la plupart des fils de ce metteur en scène. Touchant et beau. Image et musique impeccable. Jérémie Renier excellent comme d'habitude.
Il est beau, il est gendarme, et nous l'accompagnons pour commencer dans son quotidien de gendarme. On voit qu'il se construit une sorte de carapace pour pouvoir endurer nombre de situations difficiles voire sordides. Mais n'est-ce pas cette armure qui va l'empêcher d'avoir la compassion et l'empathie nécessaires pour empêcher son ami paysan de commettre l'irréparable ? Xavier Beauvois maîtrise parfaitement la direction de ses acteurs mais le couple Jérémie Renier et Marie-Julie Maille ne m'a pas convaincu du tout. Par contre le jeu de "Poulette" (interprétée par la fille du réalisateur) est époustouflant pour son âge. De même Geoffroy Sery interprète avec force et émotion une sorte de néorural à dreadlocks, démoli par une politique agricole qui broie ceux qui ne veulent pas se plier aux (fausses) sirènes de l'agriculture industrielle et productiviste. Ce n'est pas le premier film qui aborde ce sujet dramatique mais c'est là aussi la force d'Albatros de dénoncer ce système déshumanisé imposé par Bruxelles, les lobbies de l'agro-industrie et de la chimie, les banques et un certain syndicat agricole majoritaire. Dans Albatros, Julien est accablé de dettes, anéanti par des mesures administratives débiles qu'imposent des fonctionnaires territoriaux zélés, et il est acculé au désespoir, offrant au spectateur une séquence vraiment bouleversante (la seule à mon avis). Comme des marins qui puisent dans l'océan toute l'énergie pour se ressourcer, Laurent va y trouver son lieu de purgatoire et les scènes de bateau sont impressionnantes (à ne voir que sur grand écran) et démontrent la maîtrise technique impeccable de Xavier Beauvois. Ce n’est pas le meilleur film de Xavier Beauvois mais il mérite largement d’être vu au cinéma.
Laurent (Jérémie Rénier) est sous-officier de gendarmerie. Il commande une petit brigade en Seine-maritime, sur les bords de la Manche où il aime naviguer sur le bateau qu’il a acheté avec son meilleur ami. Il vient de demander la main de sa compagne, Marie, dont il partage la vie depuis dix ans et avec qui il a eu un enfant (interprétée par la propre fille du réalisateur et auquel elle ressemble étonnamment). La vie de la brigade et de ses militaires est ponctuée de petits drames ordinaires : un suicide du haut des falaises d’Etretat, un jeune qui circule sans casque et sous emprise, un poivrot qu’il faut raccompagner chez sa mère (Xavier Beauvois en caméo), un agriculteur qui part en vrille… Tout semble aller pour le mieux dans la vie heureuse de Laurent jusqu’à ce qu’un drame ne fende sa vie en deux.
Xavier Beauvois est un réalisateur qui s’est toujours attaché à filmer le groupe : les membres d’une congrégation religieuse dans "Des hommes et des dieux", les policiers dans "Le Petit Lieutenant", les femmes laissées seules par les hommes partis au front en 1914 dans "Les Gardiennes" (qui avait révélé Iris Bry qu’on retrouve ici dans un rôle secondaire). C’est avec la même réussite qu’il filme dans "Albatros" le quotidien d’une caserne de gendarmerie. Le film devrait devenir iconique dans les écoles de gendarmerie – comme "Le Chant du Loup" l’est déjà à l’Ecole navale – tant il donne une image à la fois documentée et valorisante du métier de gendarme.
Cette (trop ?) longue exposition constitue la première partie d’un film qui en compte deux. Il est coupé en son milieu par un drame que la bande-annonce a montré mais dont je ne dirai rien pour ne pas encourir de procès en divulgachage. C’est la meilleure partie du film si on la considère non pas comme un préambule, mais bien comme l’objet du film : la narration humble d’un quotidien sans histoire fait de mille histoires.
Dans sa seconde partie, le film bascule. Il raconte la lente reconstruction d’un homme brisé par un drame qui a fait éclater sa vie. Il emprunte pour se faire un cheminement étonnant, quasi mystique, qui nous transporte loin des horizons minuscules de la première partie. Il faut sans doute y voir la marque du mysticisme de Xavier Beauvois dont le cinéma est traversé par des interrogations existentielles. Si le film y gagne peut-être en profondeur, il y perd malheureusement en fluidité et risque de se noyer (c’est le cas de le dire !) dans un fatras métaphysique. Il est sauvé de justesse par son dernier plan, d’un étonnant romantisme qui , fleur bleue que je suis, m’a immanquablement fait fondre.
Après “Bac Nord” de Cédric Jimenez qui nous proposait cette année une immersion au cœur d’une brigade de terrain à Marseille, c’est au tour de Xavier Beauvois de nous inviter au sein d’une gendarmerie à Etretat. L’ambiance est différente. Tous les habitants se connaissent et il n’est pas rare que Laurent, commandant de brigade, doive traiter avec ses voisins et ses amis. Nous le suivons dans ses différentes affaires jusqu’au drame où il tue accidentellement un agriculteur ruiné en voulant l'empêcher de se suicider. Le film bascule alors dans une seconde partie, celle de l’introspection et la reconstruction sur le large, de notre protagoniste anéanti par le drame dont il est fautif. Après “Des hommes et des Dieux” ou “Les Gardiennes”, on connaît les mises en scène calmes du réalisateur. Beauvois aime les silences et les longs plans. C’est pourtant la faiblesse de son “Albatros” qui s’étire en longueur. L’histoire est néanmoins bouleversante et Jérémie Renier porte son rôle avec une justesse et un charisme déconcertants. D'autres critiques sur notre page Facebook : Cinéphiles 44 et notre site cinephiles44.com
C’est un cinéma qui avance presque masqué. Des scènes apriori anodines, des réflexions sur des sujets furtifs, et le quotidien d’un gendarme en phase avec son uniforme et les missions qui lui incombent. Subrepticement Beauvois se prend à tout réunir, pour arriver enfin à son sujet ( le malaise endémique du monde paysan) cadré dans le monde gendarmesque qui semble beaucoup lui plaire. Il en sort une tonalité indistincte ( entre le documentaire et le projet fictionnel ) rehaussée par l’interprétation chamboulée de Jérémie Renier. De la sympathie journalière aux angoisses existentielles de son métier, le comédien adopte toujours un ton proche de la vérité. Et plus encore dans ses instants de folie maritime magnifiée par la caméra . Là où le film prend une toute autre ampleur. AVIS BONUS Une rencontre rochelaise avec le réalisateur qui ne manque pas d'intérêt et de piment ... Pour en savoir plus : lheuredelasortie.com
Quel film! Le sujet m'effrayait un peu : il est traité de façon magistrale . Un scénario réfléchi, des personnages humains et riches filmés dans une belle région, sous des ciels majestueux, une interprétation remarquable de tous les acteurs ( et actrices évidemment). Jérémy Renier trouve là un rôle à la hauteur de son talent. il est parfait, juste. Bien dirigé certainement, mais aussi capable de jouer au delà de la comédie au sens large, une véritable tragédie.