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TwinPeaks2003
6 abonnés
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4,5
Publiée le 30 mars 2025
Chaque film d'Alain Resnais est unique, c'est une véritable expérience à chaque fois. Ça passe ou ça casse mais ici c'est un très grand film qui ressort.
Il ne faut pas chercher à comprendre ce que l'on voit, il faut réussir à rentrer dans l'imaginaire de ce vieux monsieur puis quand cela est fait c'est un véritable plaisir à suivre cette histoire complètement m'éboule. Il y a un véritable univers qui sort du cerveau de ce type âgé. Il y a un traitement du son qui super intéressant, on entend très rarement des bruits d'ambiance par exemple, le bruit du vent, le bruit des pas... ce sont les dialogues qui prennent généralement tout l'espace sonore. L'utilisation de la voix off est aussi merveilleuse.
La mise en scène c'est très fort et rajoute cette dimension d'étrangeté, de folie dans cet imaginaire. spoiler: Il y a la séquence dans la cuisine notamment où les deux personnages sont placés d'une manière qu'on a un effet d'optique où l'un est plus grand que l'autre, je trouve ce petit dispositif intéressant et en adéquation avec l'idée du film.
Et la photographie sur la dernière partie du film, mon dieu, c'est.... whoaaa !
Alain Resnais était un réalisateur très peu conventionnel et "Providence" ne fait que le confirmer. Ca commence de façon très bizarre et on ne tardera pas à comprendre que tout ce qu'on voit à l'écran n'est que la visualisation en temps réel de l'histoire chaotique imaginée par un vieil écrivain pendant une nuit d'insomnie très alcoolisée. C'est très décousu, difficile à suivre, et on ne comprend pas vraiment où tout cela veut nous conduire. Les choses s'ordonnent dans la dernière partie beaucoup plus conventionnelle qui éclaire - un peu - sur l'histoire imaginée avant. "Providence" est clairement un film sur le processus de création littéraire, sur la fin de vie, mais c'est un exercice de style qui m'a laissé finalement plutôt indifférent.
C’est évidemment l’archétype du film d’auteur. Il y a 30 ans je découvrais Resnais, cette liberté de ton me plaisait. Même si mon préféré est quand même « Mélo ». Force est de constater que nos goûts changent. Je trouve ce film simplement insupportable. Ce vieux pénible et ronchon et cette histoire totalement déstructurée qui n’existe que dans la tête du réalisateur. S’il l’a comprise un jour?? Le style vaut plus que le fond. On regarde sans vraiment comprendre mais on est las de les voir tourner dans leur monde inventé.
Un vieil écrivain malade (John Gielgud) imagine ce qui sera probablement sa dernière oeuvre. Son sujet est encore indécis, incohérent et, filmé par Alain Resnais, illustre les pensées parfois profuses de son auteur. La mort et l'euthanasie, une querelle familiale sont au coeur d'une fiction à peine ébauchée, sans queue ni tête, répondant aux idées noires du romancier. Ainsi, Resnais met en scène le mécanisme de la création littéraire, un composé de fiction, de fantasmes ou de situations vécues. Le fils de l'écrivain est le personnage central de son récit rêvé, procureur rigide et intolérant, un être méprisable placé au coeur d'un psychodrame, un figure un peu floue, mal définie, qui pourrait être alternativement lui-même et le double de l'écrivain. Comme toujours chez Resnais, la mise en scène est prépondérante. Complexe, ludique (spoiler: ce footballeur , par exemple, qui se glisse, incongru, comme un parasite dans les pensées de l'écrivain) elle enrichit l'intérêt et l'originalité d'un sujet aux multiples facettes, qui réserve des surprises suivant une certain nombre de faux-semblants.
Audacieux par son concept brouillant les frontières entre réalité et création qui ne peut éviter la mise en abîme ("On dit que mes recherches de style entraînent un certain manque de sensibilité. Je dirais que le style c'est l'émotion sous sa forme la plus dépouillée") cette fantasmagorie intrigue en présentant l'œuvre en train d'être créée, tant par les scènes aux dialogues en évolution constante que par la voix narrative de l'auteur qui commente, juge ses personnages ou se laisse surprendre par eux. Cependant la répétition du procédé finit par lasser, empêchant une solidité du scénario ou une lisibilité en-dehors du jeu même proposé. Dense par son exploration de la psyché auctoriale mais au charme purement intellectuel.
Un des films les plus chiants qu’il m’ait été donné de voir ! Fantasmes d’un vieil homme, prétextes à des allégories hermétiques : si on les comprend on fait partie de l’intelligentsia, sinon on est stupide ! Pour les adeptes des énigmes pseudo intellectuelles. Pour info, mon prof de philosophie l’a vu 7 fois sans tout comprendre. Pour info encore, le cinéma s’est vidé au bout d’1 heure (si, si, ils ont essayé de comprendre !). Moi, lycéenne de terminale à l’époque, j’ai dû rester jusqu’au bout : un pensum !
Ah ah, le film dans le film, l'histoire dans l'histoire... Le film ne fait que copier "Le Magnifique" de P. de Broca avec Belmondo, ne trouvez-vous pas ?... En moins rythmé bien sûr.
Je n'ai pas tellement apprécié le film. Il a, certes, une superbe réalisation. Vraiment j'étais impressionné par la précision des plans, du montage,... Mais la narration et l'histoire pose problème. On ne comprend pas vraiment quels sont les enjeux, ou l'histoire veut nous mener. On a juste ce procès au tout début, et puis le ressenti de chacun. Mais on a pas de réelle problématique à résoudre, un objectif à atteindre, ou quelque chose d'autre qui fait tout l’intérêt d'un récit. Résultat : on s'ennuie et on attend que quelque chose se déroule.
Je vais faire une confession. J'ai beau lui reconnaître une singularité et une audace, le cinéma d'Alain Resnais me sort par les yeux par l'ennui profond qu'il procure chez moi. "Providence" n'est pas une exception. C'est un film singulier, ce serait de mauvaise foi de dire le contraire ; c'est un film audacieux parce que dans les trois premiers quarts on suit les délires d'imagination d'un vieil écrivain au crépuscule de sa vie. Mais le risque avec un tel sujet, c'est que ça finisse par tourner sérieusement en rond ; et c'est le cas... Le faible intérêt de l'ensemble tient surtout sur le casting prestigieux ; mention spéciale à John Gielgud. Mais autrement pour moi le film s'oublie très facilement, comme tous les Resnais que j'ai vus en fait.
"Providence" raconte l'ultime création d'un vieil écrivain à l'aube de sa mort : il imagine, à partir de rêves et de souvenirs, une histoire où les principaux personnages sont les membres de sa famille. Sur un ton mélancolique, Resnais livre un film à la fois jubilatoire et émouvant où l'intrigue vaudevillesque est soutenue par une forme théâtrale - en effet les personnages changent complètement de décor en quelques pas - et dictée par une voix-off qui vient régulièrement commenter l'action et parfois même la modifier (certains personnages ne savent d'ailleurs même plus comment ils sont arrivés à tel endroit). Le film présente toutefois un intérêt inégal dans le contenu des scènes mais touche par sa créativité et offre quelques répliques subtilement écrites. Imaginer un récit en fantasmant la vie de ses proches, c'est une façon de lier intimement le réel à l'imaginaire, un geste ambitieux parfaitement cohérent avec la vision complexe et singulière que Resnais se fait de l'art et particulièrement du cinéma.
Bati sur le thème de la création littéraire, « Providence » est l’une des œuvres les plus abouties de son auteur. Resnais, ancien monteur, accomplit ici le prodige de raconter en une nuit l’histoire d’un écrivain, joué par John Gielgud, et sans que l’on sache bien quelle est la part de fiction et de réel au fur et à mesure qu’il conçoit le livre dans son esprit. Rarement une œuvre cinématographique ne nous aura aussi profondément introduit à l’intérieur du mécanisme complexe de la création littéraire..
Je ne suis pas fanatique de Resnais mais le choix d'une réalisation et d'un casting so british colle parfaitement au scénario bourré d' humour noir. Dommage que Resnais pousse parfois un peu trop les décalages avec des résultats contre productifs.
J'imagine que c'est le type de film qu'on adore ou qu'on déteste. Comme souvent dans ce cas, je me situe au milieu. J'ai beau avoir eu beaucoup de mal à pénétrer dans cet univers unique, lorsque je m'y suis fait le charme a un minimum opéré. C'est qu'en nous proposant une narration révolutionnaire, Alain Resnais nous déconcerte un bon bout de temps, avant de nous séduire pour plusieurs raisons. D'abord, celle extrêmement inventive et gratifiante de nous donner l'impression qu'une œuvre est en train de se construire devant nous. Personnages, dialogues, situations, décors... Le cinéaste n'hésite pas à explorer les infinies possibilités que lui offre un tel concept, si bien qu'on ne sait jamais où « Providence » va nous emmener, sentiment éminemment agréable. Cette sensation d'être littéralement plongé dans la tête d'un écrivain a quelque chose de vivifiant, comme si nous participions activement à ce qui est en train de se construire. Après, cela reste un cinéma très cérébral, au point que j'ai parfois vraiment décroché d'un long-métrage restant très « intellectuel », pouvant presque s'apparenter à de l'élitisme voire à de la prétention. Reste que l'expérience est assez unique en son genre, déconcertante, un peu ennuyeuse parfois, mais aussi stimulante et même assez brillante (quelle virtuosité technique!), hantée par la mort et les camps d'extermination... Difficile d'accès donc, mais enrichissant.
Quelle catastrophe, quel ennui, seules les dernières minutes arrachent un brin de curiosité, le reste est terriblement lourdingue, pompeux, sans légèreté, et surtout sans intérêt. Ce n'est même plus un ennui poli, mais un ennui profond que dégage ce film. Le message? on ne s'y intéresse pas le moindre du monde très rapidement, juste luttant pour rester concentré sur le film et ne pas être tenté de penser à autre chose, pour lui laisser une chance, mais non, on arrive au bout et voilà 1h50 de perdue totalement. Pourtant je n'ai rien contre Resnais dont j'avais trouvé très réussi Smocking-No smocking par exemple, qui était original ET maitrisé, maitrise totalement absente ici.