Atlantic City, l'Ohio, Las Vegas... Paul Schrader nous emmène dans l'Amérique du jeu et des casinos, celles de l'apparence, des lumières et des paillettes, pour y suivre un personnage pourtant mutique et discret.
The Card Counter prend son temps pour mettre en place ses personnages puis l'ambiance, et derrière des allures bibliques se cache un portrait sans concession de la nature humaine. Il n'est pas question pour Schrader de juger, mais bien de constater à quel point celle-ci peut être cruelle, par le biais des états ou de John Gordo, violente, par l'ensemble des personnages masculins, ou vengeresse, via le protagoniste et son protégé.
Le metteur en scène d'Hardcore pense à tout, il soigne sa mise en scène, utilise bien les lumières et ses plans sont aux millimètres près, et ces éléments servent une atmosphère ambiguë, assez mélancolique, parfois dépressive et teintée d'une violence continue, dans le fond comme la forme. Si les notes d'espoirs traversent par moment le film, à l'image de la belle et illuminée balade nocturne, on en revient régulièrement à la violence et la dureté de ce monde, et de protagoniste qui ne trouveront pas la paix autrement.
La partition minimaliste d'Oscar Isaac et la bande originale envoutante, participent à cette atmosphère qui finie par envahir tout le film. Usant parfois d'une voix-off, notamment lorsque protagoniste joue, ou de flashback plutôt dérangeant, Paul Schrader reste économe dans l'utilisation des mots et, heureusement, car il le fait très bien, évite de nous tenir par la main et nous laisse juge des actes des personnages.
En signant The Card Counter, Paul Schrader nous emmène dans l'univers des casinos américains pour y suivre une histoire mêlant rédemption, violence et passés douloureux, axant sa mise en scène sur une atmosphère de plus en plus dérangeante, immersive et intrigante.