Mohamedou Ould Slahi, un ressortissant mauritanien (vivant au Canada) s'est retrouvé illégitimement détenu au camp de Guantánamo durant 14 années. Âgé de 32ans au moment de son interpellation, il fut extradé de Mauritanie par les américains pour être amené en Jordanie, puis en Afghanistan avant d'atterrir sur l'île de Cuba. Entre 2002 & 2016, il sera victime de sévices psychologiques et physiques (de la privation de sommeil en passant par l'isolement, toutes sortes de violences et mêmes des humiliations sexuelles).
Coupable aux yeux des américains d’avoir reçu des appels suspects provenant d’un cousin mauritanien proche de Ben Laden et coupable de s’être rendu à deux reprises aux débuts des années 90 en Afghanistan pour combattre avec les Moujahidines, Mohamedou Ould Slahi était le coupable idéal lorsque la CIA s’est intéressée à lui après les attentats du 11 septembre 2001.
Il faudra attendre qu'une avocate américaine du nom de Nancy Hollander (accompagnée de son assistante) aillent à Guantánamo pour que son cas soit étudié en militant farouchement pour qu’il puisse bénéficier du "habeas corpus" (une notion juridique qui énonce une liberté fondamentale, celle de ne pas être emprisonné sans jugement). Alors que son calvaire aurait pu s'arrêter là (un juge fédéral avait ordonné sa libération en 2010), le gouvernement d'Obama en a décidé autrement, refusant sa libération. Il lui faudra attendre six années supplémentaires pour pouvoir recouvrer la liberté.
Désigné Coupable (2021) retrace son parcours et sa détention illégale sur l'île de Cuba. De ses 14 années de prison à sa bataille judiciaire avec ses avocats. Le film est adapté de ses mémoires "Les Carnets de Guantánamo" (publié en 2015) et nous prend aux tripes sans discontinu.
Nombreux sont les films à s'être intéresser au sujet brûlant qu'est la prison de Guantánamo. Des oeuvres de fiction, telle que The Road to Guantanamo (2006) de Whitecross & Winterbottom et d'innombrables documentaires, dont le très intéressant Guantanamo limbo (2015). Alors que l'on pensait avoir tout vu et tout entendu sur le sujet, on s'étonne de découvrir encore aujourd'hui des histoires terrifiantes comme celle vécue par Mohamedou Ould Slahi.
A la réalisation, on retrouve le talentueux Kevin Macdonald, qui avait été révélé auprès du grand public grâce à son excellent biopic sur le général Idi Amin Dada avec Le Dernier Roi d'Écosse (2006). Ici, le réalisateur nous entraine au cœur d’un drame passionnant, entre islamophobie et paranoïa post-11 septembre. Tout au long du film, il maintient le suspense quant à l’innocence ou non du principal suspect et met en lumière les agissements du gouvernement américain sur l’île de Cuba, devenue une zone de non droit puisque la juridiction américaine ne s’y applique pas, exit donc toute notion de droit de l’Homme et de présomption d'innocence, puisqu’il fallait à tout prix un bouc émissaire à leur traque anti-terroriste.
Bien évidemment, le film vaut assurément le coup d’œil ne serait-ce que pour la performance époustouflante de Tahar Rahim (nominé aux Golden Globes) dans l’un de ses plus beaux rôles, aux côtés d’une Jodie Foster toujours aussi brillante (couronnée d’un Golden Globe de la meilleure actrice pour ce rôle). Un drame puissant qui nous plonge dans les limbes de "Gitmo", entre la paranoïa ambiante et la justice américaine qui profite de l’absence de juridiction pour outrepasser les droits fondamentaux et les libertés humaines.
Brillant tant par la réalisation, le réalisme, le jeu des acteurs. L'histoire est vraie, poignante, touchante. Certains sont difficilement supportable mais l'objectif est atteint, on prend conscience de l'horreur de ces prisons. Merci encore au Club 300 pour ses retrouvailles avec les avant premières, vivement la rentrée !
Tirée d'une incroyable mais malheureuse histoire vraie, Tahar Rahim incarne avec brio Mohamedou Ould Slahi, un Mauritanien livré par son pays aux Etats-Unis, après les attentats du 11 Septembre. Sans aucun procès, il s'est retrouvé plusieurs années dans la prison de Guantanamo, jusqu'à ce qu'une avocate entende parler de son cas et se saisisse de l'affaire pour le défendre. Doté d'un très beau casting dont la brillante Jodie Foster, « Désigné Coupable » fascine autant qu'il abasourdit. On est pris dans cette préparation de ce futur procès, des difficultés engendrés pour défendre un homme qui a été privé de ses droits. Certaines scènes sont très dures à regarder mais nécessaires pour comprendre ce par quoi Mohamedou est passé. Egalement dénonciateur d'un système politique avec de nombreuses failles, le film m'a conquise de part son histoire forte et le rôle de ses actrices et acteurs. http://cinephile-critique.over-blog.com
L’intelligence de The Mauritanian tient essentiellement à l’approche de Mohamedou Ould Slahi comme d’un témoin détenteur d’une vérité humaine, faisant de lui le moyeu autour duquel gravitent les personnages et le film lui-même. Kevin McDonald commence par opposer deux camps, chacun représentés par une figure tutélaire, pour mieux les faire converger vers la reconnaissance et d’une déshumanisation qui ne cesse de s’étendre dans le temps et d’une violation des droits de l’homme ; surtout, il accorde une place de choix au doute, fondement de la foi : Nancy Hollander défend un client qu’elle croit coupable, le lieutenant Stuart Couch s’efforce de rassembler les preuves conduisant celui-ci à l’exécution capitale. La trajectoire judiciaire se double aussitôt d’une trajectoire spirituelle : l’emprisonnement de Mohamedou agit tel un accélérateur de particules, que la mise en scène du film adopte en principe esthétique et qui amène les personnages à réviser leur jugement préconçu, à communier avec un être innocent dont le martyre constitue non pas une finalité en soi mais bien un vecteur d’accès à la sagesse et à l’humanité. Le film décline plusieurs religions – l’islam de Mohamedou, le protestantisme de Stuart, l’athéisme de Nancy – pour mieux les confronter au patriotisme américain et révéler les valeurs en partage, les valeurs qu’une idéologie militariste et paranoïaque exploite ou annihile. Kevin McDonald s’entoure d’acteurs remarquables et les dirige à la perfection : Tahar Rahim impressionne, Jodie Foster excelle en avocate revêche et déterminée, Benedict Cumberbatch trouve là l’un de ses meilleurs rôles. Une œuvre coup de poing dont la puissance de mise en scène rattrape une clausule lourdingue : les panneaux de texte, les images d’archives et les témoignages écrasent l’émotion tissée, séquence après séquence, par la fiction, comme si le cinéaste perdait soudainement confiance en la puissance de son geste artistique.
Un véritable film qui nous prend aux tripes, où la résistance de l'homme face à ces détracteurs est plus grande grâce à sa foi et au pardon. Pardonner l'impardonnable.. on sort de la salle en étant révolté et bouleversé
Un gros casting pour une histoire de fous. 779 prisonniers pour, au final, n'en condamner que 4. Un témoignage édifiant mis en image avec efficacité. Les débordements, les tortures physiques et psychologiques par vengeance, par haine, c'est triste. Un film qui sera probablement très polémique, tout comme le livre dont il est issu. Tahar Rahim est parfait dans son interprétation et le casting est de haute volée.
The Mauritanien retrace des faits incroyables une histoire malheureusement pas assez connue qui met la lumière sur les problèmes et les abus dans les prisons de hautes sécurités, on voit les abus envers les droits naturels. Coter cinéma c’est un excellent film le casting incroyable un Tahar Rahim exceptionnel, pour ma part il méritait l’oscar du meilleur acteur. Le reste du casting est tous aussi fort les lumières du film, le montage vraiment tous est très travaillé ce film et une vraie claque je le recommande.
A Guantanamo, il est interdit de s'en prendre aux iguanes, sous peine d'une amende de 10 000 dollars. Les prisonniers qui y sont détenus n'ont pas cette considération, loin de là, la chose est connue mais devrait l'être davantage si The Mauritanian (Désigné coupable en VF, titre ridicule) est vu aussi largement qu'il le mérite. Le film est à charge, de A jusqu'à Z mais ce n'est que justice, si l'on peut dire, et le cas qui y est exposé, s'il est le plus "spectaculaire", n'en est qu'un parmi des centaines d'autres, tous ces hommes emprisonnés sans qu'aucun jugement ne soit prononcé à leur égard. Les autorités de l'Amérique traumatisée de l'après 11 septembre ont utilisé la manière forte, digne d'une dictature de bas étage et foulé aux pieds l'Habeas corpus, sans autre forme de procès. La puissance de The Mauritanian vient de son sujet et de son traitement efficace par un Kevin Macdonald en excellente forme qui mène parfaitement sa barque entre la personnalité du pensionnaire de Guantanamo et le combat de son avocate, idéaliste et humaniste. Le film a raison de ne pas en rajouter sur la violence des méthodes employées, ce qui est montré suffit à susciter le dégout. Tahar Rahim est époustouflant et crédible de bout en bout, attirant une immédiate sympathie. Jodie Foster est également remarquable en f,roide défenseuse des droits de l'homme. Mais ce sont bien les dernières images, tournées en Mauritanie auprès du véritable et malheureux héros de cette histoire qui suscitent le plus de frissons. Et avec une chanson de Dylan en accompagnement, on ne saurait mieux conclure.
Un film qui demontre qu aux US, les droits les plus fondamentaux sont baffoues, mais que leur societe est tout de meme suffisament libre pour qu'une histoire aussi terrible soit devoilee. cinematographiquement, c est sans chichis, plutot scolaire, et sans artifices sonores. Le casting, tres bon, nous propose un Tahar Rahim toujours aussi bon, et s offre cumberbach et foster. Un film qui genere de la colere, de l incomprehension et le sentiment qu il n y a aucun futur possible dans un monde domine par les militaires, la religion, et le pire, le mix des deux, les EU.
"Donné" par son pays parce qu’il a été désigné coupable de terrorisme aux lendemains des attaques du 11 Septembre par les États-Unis, Mohamedou Ould Slahi va passer plus de 14 ans à Guantánamo, condamné à la chaise sans aucune inculpation, ni le moindre jugement. Fustigeant les méthodes inhumaines d’un gouvernement qui s’est vautré dans la paranoïa, ce film politico-judiciaire de Kevin Macdonald puisse sa force et son émotion de l’impressionnante interprétation de Tahar Rahim. Bien que se faisant rare à l’écran depuis une décennie, Jodie Foster dénombre qu’elle n’a rien perdu de sa capacité à incarner de grands rôles.
Relatant l'histoire vraie de Mohamedou Ould Slahi, The Mauritarian (Désigné Coupable en V.F) est un film d'utilité publique. Il est toujours bon de pointer les dérives fascisantes dans lesquelles se sont engluées les États-Unis après le 11 septembre 2001, en s'essuyant les pieds sur leur Constitution ou l'Habeas Corpus au passage. Les dernières minutes ont le bon goût de rappeler qu'elles ne se sont pas arrêtées à l'arrivée de Barack Obama dans le bureau ovale. Néanmoins, la percée du long-métrage réside dans un renversement du centre de gravité. Contrairement à Détention Secrète (Gavin Hood, 2007) qui partait d'un postulat analogue, l'empathie se porte essentiellement sur Slahi. On le suit de son extradition aux interrogatoires jusqu'à sa déportation à Guantanamo. Si le réalisateur Kevin MacDonald feint la suspicion au départ, le doute se lève graduellement, à la grâce d'une performance mesurée et bouleversante de Tahar Rahim. Les 20 dernières minutes remuent les tripes autant qu'elles terrassent par l'émotion. L'autre belle idée de The Mauritarian consiste à transformer l'adversaire attitré (le Lieutenant Stuart Couch) en catalyseur d'une prise de conscience. Ces deux angles forts suffisent à donner corps à ce réquisitoire très chargé (la séquence des sévices, écœurante) sans être dogmatique. On rate de peu le classique, en cause une mise en scène pas toujours très fine (caméra à l'épaule & montage cut, pas forcément un bon ménage) puis certains seconds-rôles dont l'utilité est contestable (Shailene Woodley par exemple). Le besoin de respecter l'autobiographie Mohamedou Ould Slahi (Guantanamo Diary) est hautement louable, mais le travail d'adaptation implique certaines astuces narratives justement pour pallier ce genre d'écarts. En soi, rien qui empêche le film d'être un instantané édifiant sur l'échec de ce concept débilitant de "guerre juste" dont la première victime est l'humanité elle-même.
Tahar Rahim, sans aucun doute ma révélation de cette année 2021, dans The Mauritanian il incarne Mohamedou Ould Slahi un homme accusé d’avoir organisé l’attentat du 11 Septembre 2001. Cette acteur nous signe une prestation incroyable dans la douleur et la compassion d’un homme détruit. Une réalisation soignée jouant entre 16:9 et 4:3 justifiant un saut temporel maîtrisé.
En bref "The Mauritanian" de Kevin Macdonald c’est hautement Validé ✅
Errement dramatique, terrifiant et innommable d'un traitement systémique validé par les 3 derniers présidents (et le quatrième ?) d'une démocratie américaine de bien trop d'excès ! Une bio drame menée de main de maitre, interprétations sans faille, chargée de révoltes et d'émotions, impressionnant ! 4.5/5 !!!
pas mal... histoire poignante... acteurs convaincants... mise en scène classique... cependant je me suis ennuyé lors de mon visionnage... le film est un peu long et manque cruellement de rythme... la fin est pas mal mais pas transcendante...