On devient addict dès qu'on a vu l'opus 1. Dune touche les sens. L'opus 2 n'est qu'une variante du produit, prise dans un autre contexte (celui où l'on se demande si le messie est le messie - et questions connexes). L'addiction résulte des personnages principaux : la musique en premier lieu, rythme, force et fréquences ; les images ensuite ; l'histoire et les acteurs enfin (dont on n'a rien à dire de plus que ce qu'on a déjà dit sur l'opus 1).
Le responsable de cet opéra c'est évidemment le réalisateur. Les images, c'est quasiment du bicolore : noir et sable, sombre et lumineux, lunaire et saharien ; jamais de vert, de bleu, de rouge (sauf celui du sang - car c'est un film sanglant). Les vers, dont on connaît bien l'existence maintenant (et depuis longtemps), sont spectaculaires et leur apparition n'est pas parcimonieuse.
Il semble quand même qu'il ait ajouté du monumental, du gothique (arabo-berbère), une puissance évocatrice. Et en filigrane la moquerie de quelques dictateurs actuels (éventuellement du passé). Car le nerf central (et le message) de ce film, c'est la résistance d'un peuple face à la force bête - thème qui d'ailleurs est inachevé, puisqu'il est clair que la fin est une ouverture à une suite.
"Ce qu'on fait, on le fait pour le bien de tous", dit ce peuple. On se souvient alors de la première seconde du film (ne la ratez pas !) qui rappelle que "le pouvoir de l'épice est le pouvoir sur toute chose". L'homme étant fasciné par le pouvoir, ça motive dès le départ... Mais ce n'est pas pour autant que le film nous dira comment ça fonctionne vraiment !
Côté acteurs, rien de nouveau disait-on. C'est quand même, à notre avis, Stellan Skarsgård (le baron) qui emporte la palme. Christopher Walker joue l'empereur mais le personnage aurait tout aussi bien pu être joué par Tobin Bell (de la saga Saw) - ils ont les mêmes têtes aujourd'hui. L'acteur qui interpelle le plus est sans doute le successeur de Sting, qui interprétait (en 1984) le neveu du baron, le na-baron (cet acteur a fait Elvis Presley en 2022). Quoique qu'à vrai dire, il n'y a pas seulement l'interprétation ici (comme pour Sting), il y a les effets spéciaux, le maquillage, etc. C'est tout ça qu'il faut saluer.
A.G.