J’étais prêt. Prêt à revoir ce désert de promesses, ce monde écrasé sous le poids de sa propre imagerie. Le premier Dune m’avait laissé sur le sable, à la fois frustré et vidé. Un exercice de style, trop sûr de lui, trop vide derrière ses visions.
Ce deuxième volet, lui, s’annonce différemment. Moins de visions gratuites, moins de poudre aux yeux. On entre enfin dans l’histoire, ou du moins, dans ce qu’elle essaie de raconter. Il y a un chemin, une progression, un récit qui se dessine. Ce n’est pas parfait, mais au moins ça avance.
Tout n’est pas fluide. Certaines séquences sont expédiées, presque brutales, comme si l’on sautait une page pour gagner du temps. D’autres s’éternisent, notamment ces fameuses scènes de rite – monter un ver, dompter le mythe. C’est beau, oui, mais c’est long. Et à force, on décroche un peu, même si on reconnaît l’ambition derrière chaque plan.
Visuellement, rien à redire : Villeneuve continue de bâtir un monde massif, minéral, hypnotique. Mais ce n’est plus une surprise. La beauté plastique est toujours là, mais elle ne suffit pas à porter l’émotion. Les personnages prennent un peu plus de place, certains enjeux deviennent clairs, mais tout reste tenu à distance. Comme si le film se refusait à nous toucher vraiment.
J’ai mieux apprécié que le premier, c’est certain. Mais je ne suis pas pour autant conquis. Dune 2 corrige quelques erreurs, sans jamais totalement les dépasser. C’est mieux, mais toujours pas marquant.