Trois SDF aux parcours bien différents gagnent un jour ensemble une forte somme d'argent au LOTO. Pour encaisser le chèque, il leur faut un compte bancaire et pour se faire, il faut une carte d'identité et une adresse. Bref, pour remonter la pente, ces trois lascars vont devoir affronter bien pire que la rue : leur propre volonté de s'en sortir face aux règles de notre société. J'avoue avoir été touché par ce trio improbable composé de Brindille, Casquette et La Flèche (accompagné de son chien appelé "Con*nard" !), on alterne entre le tendrement amusant et le franchement émouvant, le tout généreusement nappé d'humanité. Bravo à la réalisatrice Nadège Loiseau pour ce film, certes très perfectible, mais rempli de fraîcheur, de spontanéité et d'un grain de poésie malgré le fond dramatique. Convaincant et assez attendrissant. Site CINEMADOURG.free.fr
Les grands films ne sont pas toujours là où on les attends, entre les sorties de blockbusters ou les castings 5 étoiles. Ici, on est sur un grand film, qui a tout pour plaire et en particulier en ce moment de crise parce qu'il fait rire sans jamais oublier la sériosité du sujet : une comédie sociale intelligente. Le thème est inédit, les acteurs excellents, le scénario génial et les dialogues au top : on ne tombe jamais dans le pathos, mais jamais non plus dans le potache, on rit de bon coeur tout le long du film comme on verse une larme, c'est vraiment du plaisir - puis en bonus on retrouve l'accent canadien de Antoine Bertrand, qui était déjà excellent dans le film canadien Starbuck, et qui joue encore une fois à merveille, comme ses collègues à l'écran. Tout ça rappelle les comédies sociales britanniques à la The Full Monty, Pride! ou encore La part des anges.
Un très bon moment de cinéma, duquel on repart avec un grand sourire et une belle prise de conscience !
Casquette (Philippe Rebbot) et Brindille (Antoine Bertrand) sont SDF. Une vieille amitié les unit depuis sept longues années. Chaque semaine, ils achètent ensemble un billet de loto et rêvent à la destination exotique que leur permettrait le gros lot. Exceptionnellement, c'est un jeune punk à chien (Côme Levin) qui leur avance le prix du billet le soir où leurs numéros fétiches sortent enfin. Mais avant d'encaisser leur prix et de retrouver une vie "normale", les trois SDF doivent obtenir un document d'identité et ouvrir un compte en banque.
La bande-annonce de "Trois fois rien" est parfaite. Trop peut-être. Dès sa première image (Philippe Rebot interpelle une passante : "c'est pas pour un sondage.... c'est vraiment pour vous taper de l'argent"), le ton est donné : une "feel-good comedy" sur une bande de clodos sympathiques. Gérard Jugnot s'y était déjà essayé avec beaucoup de succès il y a plus de trente ans déjà dans Une époque formidable qui chatouillait une inquiétude très contemporaine : celle du déclassement, du basculement d'un homme ordinaire dans la marginalité.
"Trois fois rien" ne parle pas de déclassement mais au contraire de rédemption, de seconde chance. Les réactions respectives de Casquette, de Brindille et de leur jeune camarade à ce tirage providentiel sont caricaturales. Gros fumeur, plus gros buveur encore, le premier, Casquette, a atteint un point de non-retour. Le deuxième, Brindille, est le plus volontariste qui aspire à retrouver une vie familiale normale. Le troisième est un chien fou, un panier percé, sevré d'amour dans son enfance.
Tout est déjà en filigrane dans la bande-annonce. Si bien que le film déroule une partition connue d'avance. Ce n'est pas un défaut rédhibitoire car la partition est bien composée et très bien jouée. En dehors des trois têtes d'affiche, mention toute particulière à Emilie Caen, un second rôle qu'on entr'aperçoit depuis une quinzaine d'années dans les comédies les plus célèbres du cinéma français ("Intouchables", "Qu'est-ce qu'on a fait au bon Dieu ?"...) et qui mériterait plus de visibilité.
Trois fois rien est une comédie touchante dans laquelle les spectateurs passent rapidement du rire aux larmes. Une comédie sociale attachante et très bien rythmée.
Comédie. Pas vraiment. Même si le début parait amusant , ce n'est pas vraiment drôle et le film devient même un peu mélo avec le personnage principal. Pour les 2 autres compères , c'est trop caricatural et cela sonne faux. Bonne idée de départ mais film plutôt raté.
Une belle surprise que cette comédie à la fin de laquelle il est difficile de ne pas verser une petite larme! On rit cependant beaucoup avec ses trois pieds nickelés si attachants. Les comédiens sont d'ailleurs la vraie découverte de ce film!!
LA COMÉDIE DE L'ANNÉE ! A la fois sociale (ils sont SDF), drôle (les vannes bien senties fusent) et émouvante (je vous laisse découvrir). Sans compter des histoires solidement construites, des ressorts psychologiques finement observés. Et en plus deux très bons comédiens découverts (Philippe Rebbot ne m'est pas inconnu). Je n'avais pas ressenti autant d'émotions depuis Intouchables.
Bien vu bien écrit bien joué original avec un bon trio d'acteurs bref ce film fait passer un très bon moment et ensoleille une humeur grise à consommer sans modération
On s’attend à un film sur les tracas administratifs puisque c’est juste impossible d’avoir un certificat de domicile quand on est sans domicile (SDF). Mais ce tracas est finalement vite balayé et l’on assiste à un autre film. On nous donne à voir ce qu’on ne voit pas, ce qu’on ne veut pas voir, avec trois personnages, trois destins, trois blessures. "Y a pas de solution pour les gens comme nous. T'as déjà essayé de remonter la pente ?" dit l'un des vagabonds au début —mais c’est avant la nouvelle, avant de gagner au loto, avant l’expérience. Pour lui, "vivre c'est apprendre à danser sous la pluie". Pour l’autre, en gros, "c’est être normal". Quant au troisième, il sera le réactif comme on dit en chimie (dont il reste peu de chose après l’expérience, la faute à tout, à l’absence de tout). Les trois finiront néanmoins plus ou moins comme ils l’entendent, ce qui est très optimiste et plutôt admirable —c’est une comédie. L’expérience les fera s’éclater dans un premier temps, puis ils évolueront comme ils étaient appelés à évoluer. Chacun selon sa composition. Mais l’évolution de chacun devra finalement beaucoup aux deux autres. Donc c’est loin d’être un petit film ordinaire. Il y a de la matière, de l’idée et du travail. On ne rit pas aux éclats dans ce qui reste pourtant une comédie. C’est que ça donne souvent envie de pleurer, mais pas de tristesse —c’est chargé d’une humanité que la société d’aujourd’hui tend à nous faire perdre. A.G.
En 2016, Nadège Loiseau nous avait offert un petit film sympathique Le petit locataire. Cette fois, avec ces 94 minutes, elle franchit un palier dans l’ambition et la qualité. Brindille, Casquette et La Flèche vivent comme ils peuvent, au jour le jour, dans le bois de Vincennes. Mais leur situation précaire devrait changer du tout au tout le jour où ils gagnent au Loto. Encore faut-il pouvoir encaisser l’argent, car sans domicile, pas de carte d’identité à jour et sans compte bancaire, pas de paiement ! Sans tête d’affiche bankable, elle réussit un triple portrait de cabossés de la vie. Une bouffée d’air bourrée de tendresse dans cette aventure bien déjantée. A voir ! Notre cinéaste porte en elle depuis longtemps le sujet des sans-abris. Ajouter à ce thème, les tracas et absurdités de nos institutions, secouez le tout et vous obtenez une comédie grinçante sur ce fameux « nouveau monde » qui, de toute évidence, n’est pas pour demain. Traiter de la précarité en racontant une histoire d’amitié entre trois marginaux, sans oublier une bonne dose d’émotion, pouvait relever de la gageure, mais Nadège Loiseau remplit toutes les cases du feel good movie de qualité. La comédie s’empare de sujets durs, reliés à notre quotidien, et qu’elle fasse rire malgré la gravité des situations évoquées est un gage de réussite. Un film solaire et tendre sur la misère quotidienne qui est à nos portes. Une ode à l’amitié et à la générosité. Le trio Philippe Rebbot, Antoine Bertrand, Côme Levin, avait déjà tourné sous la direction de Nadège Loiseau. Ils font des merveilles. Ajouter à ce trio Emilie Caen et Nadège Beausson-Diagne, et notre réalisatrice a visé juste. En réunissant l’extravagance déglinguée la loufoquerie absurde et la raison douce le film fait passer haut le récit de la belle amitié et de la chance de la vie. Drôle et émouvant. La comédie sociale à la française est un genre en soi et quand elle nous enchante, elle devient incontournable.
Une comédie touchante avec une fin très émouvante. A noter que Philippe Rebbot n'a pas eu besoin de passer au maquillage pour ce rôle, il était déjà parfait. Quatre étoiles.