Avis : Les Choses qu’on dit, les choses qu’on fait - Page 3
Les Choses qu’on dit, les choses qu’on fait
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Un visiteur
2,0
Publiée le 16 septembre 2020
J'étais super emballée par les premiers films d'Emmanuel Mouret. Il y avait de la fantaisie, de l'humour, de l'esprit... Un côté burlesque... C'était léger mais intelligent, subtil...Depuis quelques films, je n'y trouve plus mon compte. Je suis restée jusqu'à la fin mais je suis restée sur ma faim...
Emmanuel Mouret, après une incursion (très réussie) dans le "film à costumes" (le 18e siècle de Marivaux) - et une adaptation, ce faisant, de Diderot, "Mademoiselle de Joncquières", revient à notre époque, avec un non moins épatant "Les Choses qu'on dit, les Choses qu'on fait", sur un scénario original qu'il signe, comme à l'accoutumée. C'est toujours la "Confusion des sentiments" qui l'anime...mais ici enrichie par la "théorie mimétique", du philosophe René Girard, auquel est consacré un documentaire, servant partiellement de "fil rouge". Avec un art consommé de l'emboîtage, EM va, deux heures (délicieuses) durant, faire se rencontrer (par ordre chronologique décroissant) Maxime et Daphné, François (cousin de Maxime) et Daphné ; et avant, se retrouver Sandra et Maxime, qui quittait, par force, Victoire (la presque soeur de Sandra)...mais la retrouvera, à la fin. En fait, c'est presque une "ronde" sentimentale (même si non linéaire, grâce à un récit habilement déstructuré), que l'on complétera par Gaspard, amant de Sandra et ami de Maxime, et Louise, épouse trompée de François (plus quelques "à-côtés" affectifs, des uns et des autres - réels ou de composition !). Outre l'excellence du scénario, le charme des prises de vue, le soin apporté au décor et aux costumes (sous une signature "rouge"), l'opportunité des musiques, essentiellement "classiques", de Purcell et Mozart, à Debussy et Satie (pas de musiquette, comme si souvent dans les films actuels), on ne peut que souligner le régal du dialogue ! Distribution un tantinet inégale - seul (petit) bémol... côté féminin. Autant Julia Piaton, Emilie Dequenne et la piquante Jenna Thiam sont convaincantes, autant Camélia Jordana détonne (Daphné).
À peu près tous les personnages du film devraient consulter un psychiatre de toute urgence. Le jeune homme au centre du film joue mal. Les autres récitent correctement leur texte. Le réalisateur devrait penser à faire du théâtre et à laisser tomber le cinéma pour lequel il n'a aucun talent. Le plus inquiétant est que tant de gens ne se rendent pas compte de combien ce film est médiocre...
La temporalité est au cœur du film d’Emmanuel Mouret qui prend intelligemment le temps de dépeindre avec finesse des amours qui naissent et meurent pour nous guider vers une impasse sublime d’un cœur qui n’a jamais dit son dernier mot. Véritable fil conducteur du récit, le temps demeure ici comme un juge inéluctable qui aura raison des sentiments et des promesses et ce, malgré la beauté et l’intensité des désirs. La durée néanmoins suffisante pour Emmanuel Mouret, de signer un grand drame, sensible et bouleversant qui n’a pas fini de nous chambouler. Chose dite, chose faite.
Le prototype du film pour bobos de Saint-Germain des Prés. Des personnages creux comme de vieux navets passent leur temps, dans des dialogues pitoyables de fausse profondeur,, à disséquer leurs problèmes de coeur et de sexe. Seule chose qui sauve le film : l'actrice qui joue Louise (remarquablement belle et efficace) et qui se sacrifie pour l'amour que son mari éprouve pour une autre (on se demande d'ailleurs comment il peut lui préférer la fadasse Jordana) et qui monte un stratagème altruiste qui donne au film sont seul moment d'intensité dramatique. A réserver pour le public des 5è, 6è, 14è, 2e et 3e arrondissements parisiens.
Film de bobo pour les bobos. Jolie image malgré tout. Le coup de grâce c’est la présence de vedette de télé crochet musical sans aucun talent si ce n’est être née avec une cuillère bobo dans le bec avec la carte et le réseau germanopratin qui va avec. Encore un film qui n’aurait jamais vu le jour sans le mode de financement si « particulier » du cinéma français...
Film très intéressant mais totalement gâché par le piètre jeu de Camélia Jordana. On ne croit pas un instant au fait qu'elle s'appelle Daphné et de manière plus large à ce qu'elle raconte
L'image est relativement maîtrisée, sauf quand les effets de flou ou de changement de mise au point viennent distraire plutôt qu'ajouter a la narration. Le reste par contre ne colle pas du tout a mes besoins en terme de film. Le jeu théâtral m'est désagréable et n'arrive pas à détacher du réalisme ambient, l'histoire est comique dans sa prévisibilité. Je me retrouve donc coincé dans ce vaudeville (un genre que je n'apprécie pas forcément beaucoup) malgré lui ou tout les personnages créent une ambiance psychologique particulièrement malsaine. Finalement, ce film aurait pu marcher comme un film d'horreur, mais avec des amants qui ne savent pas se parler a la place des monstres. Alors que le film accumule les situations sentimentales extrêmes, on ressent plus un ton documentaire que de histoire fantastique. Du coup on ressort mieux de ne plus être en gène mais on n'a pas non plus le soulagement du film d'horreur, ou quand on sort le monstre n'existe plus. On se dit que sûrement, il y a vraiment des gens comme ça.
Si le film ne révèle absolument rien sur la complexité des relations amoureuses, il dit en revanche beaucoup sur l’entre soi d’un certain cinéma français. Des réalisateurs fats aux thuriféraires de la critique, tous sont coupables de consanguinité de la pensée, n’enfantant que laideur et veulerie. Car oui, il faut être aveugle ou complice pour ne pas voir que tout sonne faux dans ce film, des aberrations scénaristiques (trois étudiants sans travail dans un 200m² en plein Paris, pour ne citer que ça) à l’exécrable jeux des acteurs en passant par la cuistrerie totale des dialogues.
Magnifiquement tourné et extrêmement bien interprété, un film à ne pas manquer en cette rentrée ! Belle étude de sentiments qui ne tombe jamais dans le sentimentalisme, Bravo !
J'attends toujours les films d'Emmanuel Mouret avec une certaine impatience, il ne m'a jamais vraiment déçu. Il faut quelques minutes pour bien renter dans celui-ci. Un petit de mal avec le jeu des acteurs, très théâtral, avec l'impression qu'il récitent leur texte plus qu'ils ne l'interprétent. Mais très vite on y pense même plus. On s'attache à chacun des personnages et on vit les histoires qu'ils nous racontent, passées ou présentes, avec un plaisir certain. Légères ou graves, plus cocasses ou volages, chacune dans son style est palpitante. On peut y retrouver aussi, ici ou là, quelque chose que l'on a déjà vécu peu ou prou. La mise en scène, les dialogues, les décors, les images, tout est ici élégant. Le casting est superbe, une partie de la jeune garde du cinéma français, où personne ne tire la couverture à soi, mais où personne n'égale la plus chevronnée et toujours parfaite Emilie Dequenne. Bref, une réussite sur toute la ligne. Un régal pour les yeux et l'esprit. Subtil et délicat, sans doute le plus beau film de son auteur.
Toujours le même style de film de ce réalisateur sauf que le cote léger et amusant d'autres de ces films n'apparaissent pas dans celui ci. Ajoute a cela la longueur du film et des acteurs et actrices pour certains très bien et d'autres en dessous en fait un film inégal et pas très passionnant.
Après un film absolument délicieux et drôle Emmanuel Mouret revient sur les écrans avec un film plus écrit et plus mélancolique. Certes, le cinéaste dandy et romantique n'a pas perdu une goutte de son talent de metteur en scène des amours contrariées. Il offre un numéro d'acteurs et de poésie à ses comédiens, dont Camélia Jordana qui est une véritable révélation, dans une histoire quiète et bourgeoise, et surtout au milieu de décors plus somptueux que jamais. Bien sûr, le récit évolue dans un univers parisien, très argenté, qui ne se soucie pas d'autre chose que de l'amour. Mais le cinéma a le droit d'être autrement que la contestation sociale, ou la révélation des inégalités qui pèsent sur la société.
On a beaucoup de plaisir à suivre les pérégrinations frivoles et tristes de ces personnages qui ne trouvent pas le chemin de la paix. La musique accompagne le récit comme un personnage en tant que tel. Chopin s'invite souvent dans ces mélopées dramatiques où l'on découvre que les choses peuvent être confuses et douces à la fois. Il y a dans ce film toute la quintessence d'un Musset, d'un Beaumarchais ou d'un Marivaux. Emmanuel Mouret se fait plaisir dans une langue noble, chantante, et poétique. Il fait la démonstration que la littérature a toute sa place sur un grand écran.
Avec son scénario parfaitement ficelé, aux rebondissements dignes d'un bon thriller, ses dialogues soignés et plein de sens, ce film est un petit bijou dans son genre. Drôle et profond à la fois.