La Cravate
Note moyenne
3,8
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88 critiques spectateurs

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Jeo Jo
Jeo Jo

20 abonnés 141 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 13 mars 2020
Sans stigmatiser ni juger, le suivi de ce jeune militant est passionnant car il révèle les possibilités mais aussi les limites d'un parti en pleine "dédiabolisation". Plus qu'une plongée au coeur du système FN, il s'agit davantage d'un portrait d'un jeune homme en quête de lui-même et d'une fuite de son passé.
marmottedu77
marmottedu77

12 abonnés 69 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 3 mai 2020
Rarement un film ne m'a inspiré un sentiment aussi ambivalent, rarement un film ne m'a donné autant envie de peser le pour et le contre.
Comme je suis d'un naturel bienveillant, je vais commencer par le "pour".
Le "pour", c'est déjà le récit d'une époque. La petite histoire qui raconte la grande histoire. Celle d'un jeune homme d'une vingtaine d'années, militant du Rassemblement national. Avec lui, on va suivre la campagne présidentielle de 2017. On va vivre ses espoirs, ses émotions, son élan militant. On va comprendre ce qui le relie à ce parti politique. On y découvre son portrait, celle d'un jeune homme blanc, déclassé, en quête de revanche contre la société, de rédemption. On découvre aussi les arcanes de son parti, la stratégie de dédiabolisation à l'oeuvre, au quotidien. On comprend aussi ce que cette stratégie a d'attrayant pour ceux qui soutiennent le parti de l'ordre et de l'autorité. C'est le rassemblement national à visage humain. spoiler: Il y a des scènes jubilatoires, qui racontent les coulisses de l'élection, notamment cette stratégie politique mise en place auprès des salariés de Whirlpool. Episode qui aura marqué la présidentielle de 2017. Autre temps fort, la relation que Bastien entretient avec son mentor en politique, le jeune, très jeune et très ambitieux, très cynique, très méfiant Eric Richermoz
. Enfin, le procédé de placer le protagoniste face à sa propre histoire, face à la caméra, est une trouvaille assez géniale. Il permet une mise en abyme passionnante. Avec ce fil rouge, ce fil conducteur, on guette ses réactions, ses doutes. spoiler: C'est aussi le moment choisi par Bastien pour révéler son secret, son passé trouble, dans un moment rempli d'émotions, l'une des séquences les plus fortes du film.

Mais voilà, ce film a aussi sa part d'ombre. Il est particulièrement gênant et suscite le malaise. Tout simplement parce que la narration littéraire est omniprésente. Une narration bourgeoise, assumée, écrit sur le modèle du roman réaliste du XIXème siècle. Une narration élitiste qui claque comme un fouet face au jeune en échec, qui peine à s'élever dans la société. La volonté délibérée des narrateurs de se faire omniscient en font des donneurs de leçon. Et cette voix qui murmure, en filigrane, "mon pauvre gars, toi qui en veux à la bien-pensance, toi qui en veux à l'école, toi qui es en lutte sociale contre ceux qui t'ont humilié, jamais tu ne seras à notre niveau. La preuve, on parle à ta place. On sait tout de toi. On comprend tout de toi.". Ce film est très violent socialement, de par ce procédé narratif, mais aussi par ce que l'on ressent chez ce jeune individu, et qui n'avait pas besoin d'être accentué : un jeune homme gentil, mais facilement manipulable, comme le laisse deviner sa relation avec son mentor en politique. Pourquoi les réalisateurs sont si visibles? Pourquoi en font-ils des caisses? Pourquoi voit-on ce demi-visage parler dans un micro? Pourquoi prennent-ils ce ton si doctes pour parler du passer trouble du Rassemblement national?
Enfin, bien que le personnage soit passionnant, il convient un peu trop bien à la situation. Il est le profil type du petit blanc à qui la vie n'a pas souri. Et on commence à trop connaitre ce personnage. S'il n'y avait que des boucs-émissaires au RN, ça se saurait. Il ne récolterait pas 30 d des voix. Ce personnage, c'est presque la solution de facilité. Celui qui a un passé trouble, un secret, des antécédents violents. Un petit malheureux en quête de revanche sur la vie. En faire une généralité, c'est peut-être aussi ça, dédiaboliser le RN.
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 2 mars 2020
Film assez incroyable tant dans la forme innabituelle de son récit ( raconté comme on lirait un livre ) que dans la subtilité du regard que les réalisateurs portent.
La musique très belle également accompagne avec pudeur les moments intérieurs du héros décisifs.
Beaucoup de pudeur donc dans ce film qui finit paradoxalement par livrer sans jugement enormément nous laissant émus, intrigués devant un chemin qui reste a parcourir... Magnifique !
Arthur Brondy
Arthur Brondy

300 abonnés 1 446 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 2 mars 2020
Film très instructif sur le fonctionnement interne du Front National. Une bonne immersion dans le parti d'extrème droite durant la campagne de 2017.
anonyme
Un visiteur
2,0
Publiée le 1 mars 2020
Clairement surprise par l'éloge de ce film ici même. Beaucoup de départ de la salle au cours de la projection ; un recis long pour un propos très court.
léo P
léo P

29 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 1 mars 2020
Le film de cinéma documentaire c’est mettre de la mise en scène dans une réalité défini afin d’en émettre un point de vue, aussi minime soit-il, au service de ce que l’on voit et que l’on ne peut contrôler. Alors, lorsque cette mise-en-scène est aussi brillamment utilisée dans un film tel que La Cravate, autant sur ce qui peut être maîtrisé que ce qui ne l’est pas, le public ne peut en être que captivé de bout en bout. Ce documentaire long-métrage réalisé par Mathias Théry et Etienne Chaillou relate ainsi la vie d’un jeune membre du parti d’extrême droite amené à s’investir davantage pendant les élections présidentielles de 2017, au travers notamment de sa vie privé, son passé difficile, ainsi que son ressenti postérieur que l’on découvre au fur et à mesure du film. Le fil conducteur est ainsi ces différents moments de redécouverte de ce qui s’est produit, il est en effet assis tranquillement sur un fauteuil avec cette lampe pour presque seul éclairage, face à nous, à commenter sur les situations passées comme lors d’un interrogatoire pour s’expliquer face à ses actes tout aussi invraisemblables pour nous les uns que les autres.

Cette manière de procéder permet notamment de comprendre par ces réactions bien choisies les pensés derrière chaque acte de Bastien et en apprendre un peu plus sur ses motivations qui mettent immédiatement une barrière avec le spectateur. On observe ainsi son insouciance, son dévouement et son isolement de tout autre pensé politique, un égarement idéologique mis en lumière par un véritable effort de mise-en-scène pour chaque plan qui permet clairement de maintenir notre attention et rythmer le film de bout en bout, où l’heure et demie de projection passe à une vitesse folle. En effet l’intérêt monte crescendo, plus les pensés de Bastien nous parvienne, plus il se confie sur son passé et sa vie privé, plus on en déduit sa propre opinion quant aux travers de notre société qui produisent ce genre d’individus. La voix off est quant à elle particulièrement présente mais très bien écrite, fluidifiant complètement le récit par son style et le structure autour de cette même montée d’attention au service de la réalisation.

Cependant on pourrai reprocher un air moqueur par de courts instants de cette voix du narrateur suivant les mots que les auteurs choisissent, jamais par hasard, qui dénotent quelque peu puisque l’on admet ici très bien le fait que juger le sujet du film est dénué d’intérêt au contraire de le comprendre, de laisser toutes ces pensées brut qui semblent toucher une si grosse partie de la population s’exprimer d’elles-mêmes car c’est ça qui est intéressant, une mise-en-scène transparente est alors nécessaires comme pour la plupart des documentaires et même de beaucoup de films en général, alors intégrer ici des musiques mélodramatiques paraît plutôt maladroit à certains instants. L’omniprésence du narrateur peut par ailleurs également apparaître comme un problème tant les apparitions de celui-ci ne sont pas nécessaire étant donné qu’il n’a pas à intervenir à l’image, le but étant une total impartialité son emprise sur le film est clairement de trop.

La plus grande réussite du documentaire réside ainsi dans le fait de ne pas rendre ce jeune homme clairement raciste forcément repoussant, ni même de donner une volonté de le juger, mais au contraire d’essayer de comprendre les travers de notre société qui produisent ce genre de pensés par des individus sortant des clous, des égarés, des types de personne qu’on peut trouver paradoxalement dans des quartiers de banlieue, même genre d’individus que Bastien dénonce comme problématique. Mais là on découvre un personnage dénué d’une éducation correct, si l’on en croit l’enfance du jeune homme ainsi que la très faible nomination de sa famille biologique. Celui-ci est plutôt perdu dans un mal-être personnel profond dont il ne parvient pas à se défaire, et pour qui aucune aide extérieur ne semble être intervenu, si ce n’est l’espoir vain d’un changement nouveau par le biais de l’extrême et dont le culte de la personnalité s’est emparé en lui de toute rationalité. Ainsi le documentaire ne donne pas l’impression de vouloir enfoncer des portes ouvertes en le rendant totalement fou et dénué d’intelligence, mais juste tel qu’il est, en forçant il est vrai légèrement le trait, en montrant un être renfermé sur lui-même dans une quête d’idéal patriotique.
Lola. S.
Lola. S.

7 abonnés 10 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 27 février 2020
Un film passionnant et d'une grande intelligence, qui raconte beaucoup de choses sur notre société au travers le parcours de Bastien, ancien skinhead devenu jeune militant du Rassemblement national.
Coric Bernard

455 abonnés 851 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 25 février 2020
Ce film des réalisateurs de « La sociologue et l'ourson » est pour moi une véritable réussite.
C'est une introspection sur le FN à travers l'histoire personnelle d'un jeune militant BASTIEN, très habilement mise en scène.
Sur la forme, ce documentaire est filmé d'une manière très originale comme une fiction qui n'en est pas une.
Le jeune BASTIEN joue son propre rôle après avoir accepté le scénario proposé par les réalisateurs qui nous relate le parcours de ce jeune qui l'a amené à sa vie politique dans un parti d'extrême-droite où il va peu à peu prendre de l'envergure. Dans ce récit, les réalisateurs s'attachent à déterminer les raisons qui ont amené BASTIEN à militer au FN. C'est très bien construit et passionnant à suivre.
dejihem
dejihem

155 abonnés 709 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 24 février 2020
Le dispositif utilisé par les réalisateurs provoque une vraie mise à distance du sujet mais pourtant cela fonctionne. Et au final, je me suis posé la question : est-ce que les situations présentées serait pareilles dans un autre parti politique ?
Marc L
Marc L

3 abonnés 26 critiques Suivre son activité

0,5
Publiée le 23 février 2020
Quand quelque chose n'est pas vraiment réussi, mais qu'on ne veut pas le signifier, on dit que c'est un OVNI, c'est la nouvelle sémantique, or l'objet ici est identifié, il est tout à fait moyen.On s'attend à un truc plutôt humoristique, sympathique avec du fond, un peu dans l'esprit de "Merci patron", mais le film ne porte pas un gramme d'humour. Rien, si ce n'est une petite séquence et encore...L'affiche et le titre laissent imaginer, qu'un jeune type va se retrouver propulsé dans un parti pour lequel il n'est peut être pas fait, et devenir un des cadres, (d'où la cravate), laissant présager des trésors de décalage et de situations cocasses, mais toujours pas. Rien. C'est gentillet, ni trop chaud, ni trop froid, tiède et plat avec un semblant de fond. La forme est toutefois plus ou moins intéressante. Bref, on ne se réveillera pas la nuit pour y penser.
mistougri
mistougri

5 abonnés 3 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 18 février 2020
Le documentaire "La cravate" me fait penser aux films érotiques de la fin des années 60, qui sous prétextes d'enquêtes sociologiques, étalaient avec complaisance des scènes sexuelles explicites.
Ici un bon petit gars se débat dans les rouages d'un parti politique. Mais ce n'est pas n'importe lequel. Ici c'est le rassemblement national.
Ce qui nous donne de jolies scènes:
Rassemblement National au marché.
Marine chez les Whirlpool.
Marine en meeting.
Etc.....
Christoblog

920 abonnés 1 799 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 17 février 2020
Le dispositif que proposent les réalisateurs Mathias Théry et Etienne Chaillou dans ce documentaire est tout à fait passionnant. Il n'est pas très simple à expliquer mais je vais essayer. Le principe est de filmer leur personnage principal en train de lire le récit de son histoire (le scénario du film en fait), pendant que les images l'illustrent (avec ou sans le son original), et alors que Mathias Théry lit lui-même parfois son texte à voix haute.

Dans la pratique, le dispositif fonctionne parfaitement, alternant plaisir brut du documentaire (les scènes filmées sont souvent intrinsèquement intéressantes) et vertige procuré par la mise en abyme de Bastien commentant la vie de Bastien, jusqu'à une dernière réplique, juste avant l'épilogue, qui est extraordinaire.

Outre sa forme très travaillée, le film est séduisant également par ce qu'il montre : l'ascension rapide d'un jeune homme dans un parti politique, le travail ingrat des militants de base, la mesquinerie des hauts placés du parti. Que ce parti soit le Front National importe finalement peu. Le film ne fait pas de politique, et il serait tout aussi intéressant s'il avait filmé un jeune de LREM ou de La France insoumise.

La personnalité propre de Bastien, ses tics, ses talents, et la faille béante dans son existence qui sépare le film en deux parties distinctes, tout cela finit par rendre La cravate profondément attachant en plus d'être passionnant.

A voir absolument.
Aurelie V
Aurelie V

37 abonnés 30 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 16 février 2020
C’est pas agressif , on est touché par ce jeune . Voir les rouages , ses espoirs et ses besoins d’exister qu’il met dans son engagement . Le peuple . Met en avant la désillusion par rapport au monde des politiciens et celui des militants . Dispositif narratif très intéressant .
Jeremie1987
Jeremie1987

1 abonné 20 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 16 février 2020
Le film étant presqu'objectif, je mets 4 étoiles. Le jeune militant nous est présenté tel qu'il est, et nous fait passer un moment touchant.
djams
djams

38 abonnés 124 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 16 février 2020
Je ne sais pas comment noter ce documentaire. Je suis très loin de partager la vision des partis d’extrême droite étant issue de parents immigrés. Faut-il que je note le contenu et les révélations fracassantes que le film apportent ou bien la pertinence de ce film dans la propagande des partis d’extrême droite ? J'ai choisi la première. A voir absolument pour décrypter la stratégie du parti d’extrême droite mise en cause dans ce film.
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