Même si la critique internationale place Citizen Kane au-dessus de tout, Le Procès constitue selon mon goût le plus grand chef-d'oeuvre de maître Orson. Il s'agit d'une réussite absolue, à compter parmi les plus grandes de l'histoire du cinéma! Welles a compris de l'intérieur le monde surréel et halluciné de Kafka et nous le fait ressentir d'une manière quasi physique dans les fibres les plus intimes de notre être. Il parvient à recréer, sous la forme d'un archétype, l'univers concentrationnaire des régimes totalitaires et arrive à rendre, comme nul autre, leur atmosphère d'asphyxie intellectuelle. Le film a été tourné pour une part en Yougoslavie et, pour le reste, à Paris, dans les combles de la gare d'Orsay, avant restauration. De la sorte, Welles met en place un décor proprement hallucinant, surréaliste et oppressant qui sert de cadre idéal au jeu merveilleux des acteurs. Perkins est un monsieur K remarquable, Orson en personne campe un avocat tout à fait inoubliable et Romy Schneider est irremplaçable dans son rôle de vamp mystérieuse. Que dire enfin des images et de la réalisation, sinon qu'elles sont dignes du plus antihollywoodien de tous les réalisateurs américains? Le Procès? Parmi les vingt films que j'emporte sur mon île!
Un homme est réveillé dans chambre par des policiers qui lui apprennent qu'il va être accusé et faire l'objet d'un procès. Le mariage entre l'univers de Kafka et celui Welles opère immédiatement par son talent filmique. Les angles de vues, le rythme, le noir et blanc sublimé parles éclairages tout cela concoure à augmenter la paranoia du héros (extraordinaire Anthony Hopkins) et la notre. Les femmes sont présentées comme des amoureuse transies, véritables êtres humains alors que les hommes apparaissent comme vils et tourmentés. Welles, fait appel à des femmes magnifiques : jean Moreau, Romy Schneider, Else Martinelli. Plusieurs scènes sont d'anthologie, comme celle de l'immense plateau avec des centaines de bureaux alignés, ou d'un accusé qui se prosterne littéralement face à son avocat supposé être sa seule porte de sortie. La religion est aussi présentée comme une fable. Le procès c'est l'histoire d'un homme qui lutte contre l'arbitraire avec courage.
Généralement rebutée par les incessantes contre-plongées et le gigantisme, j'admets qu'elles vont à ravir à cette adaptation du Procès de Kafka. On est servi en profondeur de champ, en portes démesurées et en espaces labyrinthiques. Y pullulent les sautes d'humeur, litanies doucereuses autant que sadiques, bref, on reconnaît le brillant technicien à ses petites manies. Acteurs tous au sommet de leur art tant ils sont bien mis en valeur, si l'on excepte les papillons qu'y sont les femmes. Fracassante entrée de Romy Schneider éclatante de jeunesse et d'espièglerie avec ses doigts palmés. Madeleine Robinson et Jeanne Moreau percutantes aussi, et puis cette autre à voix sensuelle, pfff... toutes déjà évaporées... Seul s'agite le présumé coupable (Anthony Perkins, on s'identifie tout de suite) et les ombres de ses observateurs dont Welles dans son lit. C'est esthétique, assez éprouvant, chargé plus que de raison, adaptable à n'importe quel totalitarisme. Y manquerait juste, dans le dédale d'effets, davantage d'émotion.
Un matin, Joseph K. est arrêté. Dès lors, l'accusé est aspiré dans une spirale de folie qui entraîne tout son entourage... Ne connaissant pas du tout le roman de Franz Kafka, je partais donc en territoire inconnu en visionnant cette adaptation que Orson Welles réalisa en 1962. Si l'histoire ne m'a pas plus enchanter que cela, je dois reconnaître que la mise en scène du réalisateur de " Citizen Kane " m'a particulièrement plu. La réalisation est vraiment d'une rare élégance et l'on suit avec beaucoup d'intêret cette descente aux enfers qui possède un style baroque bien appréciable. Autres points fort de cette oeuvre, il s'agit de son casting ( Anthony Perkins, Jeanne Moreau, Romy Schneider, Elsa Martnelli et même Orson Welles qui joue le rôle de l'avocat ) qui s'avère remarquable de justesse, de la photographie en noir et blanc de Edmond Richard qui apporte son lot de rafinnement et aussi la magnifique musique ( dont le sublime Adagio d'Albinoni ) qui est véritablement appréciable à écouter. En ce qui me concerne, il s'agit donc d'une excellente surprise et qui me donne la confirmation qu'Orson Welles était un bien brillant cinéaste.
Welles en fait encore une fois trop, en voulant montrer sa grandeur de réalisateur (chaque plans est magistral, rien n'est laissé comme un plan banal.) Ajoutez à ça le scénario incompréhensible de Kafka et vous obtenez un des films les plus bizarres qu'il mai été donné de voir. Je n'ai pas su l'apprécier.
Le réalisateur de "Citizen Kane" s'attaque au maître littéraire de l'absurdité j'ai nommé Kafka et adapte un de ses romans publié en 1925, ainsi Orson Welles réalise avec un certain manque de souffle mais habilement une adaptation des plus étonnantes. La réflexion et la mise en cause de tout transportent son personnage principale joué par le fantastique Anthony Hopkins dans un processus cauchemardesque où les limites du réels frôlent celle du rêve et où l'absurdité semble être le maître mot de toute chose existante et apparaîssant dans le film. Le cauchemar se fait dès le réveil, et la discussion entre Perkins et un des détectives nous entraînes à peine le film commencé déjà dans univers ultra complexe et critique comme le veut celui de Kafka. Nous sommes en permanence non-stop dans la réflexion d'une question, d'une phrase dite, d'un geste, d'un univers, d'une histoire. On est dans l'absurdité et donc tout est relatif, passant d'une immense salle avec des milliers d'ouvriers à des vieillards immobiles avec des pancartes autour du coup, des détectives qui se font fouetter, un avocat joué par Orson Welles sous des tonnes de papier et de dossiers, des décors variés passant des bars d'immeubles à un appartement bourgeois en ruine et bien sûr tout cela entour la scène de ce fameux procès où notre héros clame son innoncence à des vieillards et une salle en délire. Le final de ce film n'en n'est que des plus troublants et en même temps très symbolique. Au casting, un Anthony Hopkins au sommet de son talent, en revanche mettre en avant Jeanne Moreau comme premier rôle féminin est absolument mensonger, en effet l'actrice apparaît dix minutes à peine le temps d'un très beau dialogue avec Hopkins. Selon moi le vrai premier rôle féminin est la divine Romy Schneider encore toute jeune dans ce film absolument sublime dans le rôle d'une infirmière entrenant le vieillissant avocat joué par Orson Welles toujours aussi fantastique mais "très abîmé" par le temps. Une mise en scène fantastique comme d'habitude, des dialogues maîtrisés mais parfois en manque de souffle, des décors fantastiques, des moments assez intenses, des acteurs éblouissants et une ambiance qui malgré tout nous tient en haleine jusqu'au bout, pour un film européen, Welles s'en sort bien. A prendre de façon extrêmement suggestive pour les novices de ce genre et à voir pour les cinéphiles et les fans d'Orson Welles.
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3,0
Publiée le 26 juillet 2010
L'incroyable aventure de Joseph K, arrêtè et condamnè sans explications! Lorsque "Le procès" sort en 1962, la plupart des critiques et commentaires se concentrent sur la prètendue trahison par rapport au roman de Kafka! Adaptè dans un style baroque et expressionniste par un Orson Welles qui trouve son inspiration loin d'Hollywood et ses paillettes, l'oeuvre de Kafka est ètonnante! Plongèes, contre-plongèes, travellings, profondeur de champ, plans sèquences, même lorsque Welles semblent se parodier lui-même et se livrer à un simple exercice de style, c'est brillamment rèalisè! Un film fascinant comme son casting (Anthony Perkins, Romy Schneider, Jeanne Moreau, Elsa Martinelli, Madeleine Robinson, Suzanne Flon, Akim Tamiroff) ou plus l'oeuvre avance, plus le dècor est surchargè, plus l’espace rèservè au personnage se rèduit, plus le montage s’active...
"Le Procès" peut être aisément classé parmi les oeuvres majeures du cinéma. Adaptation du livre de Franz Kafka, Orson Welles parvient à merveille à restituer son esprit, malgré la difficulté de l'exercice. Chaque plan, chaque jeu de lumière, ainsi que la direction d'acteurs prouvent que Orson Welles fait partie des deux ou trois meilleurs cinéastes de tous les temps. La construction du récit, tortueuse, entraîne le spectateur au plus près des sentiments de confusion et d'oppression du malheureux K, victime d'une justice purement arbitraire. La scène introductive, ainsi que la diapositive de fin, juste avant le final dantesque, se répondent à merveille, ouvrant et clôturant le tout comme s'il s'agissait d'un rêve. Quant au "casting", quelle merveille : Anthony Hopkins, Romy Schneider, Jeanne Moreau,... Chacun joue sa partition à merveille. En résumé, un classique nécessaire.
The Trial, ou un film qui réussit l'exploit de surpasser Citizen Kane du même Orson Welles. Un Orson Welles très inspiré, qui torture psychologiquement son personnage principal (et ses spectateurs avec, voyons !) grâce à d'énormes forces antagonistes. Ce fonctionnaire, présenté comme quelqu'un d'absolument normal se retrouve soudain à la merci de toute une société bureaucratique : l'identification est alors complète, chacun ayant connu des périodes de sa vie ou tout se retournait contre lui. Outre cette identification, l'immersion est elle aussi, totalement réussie. Welles ne lésine pas sur des techniques narratives qui lui sont propres, avec ses contrastes noir/blanc, ses premiers plans/arrières plans, ses jeux d'ombres et de lumières (qui en auront inspiré plus d'un), des angles de prises de vue servant autant le sous-texte du film que le jeu des acteurs. A ce niveau, Anthony Perkins trouve, peut-être pas son meilleur rôle (encore que celui-ci est aussi fort que celui de Psycho) mais assure une de ses meilleures prestations, loin de tous clichés et si crédible qu'on oublie complètement l'acteur, ce que les stars ne réussissent pas toujours à faire. Accompagné de Jeanne Moreau, Romy Schneider (toutes deux excellentes également) et du maître Orson Welles lui-même, qui continue à prouver qu'on ne peut pas parler de lui en tant que réalisateur, mais en tant que cinéaste, touche à tout. Une ouverture qui lui permet d'être si balèze (autant au sens propre qu'au figuré) que sa direction est toujours juste. Un cinéaste qui, comme Kubrick, excelle dans la connaissance du jeu, dans le sens de la narration et dans les procédés filmiques. The Trial mérite davantage le titre de meilleur film de Welles que Citizen Kane.
Quand Orson Welles disait que le procès était le meilleur film qu'il avait jamais tourné, il ne trompait en réalité que lui-même. Car même si il faut reconnaitre une grande maitrise technique à ce film et un certain sens du malaise bien rendue ici, il est tout de même profondément ennuyeux. C'est tout de même ennuyeux pour un film qui se veut important. Sinon, il faut reconnaitre la qualité du casting, notamment avec la belle prestation d'Anthony Perkins. Sentiment mitigé.
Orson Welles nous fait entrer dans les méandres absurdes du monde la justice et des avocats. Quelques bonnes réflexions, une musique et une ambiance qui est là pour rendre fou le spectateur à travers un personnage principal qui mène une enquête totalement absurde et incompréhensible. Une vision du monde moderne et de ses névroses.
Il est intéressant de comparer le film de Welles avec le roman de Franz Kafka. Nous pouvons tout d'abord noter l'actualisation d'Orson Welles qui situe l'action du film dans les années 1960. Le personnage de K demeure plus caractériel dans le film que dans le livre et se révolte tout au long de l'intrigue ( Il est à noter que son personnage explose dans le film alors qu'il est poignardé tel un chien dans le livre: la symbolique est ici évidente ). Le casting est de tout premier choix, puisque Orson Welles a fait appel aux plus belles et talentueuses actrices du cinéma ( Jeanne Moreau dans le rôle de Melle Bürstner, ou encore Romy Schneider dans le rôle de Leni ). Mais le mérite revient surtout à Anthony Perkins, qui campe à merveille le personnage de Joseph K, sobrement et de façon élégante. Plus politique et polémique que le roman, le film d'Orson Welles est riche en lectures ( lecture psychanalytique: K apparaît comme un personnage en proie à la folie dès les premières images, allongé sur son lit comme sur le divan d'un psychanalyste ; lecture philosophique: K tend vers le surhumain de Nietzsche, de par son caractère révolté ( deuxième métamorphose d'"Ainsi parlait Zarathoustra": le lion - lorsque K sort du tribunal, la statue d'un lion apparaît ). De surcroît, son rire dément de la scène finale peut s'apparenter au cri d'un nouveau né ( troisième métamorphose : le nouveau né.)). Un film aux multiples interprétations qui donne à réfléchir, malgré un rythme qui s'essouffle parfois...