D'un point de vue personnel, ce film rappelle énormément de souvenirs. En effet l'an dernier j'étais en terminale L et en cours de littérature, on étudait en parallèle le film et le chef d'oeuvre de Kafka. Dans cette comparaison, il est important de signaler o combien Welles a considérablement cerné l'ouvrage de son auteur. Tout en donnant une reflexion sur la justice il reprend la principale idée du livre : l'entourage, la société écrasent l'individu. Tourné en partie à Paris (d'ou le bon nombre d'acteurs français) et servi par l' étourdissant Anthony Perkins, cet oeuvre a le mérite d'instaure un climat étrange et oppressant. Un conseil : lisez d'abord le livre.
6 223 abonnés
18 103 critiques
Suivre son activité
1,0
Publiée le 7 juin 2021
Je pense que faire un d'après film Franz Kafka est probablement plus difficile que de faire un film d'après Ernest Hemingway. Faire ressortir tout le sens de la prose éparse d'Hemingway a certainement été un défi. Mais avec Kafka et Le Procès c'est comment filmer l'esprit d'un homme dans un monde existentiel sans nom. Orson Welles s'y est certainement essayé. La première fois que j'ai regardé ce film j'ai commencé plusieurs fois et j'ai abandonné. J'étais déterminé à aller jusqu'au bout et je l'ai fait cette fois-ci et j'en suis sorti sans être sûr de ce que j'avais vu. Anthony Perkins est le protagoniste Jozef K. qui est un ouvrier sans nom dans ce que Kafka voit à juste titre comme un futur âge de l'information. Si le film avait été réalisé aujourd'hui vous verriez Perkins comme un bourdon anonyme enchaîné à un ordinateur. Mais il a fait quelque chose qui a bouleversé l'autorité en place. Il est en état d'arrestation mais pour un moment et il est libre grâce à une version futuriste de la caution pour un chef d'accusation inconnu. Je ne suis pas sûr que Welles avait des idées fixes sur la façon de faire ce film. Il expérimentait ici une technique de type flux de conscience et je pense que ce qu'il tentait était l'impossible. Il y a quelques apparitions intéressantes comme les personnages de Jeanne Moreau, Romy Schneider et Akim Tamiroff qui offrent des degrés divers de sympathie pour la détresse de Perkins mais aucun ne peut vraiment rien faire pour sauver cette histoire...
Seul Orson Welles pouvait réussir, grâce à mise en scène à la fois pesante, expressionniste et onirique et à son casting prestigieux (les deux plus belles actrices de l'époques y sont tout de même réunies), à relever le défi délicat de retransmettre le pouvoir devenu fou de l'administration judiciaire qu'avait parfaitement dépeint Kafka dans son roman.
Un des meilleurs films d'Orson Welles, "Le Procès" est un film absolument saisissant, des les premiers instants et jusqu'a la fin on est accroché a l'histoire, aux acteurs... Le scenario est brillant, apportant beaucoup de suspens et d'incertitude, avec un soupçon de poésie et de philosophie. Orson Welles réalise la un film d'une grande intensité, un film tres intelligent et marqué par une mise en scène extraordinaire, le cinéaste bien connu pour le qualité visuelle de ses films ne déçoit pas : le jeu avec l'ombre, la lumière, les reflets... Certaines scenes sont vraiment incroyable ! Un chef d'oeuvre.
Le grand Orson Welles nous régale d'un casting époustouflant et d'une atmosphère des plus oppressantes et étranges à souhait. Inutile de préciser qu'Anthony Perkins est totalement bluffant. Cependant, cette adaptation de Kafka aurait légèrement gagné en efficacité si elle n'avait pas été ralentie par quelques longueurs... On frise tout de même le chef-d'oeuvre!
Un très grand film de et avec Orson Welles sur un homme pris en tenaille par une société oppressante. Des plans magnifiques un suspense fort, le tout distribué par des acteurs excellents. A noter un gros casting: Orson Welles, Anthony Perkins, Jeanne Moreau.
Il m'est assez difficile de juger et d'apprécier un tel film, pour les simples raisons que c'est mon premier Welles et que je n'est pas lu le bouquin. Aussi, n'ayant pas passé un bac l, et ne faisant des études de cinéma, Welles et Kafka ne font pas partie de ma culture. Pour dire quelques mots, c'est un film étrange, selon plusieurs aspects. Le scénario est vraiment noir et très intriguant, mais l'ambiance alterne entre l'ennuie et le lugubre, notamment la scène où deux collègues du personnages principal se font fouettés (???), et autres non-sens.
Je n'ai vraiment pas accroché à ce film, en fait, je ne lui trouve presque aucune qualité. Et c'est dommage, car c'est Orson Welles pourtant. Les acteurs sont ridicules, en particulier Anthony Perkins : son jeu ultra stressé et nerveux le rend irascible et antipathique. Le scénario n'avance pas, c'est long et il ne se passe jamais rien qui fait avancer cette histoire de justice. Il y a cependant quelques plans avec des décors assez impressionnants et une réflexion sur la justice pertinente. Et c'est tout. Je n'ai rien d'autre à dire sur ce film. Je suis conscient du manque d'objectivité de ma critique, que le film est sûrement très bon en vrai, mais moi je n'ai pas accroché du tout.
Welles met le formalisme en scène. On est ébahi par sa mise en scène brillante. Le résultat est vraiment fameux mais étonnamment on y trouve peu d’ironie ce que roman contient. De plus en lisant le roman je ne suis pas sûr qu’on voit un aussi grand déploiement de personnages et de lieux. Une certaine théâtralité rigide est forcément nécessaire. Ici c’est quelque peu top opulent.
Adaptation d'une de ses œuvres phares de Franz Kafka , l'un des plus grands écrivains du XXème siècle, par Orson Welles qui est oppressante , étourdissante et surtout ubuesque avec "un" Anthony Perkins magistral !
Orson Welles adapte le roman de Franz Kafka "Le procès", il choisit Anthony Perkins pour jouer le rôle de Joseph K., un homme qui va être arrêté pour non respect de la loi. Le malheureux ne sait même pas de quoi on l'accuse, pris dans une spirale totalement absurde, il ne fait que clamer haut et fort qson innocence. Orson Welles réussit une adaptation fidèle au roman de Kafka, l'univers est angoissante, claustrophobique, K. est embarqué dans un régime bureaucratique où l'administration et la justice sont en permanence sur votre dos. C'est un cauchemar d'où on ne peut pas se sortir, tout y est curieux: les portes sont très grandes, une porte dans l'atelier d'un peintre mène directement à l'intérieur du palais de justice, le juge regarde des livres de loi qui sont en fait des revues pornographiques, etc....L'esprit torturé de Kafka a crée un roman de génie dont on se souvient longtemps! Welles est un fan de Kafka et ça se voit. Tous les plans sont magnifiques avec des jeux d'ombres, des champs contre champ, des longs travellings, des plans séquences, un noir et blanc magnifique. C'est un vrai bijou au niveau technique. Cependant, le film n'est pas toujours passionnant et on finit par s'ennuyer. Ayant lu le livre, la fin choisit par Orson Welles plus moderne et ancré dans les années 60 m'a déçut. Il en est de même pour Joseph K. qui est révolté dans le film alors que ce n'est pas du tout le cas dans le livre où il subit et angoisse la situation sans rien pouvoir faire. Un bon film tout de même mais qui peut être ennuyeux alors que le livre ne l'est pas du tout.
Je me suis amusé à lire les différentes critiques rédigées bien avant la mienne. Evidemment, chacun à son opinion, ses idées, ses envies, ses défauts, ses qualités, ses humeurs, son orientation sexuelle, sa faculté mentale et ou physique, et je ne sais quoi d'autre encore. Chacun verra dans le procès, ce que chacun aura envie de voir. Aimer ou détester. Et je crois que moi aussi, je suis comme les autres, à la différence d'Orson Welles qui à l'audace de terminer son film par c'est moi qui ai réalisé ce film, et je me prends quasiment pour dieu. Le comble, c'est qu'il a raison de jouer la provocation. A travers son film, adapté de l'épouvantable univers Kafkaien, il ne fait que relater nos existences, comme je l'ai mentionné au début de ma critique, jusqu'à ce que la mort nous sépare. Amen
Orson Welles et Anthony Perkins sont excellents, le film, tourné dans la gare d'Orsay est magnifiquement tourné, avec des plans incroyables. Après le procès est plus une histoire à lire qu'à regarder. Néanmoins ce film est at voir au moins une fois.
Proposition hallucinée et totalement habitée du cinéaste, qui nous plonge dans l’absurdité et la perdition absolue d’un homme plongé dans les limbes d’un système social et judiciaire sans queue ni tête.
Véritable vertige visuel et raz-de-marée verbal, dans lequel ni le mouvement ni la parole ne s’arrêtent jamais.
Chaque pièce de cette mosaïque éclatée semble, au premier regard, fondamentalement décorrélée de la suivante, mais laisse une trace persistante qui pousse, lentement mais sûrement, à s’y replonger.
Dans l’univers kafkaien, Welles mêle son petit grain de folie qui confère à sa mise en scène une aura particulière, qui nous entraîne dans une dimension encore plus vertigineuse et cauchemardesque que ne l’avait imaginé le romancier. Avis Bonus : Des bonus à foison, et tout est bon à prendre. Pour en savoir plus : lheuredelasortie.com