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calamarboiteux
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3,0
Publiée le 28 août 2010
Joseph K est mis en examen, sans qu’il sache pourquoi. Son procès a lieu sans qu’il en suivre vraiment les péripéties ; il est condamné et exécuté. A partir du livre de Kafka, Welles construit un film qui est fidèle à son esprit, et en suit assez précisément la trame. Il se contente de la transposer dans une société des années soixante dont l’environnement rappelle les régimes communistes. On retrouve donc l’étrangeté du livre, assez foisonnant, dont on ne sait ce qu’il veut montrer, tout étant parabole, de la justice aux fenêtres qui s’ouvrent. Un peu comme si chacun était libre de choisir ses thèmes et de les interpréter à sa manière. Ce qui est sûr, c’est qu’on est plus proche de Beckett que de Sartre. Pour sa part, K… est dépeint comme versatile, velléitaire, libidineux, souvent futile, intrigué plus que concerné par la thématique de la culpabilité, et pour tout dire déroutant. Comment réussir un film à partir d’une telle gageure ? Welles déploie les diverses facettes de son talent, comme acteur tout d’abord, campant un juge majestueux et roublard, puis comme réalisateur bien sûr : utilisation de décors grandioses et vides, et de cadrages étudiés soulignant l’insignifiance du héros dans l’univers ; alternance de séquences calmes, sous-tendues par un adagio d’Albinoni alors moins célèbre, et frénétiques (virtuose scènes chez Titorelli par exemple). Mais au final, le film est long, assez ennuyeux, et ne parvient pas à trancher suffisamment dans les abondants dialogues du livre, devenant de ce fait verbeux. Alors malgré les qualités esthétiques et la profondeur de réflexion de l’œuvre, malgré la bonne prestation des acteurs, principaux ou secondaires, malgré les trouvailles de mise en scène et de décors, on en vient à souhaiter que K… soit exécuté rapidement, et qu’on en finisse !
Welles adaptant Kafka, voilà qui ne pouvait que provoquer la curiosité du spectateur. Mettre en scène l'absurde demande un réel talent, et ici le grand Orson Welles en fait étalage comme à son habitude, avec ses mouvements de caméra collés aux personnages et ses angles de vue rendant le moindre décor inquiétant et oppressant. Cela étant, le film tombe par moments dans un faux rythme, à force d'enchaîner les séquences improbables comme dans un mauvais rêve, étirant parfois à l'excès des scènes un peu creuses. Anthony Perkins domine de la tête et des épaules la distribution du film, en jeune homme un peu perdu refusant de se soumettre au totalitarisme social sans comprendre. Welles a sans doute trouvé dans Kafka le parfait écho de ses propres obsessions, et nous restitue celui-ci dans un film à la plastique très travaillée mais manquant d'un peu de nerf et de tension.
L'adaptation d'Orson Welles du tout aussi fameux que soporifique "Procès" de Kafka n'offre rien d'exceptionnel, mais fait tout de même preuve d'une grande richesse iconographique. Face à cette étrangeté et absurdité typiquement kafkaïenne, que le réalisateur respecte à la lettre, s'oppose la qualité de la mise en scène, la succession des jeux de lumière et l'ingéniosité des cadrages d'Orson Welles. Mais tous ces efforts ne permettent de surpasser l'austérité du roman.
Adaptant Le Procès, un roman de Kafka, Orson Welles réalise en 1962 une œuvre excellente et surtout très moderne. L’adaptation est assez révolutionnaire, puisqu’elle permet au film de quitter les schémas de scénario classiques hollywoodiens : ici, le personnage ère dans un monde inquiétant, sans but réel. Il veut prouver son innocence… mais ne sait même pas de quoi il est accusé. Le tout pour un procès qui n’a jamais lieu. Un film profondément troublant, donc, car complètement absurde. Est-ce un cauchemar ? Ou la vision d’un dément amené au tribunal ? A chaque spectateur sa supposition, et c’est ce qui fait la force du Procès. Pour parvenir à mettre en scène une telle histoire, Welles crée des images terrifiantes, des décors labyrinthiques, rend les visages menaçants et transmet une ambiance oppressante. Il piège Anthony Perkins dans cet univers terrifiant, et le spectateur avec. Certes, ce n’est "qu’une adaptation", mais c'est la mise en scène de cette adaptation qui est grandiose.
Film très abstrait sous influence Kafka dans lequel Anthony Perkins joue un fonctionnaire pris brusquement dans un rouage de la société qui le condamne du jour au lendemain pour un mobil qu'il ne connaitra jamais. Orson Welles signe un film révolutionnaire fait avec la démarche très démonstrative de l'homme qui cherche à convaincre et à faire changer l'opinion générale, son film se développe donc lentement avec de longs plans visant à bien montrer l'évolution folle de son personnage. Un ritme un peu pénible à digèrer aujourd'hui, bien que "Le Procès" fasse partis de ces oeuvres dont l'intelligence ne prend pas en compte le divertissement du spectateur, au contraire même: son soin de la symbolique et sa description folle énervent mais sont tout de même brillants. Le message est clair: la société écrase l'individu, le désir d'officiel peut induire à la pire des erreurs, message montré tout au long du film par un discours déchainé et par des décors bancals. La figure fragile et lisse d'Anthony Perkins traverse des endroits fous: un gigantesque lieu de travail où les fonctionnaires travaillent tels des moutons, un cabinet d'avocat labyrinthique qui abrite de nombreuses pièces cachées dans lesquels l'ont trouve des clients soumis, des piles de feuilles chaotique et où siège un avocat allité mais gigantesque, interprêté par Orson Welles lui même. Le film montre donc la folie écoeurante de la société par un jeu de la disproportion et aussi par une constante manie de faire se dérouler l'action dans des décors bondés, pour montrer le malaise et la généralité de la chose. Un pamphlet intelligent bien que pénible où l'on croise les actrices françaises Romy Shneider, Jeanne Morreau et Susanne Flon.
Je ne nie pas que le "Le procés" d'Orson Welles est assez impressionnant pour l'oeil et le cerveau aussi peut_être mais beaucoup de choses mon géné dans ce film. Tiré du trés célèbre livre de Kafka dont on connait son penchant pour l'étrange, le réalisateur de Citizen Kane s'empare visiblement avec plaisir de cette histoire est en fait une critique sombre et absurde du system judiciaire. Il réalise le cauchemard à la puissance 10 de tout honnete citoyen. Sauf que j'ai du mal a accepter le personnage de Perkins (lui, trés bon je l'assure). J'ai l'impression qu'il accepte plus ou moins ce qui lui arrive, il ne se révolte pas vraiment contre "ces gens" qui lui en veulent. Il est à la fois faible et timide et les 10 minutes d'aprés il ose sans peur déclamer des vérités à la façe de fonctionnaires mieux placés que lui. Son caractère n'est pas ambigue il est mal choisi. Ce qu'a reussi Welles dans ce film est d'avoir imposé une ambiance oppréssante qui se ressent dans l'image et l'histoire avec la même force. Son utilisation des contres plongées qui nous dévoilent des têtes irréalistes font partie de ces choses qui font du cinéaste et de son film, un homme et une oeuvre atypique. Ce film n'est pas forcément accessible à tous, car par moment il faut dire qu'il ne se passe rien. D'autres passages s'avèrent prenants, cela dépend enfaite des personnages qui nous sont proposés. Lorsque les 2 policiers sont puni pour avoir étaient corrompus on attenit le point le plus sombre du cauchemard car on peut voir avec dégout que même ceux qui amènent le malheur peuvent cotoyer une autre sorte d'horreur. Tout le monde est coupable, c'est ce que semble nous dire le film. Perkins avoue s'être toujours senti coupable depuis tout petit malgré qu'il n'est fait aucun mal, cela fait perdre de la crédibilité à son personnage car c'est comme si ce qu'il lui arrivé, représenté tout son côté sombre, du coup ce n'est plus un cas comme un autre, il est unique, l'identification est raté.
Le Procès d'Orson Welles est une remarquable adaptation du livre de Kafka. On retrouve très bien l'ambiance pesante et prémonitoire du totalitarisme allemand et Anthony Perkins colle très bien au personnge de K. tant dans sa naïveté que dans son insoumission au système. Un poids lourd du cinéma (et de la littérature).
Je suis partagé. D'un coté, on a un film totalement maitrisé sur un plan technique (normal, OW est aux commandes). Mais de l'autre, on a l'adaptation d'un livre qui souhaitait dénoncer l'absurde. Et la répétition des absurdités finit (assez vite) par lasser.
Considéré par Welles comme étant son meilleur film, « Le Procès » est à la fois fidèle aux événements absurdes survenant dans le roman de Kafka et totalement réinventé par l'acteur-réalisateur maudit : L'ordre des chapitres est changé, mais l'on peut rétorquer qu'il n'a jamais été fixé par l'auteur lui-même ; les décors gigantesques donnent une tonalité SF au film là où le roman demeure toujours réaliste, mais l'on peut objecter que Welles a tourné là où il a pu.
Welles choisit de donner à son film un rythme effrené, accolant même certains chapitres dans une même séquence (le peintre, la cathédrale et l'exécution ne formant plus qu'un seul bloc) là où Kafka plaçait des ellipses de plusieurs mois entre chaque partie du récit. Certains passages paraissent un peu trop vite expédiés (l'audience, bâclée bien que monumentale) et d'autres intelligement repensés (l'arrestation est une véritable leçon de cinéma).
Bien qu'il ne pouvait y avoir qu'un réalisateur de cette ampleur pour adapter un tel chef d'oeuvre de la littérature du XXème siècle, « Le Procès » s'avère être un film décevant, transpirant la mégalomanie de son auteur, omniprésent, doublant même certains dialogues d'à peu près tous les acteurs masculins, y compris Anthony Perkins. Ce dernier est d'ailleurs excellent quand il s'agit de jouer des personnages timides, comme dans « Psychose », mais s'avère assez peu crédible dans le rôle de K., censé être un homme normal sûr de lui et volontiers cynique. Un film imparfait, autant grandiose qu'inutile.
Qui d'autre qu'Orson Welles pouvait adapté l'univers Kafkaïen au cinéma! De plus, Anthony Hopkins, Romy Schneider et Jeanne Moreau ne pouvait pas être plus adequat pour jouer ces rôles. La tension est de plus en plus palpable, l'univers de Kafka-Welles nous encercle totalement et nous plonge dans un monde terrifiant.
Bouzi Bouzouf aime « Le Procès » d'Orson Welles, adaptation du roman de Franz Kafka (si Christine Angot avait dû elle aussi porter ce patronyme, il aurait fallu que le « f » disparaisse pour qu'il soit conforme à son oeuvre) que Bouzi Bouzouf avoue avec honte ne pas avoir lu. Enfin, il n'est pas allé plus loin que la dixième page, pour être précis. Il faut dire qu'à l'époque où Bouzi a insulté de la sorte ce texte, il était encore un peu con (eh oui, Bouzi a été con dans sa vie ; il doit vous être difficile à concevoir, lecteurs, qu'il ait pu tutoyer votre niveau intellectuel une fois dans son existence). « Le Procès » de Welles s'ouvre, tout comme dans le roman, d'ailleurs, sur l'arrestation d'un pékin qui, un beau matin, voit des flics chelous s'inviter dans sa chambre pour le harceler. Bouzi Bouzouf a vécu hier une expérience assez similaire. Deux policiers ont en effet frappé à sa porte en plein après-midi. En montrant leurs plaques, il a blêmi et s'est dit qu'il était grillé, que l'on avait découvert qu'il séquestrait des lycéennes dans sa cave. Heureusement, les keufs étaient présents pour une tout autre raison (ils voulaient des infos sur l'incendie d'une voiture survenu plus tôt dans le quartier). Pour revenir au film, ce qui marque n'est pas tant que Welles ait su rendre palpable ce système écrasant et labyrinthique qui broie le héros (excellent Anthony Perkins) et l'amène à se sentir coupable alors qu'il n'a visiblement rien fait (la façon dont sont traités ces thèmes de la culpabilité et de l'innocence rapproche le film de « La Chute » de Camus, paru six ans plus tôt), mais la mise en scène fabuleuse du maître. En situant l'action dans des endroits vides et étranges (terrains vagues, banlieues blafardes, pièces bordéliques), en écrivant de brillants dialogues absurdes dignes d'un Beckett et en imaginant des scènes à la teneur surréaliste (celle, fantastique et terrifiante, des gamines mateuses), Welles crée une atmosphère unique, qui annonce déjà Lynch.
Un chef d'oeuvre de premier plan, du grand Orson welles. Fidélité à Kafka et en même temps grande originalité ! Notamment sur la scène finale avec le champignon atomique. Acteurs formidable, à noter la brillante prestation de Jeanne Moreau, magnifique.