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Un visiteur
4,0
Publiée le 24 mars 2014
Atmosphère étouffante et grande habilité d'Orson Welles a recréer l'univers "anormal" du roman de Kafka. Brillantes trouvailles cinématographiques qui font la griffe du réalisateur qui servent remarquablement le propos et qui maintiennent la tension de ce casse tête d'histoire qui fait réfléchir sur la place de l'homme dans l'élaboration d'une justice. La justice des hommes qui se veut Justice absolue mais dont le dessein d'objectivité est constamment mis à mal par les instances judiciaires. Vision très sombre, peut être extrême mais qui a le mérite de ne pas laisser indifférent.
Le propos peut paraître interessant, la mise en scène est très bonne, les acteurs sont au diapason mais passé un bon premier quart d’heure : quel ennui.
Atomisant! Il m'a fallu plusieur jours pour me remettre de ce film... Cette vision prophétique de notre société vouée au suicide est époustouflante... Welles dit à la fin de sa vie que Le Procès restera son meilleur film. Sur un plan objectif, c'est certainement vrai; techniquement et esthétiquement absolument parfait. Sur un plan subjectif, il manque une dimension clé de l'oeuvre de Welles (que l'on retrouve dans pratiquement tous ses films) : l'humour. Le Don Quichotte qu'il n'a pas réussi à finir aurait du être cette oeuvre. Le Procès est vraiment très noir, même si Welles laisse à son sujet la possibilité de se rebeller (contrairement à Kafka). Ce film est une Révélation, dans tous les sens du terme et se hisse à mon sens au-delà de la catégorie des chef-d'oeuvre. C'est une oeuvre directement inspirée un peu comme peut l'être 2001. Mérite bien davantage que 4 étoiles.
Adapté du roman de Kafka, un superbe film fantastique, onirique et cauchemardesque, tout chargé de cette angoisse qui sourd parfois dans nos rêves nocturnes. Images en blanc et noir, situations absurdes, dialogues surréalistes, décors irréels et labyrinthiques à souhait, une intrigue sans tenants ni aboutissants, un thème vague autour de la « loi », la pulsion sexuelle qui émerge, ici ou là, sans jamais aboutir, un personnage principal (Anthony Perkins) qui patauge dans tout cela, cherchant en vain à affirmer son moi. Jusqu’au générique de fin qui est des plus surprenants ! Un grand film, du grand Orson Welles. À voir !
N'ayant pas lu le livre de Kafka, je ne peux pas être objectif. La mise en scène est excellente, ainsi que le visuel. Quant à l'histoire il faut bien être concentré pour la comprendre. J'en ai compris les grandes lignes, mais elle en reste néanmoins tordue. On peut regretter aussi le fait que ça bavarde trop et que ça part dans tout les sens par moment. Mais le message est intéressant et bien traité dans l'ensemble.
Très bavard, théâtral, mais c'est le matériel d'origine qui veut ça, c'est la base de cette histoire, une incommunicabilité fondamentale que le le langage ne fait qu’aggraver. Il y a vers le début une scène de discussion entre K et Mademoiselle Bürstner qui dure 7 minutes, mais la logique de la scène est qu’elle démarre doucement sur le palier, puis continue dans la chambre de Mademoiselle Bürstner où ça va jusqu'à un baiser, avant que Bürstner ne s’énerve soudainement et éjecte K de sa chambre. Il faut du temps pour tout ça. Le problème est que les interprétations ne sont, pour moi, pas très bonnes. Les acteurs peinent à être autre chose que agaçant dans le malaise de leur personnage, notamment Perkins. L'esthétique utilisée est belle et fascinante, mais le visionnage est assez fastidieux une fois que l’on connaît le film.
Il faut visionner ce film plusieurs fois pour en comprendre la substance. Une adaptation du livre de Kafka majesteuse, un bande originale magnifique. Un des meilleurs film de Welles toujours aussi mégalo.
Bouleversant, profond, fidèle à l'esprit de Kafka, admirablement joué par Anthony Perkins et Orson Welles lui-même, et même des touches psychédéliques avant l'heure comme la scène dans l'atelier du peintre. Tant le livre que le film sont des oeuvres majeures et incontournables du 20ème siècle parce qu'ils créent des valeurs philosophiques. Celle que je retiens pour le Procès est résumé en une phrase de K : "Comment un homme peut-il être coupable?", ce qui en fait une oeuvre sombre mais dans laquelle l'espoir est toujours présent chez le personnage et donc chez moi!
Quel étrange film que ce procès. Ce procès étant lui même un personnage mystique et central du film. On en parle pendant tout le long du film mais on ne connaît rien de lui: on ne sait pas de quoi cet homme est accusé, ni ce qu’il risque, ni même si cela aura lieu... On ne sait rien et pourtant, le personnage traverse plusieurs pièces et endroits, rencontre pleins de personnes étranges, le tout dans une ambiance kafkaienne. Orson Wells retranscrit très bien cette ambiance étrange. Mais voilà, le film n’avance pas. Du début à la fin on est sur le même point et à aucun moment on essaye de nous faire avancer pour comprendre quelque chose, il en résulte un film ou on reste sur notre faim et qui donne l’impression de perdre son temps.
Soudain un employé de bureau, Joseph K., est arrêté par une sorte de police politique qui le mène au bord du gouffre, tout en le harcelant sans cesse de manière sournoise et sadique. Même si l'on plaint tout le long le pauvre Joseph enfermé pour rien, cette adaptation du célèbre réquisitoire de Kafka, contre une bureaucratie sans visage et ses multiples ronds-de-cuir, est finalement desservie en son milieu par de longues scènes prolongées; par exemple celles avec Orson Welles/Albert Hassler dans son bureau, qui font oublier le propos originel de l'oeuvre. En effet, l'illogisme, le cauchemar éveillé, ainsi que bien sûr le non-sens absolu de cette dictature sans le nom, tout cela domine tellement dans Le procès qu'on en oublie presque l'intérêt de ce film quelque daté, même si la fin symbolique (qui fait se demander si K n'est pas son propre ennemi) reste incomparable. D'autant plus que les thèmes essentiels de l'histoire, à propos de la propagande, la paranoia, et de l'insensé inepte de la société, sont comme chacun sait très loin d'être démodés.
Allez je lui met ses 4 étoiles il le mérite amplement. Quel film ! Que ce soit en lisant l'oeuvre de Kafka ou en voyant le film de Welles, on n'échappe pas à une sensation d'étouffement, de persécution, de perdition. Mais alors, là où l'oeuvre de Welles est vértiablement un grand film, c'est que la caméra en dit bien plus que le scénario et les dialogues qui témoignent déjà de l'intelligence de ce film.La caméra de Welles est fabuleuse, plus possible de faire du cinéma sans se référer à moment où à un autre à Orson Welles. J'en perds mes mots tant ce film est fascinant. Si vous conaissez le livre il y a beaucoup de chance pour que vous ne soyez pas déçu. Mais pour ceux qui ne conaissent pas le cinéma d'Orson Welles et l'oeuvre de Kafka, un conseil...Regardez ce film !!!!! C'est grand et hypnotique.
tres bon. Le film respecte vraiment l'univers déjanté de Kafka tout en rajoutant de nombreuses choses qui rendent le film finalement tres personel. Les acteurs sont très bon, Perkins est au sommet de son art et a noter la présence de Jeanne Moreau. Les musiques illustrent bien le destin de K et les décors et la réalisation rendent l'ambiance aussi cauchemardesque que dans le livre.
Le procès est une adaptation du roman éponyme de Franz Kafka, que j'ai eu la chance de lire au préalable. Ce qui est surprenant, c'est que l'adaptation est assez fidèle, alors même que le récit de Kafka ne se prête pas forcément à la narration audiovisuelle, il est centré sur la tourmente intérieure de son protagoniste, et le processus administratif infernal de la justice, choses qui ne sont pas faciles à représenter à l'écran. Tout comme dans le livre, les scènes dialoguées s'enchaînent, mais Orson Welles ne se contente pas de simple champs-contrechamps. Il puise dans le cinéma expressionniste, utilisant les décors/la direction artistique et la lumière comme véhicules émotionnels. L'architecture de style brutaliste est oppressante, les personnages sont partiellement plongés dans l'obscurité, révélant ainsi le caractère mystérieux et inaccessible du système judiciaire, les documents s'empilent jusqu'à former des montagnes écrasant notre personnage, les portes sont gigantesques de sorte qu'il n'arrive pas à atteindre la poignée, etc. Associé au grands angles de la caméra de Wells, le protagoniste semble déambuler dans un monde dystopique, une vision de l'enfer, qui sublime l'écriture de Kafka.