Bon, on va pas passer par 4 chemins : c'était phénoménal.
Commençons par les sujets qui fâchent, comme ça, on est débarrassé.
Alors oui, le film n'est pas parfait, et il est même assez loin de l'être. Beaucoup d'évènements sont juste skippés, certaines ellipses sont trop radicales (je pense notamment à après l'incident de la brûlure, les conséquences de celle-ci qui ne sont que trop peu montrée), et certaines parties de sa vie créative, sont effleurées voire faussées ('Beat It avec des gangsters pas si gangsters que ça dans le film). Un des gros scandales du film, c'est bien sûr, l'effacement de l'existence du petit frère Randy Jackson, ainsi que les 2 autres soeurs Jackson : Rebbie, et Janet, dont l'importance de celle-ci était énorme dans la vie de Michael Jackson. John Branca a également carrément été idéalisé, le faisant passer pour un good guy dans le film, alors que de nombreux conflits entre lui et Michael avaient éclatés.
Le problème du film, c'est qu'il manque de profondeur, notamment pour la personne même qu'est Michael, réfléchissant de manière unique, et dont les conflits internes, sa psychologie ont été effleurés.
D'excellents éléments ont apportés beaucoup à son personnage, et je suis content qu'ils soient apparus, à commencer par sa joie devant les films de Chaplin, son appréciation des dessins animés, de Mickey Mouse, ou encore de Peter Pan (dont il aura le syndrome). Grâce à eux, j'ai appris des infos que je ne savaient tout simplement pas, comme son amour pour les animaux (un lama, des girafes, Bubbles son chimpanzé, ou encore Ben son rat, qui sera par ailleurs le titre d'une de ses chansons les plus connues).
J'ai entendu beaucoup de gens se plaindre de la représentation de Joseph, alors que même si elle est probablement assez loin de la réalité (bien trop sombre), il est tout de même dépeint comme un sacré salaud. Un homme qui bat son enfant (la scène des coups de ceinture était très forte. Dure à vivre et choquante), un homme égoïste qui ne va jamais de l'avant, ne se remet jamais en question, et force ses enfants à mener une vie parfois difficile, que lui a choisi. Sa dynamique avec Michael est la meilleure du film. On y perçoit la peur dans les yeux de Michael, même lors de la première scène, avec un Mike fuyant le regard de son père. Des petits détails qui font la différence, comme le câlin à un de ses producteurs, gentil comme tout avec lui.
Un des points forts du film, et ce qui nous permet d'avoir une expérience folle, c'est la mise en scène, et la reconstitution presque parfaite des concerts de MJ, avec une ambiance phénoménale, et des chorégraphies identiques en tout point par rapport à la réalité, et justement, parlons des danses et du jeu d'acteur du film, et notamment Jaafar Jackson, qui a réalisé la prestation la plus folle et la plus fidèle que j'ai vu de ma vie. Son physique, sa voix, son chant, ses mimiques, son jeu naturel, ses danses : tout était parfait en tout point, et c'était tellement parfait, que je n'avais même pas l'impression de regarder une autre personne que MJ à l'écran, tant il lui ressemblait. C'était bluffant, vraiment. On peut donner du crédit à Juliano Krue Valdi, qui interprète le jeune Michael à la perfection, avec un jeu juste, une voix parfaite, et des mimiques qui dépassent le réalisme. Colman Doming également, qui fut impérial dans son rôle de Joseph, et qui m'a fichu la frousse plus d'une fois. Cette perfection de casting, de jeu d'acteur, ont vraiment renforcés l'immersion dans la vie de MJ, où j'ai été réellement transportés, et où tout me semblait réel, comme si je regardais un documentaire du roi de la pop sous forme de film.
Enfin, bien évidemment, le meilleur point de ce film : les chansons iconiques de Michael Jackson, et une immersion visuelle et auditive complètement dingue par la reconstitution des concerts et des clips.
D'abord les Jackson 5, puis 'Beat it', le passage de 'Thriller' qui était génial aussi, même si un peu trop court à mon goût. Plus le temps passait, plus les chansons de MJ devenaient folles, et plus l'expérience de ce film devenait exceptionnelle. L'extase montait de plus en plus, c'était réellement jouissif. Le concert avec 'Billie Jean', la foule en délire qui s'évanouit, et le moonwalk ce fut d'une puissance difficilement atteignable. 'Human Nature' durant le Victory Tour, et enfin 'Bad' qui se lance et où la joie, l'extase atteint son paroxysme dans ce final de malade : c'est aussi ça le Cinéma non ?