Michael est un film indéniablement honorable qui réussit à capturer l'ascension fulgurante et le génie perfectionniste de l'artiste. Le film brille particulièrement dans sa manière d'explorer la genèse du mythe au sein des Jackson 5 et le rapport complexe, presque viscéral, à ses parents. On y découvre avec justesse l'homme derrière la star : son amour pour les animaux, son côté rêveur et cette maladie qui commence à transformer son apparence, entre gloire immense et imaginaire débordant. Cependant, le film souffre inévitablement de la présence des ayants droit à la production. Si la dynamique entre les frères est bien développée (bien qu'on s'étonne de l'absence de Janet), le récit finit par manquer cruellement de relief et de vérité sur la durée. En choisissant de stopper l’essentiel de l'exploration de "Neverland" et du syndrome Peter Pan en 1988, le film fait l'impasse sur les périodes les plus denses et tourmentées de sa vie.
Le vrai regret réside dans ce sentiment de film incomplet, on survole ou on zappe totalement les époques Dangerous et History, pour se concentrer quasi exclusivement sur l'âge d'or (Off the Wall, Thriller, Bad). En refusant d'aller jusqu'au bout et d'aborder de front sa chute aux enfers, le biopic reste à la surface. On aurait aimé voir l'homme dans toute sa complexité, ses failles et ses tragédies, plutôt que ce clip publicitaire qui s'arrête avant que le vernis ne craque vraiment. Du spectacle qui manque de courage. Reste que ça donne envie de réécouter ces artistes qui on bercés mon enfance (Michael, Madonna, Mylene,The Police, Elton, Billy Joël, Aretha Franklin, Whitney, pet shop boys, u2, Kylie, Phil Collins, George Michael, Cindy Lauper et tant d’autres)