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4,0
Publiée le 24 mars 2025
Merveilleuse Simone Signoret! Merveilleuse Madame Rosa! Celle qui a assez de maladies pour plusieurs personnes et qui refuse d'aller à l'hôpital! Signoret (sacrèe meilleure actrice aux Cèsars 1978) s'investit ardemment dans ce personnage d'ex-prostituèe juive! spoiler: La triste fin de vie d'une femme courageuse et souffrante après avoir passè vingt ans dans le même immeuble à monter les six ètages à pied! Un constat pessimiste sur la situation d'un quartier très populaire de Belleville qui s'èclaire toutefois par le lien affectif qu'entretient Madame Rosa avec le jeune Momo! Les dècors y sont sordides, le dènouement aussi noir que poignant, mais le film de Mizrahi, qui adapte brillamment Romain Gary, fonctionne grâce à ses deux talents à l'ètat brut (l'unique rôle au cinèma du tout aussi inoubliable Samy Ben-Youb). A signaler que "La vie devant soi" (1977) a obtenu l'Oscar du meilleur film ètranger à Hollywood...
Ce film est un petit bijou. Le pitch: Simone Signoret incarne une ancienne prostituée, Mme Rosa, reconvertie en garde d'enfants. Vieille, mourante, elle va s'enticher d'un garçon qu'elle garde depuis 11 ans. Entre eux, va naître une relation filiale. Simone Signoret obtiendra le césar de la meilleure actrice pour ce rôle poignant, reflet sans doute de sa vie personnelle ; elle qui fut une icône de beauté devient ici dans ce rôle l'ombre d'elle même, usée par les excès. La scène devant le miroir avec les photos d'elle jeune résume à elle seule le tourment tant de Mme Rosa que de l'actrice. Dans le rôle du garçon, Mohammed, Samy Ben Yout ne démérite pas et aurait tout autant pu prétendre au césar. C'est un film poignant, tolérant, témoin d'un monde qui n'existe plus basé sur le roman d'Emile Ajar éponyme. Un chef d'oeuvre avec une actrice authentique.
Une oeuvre très émouvante tout comme la prestation de Simone Signoret. Une belle histoire entre une vieille pute juive et un orphelin arabe dans un quartier multi-ethnique de Paris. Prostitution, maladie, vieillesse, immigration sont parmi les nombreux thèmes abordés. Si le film est un drame il laisse par moments de la place aux rires.
La Vie devant soi n'est peut-être pas le drame qui m'a le plus séduit, mais forcé de reconnaître que j'ai été bluffé par Simone Signoret. L'actrice est poignante. Elle jour là le rôle de sa vie (enfin, parmi tant d'autres car l'actrice peut se glorifier d'avoir cumuler au long de sa carrière un nombre impressionant de rôles magistraux). Il est complètement impossible de passer à côté des émotions qu'elle transmet dans son interprétation. La sénilité qui la frappe est tragique. On est très loin d'un feel-good movie. Je suis en revanche un peu plus sceptique concernant le jeune acteur incarnant Momo, plus fade (mais bon, vu son âge, difficile de briller aux côtés de Signoret). Malheureusement, en-dehors du jeu d'acteur, l'histoire m'a moyennement séduit, je n'ai pas eu l'impression qu'il se soit passer grand chose. Un autre bon point est le décor. La représentation multi-culturelle des années 70 du quartier de Belleville est très réussie et très immersive. On a vraiment l'impression d'y être. Bref, sans être un chef-d'oeuvre, le jeu de Simon Signoret vaut le détour.
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4,5
Publiée le 7 janvier 2021
Au dire de tous Yves Montand a conseillé à sa femme Simone Signoret de ne pas jouer Madame Rosa. Heureusement pour nous elle n'a pas pu résister à ca et a eu un César pour sa peine. Le film lui-même a remporté un Oscar probablement en raison non seulement de son excellence mais aussi de son message qui reflète la politique sensible de l'époque. Il s'agit d'un film magnifiquement réalisé par Moshé Mizrahi basé sur le roman de Romain Gary qui s'est malheureusement suicidé en 1980. La partition de Philippe Sarde et Babket Loubna est merveilleusement subtile tout comme les tons sourds de la cinématographie de Nestor Almendros. La dernière et très récente incarnation de Rosa est celle de Sophia Loren dans A Life ahead of us en 2019...
Oscar du Meilleur Film étranger, César de la Meilleure Actrice, Simone Signoret alors au sommet du sommet de son charisme monstrueux, adapté d'un roman de Romain Gary...euh pardon...d'Emile Ajar...tout ça réunit c'est très très alléchant donc la déception a été à la hauteur de l'attente. Quand un réalisateur médiocre ou moyen a sous la main un très beau sujet et une comédienne exceptionnelle, auxquels en dehors de cette optique on peut ajouter un très bon jeune acteur et un ou deux seconds rôles tout aussi bons (dont l'excellent Claude Dauphin dans son avant-dernier rôle au cinéma !!!), il se croit obligé de faire le minimum syndical avec une mauvaise photographie qui serait déjà indigne d'un téléfilm de troisième zone et en insufflant un rythme mollasson loin de la fraîcheur et de la vivacité du livre d'Emile Ajar. Ce qui fait que l'ennui a tendance à étouffer l'émotion qui se dégage de l'histoire, et fait de ce film une oeuvre anecdotique qui a dû rester dans les mémoires uniquement pour la présence de la grande Simone.
Film magnifique, vraiment. Du genre qui fait aimer même ses maladresses: oui, c'est vrai, Momo ne joue pas très bien, oui, c'est vrai, le film est très dur, trop peut-être, très beau aussi, trop peut-être... Mais ça marche vraiment et c'est l'essentiel. Un conte de fée sans baguette magique, plein de personnages à la dérive et qui s'accrochent à leur radeau. Simone Signoret en Carabosse avec un cœur de fée Clochette, et ce pauvre et magnifique Momo qui apprend à faire comme tout le monde autour de lui : vivre, survivre. Avec la vie, devant soi.
Très beau film, mais j'ai rarement vu un scénario aussi glauque (l'auteur de roman s'est suicidé, ça ne m'étonne pas). Le point faible : comme dans de nombreux films français, les enfants jouent excessivement mal, mais on s'y fait.
Adaptation du roman de Romain Gary, un film tendre et humaniste mais dans l’ensemble assez poussif (peu de rythme et réal médiocre), qui dresse le portrait d’une vielle femme au grand cœur abîmée par la vie, interprétée par la touchante Simone Signoret, récompensée par un César.
Excellente adaptation notamment grâce à l'immense talent de Madame Signoret. Le réalisateur, qui signe son seul bon film de sa carrière reste assez fidèle du merveilleux livre de Gary. On aurait pu voir bien pire.
On peut être étonné du langage quelque peu outrancier. Mais quel beau film. À l’image du livre. Cette histoire superbe qui relie les peuples et les générations. Cette femme sur le jeune aime comme sa mère car elle l’a élevé. Superbe Signoret, émouvante et combative. Qui est heureuse car elle est aimée de son protégé. La mort ne lui fait pas peur. Elle veut même la devancer pour mourir heureuse. Un jeune acteur étonnant de justesse. Excellent
D'après un roman d'Émile Ajar, (un des quelques pseudonymes de Romain Gary) l'histoire de Madame Rosa, ancienne prostituée cabossée par la vie et à la santé allant plus que déclinant, qui devint nourrice pour enfants eux-mêmes nés de prostitués. Se noua un lien particulier avec Momo, un gamin algérien de 14 ans de confession musulmane, à l'histoire de vie difficile qu'il connaîtra en cours de film. "La vie devant soi", (titre ironique au passage, comment voulez-vous que ces mômes aient une vie normale ?) c'était juste chouette comme truc. Pas question ici d'étude sociologique ou de je ne sais quoi d'autre, (notez que ça aurait pu, certains quartiers de Paris ayant commencé à fortement se transformer, d'un point de vue ethnique, à la fin des années 70) mais simplement le désir de raconter une histoire qui n'était pas comme les autres. Réalisation très sommaire bien sûr, mais ça n'avait pas d'importance. Et à l'excellente interprétation. On sait que les gamins au cinéma, ça n'est pas toujours ça, ils n'ont pas les codes. Mais là, c'est très bien. Et pis, y a notre Simone. 56 ans à l'époque, mais si amochée physiquement qu'elle en paraissait 15 de plus. Comme si elle avait senti que c'était la fin du chemin, elle donna tout ce qui lui restait. Et elle est inoubliable. Ceux qui ont connu ce cinéma français d'autrefois l'ont toujours automatiquement associée à ce rôle, plus encore qu'à "Casque d'or" ou aux "Diaboliques".
Une adaptation du roman éponyme d'Emile Ajar vraiment réussie, grâce à une mise en scène efficace et à la magistrale interprétation de Simone Signoret; Portait d'une femme généreuse à la fin de sa vie, juive, ex déportée, ex prostituées puis comme nourrice des enfants d'autres prostituées, dans le quartier cosmopolite de Belleville dépeint avec une grande bienveillance par le réalisateur. Quelques scènes d'anthologie, comme l'ex proxénète arabe, psychiatrique qui vient réclamer son fils et que Rosa déclare avoir appelé Moïse et élevé dans comme juif, ou celle du sage arabe qui cache sa cécité, mais confond le coran et les Misérables de Victor Hugo et la scène finale de l'agonie dans la cave avec le chandelier israélite
Un sacré film ... comme je les aime sur notre chaîne Arte !!! Un film dit d'art et essai … qui mélange tous les genres... avec la faune des habitants des quartiers chauds de Paris comme le fameux Belleville que j’ai bien connu comme parisien d’adoption dans le 3ème de ma jeunesse dans les années 70 moi aussi donc vers mes 18 ans ... étais-si glauque ? certainement … vraiment un Ovni dans le cinéma français !!!!
Adapté du roman éponyme de Romain Gary, réalisé par Moshé Mizrahi et sorti en 1977, le film nous raconte l'histoire de madame Rosa, une nourrice qui garde les enfants de prostituées à Belleville. Je ne connais pas bien l’œuvre de Gary mais de ce que j'ai pu voir comme adaptations (je ne l'ai jamais lu), l'acceptation de l'autre et le mélange culturel sont des thèmes récurrents et surtout importants pour l'écrivain. C'est ici en tout cas très bien retranscrit puisque le film montre effectivement un quartier très hétéroclite et multiculturel où les moins aisés s'entraident, quelque soit leur ethnie ou religion. J'avais cependant un peu peur que le film tombe dans un certain côté mièvre et moralisateur mais il n'en est rien ! Bien au contraire, le film montre des personnages qui ne sont quelques-fois pas tendres dans leurs propos, tout en restant différent de l'autre et surtout en l'acceptant. Je crois d'ailleurs que le meilleur exemple du film sont les relations entre juifs et musulmans, relation qui est d'ailleurs au cœur du film puisque c'est un petit garçon musulman qui fini par s'occuper de sa mère adoptive juive. Mais c'est surtout un sujet qui n'a jamais été autant d'actualité alors que le film a pourtant plus de quarante ans ! De même, on ne tombe pas non plus dans le mielleux avec cette relation, par ailleurs très touchante, car les personnages sont bien écrits et surtout très bien interprétés par Samy Ben Youb et Simone Signoret qui est impressionnante de sincérité avec de plus un sacré bagou et un certain phrasé propres à la France des années 70. "La Vie devant soi" est donc un film social qui n'est pas là pour ménager ses spectateurs en parvenant à être réaliste, touchant et drôle à la fois.