Felicità
Note moyenne
3,6
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108 critiques spectateurs

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Fêtons le cinéma

849 abonnés 3 658 critiques Suivre son activité

1,5
Publiée le 7 juillet 2020
Felicità a la crédulité de penser qu’il suffit de filmer la porte cadenassée d’un grenier ou les logorrhées verbales d’un astronaute sorti de l’eau et confortablement assis sur la banquette arrière d’une voiture pour susciter l’intérêt, mieux exciter la curiosité d’un spectateur qui n’a que faire de ces images construites sur du rien et qui n’enclenchent jamais sa rêverie. Voilà un film qui se plaît à brasser de l’air sous couvert de liberté, mettant en scène des révélations pour aussitôt les détruire – ce qui devient rapidement, très rapidement lassant – dans un jeu auquel personne ne joue, sinon les comédiens au talent indéniable. Et si la première partie divertit voire surprend avec un cadre familial rapidement déconstruit, la suite prolonge et radicalise ce procédé d’exploration des possibles avec une myopie terrible, empêchant la grâce parce que constamment raccordée aux caprices d’un réalisateur qui fabrique sa bizarrerie au lieu de la donner à vivre, raccordée à cette primauté du démiurge sur son œuvre, seul capitaine à bord d’un vaisseau qui prend l’eau de toutes parts.
anonyme
Un visiteur
4,5
Publiée le 1 juillet 2020
Pour ces trois là, a vie n'est pas simple, elle est fantasque, drôle, émouvante, surprenante et jouée par des comédien.nes extra-ordinaires.
Yaes
Yaes

5 abonnés 43 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 13 mai 2020
Voilà un curieux film au ton singulier qui n’est pas dénué d’intérêt.
L’histoire est assez simple : la petite Tommy finit ses vacances d’été et doit rentrer en sixième le lendemain. Elle a hâte de tout : retourner à l’école, revoir ses copines et celles qui ne le sont pas, grandir. De ce postulat basique, Bruno MERLE nous embarque dans une histoire plus complexe.
Tout d’abord, il y a les parents, Tim et Chloé, légèrement immatures qui vivent au jour le jour, sans vraiment se poser les questions qui préoccupent les adultes au quotidien et bercés par un humour très, très particulier. Malgré cela, ils sont très impliqués dans le développement intellectuel de leur fille, plus que dans son éducation au sens traditionnel du terme. Il y a ensuite Tommy, gamine atypique et peu communicative, mais à la capacité de réflexion au-dessus de la moyenne et à la répartie… intéressante. Enfin, il y a le cosmonaute. Cette troupe de personnages évolue dans une Bretagne que nous connaissons tous, mais d’une façon particulière : ils squattent la maison d’une famille partie en vacances et sont obligés de partir parce que celle-ci rentre plus tôt que prévu.
C’est ce grain de sable qui va dérégler la petite famille à la veille de la rentrée et risquer de les empêcher d’être à huit heures zéro, zéro devant le collège. Car tout l’enjeu de l’histoire est là : Tommy veut absolument et doit être à l’heure pour la sixième. En l’espace de vingt-quatre heures, sa mère va disparaître, son père va s’inquiéter, partir à sa recherche et Tommy d’être confrontée à ces choix dont elle tente de mesurer l’impact sur sa vie future.
Le propos de cette histoire à mi-chemin entre le récit initiatique et le conte nous fait réfléchir sur le choix en général et le fait que nous y sommes confrontés à chaque instant de notre vie, ainsi que notre capacité réelle de libre-arbitre. Mais aussi, que chacun de nos choix influence nos actions futures. Enfin, comme le dit si bien ce «philosophe» chansonnier qu’est Patrick BRUEL, « il vaut mieux vivre avec des remords qu’avec des regrets », autrement dit, ayons parfois la sagesse de ne pas penser à ce que nous aurions pu avoir pour profiter pleinement de ce que nous avons. Sans oublier de remettre en cause la notion de « normalité » (avec un parallèle/hommage un peu appuyé à Freaks de Todd BROWNING) et l’art de cultiver sa différence.
Voilà pour l’histoire. Côté technique, nous pouvons noter un très bon travail sur le son, qui joue un rôle à part entière dans la définition du personnage de Tommy, finement interprété par Rita MERLE. N’oublions pas Pio MARMAÏ, encore une fois fabuleux, car il passe d’une émotion à une autre avec une facilité déconcertante, mais il a la délicatesse de ne jamais voler les scènes aux autres acteurs, même quand il extériorise les sentiments plus qu’à l’accoutumée.
Même si vous ne saurez pas ce qu’il y a dans le grenier, ni pourquoi Tommy porte un casque anti-bruits, ou qui est vraiment le cosmonaute (ami imaginaire ou réel, fantôme ou expression de la conscience de Tommy), n’hésitez pas à voir ce joli moment de cinéma, tendre et délicat.
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