"Interdit aux chiens et aux Italiens" primé à juste titre au festival animation d'Annecy et European Film Awards l'an dernier est un coup de cœur. En effet même si le récit est court (1h10), le réalisateur Alain Ughetto retrace d'une manière émouvante et captivante le parcours de ses grands parents italiens au début du XXème siècle jusqu'en 1960 environ dans une histoire qui aborde des thèmes riches et denses comme la première et la seconde guerre mondiale, le racisme, l'immigration, les liens familiaux dans un film qui bouleverse.
Je suis ravi qu’Interdit aux Chiens et aux Italiens ait gagné non pas un mais deux prix ! Le soutien de la Fondation Gan et le prix du Jury du Festival International du Film d'Animation d'Annecy lui permettent de récompenser ce travail d’écriture original. À travers le passé mouvementé de ses ancêtres, Alain Ughetto nous retrace avec sincérité, une partie de l’histoire de la France et de l’Italie. On s’attache aux personnages, grâce à les designs rigolos, malgré les sujets durs abordés mais jamais de façon larmoyante. De plus, les passages un peu méta, où le narrateur interagit avec ses personnages, rajoute à l'originalité du film.
Il peut arriver qu'on soit particulièrement sensible au sujet d'un film et que, in fine, on ne se sente pas enclin à le conseiller. C'est ce qui m'arrive avec "Interdit aux chiens et aux italiens", un film sur l'immigration italienne vers la France durant le 20ème siècle. Ce film d'animation raconte l'histoire de Luigi, le grand-père du réalisateur, telle que la raconte Cesira, sa femme. Luigi Ughetto, originaire de Ugheterra, un village du Piémont où tout le monde porte le même nom que le réalisateur, un grand-père que le réalisateur n'a pas connu et qui, face aux conditions économiques difficiles, à l'absence de travail sur place, a passé sa vie à aller de chantier en chantier en Suisse et en France, de l'autre côté des montagnes voisines. Conquête de la Lybie, Première guerre mondiale, fascisme, deuxième guerre mondiale, naissance de nombreux enfants dont Vincent, le père du réalisateur, Cesira (c'est la voix d'Ariane Ascaride qu'on entend) raconte le passé de la famille. Sujet très intéressant qui montre combien la contribution des immigrés venant d'Italie a été importante pour la construction des infrastructures de la France du 20ème siécle. Qui montre aussi la xénophobie que rencontraient régulièrement ces travailleurs venus d'ailleurs. Tourné selon la technique de l'animation en volume ou animation pas-à-pas, avec des figurines et divers objets rappelant la région d'origine de la famille Ughetto, ce film a tous les ingrédients pour m'être sympathique, sauf que le manque de souffle dont il fait preuve dans la conduite du récit a fait que l'ennui a fini par gagner la partie. Dommage !
C’est sur la technique de l’animation-volume que Alain Ughetto s’appuie pour relater l’arrivée des Italiens en France, chassés par le fascisme et la misère. C’est l’histoire de son grand père et de sa future épouse française, qui malgré les conditions d’accueil peu favorables vont faire leur petit bout de chemin en aidant grandement le pays à émerger . Le témoignage de plusieurs générations de migrants italiens qui courageusement ont affronté le travail pénible, la misère et la faim Mais le réalisateur à choisi un versant bien souvent très léger proche de celui de « La vie est belle », . Cette élégance qui masque la profondeur , cette vérité au-delà où l’humour façon E. Scola. ( Affreux sales et méchants ). La technique employée emprunte au réalisme du scénario très documenté une vivacité supplémentaire , une bizarrerie dans l’ordre des choses qui sur des figurines en argile , très simples, mais joliment sculptées, révèlent la complexité de notre monde. A voir absolument, dès le plus jeune âge ! Pour en savoir plus : lheuredelasortie.com
Un film original intégrant vues réelles et animations. Jolies maquettes créatives, parfois amusantes mais sans tomber dans un effet comique qui ne servirait pas le propos. L'histoire, avec quelques traits d'humour, est racontée du point de vue d'un des personnages, la grand-mère, à qui Ariane Ascaride prête sa voix, avec la retenue particulière qu'ont celles et ceux qui savent ce que souffrir signifie... C'est un film visible dès le collège, et qui parlant de l'arrivée d'une famille d'italiens en France au XXème siècle, de leur accueil, de leur parcours, permet aussi de faire un parallèle avec le chemin que sont en train de parcourir (ou d'essayer de parcourir) d'autres migrants...
Présenté en compétition aux 35èmes RCC (Rencontres Cinématographiques de Cannes) ce qui est en soi une référence, compte-tenu du haut niveau de la sélection, ce film est plaisant, émouvant, instructif, même si par moments on n'est pas fier d'être français car il s'avère d'une grande véracité pas toujours à notre honneur ! En plus dans la forme il est très original, souvent drôle, on ne voit pas le temps passer ( c'était pourtant le 4ème film de la journée !)