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Charlotte28
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4,0
Publiée le 15 septembre 2020
Malgré quelques maladresses et des élans baroques parfois déroutants, ce film construit un panorama de la vie des Italiens à travers le destin politique, social et amoureux de trois amis liés par une femme aussi idéalisée et faillible que leur pays. Une réflexion sociétale dénuée de didactisme et de manichéisme laissant toute leur humanité aux protagonistes et à leur(s) évolution(s). Ambitieux.
Que reste-t-il de nos amours ? Le film d’Ettore Scola oscille entre la nostalgie et le rire, entre la mélancolie et la tendresse, il est devenu un classique du cinéma italien. Trois hommes, trois parcours – et, à travers eux, trente ans d’histoire italienne… dont, en premier lieu, trente ans de cinéma italien. Allusions, citations, références cinématographiques parsèment le film de manière flagrante. La présence constante, obsessionnelle, de souvenirs de cinéma constitue sans doute la puissante originalité du film – celle qui lui permet d’échapper à l’étiquette du « portrait de génération » pour proposer une réflexion riche et nuancée, qui exploite et interroge sans cesse ses propres moyens d’expression. Trois amis militants avec trois parcours différents et au milieu une femme dont ils tombent amoureux tour à tour au point de condamner leur amitié ; c’est une aussi une belle histoire humaine sur trois décennies. Suivre 4 vies sur 30 ans en 2h, sans raccourci, sans maladresse, avec des ellipses bien senties ; c’est une gageure qui lorsque l’exercice est réussi touche au cœur le public. Un classique à voir et à revoir par les amateurs de cinéma qui dans une séquence surprenante se retrouveront au beau milieu du tournage de « La dolce vita » en compagnie de Mastroianni et de Fellini…. Mais qui plaira aussi aux non amateurs avertis. tout-un-cinema.blogspot.com
Nous nous sommes tant aimés. C’est un film italien qui date de 1974. Un film en couleur. L’Italie des années septante. La ville de Rome. C’est l’histoire de deux hommes et d’une femme, qui vivent à Rome. L’histoire traverse trente ans de vie commune. Depuis la fin de la seconde guerre mondiale aux années septante. Le film reste typiquement italien ; un film qui passe de la comédie au drame, ou du drame à la comédie. Le film reste long et compliqué. Mais ce film reste beau et intéressant. Il y a de très belles scènes. Rome et son cinéma.
Ils voulaient changer le monde mais c'est le monde qui les a changés. Voilà ce constat bien amer que fait Ettore Scola sur Gianni, Antonio et Nicola, trois amis qui se sont rencontrés alors qu'ils étaient dans la Résistance pendant la seconde guerre mondiale. Adoptant une structure volontairement éclatée, subjective, faite de dialogues face caméra et d'apartés à la théâtralité assumée, Scola nous conte près de trente ans dans la vie de ses trois complices, séparés par une femme mais aussi et surtout par leurs choix et leurs idéaux. Ceux qui s'étaient jurés l'amitié éternelle ont vu la vie creuser un fossé entre eux. Gianni est devenu un homme d'affaires parvenu, ayant trahi ses idéaux de jeunesse par cupidité tandis que Nicola leur est tant resté fidèle qu'il finit seul. Antonio, sans doute le plus modéré des trois, est pourtant un tendre raté qui n'a pas eu la vie qu'il souhaitait. Avec une lucidité imparable mais en même temps beaucoup de tendresse, Scola nous montre ses personnages, leurs choix, leurs compromis et leurs malheurs. Car tous ont vu leurs rêves se briser le flanc sur l'évolution d'un pays qui n'a pas tenu ses promesses. Tout en rendant hommage à ses maîtres de cinéma (Fellini et De Sica apparaissent dans le film dans leurs propres rôles), Ettore Scola brosse un portrait mordant de toute une génération qui n'a pas saisi les opportunités de l'après-guerre malgré leurs idéeaux politique. Des losers comme on les aime qui n'ont pas su trouver le bonheur mais qui vivent tant bien que mal. D'une tendresse et d'une mélancolie absolues, "Nous nous sommes tant aimés" est un bijou de cinéma sur le temps qui passe, l'amitié qui se défait et la vie qui continue. Une œuvre portée par des acteurs formidables, sublimée par la partition d'Armando Trovajoli qui en dit long sur une époque tout en captant quelque chose d'intemporel sur l'amitié, le temps qui passe et la magie du cinéma...
Copieux film d'Etorre Scola, ou la petite histoire et la grande sont mélées. Ou on y parle avec acuité des sentiments humains, de l'amour et de l'amitié, des séparations et des retrouvailles, sur ce qui change et ce qui ne changera jamais. C'est fait avec beaucoup de trouvailles dans la réalisation, comme ces moments suspendus ou ces flash-backs qui viennent éclairer une situation. Le film oscille entre joie profonde et mélancolie même si l'on sent que toute vie contient sa part de renoncement et que la tristesse s'empare petit à petit du cœur des hommes. Des trois hommes, entre l'arriviste, l'idéaliste et l'activiste, il semble que c'est l'idéaliste campé par un merveilleux Nino Manfredi qui s'en sort le mieux, comme si Ettore Scola voulait nous rappeler que c'est le cœur qui dirige l'être humain. Les trois acteurs sont formidables et il ne faut oublier de mentionner Stefania Sandrelli, qui irradie le film de sa beauté et de sa présence. En fin, tout cinéphile aura remarqué l'importance du cinéma dans la vie de ces compères, comme si le cinéma était au centre de tout. C'est un sentiment agréable, et malheuresement je ne suis pas sur que le cinéma ait une place aussi importante aujourd'hui. Film indémodable aux dialogues indémodables et aux situations universelles
Ma tradition l'oblige, un film Italien en Avril. Pourquoi en Avril ? A dire vrai je n'en sait rien et qu'importe ...
Après une trilogie sur Antonioni avec Le Cri, Blow-Up et Zabriskie Point en 2017, 2018 et 2019 c'est vers Ettore Scola que je me tourne en 2020. Le souvenir d'Une Journée Particulière vu sur Arte lors de l'hommage à ce dernier est encore très vivace et résonne encore très fort en moi. Une experience à part entière, un de mes plus grands bouleversement en terme de cinéma.
Nous nous sommes tant aimés que je découvre à l'instant m'a très vite ramené à ce que moi j'avais tant aimé lors de ma rencontre avec Scola. Il se sert une nouvelle fois de l'histoire pour raconter la vie de ses protagonistes. Nous sommes en pleine immersion dans l'Italie d'après-guerre et de l'impact des bouleversements engendrés sur le quotidien de nos personnages. Si le film est très drôle il est tout autant déchirants dans sa justesse et dans sa vérité historique. Les idéaux et belles idées sont très vites balayés au profit d'une tout autre cause moins rose. On se mange les déconvenues et les joies en leurs compagnies, à tous d'ailleurs. Le film est très beau à la fois dans ce qu'il raconte donc mais aussi dans la mise en scène de son créateur et que dire des comédiens à ravir !
J'avais très envie au cour de cette critique d'abordé un autre de mes enthousiasmes, la musique. L'Amour criant de cinéma d'Ettore Scola est flagrant dans ce film mais son idéal porte aussi dans la composition musicale tout aussi magique. Les notes entendus dans ce long métrage m'on complètement retourné et l’envoûtement continue une fois le générique achevé.
Une immense contribution et un amour du Cinéma tout à la fois beau à voir mais aussi à vivre. Un des derniers bastions de croyance de cette homme qui livre avec un pareille film une lettre aux siens à coups de " Vous Autres et Nous Autres " ... On quitte cette Oeuvre avec un immense sourire.
Une fresque sur près de 30 années d'après guerre, à la fois grave et légère où l'on voir comment au fil du temps s'érodent ou se fanent les idéaux de gauche que partageaient trois amis pendant la résistance au fascisme. L'un avocat arriviste épouse une femme sotte et la fortune de son père, l'autre intello renonce à son travail et à sa famille et s'enfonce dans la solitude au nom de ses idées, et le troisième, plus naturel, conserve sa joie de vivre en restant brancardier. Une femme va les aimer tour à tour, les séparer et les rapprocher à nouveau. En deuxième plan, ce film est une ode à Rome, au cinéma italien et au théâtre, mais également aux petites gens ceux qui fréquent le restaurant des "demis portions" qui lui finira aussi, par disparaître avec le temps. Mise en scène alerte, légère, acteurs plaisants et sympathiques
"Nous nous sommes tant aimés" ou le temps des désillusions. Résistants et libérateur de l'Italie, Antonio, Gianni et Nicola sont entrés dans l'après-guerre avec de communs espoirs marqués à gauche. Mais la société et la vie sont souvent réfractaires et les décennies se succèdent comme autant d'échecs ou de compromissions. Antonio le prolétaire reste le brancardier modeste qu'il était avant-guerre; Nicola l'intellectuel cinéphile, ne trouve aucun écho à ses revendications culturelles, tandis que Gianni, l'avocat, se met au service d'un industriel corrompu qui lui ouvre les portes de la grande bourgeoisie... Tout au long du film et de trente années, chacun de ces trois anciens amis séparés par la vie ou par une femme semble subir son existence, loin des rêves et des ambitions de jeunesse. On sent bien l'amertume portée par le sujet mais Scola détourne la gravité par la dérision, cette faculté inégalable et typique du cinéma italien, et découvre dans leur triste condition et leur désenchantement la part de ridicule de ces trois grands enfants tout à la fois vindicatifs et impuissants.
On ne croit pas tellement à ces trois personnages qui ressemblent bien plus à des types (le bourgeois opportuniste, l'intellectuel velléitaire, le prolétaire valeureux) qu'à des êtres de chair, mais 'Nous nous sommes tant aimés' est tout de même un moment de cinéma plaisant, tantôt drôle, tantôt émouvant. C'est aussi un bel hommage au cinéma italien dont l'évolution inspire, en filigrane, celle des personnages à mesure que l'histoire avance dans le temps.
Avant "Quand Harry rencontre Sally", il y a eu ce trio attachant d'amis italiens qui se croisent sur trois décennies, se disputant une femme et des idéaux politiques qu'ils partagaient à l'origine réunis pour la chute du fascime dans la résistance. Puis vient la réalité de la vie qui fait défiler les époques et les opportunités de chacun qui naturellement vont se fondre dans le personnage qui semble d'entrée de jeux leur être destiné. La vie et son lot de désillusions est dépeint de façon drôle et mélancolique. D'une richesse tant scénaristique que culturelle, "Nous nous sommes tant aimés !" (j'adore ce titre, j'avoue qu'il donne l'envie de découvrir ce qu'il y a derrière) ajoute une jolie pierre au cinéma italien en lui rendant même un hommage notable. Ettore Scola fait du cinéma social et nous prouve ici ce que le personnage le plus répugnant du film affirmait pourtant à raison, l'homme le plus seul est l'homme riche.
« Nous nous sommes tant aimés ! » de Ettore Scola (1976) balaie en un peu moins de 2 h le destin de 3 copains réunis par la résistance contre les allemands : Antonio (Nino Manfredi) qui restera toujours brancardier dans un hôpital religieux du fait de ses opinions politiques ; Nicola (Stefano Satta Flores) professeur toujours marxiste dans un petit lycée et féru de cinéma et Gianni (Vittorio Gassman) qui lui a trahi ses idéaux et est devenu très riche en épousant la fille d’un profiteur de guerre. Ces 3 amis ne se sont pas revus depuis 1946 et c’est avec émotion que leurs destins vont se croiser autour de la belle Luciana (Stefania Sandrelli) dont le rêve est d’être actrice… ce qui nous conduit à l’évocation de très grands films : « Le cuirassé Potemkine » de Sergueï Eisenstein (1925) avec la scène du landau dans les escaliers d’Odessa ; « La Dolce Vita » de Federico Fellini (1960) avec la scène de la fontaine de Trevi ; « L'éclipse « de Michelangelo Antonioni (1962) … et surtout « Le voleur de bicyclette » de Vittorio De Sica (1949) - à qui le film est d’ailleurs dédié- avec la célèbre question sur l’astuce de De Sica pour arriver à faire pleurer le petit Bruno. Le film est souvent drôle mais aussi pathétique car comme dit par l’un des 3 amis, « Nous voulions changer le monde, mais le monde nous a changés ! ». Le film débute en noir et blanc avec surtout à son début des effets de lumière frappants et un jeu un peu théâtral et il est rythmé par un thème musical obsédant. Bref une excellente comédie douce-amère pour les nostalgiques du grand cinéma italien de l’après-guerre !
Avec cette chronique douce-amère de l'Italie d'apres guerre ,Scola réalise d'abord et surtout le portrait de 3 hommes liés par une grande amitié que le temps et les evenements vont perturber.A travers le bilan de leurs destins ,c'est aussi celui d'un pays que le cinéaste dresse en évoquant les bouleversements politiques et économiques (extraordinaire et féroce satire de la bourgeoisie) qui suivent la fin du conflit.Les comédiens sont tous admirables et chacun apporte sa pierre a cette fresque qui contient tous les elements qui font la vie : l'amitié ,l'amour,le travail ,les joies ,les peines...Scola utilise de maniere remarquable les flashbacks et le mélange noir et blanc/couleur qui renforce le coté nostalgique de son oeuvre ,il n'oublie pas de rendre un hommage appuyé a ses modeles que sont Fellini et De Sica.Certaines longueurs du a des scenes trop bavardes sont a notés mais l’atmosphère générale illuminée par les partitions de Trovajoli reste légère et sucré comme une friandise.
Joli fresque de l'Italie d'après-guerre, qui nous présente les destins croisés de ses 3 personnages principaux. Le film est assez long à passer l'introduction et les présentations des retrouvailles(en noir et blanc).Mais dès le passage à la couleur dans le film(en effet, le film est scindé en deux, la première partie en noir et blanc et la deuxième en couleur), on suit de près la vie de ses personnages qui n'ont pourtant rien en commun et que seul la guerre a liée. Ainsi, ce film traite de l'amitié, et comment une amitié tient à travers les fils des années mais également des problèmes de chacun à l'époque de la société italienne(problème de scolarité, emploi...) "C'eravamo tanto amati" n'a pour but de se prendre au sérieux. Déjà, il rend hommage aux cinémas italiens( ses grands acteurs et réalisateurs comme Vittorio de Sica) et met beaucoup en avant les arrets sur images durant lesquels les interprètes se parlent entre eux ou interpellent directement le spectateur.
L’un des sommets de la comédie Italienne, en ce qu’il dépasse et transcende le genre pour aboutir à une œuvre extrêmement riche, inventive et émouvante. Se déroulant sur une trentaine d’années, le film se compose d’une succession de scènes entre trois amis, Antonio (formidable Nino Manfredi), Gianni (non moins formidable Vittorio Gassman) et Nicola, et leur amour commun, Luciana. Ettore Scola n’a pas fait le choix d’une « histoire » fluide, mais de mettre en scène les moments décisifs de leurs relations et leurs choix de vie. Les chefs d’œuvre peuvent comporter quelque scorie, et c’est ici le cas dans la première demi-heure avec une scène prématurément larmoyante (l’attachement aux personnages est peut-être encore insuffisant…). Mais pour l’essentiel, c’est une succession de scènes merveilleuses, avec des belles idées de mise en scène (la reprise dans le film du procédé théâtral d’expression des pensées), des magnifiques trouvailles scénaristiques (la scène de la cabine photographique ; celle du jeu « quitte ou double »,) des situations cocasses (le malentendu sur le parking) et des moments proprement magiques (l’ambulance arrivant sur le tournage de « La Dolce Vita» ; la conversation entre Gianni et son épouse défunte) ou bouleversants. D’une tendresse à la fois lucide et empathique pour ses personnages, le film génère des émotions profondes et diverses et le rire laisse souvent la place à la nostalgie et au désenchantement. Des trois personnages, le seul qui soit resté par ses actes fidèle à ses idées est Antonio, et c’est symboliquement logique que ce soit lui qui fasse la surprise finale de sa situation sentimentale à ses amis, au sein de cet autre symbole qu’est la veillée pour les inscriptions à l’école... Bien plus qu’une comédie, c’est un grand film d’amour, un grand film d’amitié, un magnifique témoignage social et un superbe hommage au Cinéma.