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Max Rss
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4,0
Publiée le 25 mai 2025
C'est fou comme parfois on peut être raccord avec certains avis, sans même en avoir pris connaissance antérieurement. Parce que moi aussi les premiers trucs m'étant venus à l'esprit sont "Alfie le dragueur" et "L'homme qui aimait les femmes". Cocasse quand on sait, comme le rappelle un internaute, à quel point Truffaut a pu médire de Carné... Drôle de film que ce "Monsieur Ripois". Ça n'est pas sa structure narrative tout en flashbacks qui surprend (les spectateurs de l'époque avaient déjà connu ça en 1939 avec le monument "Le jour se lève) mais bel et bien son personnage principal. Parce qu'il est bien évident que pour lui, séduire n'est qu'un jeu, qu'il aime se faire désirer et qu'ensuite il n'assume plus rien. Un type paralysé du coeur, quoi qu'il puisse avoir des réactions très nobles, comme cette décision de quitter Marcelle la prostituée pour ne plus profiter d'elle. Pour séduire une amie de sa femme, Monsieur Ripois lui raconte son histoire et ses échecs sentimentaux et c'est là que c'est le plus intéressant parce que tout le long du film, on en vient à se demander si quelque chose de tout ça est vrai. Si tout ça n'est pas un stratagème destiné à provoquer la pitié. Et le final laisse penser que l'on avait raison. Pour donner vie à son histoire, Carné prenait le risque de confier ça à Gérard Philippe. Je parle de risque car Philippe, aussi bien dans la voix, que dans l'intonation, dans la gestuelle et dans la posture avait tout de l'homme de théâtre et si peu de l'homme de cinéma. Finalement, il s'en sort plus que très bien. Classique de notre cinéma, qui semble cependant avoir été oublié depuis.
Une fable morale distrayante mais peu palpitante sur les confessions d’un séducteur Français arriviste et fourbe s’installant à Londres auquel on s’attache finalement trop peu, malgré l’interprétation sans fausse note de Gérard Philippe.
Confessions d'un Don Juan compulsif, égocentrique et cynique. Clément filme Londres admirablement et Gérard Philipe est séduisant en diable, qui pousse le mensonge jusqu'à son détriment physique. Question : ce film a-t-il inspiré "Alfie le dragueur" (1966) ?
Expatrié à Londres depuis la guerre, André Ripoix y vit aisément après qu'il a épousé une riche anglaise. Ses années londonienne, avant son mariage, ont toutefois été des années de précarité, ainsi qu'il en fait le récit, au long d'un flashback qui constitue l'essentiel du film, à Patricia, une amie du couple à laquelle il fait la cour enflammée d'un séducteur invétéré et, par conséquent, suspect d'insincérité. Gérard Philipe fait une composition remarquable et sensible de ce français exilé et esseulé, modeste employé de bureau dont la personnalité, au-delà de son parcours, est le coeur du sujet. Séducteur insatisfait et ambigü, entre cynisme et sincérité, Ripoix nous fait douter: on ne sait jamais vraiment s'il a besoin des femmes pour subvenir à sa solitude ou s'il s'en sert pour se tirer d'affaire(s). Ses voeux pieux de réussite font de lui un velléitaire ou un irrésolu, un jeune homme manquant de caractère, ainsi qu'on le voit dans l'étape cocasse où Ripoix spoiler: usurpe la qualité de professeur de littérature française.
Concernant la mise en scène, si on peut regretter que par facilité tout le monde parle français à Londres, avec accent certes mais de telle façon que le récit perd de son authenticité, René Clément surprend, avant l'arrivée de la Nouvelle vague, en filmant l'errance de Ripoix dans les rues de Londres, au coeur de la population (Eric Rohmer fera une expérience analogue avec Jess Hahn dans son premier film "Le signe du lion). De ce film naviguant entre fantaisie et gravité, il ressort constamment un sentiment d'amertume, peut-être moins initié par les difficultés du héros que par son incapacité au bonheur.
Dans ce « Monsieur Ripois », c’est la forme plus que le fond ( sur le donjuanisme ) qui m’intéresse. Dans un environnement assez classique du cinéma français René Clément parait expérimenter quelques techniques. Le filmage en caméras cachés dans les rues de Londres, la position des cadres naturels ( les miroirs, les entrebâillements …) et la façon dont ils accompagnent la narration. Un séducteur hors-pair, français exilé à Londres, raconte sa vie amoureuse, ses conquêtes et ses combines pour les attirer, à la seule femme qu’il dit vraiment aimer. Elle se méfie, mais l’écoute au fil des rencontres que René Clément filme soigneusement. Gérard Philippe joue les coqs et les Dons Juans de très belle manière avec un environnement féminin de fort belle allure. Si aujourd’hui les noms de Natasha Parry, Valerie Hobson, Joan Greenwood sont passés de mode, ces dames ont sûrement leur place dans un panthéon particulier . Pour en savoir plus : lheuredelaésortie.com
Rene Clement , fit partie des cinéastes français étrillés par la nouvelle vague. Quand on voit la qualité de Monsieur Ripois, il faut se ranger du côté de Bertrand Tavernier qui a réhabilité le réalisateur.
Certes considéré comme la pièce maîtresse de la filmographie de Clement, "monsieur Ripois" fait mieux que de redorer le blason de ce cinéaste dont les premiers films datent de la fin de la guerre.
C'est un film absolument remarquable porté par Gerard Philippe dont l'interprétation est d'une confondante modernité. Le casting féminin est excellent et le charme de ces actrices anglaises traverse l'écran.
Le comble de la part de Truffaut ( qui trempa sa plume dans le vinaigre à l'égard de Clement) est que son film " l'homme qui aimait les femmes" dont le personnage a des cousinages avec Ripois, est que ce dernier lui est supérieur ( selon moi) malgré les grandes qualités du film interprété par Charles Denner.
Aucun rupture de rythme dans ce portrait d'un séducteur (doté de traits de perversité), manipulateur, qui se moque comme d'une guigne de ses partenaires dont le rôle qui leur attribue se cantonne au profit qu'il en retire.
La ressortie opportune du film (quasi invisible en salle depuis des décennies), dans une version remasterisee donne l'occasion aux amateurs d'oeuvres du patrimoine de juger sur pièce de la grande qualité de cette réalisation.
Franchement on est pas loin d'être en présence d'un chef-d'oeuvre de l'histoire du cinéma français d'après-guerre.
Monsieur Ripois obtiendra le prix spécial jury cannois en 1954 (prix qui arrivait juste après le grand prix du festival- qui ne s'appelait pas encore palme d'or).
Pour la petite histoire Valerie Hobson, qui interprète Catherine Ripois, fut peu après le film l'épouse de John Profumo, homme politique anglais impliqué dans le scandale politique connu sous le nom de l'"affaire Profumo". Mr Ripois fut le dernier film de l'actrice.
Bon scénario et bonne réalisation de René Clément, avec encore une excellente prestation de Gérard Philipe dans un rôle de Don Juan moderne. Le début est poussif, mais on est très vite subjugué par l'histoire de ce séducteur fourbe jusqu'au dénouement final assez singulier.
Le 0,5 en moins c'est juste pour les 18 premières minutes que j'ai trouvé un peu lourdes et en décalage avec l’ambiance générale du film. Sinon tous le reste est majestueux! Je n'ai vu que trois films de René Clément mais "Monsieur Ripois" est sans doute mon préféré pour l'instant! On retrouve sa pâte notamment dans l'épilogue, Clément étant le champion des fins inattendues et intelligentes. Le montage est très bon pour l'époque et esthétiquement le film est presque parfait voir parfois avant-gardiste. Comment ne pas évoquer les très célèbres plans filmés dans les rues même de Londres, au milieu d'une foule d'anonymes, un décor naturel et profondément humain. Et puis il y a le merveilleux Gérard Philipe qui signe ici une de ses meilleures prestations au cinéma: il est tous bonnement excellent dans ce rôle.Ce rôle d'un homme qui respire le blues (comme j'ai pu le lire ici). En voulant s'éloigner de ses rôles habituels de jeune premier romantique et littéraire, Gérard Philipe incarne finalement toujours un (anti)héro romantique affreusement moderne et looser. On pourrait analyser durant des heures le fait que Monsieur Ripois est bel et bien un personnage romantique à l'instar de ceux des romans de Victor Hugo ou Stendhal. Il incarne également ce fantasme autour de la vie de bohème, de débauche et plus particulièrement du SPLEEN. Mais le spleen du perdant qui n'a aucun talent, pas celui de l'artiste qui console son âme et sa conscience en sublimant son chagrin par ses œuvres. Dans le film Monsieur Ripois n'est comparé qu'à un "noyé" ou un chien perdu La confrontation tout au long du film entre Ripois qui raconte sa vie et Patricia qui l'écoute est significatif: c'est la véritable opposition, le champs de bataille entre le patriarcat et le féminin qui s'affrontent. Ce qui est superbe c'est que Clément ne passe jamais dans l'exagération pour faire passer ses messages: tout est dans la subtilité (contrairement à la nouvelle vague) Même la musique emblématique du film, à savoir les notes de jazz qui accompagnent le blues de Ripois, ne se fait pas remarquer dés le début. Un film donc beaucoup plus complexe qu'il en a l'air mais il faudrait des pages pour l'analyser judicieusement! Un personnage principal littéraire mais illettré, au coeur lourd, à l'esprit moyen mais aux rêves bien vivants. Un vrai voyage dans une existence débraillée et fantaisiste dans un Londres des années 50 dont René Clément arrive admirablement à retranscrire l'ambiance et l'humeur.
Malgré un déroulement doux correspondant à la tristesse du personnage, le film séduit par son aspect libre et sensuel comme chez Ophuls. GP est ainsi parfait dans ce rôle d’amoureux délaissé mais romantique, plaisant aux femmes par sa douceur et sa fragilité. Il y a ce blues continuel qui rend le film charmeur et mélancolique.
Un très grand Gerard Philippe magistral qui incarne un séducteur incapable de "s'attacher" à ses conquêtes. Un personnage complexe. Même sa sincérité a un côté manipulateur. Gerard Philippe fait penser au Patrick Deweare de Série noire.
Gérard Philippe est très mauvais dans ce mauvais role d'un mauvais film. Le scénario est faible, la mise en scène trainarde. Quand au dénouement on est dans le pur ridicule.
Gérard Philipe est parfait dans ce rôle de dandy dans la dèche, errant dans les rues de Londres (où toutes les femmes semblent parler français...) à la recherche d'une nouvelle conquête amoureuse. Flegmatique, enjôleur, inquiet, veule, changeant... cet André Ripois est un nouveau don juan qui séduit et se lasse, poursuivant avec les mêmes enthousiasmes et les mêmes déceptions une figure de femme idéale. Aimant toujours et n'aimant jamais. Sincère et menteur. Le portrait se double d'une fable morale assez réjouissante. Il y a beaucoup de drôlerie et d'ironie dans ce film coécrit par Raymond Queneau, d'après un roman de Louis Hémon. On note enfin une certaine liberté formelle (notamment dans les scènes de rue) qui annonce la Nouvelle Vague.
Une légère déception que ce Monsieur Ripois, qui semble ne puisé son énergie et son intêret essentiellement à travers son interpréte principal , Gérard Philippe, une nouvelle fois impeccable et en plus à contre-emploie. Appart cette bonne idée de mettre en scène cet acteur sous une composition plus pessimiste, cynique et accablante, et sans la volonté d'innovation de René Clémént, qui est assez réussit et ingénieuse il faut le reconnaitre, de vouloir filmé l'acteur en parfaite dissimulation en plein coeur de la foule de Londres (sans véritables figurants), pris "sur le vif", une idée qui s'avère apportait rééllement plus de réalisme. Mais quel néant dans le scénario ! La routine peu ordinaire certe de ce personnage est intéressante, et les mésaventures et déboires amoureux de ce dernier ne sont pas déplaisantes non plus, emmené par un récit plutôt habile et plaisant, mais qui n'évite pas au spectateur de rencontrer de l'ennuie et de l'indifférence face au déroulement des évènements répétitifs et si peu extra-ordinaire au final du personnage, narré par la voix-off du personnage de Gérard Philippe, racontant sa vie, qui finit elle aussi par nous lasser, (un comble pour une voix aussi formidable que celle de l'acteur, aussi pénétrante et touchante de sincérité que celle de Depardieu. A voir pour Gérard Philippe.
Il y a des films comme ça que l'on peut voir à l'infini, voir et revoir encore avec un plaisir sans cesse renouvelé. "Monsieur Ripois", du grand René Clément, fait partie de cette race-là. Chef d'oeuvre incontesté du cinéma français, ce "Monsieur Ripois" donne le vertige tant il est réussi, magnifié à chaque seconde par l'interprétation exceptionnelle et "habitée" de Gérard Philippe. Jamais celui-ci n'est apparu plus beau, plus désespéré et plus touchant que dans ce film ! Derrière la caméra, René Clément réussit l'exploit de faire de ce scénario parfait un chef d'oeuvre d'esthétisme et de maîtrise cinématographique. Le quart d'heure d'errance d'André Ripois dans les bas-fonds de Londres sont d'une beauté foudroyante. Un monument du cinéma.
C'est un film volontairement léger qui finit par gagner peu à peu en profondeur. Mais le scénario est hélas trop mince. Il faut donc se farcir le début, statique et principalement fait de caquetages de Gérard Philippe. Une fois à Londres, le film devient réellement intéressant. On suit le parcours socialement erratique de Monsieur Ripois et son peu d'estime pour la gent féminine qu'il séduit par seul souci d'être aimé en retour. Une fois le but atteint, l'ennui le gagne et provoque la rupture, comme indiqué dès le début du film. C'est un personnage à la fois antipathique et pathétique que Gérard Philippe campe avec talent, c'est-à-dire qu'on le méprise tout en le plaignant. Cette inexorable descente aux enfers est habilement filmée, et trouve une fin amusante, à défaut d'être palpitante.