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Un visiteur
3,0
Publiée le 17 février 2010
René clément nous fait rentrer dans le film de façon très plaisante et Gérard Philippe est parfait dans son rôle, le scénario est tout de même trop mince pour maintenir l'attention tout le long.
Une des prestations les plus reconnues de Gérard Philipe incarnant le veule Monsieur Ripois, inspiré d’un roman de Louis Hémon. Le film est complexe quant à sa finalité. Quelle image de Ripois, René Clément veut-il nous donner ? Celle d’un éternel séducteur à la manœuvre qui va jusqu’à livrer la plus intime confession sur lui-même pour séduire une nouvelle conquête plus difficile d’accès, ou celle d’un homme qui souffre réellement de sa condition et de son incapacité à se construire autrement que par la conquête des femmes ? Les deux points de vue sont sans doute acceptables. Suivant le propos retenu par chaque spectateur on donnera une interprétation différente à la chute finale de Ripois de son balcon. Clément n’a peut-être pas tranché et tout simplement voulu nous montrer la difficulté à être un homme. Souvent nos actes ne sont pas dictés par notre raison mais par le savant résultat de l’affrontement déséquilibré entre ce que celle-ci nous commande et nos pulsions intérieures. Tel est Ripois, pauvre hère qui aura vécu une demi-vie à la remorque des femmes devenues un moment ses jouets mais qui survivent très bien à son départ prouvant qu’une fois passé le charme immédiat, Ripois se montre vite ennuyeux. Film captivant qui peut se prêter à moult interprétations. C’est une vision du donjuanisme qui nous est proposée par Clément et son acteur. Qui d’autre que Gérard Philipe avec son charme alangui pouvait donner vie à Ripois ? Il démontre au milieu de sa carrière cinématographique qu’il est un acteur pouvant par moment tutoyer le génie. Clément de son côté annonce la Nouvelle Vague par sa façon de filmer Londres caméra à la main. Sans doute vu comme une menace par les jeunes turcs des Cahiers du Cinéma, ceux-ci n'auront de cesse de vouloir l'écarter de leur chemin. Enfin Natasha Parry par son charme irrésistible nous fait comprendre pourquoi Ripois veut croire que c’est avec elle qu’il va clore sa fuite en avant. Au lieu de cela incapable de résister à sa nature profonde , il finira cloué dans un fauteuil roulant dépendant une fois de plus des femmes mais sans pouvoir cette fois prendre la fuite. Un grand film trop largement sous-estimé.
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4,0
Publiée le 8 décembre 2009
Depuis longtemps, Renè Clèment rêvait de faire un film avec Gèrard Philipe! Son souci primordial: lui offrir un emploi très diffèrent de ceux où l'on ètait accoutumè de le voir! Avec "Monsieur Ripois", tirè d'un roman (insolite s'il en fut quand on songe que Louis Hèmon, son auteur, avait ècrit auparavant "Maria Chapdelaine"), Clèment lui offre un personnage à coins d'ombre et à facettes, plus riche assurèment et plus complexe que ne l'avait voulu le romancier! Philipe allait illustrer magistralement l'ambiguïtè, l'aspect coupant comme une lame de ce "Monsieur Ripois", mystificateur malgrè lui et victime de lui-même! Les scènes londoniennes et pluvieuses qu'il a avec la timide Joan Greenwood sont plastiquement superbes! Et puis quelle leçon de mise en scène de la part de Clèment (certaines sèquences ont ètè tournèes avec une camèra cachèe) qui nous donne un magnifique conte moral relatant avec une subtile et fèroce ironie les heurs et les malheurs de "Monsieur Ripois" ou Gèrard Philipe joue les cyniques Don Juan avec un immense talent! Un grand classique du cinèma français...
Un excellent film , tout à fait original. Tout d'abord par sa forme , car tourné entièrement en décor naturel, dans les rues de Londres . C'est "à bout de souffle" 8 ans avant, et c'est Hyde Park Corner, au lieu des Champs Elysées. Un parfum de nouvelle vague avant l'heure par un cinéaste pourtant néo- classique. Ensuite c'est la "révélation" Gérard Philippe. Bien loin de ses rôles habituels romantiques ou bellatre , il est à contre emploi : un looser cynique. On dirait un personnage de Houellebecq avant la lettre , ou même le Bardamu de Céline. Le personnage est un cynique , pessimiste, Il couche avec des femmes pour en tirer certains avantages , pour se créer un petit confort. Ce n'est pas vraiment un gigolo, mais il se laisse porter par la facilité. Il plonge un moment dans la décadence et doit dormir dans la rue, et là le film atteint des sommets. Gérard Philppe , mal rasé , en guenilles, ressemble aux SDF d'aujourd'hui , on est au bord du gouffre..Le film est très fort de réalisme. Il touche aussi des sujets très contemporains, il est très actuel. On est loin des sujets à "l'eau de rose " des années 50. Un film puissant , qui vous tient en haleine, bien peu connu, peu cité et pourtant une merveille. Une mention spéciale pour Gérard Philippe , une merveille , car il joue naturel, pas aussi théatral que d' habitude. Peut-être son meilleur rôle. Quel dommage qu'il soit mort si tôt et n'ai pu connaitre "la nouvelle vague"..
Film pour moi sans grand intérêt certes bien interpréter mais plutôt ennuyant par moments. Gérard Philipe coure après plusieurs femmes (on à l'impression que c'est du déjà vu a maintes reprises). Le point positif c'est que ce genre de film était très souvent tournés en studio ce qui n'est pas le cas ici (cela a inspiré La Nouvelle vague).
Monsieur Ripois est certainement une des oeuvres les plus réussies de son cinéaste René Clément et un des plus grands rôles de son acteur principal Gérard Philipe. Avec son immense maîtrise de la technique René Clément a su filmé mieux que personne les rues de Londres et sa population utilisant avec brio bien avant la Nouvelle Vague le système du tournage en extérieur en caméra cachée. Sa direction d'acteurs est en outre parfaite à l'image de l'interprétation de Gérard Philipe. Ce dernier montre une nouvelle facette de son talent à travers ce personnage de Don Juan loser, incarnant un des personnages les plus complexes et les plus sombres de sa carrière, aux motivations inconnues si ce n'est la garde absolue de son indépendance, peut-être sincère ou menteur mais ça c'est à nous de décider. Toujours est-il qu'on a affaire à une oeuvre particulièrement brillante où le cynisme et l'ironie règnent en maître.