Hatari!
Note moyenne
3,9
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anonyme
Un visiteur
3,0
Publiée le 16 décembre 2010
Ah, les plaines du Tanganyika et leurs promesses de dépaysement africain ! Voilà bien là un programme qui rend alléchant le film d'Howard Hawks (dont le nom est déjà attractif), outre un casting sympathique, qui garantit les ingrédients d'un divertissement digne de ce nom. Las, si l'aventure est bien au rendez-vous (certes, les scènes de safari sont répétitives, mais restent suffisamment intenses pour ne pas [trop] lasser), l'aspect humain du film est considérablement bâclé, la psychologie des personnages étant, au moins, hyper caricaturale. Je m'explique : retrouver l'impayable John Wayne dans une énième composition (?) de vieux roublard macho et désobligeant, ours solitaire mal léché plein d'amertume après un fiasco amoureux, n'est pas en soi une surprise ni une déception ; il fait son job, celui qu'on attend de lui dans cette partition ultra codifiée. Non, le problème vient qu'on se prend assez rapidement à imaginer un autre film, moins prévisible et entendu, plus subtil et audacieux - plus vrai, quoi : en proie à une inclinaison sentimentale pour le patriarche de cette mission animalière (compréhensible, même si, hélas, elle nous renvoie immanquablement à l'idée que cette jeune femme de 25 ans cherche en Sean une - bien archétypale - figure paternelle), Dallas, le personnage incarné par (l'exquise) Elsa Martinelli serait tellement plus convaincante - et touchante - en déployant l'appareil de séduction dont est instinctivement douée/capable la gente féminine (au cinéma, à tout le moins, mais pas seulement, je crois), plutôt que de se déclarer d'une façon aussi brutale et, disons-le, aberrante (pour ne pas dire bête et vulgaire). On rêve encore que Pockets, l'histrion joué par Red Buttons - souffre-douleur de Wayne et Jiminy Cricket pour Dallas -, se rebelle ne serait-ce qu'une fois contre le rôle humiliant et réducteur (car il a semble-t-il mieux à proposer) dans lequel le maintient son collègue (quasi) despotique. Une morsure d'orgueil, fut-elle désespérée (analogue à celles que pouvaient connaître le personnage de Dean Martin dans "Rio Bravo" - western atypique et précédente réalisation de Hawks - qui, sous l'effet d'un alcool désinhibant, n'hésitait pas à s'ériger - physiquement, même - contre le père métaphorique qu'était son collègue shérif incarné par Wayne), serait en effet salutaire à ce dispositif ainsi trop schématique pour créer l'émotion. Et puis, ce Pockets nous laisse encore des regrets, quand on pourrait le croire secrètement amoureux de Dallas (qui lui confie ses atermoiements amoureux envers un Sean qui l'ignore apparemment, et la maltraite, même), en proie à un dilemme cornélien : donner à Dallas les clefs pour amadouer l'ours Wayne, quitte à se priver tout à fait de l'once d'une chance qu'il pouvoir avoir, en tant que confident et ami, d'accéder lui-même à son coeur, et par suite à ses faveurs. Bien qu'elle semble absolument indifférente à son numéro d'attachant bouffon, c'est humain, non ?...). Mais non, il couvait contre toute attente une passion des plus inattendues (il ne semble absolument pas sensible à ses charmes, alors qu'il piaffe littéralement devant Dallas) pour l'autre femme du groupe, la (subitement) niaise (l'amour est dangereux pour la santé mentale, c'est bien connu) Brandy (une Française avec un prénom pareil, allez comprendre !), qui trouvera d'ailleurs une issue aussi favorable que parachutée, par le truchement d'une navrante facilité scénariste, digne d'une série Z.
Passons sur les autres personnages, qui ne sont d'ailleurs plus que des clichés exotiques réduits (par Wayne, encore) à leur nationalité ("Le Français", "L'indien", Luis le mexicain, ex-toréador [!] et Kurt, l'Allemand au physique aryen et à la loyauté à son chef toute militaire, hum...).
Autre écueil : comme l'a signalé un autre spectateur, "Hatari!" bat en effet tous les records de tabagisme (plus enfumé qu' "In the mood for love" !).
La fin est, quant à elle, assez décevante, inutilement "burlesque". On se croirait presque chez Benny Hill, c'est dire...

Oh, un dernier conseil avant de vous procurer ce film (que je recommande, malgré tout, donc) : fuyez la version française, qui est une insulte à l'intelligence du spectateur moyen, faisant notamment des personnages féminins du films d'insupportables bécasses, l'un capricieuse (Dallas) et l'autre rendue soudainement écervelée (et excessivement maternelle - les scénaristes n'avaient décidément pas peur des lieux communs !) par une abêtissante révélation (?!?) amoureuse. Hélas, cette même VF était la seule alternative à la VO sous-titrée en anglais dans mon édition - "Widescreen" - DVD, où l'absence de sous-titres français (et espagnol, et italiens, et allemands, soient toutes les autres nationalités présentes dans le groupe d'aventuriers, un comble !) fut donc des plus préjudiciables. Par contre, absolument TOUTES (ou presque) langues existantes sont sinon disponibles (il ne manque peut-être que le swahili, dont le mot "Hatari" - 'danger" - est tiré)...
Pascal
Pascal

254 abonnés 2 410 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 14 juillet 2022
"Hatari" mot swahili qui signifie "danger" ou "risque" est un des derniers films de Hawks ( il en tournera encore quatre, dont le dernier huit ans après).

On sait que Hawks fut avec Hitchkock, le cinéaste le plus défendu par les Cahiers du cinéma de la première époque ( celle qui donna naissance aux cinéastes de la nouvelle vague française) et il figure parmi les réalisateurs de référence de l'âge d'or d'Hollywood.

Truffaut classe l' œuvre de Hawks en deux catégories de films : ceux qui glorifient l'Homme et ceux qui brossent de lui un portrait peu flatteur.

"Hatari" qui n'est que rarement considéré comme un point d'orgue de la filmographie de son auteur, appartient sans nul doute à la première catégorie.

Réalisé pour les scènes d'intérieur dans la maison d'Hardy Kruger acteur allemand installé à l'époque enTanzanie ( ancienne colonie allemande) , qui vivait au milieu de la savane dans une ferme transformée en lodge pour le tourisme.

Revoir ce film en condition idéale, sur grand écran, en copie restaurée permet de revenir sur ce classique et de le reconsidérer.

A mes yeux , c'est une formidable réussite (image, casting, sens de l'évasion, ode à la nature), même si on pourrait lui reprocher
( c'est son gros défaut) un scénario un peu plat et répétitif, dont on commence à sentir la pesanteur dans sa dernière heure et pas en raison de sa longue durée ( près de 160 minutes).

On regrettera aussi le manque d'écriture des personnages, beaucoup moins fouillés que ceux des " misfits" de Huston auquel "Hatari" peut être comparé sur un point clef : la capture d'animaux sauvages.

Le film est une sorte de voyage en afrique de l'Est au sein d'une équipe de bushers qui capturent sur commande de zoos européens, des animaux ( celle du rhinocéros est la plus spectaculaire).

Le casting féminin est absolument remarquable et permet d'admirer la beauté connue de Elsa Martinelli, vedette Italienne de la fin des années 50 et surtout de la française magnifique de modernité Michele Girardon ( au destin tragique et écourté : elle se donnera la mort à 36 ans suite à une déception amoureuse avec l'acteur espagnol Jose luis de Villalonga) dotée elle aussi d'un charisme et d'un charme exceptionnel.

Du côté masculin on relèvera parmi ce casting international, la présence de Gerard Blain lui aussi tout à fait convaincant dans cette production hollywoodienne ou il parle comme sa compatriote Michelle Girardon la langue de Shakespeare, sans être doublé en post production.

Un très grand moment de cinéma pour un film qui n'a pas d'autres prétentions que de nous prendre par la main et de nous emporter dans un univers que Sydney Pollack n'oubliera pas lorsqu'il mettra en scène "Out of africa" dont "Hatari " serait la version enchantée.

Et il y parvient avec brio.
anonyme
Un visiteur
4,0
Publiée le 22 janvier 2013
Après avoir réalisé l'un des plus beaux westerns du cinéma avec "Rio Bravo", Howard Hawks, signe ce grandiose film d'aventures. Du grand et du beau spectacle en perspective.
velocio

1 538 abonnés 3 499 critiques Suivre son activité

1,5
Publiée le 4 juin 2025
Un film ennuyeux et peu sympathique qui m'a juste permis de constater que le cinéma US n'avait pas attendu la période contemporaine pour accumuler les défauts qui sont sa marque de fabrique. On attendait beaucoup mieux de la part du réalisateur de "Rio Bravo" !
CH1218
CH1218

280 abonnés 3 232 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 26 août 2025
Cette parenthèse africaine d’Howard Hanks est aussi sympa que divertissante mais trop longue. Outre les séquences de capture des animaux, spectaculaires mais répétitives, « Hatari ! » s’attarde avant tout sur les relations, les amitiés et les amours de ces protagonistes avec humour, bienveillance et un soupçon de naïveté. A noter que les notes d’Henry Mancini qui accompagnent les éléphanteaux sont aussi amusantes qu’entêtantes.
Marc Taton (Belgique)
Marc Taton (Belgique)

42 abonnés 1 030 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 2 juillet 2025
Howard Hawks signe ici un très bon film où John Wayne et son équipe traquent des animaux sauvages pour les zoos. Le film allie aventure, humour et romance, le tout porté par des paysages magnifiques. On ne voit pas les 2h40 passer, et on passe vraiment un excellent moment. 8/10
Kouto
Kouto

29 abonnés 4 749 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 12 septembre 2025
Un film d’aventure bon enfant dont le scénario n’évite pas les redondances et manque singulièrement de ressorts. Malgré tout, le long-métrage d’Howard Hawks se montre très dépaysant et offre une galerie de personnages attachant, sans mentionner les scènes de captures d’animaux sauvages, qui pour l’époque ont de quoi impressionner. Beaucoup de bonne humeur, une pointe de romance pour un film sympathique.
gabdias
gabdias

120 abonnés 2 000 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 25 décembre 2014
John Wayne et Howard Hawks (Rio Bravo) ont quitté le grand Ouest américain pour les hautes plaines du Arusha Park en Tanzanie dans un film d'aventures aux décors sublimes. Oscillant entre grandes scènes de chasse et vaudeville romantique burlesque, Hatari est un beau film parfois naïf, inégal et facile mais bien sympathique et exotique.
keating
keating

60 abonnés 582 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 13 juin 2014
L’Afrique a souvent attiré de grands cinéastes occidentaux, notamment pour son exotisme, et des promesses de grandeur visuelle avec la faune et la flore. C’est également le cas de ce film-safari, réalisé par Howard Hawks, autour d’un groupe d’occidentaux chassant les animaux pour les revendre à des zoos.

Si vous cherchez l’exotisme, il y a des fortes chances que le film vous intéresse! Il est difficile de résister à ces paysages majestueux de Tanzanie, et à cette nature sauvage. Les animaux sont omniprésents, et cela est, à mon avis, la plus grande qualité et le plus grand défaut du film.

Je m’explique : ces animaux sont filmés de façon admirable, à la fois poétique et burlesque. Ils sont souvent parvenus à me faire rire, notamment les éléphants, particulièrement irrésistibles. Alors, quel est le problème? Selon moi, les personnages humains deviennent vite ennuyeux en comparaison. Je comprends bien l’intention du cinéaste, qui alterne constamment (de façon un peu trop répétitive je trouve) les scènes de chasse ou de dressage des animaux et les scènes de séduction ou d’intimité des hommes et des femmes.

Il y a là une bonne idée, et il est assez intéressant d’observer ces personnages, bien plus à l’aise pour chasser des rhinocéros que pour régler leurs histoires sentimentales. John Wayne réalise ici une performance très convaincainte, qui plus est dans un rôle assez différent de son personnage iconique habituel.

Mais je trouve qu’on comprend vite les procédés, qu’il y a quelques facilités scénaristiques, qu’il manque peut être quelques enjeux dramatiques plus profonds, et puis que les personnages secondaires ont un peu de mal à exister. J’ai l’impression que certains d’entre eux se résument à leur nationalité : on a le français, l’allemand, …

Si le principe n’est pas inintéressant, je trouve que sur 2h30 le film perd peu à peu de son souffle. Hatari est pour moi un film d’aventure burlesque plaisant mais inégal, une comédie humaine moyenne mais une comédie animalière réjouissante.
Patjob
Patjob

43 abonnés 755 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 4 juin 2025
Le film se déroule en Tanzanie, sur une saison de chasse (de capture) d’animaux sauvages par un groupe fermé (6 hommes et 2 femmes) comme Hawks les aime. Sans histoire linéaire, il consiste en une alternance de trois types de scènes. Les plus importantes sont les scènes d’action, qui montrent, dans une approche quasi documentaire, les approches et captures d’animaux sauvages, avec les risques et dangers qu’elles comportent. La seconde facette du film consiste en des scènes de comédie, parfois un peu lourdingues (avec les chèvres ou avec les autruches). Enfin le film développe en parallèle quelques histoires sentimentales, traitées de façon sympathique, mais un peu superficielle. Le cinéphile trouvera aussi quelques réminiscences ou références à des films antérieurs de Hawks. Tous ceci constitue au final un divertissement assez plaisant, mais bien loin des meilleurs films du cinéaste.
Boby 53
Boby 53

26 abonnés 251 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 5 juin 2025
Revu après 60 ans...bon film aux prises de vues assez spectaculaires surtout pour l'époque. Bon le scénario est très " feel good movie", la chasse aux animaux sauvages complètement "has been", mais on s'y trouve bien, et les interprètes participent à cette ambiance bonne enfant.
Audrey L

806 abonnés 2 857 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 21 mai 2017
Un bon film d'aventures africaines dans lequel transparaît l'amour du réalisateur pour les beaux paysages et la faune de l'Afrique. Les courses-poursuites entre les "chasseurs" (ceux qui attrapent les animaux dans leur milieu naturel pour en faire un zoo) et les animaux sauvages sont impressionnantes, et le film est assez dynamique grâce à ces séquences qui s'intercalent dans l'idylle plus lent et langoureux des hommes pour la belle Betsy. Le film est un peu long cependant (2h37 quand même...) mais reste parfois très drôle grâce au talent burlesque de Hawk (lorsque Pockets se fait plaindre par Betsy alors qu'il n'est pas blessé et que deux autres hommes sont le bras et la jambe en écharpe... délicieux !). Le petit défaut de l'intrigue est contemporain à l'époque du tournage du film : comment ne pas avoir un petit pincement au cœur devant l'affolement des animaux poursuivis... Cela fait un peu cruel, mais la pratique de la traque en milieu naturel était courante et ne choquait personne... Heureusement les bons soins tendres de Betsy pour ses trois adorables éléphanteaux remet de la douceur dans la balance entre les Hommes et les animaux. La fin est surtout très agréable grâce au personnage de Pockets, intenable et comique à souhait ! L'épisode de la fusée ("la concurrence à Cap Canaveral", très drôle !) est peut-être la meilleure, mais il est dur de choisir dans le palmarès de bonnes séquences du film. Une bonne comédie pleine d'aventures, contemporaine aux mœurs de l'époque qui peuvent interpeller aujourd'hui.
stans007
stans007

36 abonnés 1 462 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 3 juin 2025
Hatari = Danger en swahili. De très belles images de capture d’animaux sauvages au Tanganyka (actuelle Tanzanie) : rhinocéros, zèbres, guépards, éléphants, buffles, « pêche » à la girafe... et un John Wayne en forme qui donne beaucoup de sa personne. En revanche le scénario hollywoodien ne manque pas de niaiseries, en particulier dans les relations hommes-femmes.
ASSRANCETOURIX
ASSRANCETOURIX

25 abonnés 319 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 27 janvier 2013
Ce Film familal est un joyau ! Rien que pour ça le cinéma méritait d'être inventé. Même les défauts de la réalisation, bourrée d'effets appuyés parfois un peu niais, sont sympathiques et il se déguste un Dimanche après midi avec le Gateau au chocolat dont il a le gout ! Voir Elsa Martinelli pousuivre John Wayne de ses assiduités, flanquée de ses éléphants de compagnie est un pur bonheur ! les prises de vue Africaines sont magnifiques et la chasse aux animaux est pleine de rebondissements. c'est presque meilleur que MOGAMBO beaucoup plus fouillé psychologiquement.
Matis H.
Matis H.

40 abonnés 162 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 11 avril 2017
"Hatari!" est une œuvre sympathique. Adjectif surprenant pour un cinéaste de la trempe de Howard Hawks, mais qui ne doit en aucun cas être considéré péjorativement. Car c'est exactement ce qu'est ce long-métrage, un film d'aventure réjouissant.

Hawks parvient sans mal à nous investir dans ce groupe de chasseurs d'animaux. L'empathie est immédiate car le cinéaste fait le choix de ne jamais dramatiser son récit, préférant une légèreté assumée qui n'est pas en contradiction avec l'évolution d'enjeux, sentimentaux notamment. La simplicité des protagonistes est donc bénéfique, l'intérêt de leurs interactions étant l'évolution de leurs relations collectives plutôt que personnelles.

Si la narration déçoit dans son aspect mécanique - alternance entre scènes de captures et intimes - la durée du film (plus de 2h30 tout de même) n'est pas un handicap, grâce à une formidable maitrise du rythme.

La mise en scène de Hawks vient sublimer tout cela, faisant de "Hatari!" un western euphorique et dynamique (les scènes de captures sublimes) mais parvenant aussi à gérer avec brio son procédé comique et romantique, jusqu'à les réunir dans le dernier quart du récit.

Si "Hatari!" est une œuvre mineure du génie américain elle n'est pas à oublier pour autant. Ses défauts sont évidents, mais il impossible de ne pas être emporté par la tendresse de l'écriture, la majesté des décors et la force de la mise en scène.
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