L’histoire d’une relation compliquée entre une mère et sa fille… jusqu’au jour où Margaret dérape et agresse sa maman. Soumise à une mesure d’éloignement, elle se retrouve à une distance de 100 mètres de sa famille, matérialisée au sol par une ligne dessinée par sa petite sœur. C’est happant sans faire d’étincelles. Et on se demande un peu à quoi le film sert… Heureusement, le casting est plutôt réussi.
Le film commence en ralenti avec une violente discute entre deux femmes. Il s'agit d'une fille et de sa mère. Suite à cette agression, la fille de 35 ans doit se soumettre à une mesure d'éloignement. Cette distance ne fait qu'accentuer son désir d'être auprès de sa famille. "La Ligne" est un drame qui met en scène beaucoup de douleurs mais finalement assez peu d'empathie. Le film montre en effet que chaque famille a ses failles, mais l'émotion n'est jamais remarquable.
L'histoire est un peu tirée par les cheveux et improbable, mais bon, après tout, on est au cinéma. Ce qui m'a le plus dérangée et empêchée d'entrer dans le film complètement, c'est le personnage interprété par Stéphanie Blanchoud, dont les accès de violence, en particulier dans la première sonnent faux. Aucune trace de folie ni de souffrance sur son beau visage qui respire au contraire l'équilibre et la sérénité, même maquillé de bleus, de rouges, de balafres, de pansements... Valeria Bruni Tedeschi est au contraire crédible en mère déjantée et toxique. Elli Spagnolo est formidable. On ne s'ennuie pas, mais il ne faut pas s'attendre à un chef d'oeuvre!
Une belle brochette d’acteurs, que j’apprécie beaucoup, et qui jouent d’ailleurs très bien : Tedeschi, Biolay, India Hair . Mais malheureusement le scénario, et surtout les personnages, ne sont pas très crédibles . On ne comprend pas du tout cette fille bagarreuse, un peu dinguo , psychotique et névrosée. On ne comprend pas mieux sa mère , extravagante, ex. musicienne de haut niveau, volage . On ne comprend pas ce rapport toxique entre les deux, d’où cela vient-il ? pourquoi ? Et on comprend encore moins la petite sœur, Bernadette Soubirou Junior. Donc difficile de rentrer dans un film si l’on ne croit pas au sens de l’histoire. D’ailleurs rien n’est expliqué et on ne connait pas l’origine de cette relation conflictuelle mère-fille. Donc scénario opaque. Après on peut réfléchir à une « allégorie » , une représentation symbolique ,mais là aussi je dois reconnaitre que je n’ai pas compris. Pas de lien pour moi, pas de deuxième degré, donc je reste insatisfait . Quelques bonnes scènes, avec la petite fille, ou les passages de chansons avec B. Biolay , mais c’est bien peu pour tenir 1,h40 mn .
quelle est la cause de la crise de folie furieuse (au point que 2 hommes n'arrivent pas à la maitriser) du début ? et bien, on ne le saura jamais, voila voila spoiler: apparemment la fille est coutumière de cette violence, pourquoi, on ne sait pas, pourquoi à la fin elle est devenue calme ? et bien, on ne le saura jamais non plus
"La ligne" ne me séduisait pas vraiment sur le papier...
Après avoir agressé violemment sa mère, Margaret, 35 ans et un long passé de violences aussi bien infligées que subies, doit se soumettre à une mesure stricte d'éloignement en attendant son jugement : elle n'a plus le droit, pour une durée de trois mois, de rentrer en contact avec sa mère, ni de s'approcher à moins de 100 mètres de la maison familiale. Cette distance qui la sépare de son foyer ne fait qu'exacerber son désir de se rapprocher des siens.
En salle, mes réserves se sont malheureusement confirmées puisque j'ai eu l'impression de perdre mon temps entre une Valéria Bruni hystérique (mais on ne sait pas trop pourquoi sauf qu'elle est un perchée depuis qu'elle a du abandonner sa carrière de soliste classique) sa fille qui hurle et tape tout ce qui bouge et la petite soeur de celle ci qui se prend pour Bernadette Soubirou.
Après qu’elle a brutalement agressé sa mère (Valeria Bruni-Tedeschi), Margaret (Stéphanie Blanchoud) se voit interdire, par une ordonnance judiciaire, d’approcher à moins de cent mètres de son domicile. Ses deux sœurs, Louise la cadette qui est sur le point d’accoucher de jumelles, et Marion (Elli Spagnolo), la benjamine, à peine sortie de l’enfance, essaient de renouer les liens au sein de cette famille déchirée, dont le seul trait d’union est la passion de la musique.
Ursula Meier est une réalisatrice franco-suisse trop rare qui, la cinquantaine passée, n’a signé que trois longs métrages. "Home" en 2008 , avec Isabelle Huppert et Olivier Gourmet, sélectionné à Cannes, mettait en scène une famille dysfonctionnelle habitant une maison jouxtant une autoroute en construction. "L’Enfant d’en haut" en 2012 – qui se déroulait dans la même région que "La Ligne", au pied des cimes impressionnantes des Alpes valaisannes – levait progressivement le mystère sur les liens qui unissaient ses deux héros interprétés par Léa Seydoux et Kacey Mottet Klein.
Ursula Meier a le don de faire tourner les jeunes enfants. Ses deux premiers films ont lancé la carrière de Kacey Mottet Klein. Espérons le même succès à l’étonnante Elli Spagnolo, la révélation de "La Ligne".
Ursula Meier filme les familles, leurs pathologies, les forces centripètes et centrifuges qui contradictoirement les structurent. C’est précisément cette tension-là, quasi géométrique, qu’elle raconte dans "La Ligne", un film au titre étonnant. Il peut se comprendre de deux façons. La première, la plus évidente, est ce rayon de cent mètres autour de la maison de Christina, matérialisé par le trait de peinture que dessine la jeune Marion, à la fois pour cantonner Margaret au-delà de cette limite, mais aussi, paradoxalement, pour lui donner rendez-vous sur cette lisière chaque jour afin d’y continuer les cours de chant que l’aînée donne à sa benjamine. Mais on peut imaginer un second sens à ce titre et concevoir une ligne métaphorique, immatérielle, qui relierait envers et contre tout cette mère égoïste et mal aimante à sa fille dont la violence trouve sa source précisément dans l’amour qu’elle n’a pas reçu.
Mais surtout, ce qui frappe dans "La Ligne", dès sa première scène, d’un formalisme étonnant, c’est la place qui y est faite à la musique. La BOF de "La Ligne" est d’une étonnante richesse. À cela rien d’étonnant : la co-scénariste du film et l’une de ses actrices principales, Stéphanie Blanchoud, est connue pour être chanteuse. On la découvre, avec un plaisir de fan, pousser la chansonnette avec Benjamin Biolay qui, lui aussi, mène une étonnante carrière à cheval sur deux registres. Mais la BOF ne se limite pas à cela. La première scène, muette, dont on vient de parler, laisse entendre le sublime "Nisi Dominus" de Vivaldi. On entendra aussi Schubert. Et si on reste jusqu’au générique de fin, on découvrira une pépite : la relecture orientalisante de Bach par la pianiste turque Anjelika Rosenbaum-Akbar.
Le cinéma Ursula Meier (Home, L'Enfant d'en Haut, Les Ponts de Sarajevo) oriente souvent la gravité d’une situation vers son expiation. Ce nouveau récit ne fait pas exception et trouve un autre résonnement dans une cellule familiale, en pleine crise de nerfs. La distanciation physique devient donc tout le prétexte, éloignant une fille de sa mère et les obstacles s’empilent, en laissant toujours une visibilité des deux côtés de la frontière, pour ne pas ressentir cet isolement. Il s’agit pourtant du sujet traité et questionné, à la force de deux comédiennes, jouant chacune d’une partition différente sur le papier, mais bien complémentaire à l’écran. Dommage que l’on ne parvienne pas toujours à profiter de cette tension, que la cinéaste peine à maintenir du côté de son intrigue.
Un démarrage par une collision muette, des ralentis dans la violence et la fantaisie, l’ouverture a tout pour déstabiliser et poser les fondements d’une injonction d’éloignement, qui sera par la suite peint d’une grande ligne bleue. Tel un piano, Margaret (Stéphanie Blanchoud), est le marteau qui frappe la corde sensible de sa mère (Valeria Bruni Tedeschi), la reliant au son et par extension à une note d’intention. Si l’on ne revient jamais sur les causes de l’incident, Meier préfère se tourner vers la conscience de son héroïne, couverte de bleus et à la réaction bien sanguine. Il faudra un moment pour s’échapper de cette condition, qui fracture ses relations avec son passé. Sa famille est derrière elle, tout comme son ex-compagnon musicien (Benjamin Biolay). Ce dernier agit d’ailleurs comme une pommade dont elle a réellement besoin, afin de pouvoir prétendre à une écoute qu’elle redoute.
La communication est donc brouillée pour ces personnes, qui hurlent seules, où les montagnes environnantes renvoient leurs représailles ou leurs prières à leur solitude. On pensera notamment au mysticisme chrétien de la sœur cadette, Marion (Elli Spagnolo), dont on ne comprendra ni l’usage, ni l’intérêt, ce serait-ce que pour justifier un mélodrame à peine surligné. Ses rendez-vous récurrents à la frontière de leur domicile devraient toutefois susciter un peu de générosité dans cette étude, mais on se refuse de franchir cette barrière, sous peine réduire les chances de réconciliation à néant. C’est pourtant au-delà de cette ligne que les cours de chants s’enchaînent, à la vue de tous et rares sont ces moments de grâces, qui osent briser les règles. D’autres personnages gravitent également autour de cette maison, dont une autre sœur enceinte (India Hair) et une récente conquête de la mère (Dali Benssalah) qui restent attaché à leur registre, sans qu’on leur offre une véritable volonté.
« La Ligne » fonctionne donc ainsi, en établissant le portrait de la violence par le silence ou plutôt dans le refus de communiquer. Au lieu de cela, on freine ses envies, on s’encapsule dans un confort que l’on croyait bénéfique, jusqu’à ce qu’on se rende compte de ce qu’on a réellement perdu. Les héroïnes passent ainsi leur temps à vouloir effacer les bleus qu’elles ont elle-même tracer. Toute l’intrigue les mène à se confronter dans le même plan, quand bien même cela peut sonner faux ou peut transpirer de faux-semblants. Il n’y a aucun masque à enlever ici, car tout le monde y émiette ses plaies et ses remords, balisant ainsi la trajectoire d’un retour pénible, mais possible.
Une mère déjantée et égocentrique avec ses 3 filles si différentes : le dysfonctionnement familial est total. Le film démarre sur une impressionnante scène de dispute au ralenti sur du Vivaldi chanté par Jaroussky. La grande soeur Margaret est de nature violente face à cette mère fantasque; elle protège sa petite soeur Marion avec qui elle gardera un lien privilégié tout au long du film. L'incommunicabilité de ces êtres sera surligné par cette obligation d'éloignement. Et la 3ème soeur qui inlassablement tentera la médiation donnera naissance à 2 jumelles. Obligée de rester derrière la ligne bleue peinte par Marion, c'est une situation misérable et pathétique qui arrivera à nous tenir attentifs jusqu'à la fin. Et la scène finale entre la mère et la fille vous bouleversera sans nul doute. Très beau film d'auteur assez aride tout de même!
Un film hors de l'ordinaire, superbement joué. Il interroge avec profondeur sur les liens mère fille, nous interpelle intelligemment. Merci pour ce bel œuvre.
Une interdiction d'approcher le domicile familiale entre une mère et sa fille suite a un conflit matérialisée par une ligne peinte a ne pas franchir. Comment vivre avec cela dans le cadre d'un stricte respect de la décision de justice quand on a une sœur que l'on souhaiterai continuer a voir, quand on a de l'affection pour sa famille. un travail de reconquête de reconstruction.
Un film qui laisse une impression de ne pas avoir été poussé jusqu'au bout. L'impression que l'on pouvait obtenir quelque chose de plus fort.
C’est un film au scénario bien construit et bien réalisé. L’interprétation est aussi soignée dans cette affaire familiale qui flirte parfois avec des situations assez drôles malgré le coté très dramatique de cette situation. L’originalité du sujet traité et la qualité de la réalisation en fait un film intéressant à visionner.
Un film puissant et introspectif. La réalisatrice avec ses films explore les limites physiques et humaines. Ici les deux sont liés par la force du lien des sœurs et la ligne bleue que l’amour ne franchit pas. Le film est dur à la fin car la peur empêche toute émotion.
Portrait aussi fascinant qu’éprouvant d’une relation mère/fille dysfonctionnelle, entre amour et haine, portée par le duo formidable Valéria Bruni Tedeschi/Stéphanie Blanchoud. 3,25