C'EST QUOI UNE MERE? Des monstres terriblement humain. A coeur ouvert, la bête est dans la jungle. Quel sens donner à cet acte quand l'amour est emporté par les flots. Fabienne Kabou a aimé?
Je suis passé complètement à côté. J ai trouvé le film trop froid, trop statique. Cela aurait pu passer si son sujet avait été réellement traité mais le film donne l impression de ne rester qu en surface. Non pas qu on veuille comprendre la mere infanticide, un des sujet du film étant que cela est quasiment impossible même pour une femme avec une sensibilité ou un vécu proche; mais tout du moins s interroger sur la procédure du jugement d un acte insensé, d informer sur une trajectoire, un environnement qui pourraient conduire à cet acte. J ai trouvé que ça manquait de tripes, de convictions et un des seuls souvenirs que j en garderai c est l ennui qu il m a provoqué.
Alice Diop m’a invité à assister à un procès : celui de Laurence Coly (Guslagie Malanda), jugée pour avoir tué sa petite fille de 15 mois. Elle l’a abandonnée sur une plage du Nord de la France pensant naïvement que la mer emporterait son bébé au large. Un bébé qu’elle a eu seule, accouchée seule, qu’elle n’a pas déclaré. Comme c’est pratique de la noyer. Ainsi, son bébé n’aura jamais existé. Cette étudiante sénégalaise éduquée se déclare non coupable et compte sur le procès pour comprendre son geste ; elle est persuadée d’être la victime d’un marabout ou autre sorcier. A côté de moi est assise Rama (Kayije Kagame), d’origine sénégalaise. Cette femme de lettres semble sensible à cette Laurence Coly. Sensibilité à fleur de ventre puisqu’elle est enceinte. Rama donne l’impression que cette grossesse n’est pas désirée. Elle n’en parle pas lors du repas familial avant son départ pour le procès. Son compagnon s’est amusé à lancer une allusion laissant à Rama le plaisir d’annoncer elle-même l’heureux évènement. Si Rama s’est abstenue de poursuivre, sa famille n’a pas eu la curiosité de relever l'allusion. Apparemment, il y a malaise entre Rama et sa mère. Triste repas familial. Bref, n’ayant pas beaucoup d’affinité avec le genre film de procès, je ne vous cache pas que je me suis profondément ennuyé. Aucune colère envers Laurence Coly et malheureusement aucune empathie pour Rama qui jongle entre tourments et transfère. Sa mère hante son esprit et elle craint de ressembler à Laurence Coly. La plaidoirie de la défense était le seul moment intéressant bien qu’elle manquait d’éloquence. Quant à la partie adverse, Alice Diop en dispense le spectateur comme l’issue du procès. Comme la réalisatrice s’est inspirée d’un fait réel, elle laisse le soin au spectateur d’en tirer ses conclusions. On sent qu’Alice Diop veut valoriser ses personnages sénégalais, elle souligne à gros traits le côté « éduquées ». Ça part d’un bon principe. Comme à l’image de la société, les femmes, de surcroît noires, doivent faire doublement plus d’effort pour être considérées dans notre société. D’où ce trait très marqué pour nous dire que même une femme sénégalaise peut être très éduquée. En ce qui me concerne, je n'en ai jamais douté. Mais Alice Diop a sans doute raison d'appuyer une évidence qui ne l'est pas pour tout le monde. Seulement les dialogues un peu trop littéraires me paraissent les desservir. Quand la juge invite Laurence Coly à se présenter, à présenter la situation, à narrer les faits, elle a la posture d’une personne qui raconte une histoire. Elle semble réciter un texte. Maintenant bien s’exprimer ne devrait pas être un défaut, mais cela me donne une impression d’artificialité.
La démarche artistique d’Alice Diop est certainement sincère mais son dispositif austère m’est hermétique. Je n’avais qu’une hâte : sortir de ce tribunal où même ma voisine Rama m’ennuyait… Mais avant de prendre la fuite, le titre m’a intrigué : « Saint Omer » sans trait d’union. Alice Diop m’a mis le doute au point que j’ai consulté livres et Internet ! Rassuré, je me suis aperçu que la ville de Saint-Omer est bien pourvue d’un trait d’union. Je suppose que c’est volontaire de la part d’Alice Diop. Mais que signifie l’ablation de ce trait d’union ? Me voilà à délirer : sans trait d’union, « Saint Omer » est une oeuvre de fiction, ce qui le démarque du vrai Saint-Omer. M’ouais… Ce trait d’union pourrait-il être la traduction du crime de Laurence Coly ? Ce trait d’union disparu ne permet plus de relier la mère à l’enfant. Voilà ce qui arrive quand on s’ennuie dans un film, on a tendance à délirer…
bof. le parallèle entre l'histoire de l'accusé et celle de l'héroïne n'est pas archi évident. on ne connaît pas son histoire, sa relation avec sa mère. autrement, c'est parfois un peu long
Insupportable de prétention. On essaie de retenir la plaidoirie de l'avocate, quelques plans comme l'entrée dans le champ par le bas de la mère infanticide. Voilà, pour le reste, gravité factice, plans étirés jusqu'à l'exaspération du spectateur, propos sibyllins, une honte pour la communion d'éloges de la critique cinématographique, son naufrage
Comment peut-on donner autant de crédits à un film comme St Omer. Les critiques presse sont dithyrambiques alors que le film est mauvais en tout point. Les acteurs sont loin d'être convaincants, l'accusé semble réciter son texte plus que de le vivre, la journaliste ne transmet aucune émotion et alors là réalisation est d'un ennui terrible. Mais le pire dans ce film n'est pas là, le pire c'est le parti pris que transpire ce film pour l'accusé. La complaisance avec laquelle le juge interroge la mère infanticide met vraiment mal à l'aise. On a l'impression qu'elle prend des gants à chaque fois qu'elle lui parle et qu'elle est au bord des larmes quand elle l'écoute. Un sujet qui aurait pu être pourtant très intéressant....
poir son premier film, Alice Diop s impose comme une cinéaste hors pair. la grande partie de son film l se passe dans uns salle d audience et la réalisatrice optant poir de longs plans fixes sur un personnage fait le bon choix, faisant passer une option émotionnelle que le film de procès classique n à généralement pas. sur le fond, la réalisatrice montre ,essaie de comprendre et ne juge pas. enfin, signalons l aspect féministe du film fort intéressant qui parle du poids de la maternité à travers l accusée mais aussi à travers le personnage de la jeune romancière.
Une chose frappe à la fin de la projection de Saint Omer : la confrontation entre la sécheresse rigoureuse et froide de la mise en scène et la passion chaude des faits et de l'explosion émotionnelle qui jaillit au final. Difficile de pénétrer le film qui commence avec de longs plans fixes et des dialogues longs et très distanciés. Nous pouvons aussi reprocher la volonté obsessionnelle d'Alice Diop de faire contaminer le fait meurtrier de la femme avec l'écrivaine enceinte, pris d'une profonde angoisse. Peut-être est-ce trop appuyé mais l'idée confine au fantastique. Saint Omer a pour force la qualité sans faille d'une écriture précise, au cordeau comme en témoigne l'éblouissante plaidoirie de l'avocate. Tous les acteurs sont très bons et la mise en scène bénéficie d'une belle photographie. Le film, très pudique, est difficile mais il évite aussi le piège d'excuser la criminelle et permet d'élever le débat et de faire de cet infanticide un questionnement ontologique.
Laurence Coly est jugée au tribunal de Saint-Omer. Un matin de novembre, elle a abandonné sur la plage sa petite fille de 15 mois en sachant qu'elle serait emportée par la marée.
Alice Diop s'inspire de l'affaire Fabienne Kabou, qui a effectué cet acte en 2013, et qui fut condamnée en 2017 à 15 ans de réclusion.
La réalisatrice reproduit les moments forts du procès et dessine en parallèle l'impact de cette affaire sur Rama, jeune romancière enceinte de 4 mois, qui assiste au procès. Les deux femmes, l'accusée et l'auditrice, ont en commun des origines sénégalaises, une relation complexe à leur mère, un caractère taiseux et une intelligence supérieure à la moyenne.
On regrette que la réalisatrice n'est pas dédié son film au personnage de la mère infanticide, de cette femme sénégalaise, immigrée, intellectuellement ambitieuse, financièrement dépendante, niée par tous jusqu'à disparaître, mère par accident, psychologiquement complexe... La romancière fait pâle figure et suscite peu d'intérêt face aux questions que soulèvent l'accusée et son acte. Le scénario semble aborder des pistes qu'il abandonne aussitôt, les problèmes existentiels de Rama ne touchent pas, les séquences du procès en plans fixes ne créent pas d'émotions. Tout est froid et manque terriblement de chair.
Guslagie Malanda est remarquable dans le rôle de Laurence Coly.
Le film est bien mais on se trouve quand même à la limite du moyen. Côté points positifs on a les performances des actrices principales qui sont particulièrement réussies, surtout pour Kayjie Kagame qui campe le rôle d'une ferme portant un mal être très palpable. La photographie est elle aussi très léchée, le film est beau et agréable à regarder avec souvent de longs plans contemplatifs qui permettent une immersion réussie dans l'univers du film. Cependant la direction que prend le scénario d'Alice Diop est un peu alambiqué. Lorsque qu'on prend ce sujet très épineux comme thème principal du film, la moindre des choses aurait été de s'appuyer beaucoup plus sur les éléments réels de l'affaire. Le message qu'elle souhaite faire passer à travers son œuvre est des plus nobles, mais il réduit cependant le film à une œuvre simplement fictive qui peine à puiser dans les ressources offertes par l'affaire Fabienne Kabou qui est bien plus complexe que ce que les images de Saint-Omer nous montre. Alors oui c'est bien, mais ça aurait pu être largement mieux si Diop avait été plus loin dans sa prise de risque, au risque de fâcher certaines personnes. Cela reste tout de même un très bon premier film qui vaut le détour, une ambiance pesante y règne tout du long ce qui rend le tout très sensitif.
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3,5
Publiée le 13 février 2023
Pour son premier long-métrage, Alice Diop s'est inspirée de l'histoire de Fabienne Kabou, une femme qui a été condamnée après avoir assassiné sa fille. Dans le film, Laurence Coly reconnaît les faits, mais elle plaide non coupable avant d'ajouter qu'elle espère découvrir ce qui l'a poussée à passer à l'acte. Cette femme, qui a reçu une bonne éducation, est une bonne oratrice. Elle s'exprime bien et clairement et n'a aucun mal à répondre aux questions à part quand ça concerne les raisons de son geste. Les quelques zones d'ombre concernent sa défense puisqu'elle se cache derrière des raisons obscures avec une défense irrecevable chez nous. En partant du pire crime possible, Alice Diop arrive à faire un film puissant sur la maternité. Un drame juridique glaçant aux scènes de procès aussi fascinantes que réalistes avec notamment une dernière plaidoirie bouleversante. En somme, un bon film à la fois bien réalisé et bien incarné.