Saint Omer
Note moyenne
2,8
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178 critiques spectateurs

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ProjecteurTemporel
ProjecteurTemporel

1 abonné 58 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 7 juin 2026
Avec Saint Omer, Alice Diop transforme un fait divers en une réflexion d’une grande profondeur sur la maternité, l’identité, la transmission et les limites du jugement. En s’appuyant sur la rigueur presque documentaire du procès, la réalisatrice laisse émerger une parole complexe qui échappe constamment aux explications simplistes et aux certitudes morales. La mise en scène, d’une grande sobriété, accorde toute sa force aux visages, aux silences et aux mots, créant une tension intellectuelle et émotionnelle remarquable. Kayije Kagame et Guslagie Malanda livrent des interprétations d’une superbe intensité, nourrissant un dialogue troublant entre observation, identification et incompréhension. Malgré son refus délibéré des réponses définitives, Saint Omer demeure une œuvre d’une intelligence et d’une puissance humaine remarquables.
S0 Lo0
S0 Lo0

1 critique Suivre son activité

1,0
Publiée le 7 février 2026
Parfait pour s'endormir ! Hier au bout d'une demi heure je me suis endormi devant. Ce soir on a voulu regarder la suite et ma femme dort. Plus soporifique qu'un somnifère, insomniaques n'hésitez pas
Alexis Prs
Alexis Prs

68 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 8 février 2026
On assiste ici au procès sordide d’une mère qui noie de sang-froid sa petite fille de quelques mois. Alors que l’on fait face à son aplomb glaçant, à côté de quoi elle s’exprime avec une grande éloquence, on l’écoute raconter sa solitude intense face à la vie qui l’a meurtri. Dans la salle, tandis que les avocats usent de leur art oratoire, à la manière de l’accusée, les jurés s’identifient. Notamment les femmes, mères; et particulièrement une d’entre-elles, alors enceinte de son premier enfant. Le spectateur est alors témoin d’une réalisation forte en émotion, en désarroi, en incompréhension et en silence.
CloakBack
CloakBack

6 abonnés 347 critiques Suivre son activité

1,5
Publiée le 12 novembre 2025
Un procès sans tension, une mise en scène sans vie.

Une salle d’audience, deux femmes, beaucoup de silences. Saint Omer se présente comme un grand film d’écoute et d’intelligence, mais donne surtout l’impression d’un long séminaire sur la maternité tragique. On nous promet la complexité, on récolte surtout la raideur.

Premier long métrage de fiction d’Alice Diop, le film porte la marque de sa formation documentaire : plans fixes, ton neutre, refus de tout effet. Le tournage dans la véritable salle du tribunal de Saint-Omer ajoute un certain réalisme, mais aussi une froideur clinique. Les dialogues, tirés du vrai procès, sont récités avec un sérieux de colloque universitaire. Tout semble conçu pour que le spectateur se taise, prenne des notes et admire la gravité du moment.

Sur le papier, le projet avait pourtant tout pour intriguer : un procès pour infanticide, une jeune écrivaine qui observe, une réflexion sur la maternité, la culpabilité, le racisme, la condition féminine, la place des femmes noires dans la société française. En pratique, ces thèmes cohabitent sans jamais se répondre. Le film veut relier deux trajectoires féminines, celle de l’accusée et celle de la spectatrice, mais le parallèle reste abstrait. L’une parle de délire psychiatrique, l’autre de vertige existentiel. À force de vouloir mêler la clinique et le symbolique, le récit se prend les pieds dans sa propre gravité.

Malgré l’importance de ses sujets, Saint Omer souffre d’une mise en scène si maîtrisée qu’elle en devient inerte. Pas de musique, presque pas de mouvements de caméra, aucune respiration. On observe, on écoute, mais rien ne circule. Le film semble si effrayé par l’idée de manipuler l’émotion qu’il en bannit toute trace de vie. Rama, censée incarner le lien entre le spectateur et le procès, n’existe qu’à travers ses regards appuyés et ses silences pesants : un relais conceptuel plutôt qu’un personnage.

Je me suis franchement ennuyé. Le rythme plat, la diction figée, l’absence de tension dramatique rappellent certains documentaires scolaires diffusés à des heures impossibles. Le dispositif, trop sûr de sa noblesse, finit par tourner au formalisme sec. On sent la volonté d’épure, mais elle vire au didactisme. Le film veut nous faire réfléchir, il nous fait surtout patienter.

Sur le fond, le message se dilue. Veut-on parler de maternité, de justice, de colonialisme, de folie ? Tout se mélange, comme si chaque thème devait exister pour cocher une case. L’accusée plaide la pathologie, la réalisatrice revendique la lucidité : difficile d’y voir un fil conducteur. On sort avec la sensation d’avoir assisté à quelque chose d’important, sans avoir été touché ni même concerné.

Saint Omer veut donner la parole aux femmes ; il s’écoute surtout lui-même.
Un film qui plaide la complexité, mais dont le procès est déjà perdu. Coupable. Sans appel.
Kouto
Kouto

29 abonnés 4 749 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 8 novembre 2025
Un drame judiciaire se déroulant quasiment dans son intégralité au sein d’un prétoire, ce qui donne lieu bien évidemment à un récit profondément verbeux d’autant que la caméra aime à s’attarder sur de longs plans fixes sur les acteurs du tribunal n’hésitant pas non plus à insister sur les silences. Si l’ensemble est brillamment interprété, le film apparait trop écrit pour paraitre juste. Néanmoins, l’évocation trouble de l’infanticide et du rapport à la maternité apparait pertinent mais cela se rapproche davantage de la réflexion sociologique que d’une œuvre de fiction.
Jean-Charles ECHARD
Jean-Charles ECHARD

1 abonné 278 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 12 décembre 2024
Assez déçu par ce film. Le choix délibéré de supprimer tout affect rend la partition austère et peu intéressante. Dommage
kingbee49
kingbee49

53 abonnés 642 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 29 octobre 2024
Une proposition exigeante de cinéma naturaliste dans un film de procès somme toute assez long. En réalité il s'agit d'un film sur la compassion, à cause du personnage de la prof, venue assister au procès de cette mère infanticide qui ne sait pas pourquoi elle a tué son enfant. Evidemment, il y a derrière tout un arrière plan social, politique voire même post colonial avec la caractérisation de ce destin d'une jeune femme qui ambitionnait une carrière d'enseignante-chercheuse et qui se retrouve derrière les barreaux. C'est la position sociale du personnage qui étonne et sert d'écho au personnage de Rama, qui fini par par s'appesantir et à pleurer, tant le récit de l'accusée lui semble presque familier. Ce schéma-là, pour le moins psychologique, est assez réussi parce que totalement épuré par le dispositif de ces longs plans séquences qui jalonnent le procès. Maintenant, ce qui me gène, c'est l'aspect un peu théâtral de l'interprétation voire même de la récitation du texte. Car le texte (l'accusée qui dit sa version des faits), semble se dérouler hors champ, comme sur une sorte de prompteur... A quelques nuances près car Guslagie Malanda qui joue l'accusée est émouvante. Car Alice Diop a la vocation du portrait. Son regard est assez juste. Sinon, c'est bien joué, bien monté, bien photographié. La séance est levée.
Juan 75
Juan 75

78 abonnés 488 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 24 octobre 2024
Le dispositif du film à procès est radical mais il permet ici de se plonger dans la profondeur de la personnalité de la mère infanticide avec en miroir le rôle de la journaliste. La réalisation est implacable mais puisante et les acteurs sont extraordinaires de justesse. L’émotion émerge malgré la froideur apparente des plans.
PhG
PhG

11 critiques Suivre son activité

1,0
Publiée le 18 octobre 2024
Je viens de le visionner à l'occasion de son passage récent sur Arte. Je ne regrette pas de ne pas l'avoir vu en salle, ce qui aurait impliqué de payer pour voit ça.

A partir d'un fait divers, l'affaire Fabienne Kabou, il y aurait eu pourtant de la matière, en essayant de décortiquer la psychologie de l'accusée et des ressorts qui l'ont poussée au passage à l'acte. Un André Cayatte par exemple, lui-même ancien avocat, en aurait certainement fait quelque chose qui nous aurait accroché et questionné.

Malheureusement ici, rien ne va. Même un docu-fiction aurait sans doute fait mieux. Les actrices et acteurs ne semblent absolument pas "incarner" (au sens de se mettre dans la peau) de leurs personnages, et se livrent à une simple récitation de leurs textes parfois même carrément monocorde, sans transmettre quoi que ce soit, ni sympathie, ni empathie, ni même antipathie. Avec d'interminables plans fixes qui auraient pu être tournés par des caméras de vidéosurveillance. Le portrait psychologique de l'accusée est confus, l'examen des ressorts du passage à l'acte lors des auditions est occulté, les éventuels troubles psychiatriques même pas évoqués sauf au cours de la plaidoirie de l'avocate qui aurait été à la peine dans un concours d'éloquence en fac de droit, le réquisitoire du procureur oublié, ce qui aurait été indispensable pour réellement mettre le spectateur dans la peau d'un juré comme cela en était peut-être l'intention.

Seule Salimata Kamaté, la truculente Madeleine de la série des "Qu'est-ce qu'on a fait au bon Dieu" arrive à donner un tout petit peu de crédit à son personnage.

Quand aux séquences hors procès elles viennent pratiquement toutes comme un cheveu sur la soupe, aussi bien la séquence initiale que la finale et les séquences intermédiaires. Le personnage de la romancière n'apporte strictement rien au film et à la perception de l'affaire.

Bref un beau gâchis pour un sujet qui aurait mérité beaucoup mieux.
Bea Fle
Bea Fle

9 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 16 octobre 2024
Se finit en "eau de boudin", bien sûr pousse à s'interroger sur les relations mères filles, sur l'isolement de jeunes mamans, mais ça aurait pu être creusé davantage, certaines Failles culturelles exploitées en perspective... Dommage, je ne me suis pas ennuyée car j' ai souhaité me laisser diriger le rythme, les silences, mais je reste sur ma faim et je suis frustrée en fait . .
Le Grand
Le Grand

3 abonnés 125 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 14 octobre 2024
Les critiques de ce film, à bien y regarder sur Allo Ciné, très acerbes , sont surtout masculines, ça se voit. Je pense que nous ne sommes pas en mesure de porter un jugement, et encore moins de comprendre la complexité de la grossesse, tout simplement parce que nous ne la vivrons jamais, nous les hommes. La tirade finale de l'avocate est exceptionnelle de clarté et d'humanité, quant aux troubles psychologiques qui peuvent l'accompagner quand votre vie n'a pas été un long fleuve tranquille et que votre enfance n'a pas èté une réussite.
Il est injuste de dire que ce film est mal joué. Au contraire, il faut être très bon pour tenir la longueur, la lenteur et le faux rythme, qui plus est en caméra fixe. Mention spéciale à l'amant à la barre et à la Juge.
Cela dit, n'allez pas voir ce film le samedi si vous voulez recharger vos batteries pour la semaine suivante.
stans007
stans007

36 abonnés 1 462 critiques Suivre son activité

1,5
Publiée le 13 octobre 2024
Inspiré d’un fait divers, un film assez déconcertant tentant d’expliquer (après références aux femmes tondues d’après-guerre/Marguerite Duras/Hiroshima mon amour) le meurtre d’une fillette de quinze mois suite à maraboutage... C’est assez lent et prétentieux - l’avocat finissant par plaider la folie après avoir essayé de nous convaincre que la sorcellerie se soigne - mais suffisamment ennuyeux pour obtenir un Lion d’Argent à Venise et l’enthousiasme de la presse intello/bobo et autres théoriciens du genre.
lilyzab
lilyzab

26 abonnés 172 critiques Suivre son activité

1,0
Publiée le 12 octobre 2024
Le sujet aurait pu être intéressant s'il avait été bien joué et le montage plus rythmé. Hélas les séquences sont tellement statiques ......On s'ennuie grave .....
ferdinand75

723 abonnés 4 462 critiques Suivre son activité

1,5
Publiée le 11 octobre 2024
Un anti- film réussi. Des dialogues abscons, un rythme soporifique, des plans fixes sur les visages interminables. On spoiler: comprend bien la posture de faire «[spoiler] intellectuel », voir philosophique, (i.e. l’ouvertur
e avec l’exemple des « tondues » de la libération, qui n’a rien à vo spoiler: te de Marguerite Duras qui avait théorisé l’infanticide du petit Grégo
ir) et aussi avec l’ exemple de la le[/spoiler]cture de texry. Mais le cinéma n’est pas la littérature, c’est un autre art, il faut un scénario, des (bons) acteurs. Ici c’est une potion indigeste. L’enquête est menée par une journaliste spoiler: doué[spoiler]e, et enceinte elle-même,
sur c spoiler: [spoiler]
[/spoiler]e cas complexe. Car au final la mère infanticide croit au Vaudou et aux forces [/spoiler] spoiler:
mystérieuses, donc toute explication « intellectuelle » est bien vaine.
Thierry Delarue
Thierry Delarue

4 abonnés 308 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 10 octobre 2024
Voici ce que j’appellerai un film minimaliste. Des plans fixes. Des plans séquences. Des décors simples et sobres. Ne cherchez pas le sensationnel dans ce procès de Laurence Coly dans cette petite cour d'assises à Saint-Omer où pour la plupart d'entre nous cette jeune mère a commis le pire des crimes. Alice Diop réussit à nous interroger sur cette jeune mère. A nous poser des questions sur les conditions de vie d'une jeune étudiante sénégalaise à Paris. Nous ne jugerons pas, accuserons encore moins, juste stupéfaits de comprendre comment on peut en arriver là. Une note de 3,22 sur 5. Comment Laurence Coly va t-elle survivre ?: Les cellules chimériques sont échangées entre une mère et son fœtus lors de la grossesse. Ce matériel génétique du non-soi, survit notamment dans la moelle osseuse et laisse à la mère une trace vivante de la grossesse, jusqu'à plus de 30 ans après l'accouchement.
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