Pour le lecteur pressé, en moins de 3 minutes :
Pour découvrir ma critique vidéo complète, copier/coller "cinéma sans fard + The Creator" sur YouTube !
Et s'abonner à cette chaîne Youtube où je publie régulièrement ces articles, pour n'en rater aucun !
La lumière se brise sur les pylônes d’Asie du Sud-Est… On croit au miracle, un instant. Puis… les drones. Les cris. Un enfant aux yeux éteints… qui contient, dit-on, le pouvoir de sauver… ou d’annihiler l’humanité. Gareth Edwards filme la fin du monde… avec des images d’ouverture. Pas de montée, pas de tension : tout y est… déjà mort. Ou presque.
The Creator est une fable… lisse… et lézardée, qui rêve de spiritualité mais se prend les pieds dans ses propres cordons d’alimentation. Le futur, ici, ressemble à des souvenirs de Rogue One… en plus pauvre, à moitié digéré, avec des miettes de Blade Runner, de District 9, de Terminator, recrachées dans un même bol d’effets visuels… bluffants, mais creux.
Le problème, ce n’est pas l’ambition. Edwards croit en son monde. Il croit que l’hybridation homme-machine… est une promesse. Il croit même que… le regard d’un enfant-robot peut changer le destin. Mais… la mise en scène trahit ce que le récit n’ose jamais dire : c’est un film sur un deuil qui ne guérit pas, déguisé… en blockbuster humaniste.
John David Washington traverse les scènes comme s’il cherchait une autre version de lui-même… quelque part dans les ruines. Mais le scénario le tient à distance… de toute complexité. On lui colle une quête impossible — sauver l’ennemi en sauvant son propre passé — mais… les émotions tombent à plat. Comme désynchronisées.
La petite Alfie… androïde aux mimiques calculées… fonctionne, par instants. Il y a des plans… où l’innocence trafiquée de son visage produit un effet étrange, presque mystique. Et puis d’autres, où l’on sent trop le calcul, la tentative désespérée… de nous faire pleurer au son d’un Zimmer en pilote automatique.
La bande-son, signée du maître, ressemble à un recyclage… de ses propres élans épiques. Plus rien ne soulève. Tout s’écrase… en nappe sonore.
Alors oui… c’est beau. Très beau, même. Tourné avec un matos à 80 000 dollars… mais un œil de chef op’ qui a mangé ses Kubrick. Il y a de la maîtrise visuelle. Des idées de design. Un sens du gigantisme doux. Mais… sans enjeu émotionnel solide, la beauté devient posture.
Et le film, malgré ses promesses de grand spectacle philosophique… ne fait qu’effleurer ce qu’il pourrait être : un vrai dilemme moral… un adieu au monde… un chant post-humain.
À la place… on a une succession de scènes spectaculaires privées de chair. Une réflexion sur l’IA… qui ne dépasse jamais le stade du pitch. Une guerre qu’on observe de loin. Comme à travers une vitre sale.
The Creator aurait pu être le Children of Men… des intelligences artificielles.
Il n’est qu’un joli programme… qui tourne à vide.