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Joce2012
264 abonnés
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4,5
Publiée le 30 décembre 2022
Quel film ! très bon scénario, les dialogues juste ce qu’il faut au bon moment, dans un contexte magnifique mais lugubre, très bons acteurs, on sort enrichi de toutes ces réflexions sur l’être humain avec ses amours et ses haines... à voir
Martin McDonagh semble construire une œuvre fondée sur les contrastes et le renouvellement constant. Après un thriller semi-comique dans les rues de Bruges et une exploration anti-manichéenne des conséquences psychologiques et sociales du meurtre d'une adolescente (Three billboards), il propose ici un conte délibérément absurde. Cette histoire improbable se devait de prendre place dans un contexte singulier : les paysages vernaculaires, retirés et presque abstraits d'Inisherin sont parfaits pour cela. D'autant qu'ils se doublent des échos lointains d'une guerre civile qui se joue sur l'île d'en-face sans qu'on n'y comprenne rien. Tout ressemble à un conte. La situation de départ est inepte et arbitraire : un homme décide de ne plus parler à son meilleur ami car il le trouve du jour au lendemain profondément ennuyeux. Le développement s'enfonce dans l'absurdité puisqu'il décide spoiler: de se couper les doigts un à un pour manifester cette volonté de rupture . L'irréalisme avec lequel cela est montré se double de l'irréalisme des conséquences dramatiques que cela entraîne. Et tout s'apparente à une douce et paisible spoiler: descente aux enfers . Les drames qui se jouent dans l'île donnent le premier rôle aux victimes qui jouent particulièrement bien : Colin Farrell, en imbécile délaissé, et plus encore Barry Keoghan qui mérite assurément l'Oscar du meilleur second rôle dans ce personnage de crétin malmené. Malheureusement ce petit conte, spoiler: sans vraie morale finale , est un peu superficiel et on l'oubliera peut-être très vite. Restent davantage en mémoire le duo de Bruges et leur ennemi excité, ou encore les personnages de Three billboards et leur complexité psychologique.
Un film atypique avec des personnages uniques et originaux fabuleusement bien interprétés. L'humour est vif avec des dialogues et des scènes extrêmement soignés. Le scénario reste trop limité et répétitif avec un rythme assez lent. Une oeuvre qui finalement montre une société rurale, oubliée, fracturée qui ne se comprend plus, avec des personnages torturés et incompris cherchant la facilité.
Martin Mc Donagh, réalisateur de l’OVNI grandiose « Three billboards… », récidive avec un nouveau chef d’œuvre. Partant d’un postulat simple comme chou, un homme veut rompre une vieille histoire d’amitié avec un autre homme, car il n’y trouve plus son compte. Ce dernier est désarçonné, ne comprend pas et le vit très mal. Si on n’était pas sur une île du bout du monde où les centres de vie sont limités à l’Eglise, le port et le pub ; on ne comprendrait pas pourquoi ces deux-là si dissemblables se sont choisis. On est en 1923, ils sont coupés du monde, et pour la victime de cette rupture amicale, c’est tout son univers et son équilibre qui s’écroule. Aussi un 3ème personnage important vient rebattre les cartes ; la sœur du malheureux largué par son ami. Cette dernière, vivant seul avec son frère, aspire à une autre vie ; et son propre départ pour le continent symbolisant la fin d’une existence mortifère car sans perspective ; sonne le glas du frère. Et ce film avec trois fois rien traite déjà de çà : que fait-on de nos vies ? Martin Mc Donagh via un traitement par l’absurde, à chaque film, sonde en profondeur l’âme humaine. Dès les premières minutes du film, on a l’impression que tout est dit ; et c’est de là que le film tire sa force, car il renouvelle sans cesse son traitement durant 1h50 sans jamais se répéter ou se détourner du centre de son propos ; il questionne l’humanité. Et le vase clos, sorte de huis clos insulaire se prête bien à cet exercice et donne un ton de conte théâtrale à son propos. Les paroles sont comptées mais toujours percutantes. On est donc à nouveau dans une fable grinçante tout aussi drôle que tragique, tendre que pathétique ; le genre de film inclassable dont on sort en se disant que le cinéma peut être réellement nommé 7ème art. Et puis le trio (les deux ex-amis et la sœur de l’un d’entre eux) auraient mérités un prix d’interprétation conjoint à Venise, d’où Colin Farrel partira vainqueur. Ensuite, les paysages grandioses, arides et battus par la pluie et le vent se prêtent à merveille à la rugosité de ces vies irlandaises en 1923 ; la musique est aussi toujours juste et à sa place. Le tout n’est jamais dramatique. Un film avec une personnalité folle dans lequel si peu de choses sont dites pour tant de messages suggérés ; un chef d’œuvre. Ma note: 19/20
Après "Three Billboards", le nouveau film parfaitement ciselé de McDonagh. Une île solitaire, rurale, dans les années 20 au large de l'Irlande, sans électricité et en marge de la guerre civile... IL n'y avait pas forcément de quoi faire rêver de prime abord ni trouver de quoi y trouver une intrigue aussi dramatique. Mais c'est sans compter sur l'écriture de McDonagh. Certains voient ici la fin d'une amitié entre Colin Farell et et Brendan Gleeson. Mais c'est extrêmement réducteur. Il s'agit bien plutôt d'une crise existentielle et d'une profonde dépression, qui va pousser l'orgueil de Brendan Gleeson à provoquer la destruction de ce qui l'entoure et sa propre autodestruction. Lui, l'homme cultivé et orgueilleux, face à un ami plus frustre mais gentil et sincère, qu'il appréciait mais qu'il finira par juger de toute sa hauteur. Dans ce microcosme insulaire où le dur labeur et le pub sont le seul quotidien possible, l'angoisse existentielle d'un seul homme agira comme une bombe à retardement.
Après l’épatant « 3 Billboards » je suis tombé sous le charme de cette histoire d’amitié brisée, qui défie la raison. D’abord l’Irlande, avec ses petites îles quasi désertes, au charme sauvage où les personnes sont sans doute, trop proches……
Après les paysages, les personnes qui se connaissent si bien, depuis si longtemps et jusqu’à l’incommunicabilité !!!!
Bien sûr, on aimerait comprendre les raisons de cette brouille « définitive » mais c’est là qu’on bute sur une incompréhension totale, jusqu’à l’absurde……
L’un vit pour la musique, l’autre pour les contacts humains, mais ??????????
Faut-il dire qu’on est avant tout, baigné dans cette petite île irlandaise ? C’est très beau !!!
Passionné par l'Irlande, je ne pouvais faire l'impasse sur ce film et ce fut une claque magistrale que j'ai reçue ! Non seulement c'est pour moi, le plus beau film sur cette belle île qui ai jamais été réalisé mais c'est un film sur l'amitié tellement puissant qu'il va au-delà et est universel. On peut saluer Martin McDonagh qui entre avec cette belle œuvre - qui est un OVNI cinématographique - dans la cour des grands ce que 3 Billboards pouvait laisser augurer. L'interprétation des 4 principaux acteurs Colin Farrell époustouflant de justesse, Brendan Gleeson au sommet de son art, l'incroyable Bary Keoghan dans le rôle du jeune idiot du village un peu dérangé et la subtile Kerry Conlon est magistrale. Les dialogues sont ciselés avec une grande économie de mots : Normal car le personnage de Colm interprété par Brendan Gleeson a annoncé la couleur à son ami dès le début : "Je ne t'aime plus...je veux le SILENCE" La photographie est exceptionnelle avec ces paysages de la côte Ouest d'Irlande sublimés et la BO planante est tout simplement d'anthologie. A voir absolument et pas que pour l'Irlande
Attention ! Film singulier et austère. Dans une île perdue à l'ouest de l'Irlande en 1923, une communauté locale tente de vivre socialement parlant. Desespoir, dépression, rancunes, vengeance, rumeurs... minent lentement chacun des habitants. Dans des paysages superbes, les cohabitations tournent au drame et ne survivront que ceux qui arriveront à fuir l'île. Un récit inhabituel, lent et rugueux, qui laisse une trace profonde dans les esprits grâce à une réalisation remarquable. Saluons la prestation de Colin Farrel. Tentez l'expérience !
Sur une petite ile, proche de l'Irlande, deux amis de longue date se retrouvent dans un impasse lorsque l'un des deux met fin subitement à leur relation, sans donner de raison apparente. S'ensuit une série de conséquences de plus en plus tragiques. C'est un film sur l'amitié, l'ambition et la solitude avec en toile de fond la guerre en Irlande. Colm est musicien, obsédé par le temps qui passe et voudrait laisser à la postérité une composition musicale alors que son ami, un brave homme passe ses journées au pub. Les scènes extérieures sont tournées dans un environnement magnifique. L'humour reste présent particulièrement dans les scènes au pub où les deux amis avaient l'habitude de s'y retrouver; La part belle est aussi donnée dans ce film aux animaux, aimés et respectés plus que les humains dans leur réaction affective.
On crie ici et là au chef d'œuvre et j'en sors exaspéré. La parabole irlandaise veut signifier quoi ? Quelque chose ? Je reste à côté ou au seuil s'il y a une œuvre. C'est une approche de l'ennui ou de dépression qui ne me parle pas. Déception totale où l'on retrouve des signes qui ne me trompent jamais sur la faiblesse d'un film : gros plans lourdingues sur un coucher de soleil, sur des oiseaux portés par le vent, sur l'infini de la plage ou de la mer sans parler des animaux gentils qu'on caresse. Foutage du gueule d'un cinéma faussement introspectif et qui ne dit rien même s'il fait du bruit.
Une rupture brutale et unilatérale dans une petite île au large de l’Irlande en 1923. Colm (Brendan Gleeson), musicien massif et taiseux ne supporte plus Padraic (Colin Farell), son voisin gentil et bavard : « il ne l’aime plus ». Ce point de départ qui semble puéril va déclencher une spirale infernale entre les deux hommes et nous faire mieux comprendre le destin de deux autres personnages attachants : la sœur de Padraic, jeune femme intelligente qui va prendre en main son destin (magnifique Kerry Condon) ; le jeune voisin martyrisé par son père (émouvant Barry Keogan). La mise en scène magnifie les paysages de lande bordant l’océan, les discussions dans le pub du bourg, la place centrale des animaux dans la vie des gens. La guerre civile tonne sur la grande île voisine mais les habitants d’Inisherin n’en parlent pas et continuent leur train-train immémorial. Un film qui demande une maturation avant d’exprimer toute sa puissance.
Ce film m'a laissé sans voix ! Le scénario me semble terriblement tiré par les cheveux, le déroulé de "l'intrigue" traîne en longueur...Le déclic est lui aussi peu crédible, puisque Colm Doherty décide unilatéralement de mettre fin à une amitié avec Padraic Sullivan ...comme ça ! Comme dans un claquement de doigt. Le seul intérêt du film consiste à nous faire vivre dans une Irlande de 1923 : pas de radio, pas de journaux, pas de débouchés à part le minuscule pub. Voilà le cadre du film: c'est maigre. Bon je ne suis un peu surpris des éloges dythirambiques sur ce film parlant de la solitude de la condition humaine: moi j'ai trouvé le temps très long . Je dois pas être un intellectuel...
Un grand film sur une amitié trahie dans un monde paysan aussi poétique qu'oppressant. Colin Farrell ne comprend pas pourquoi son pote Brendon Gleeson décide du jour au lendemain de ne plus vouloir lui parler en éclusant sa Guinness rituelle au seul pub du village. Cela pourrait sembler mince comme intrigue, mais c'est une tragi-comédie tout aussi déchirante qu'hilarante à laquelle va nous convier le génial Martin McDonagh (dont j'avais déjà adoré "3 billboards").
Il est rare de rester subjugué par tant de finesse dans un film qui parle d'un bouvier naïf, d'un barde taciturne, d'un idiot du village aussi drôle que pathétique, d'un constable sadique et onaniste et d'un assortiment de commères, de sorcières et de curé d'une l'Irlande profonde secouée par la guerre civile de 1924 dont on entend les détonations sur l'autre rive et dont on commente les exécutions à venir.
Il est rare de vibrer autant pour les nuances que Colin Farrell arrive à faire passer sur son visage abruti de désespoir, de savourer l'interprétation de strictement tous les personnages, second rôles inclus, et de se laisser porter par une mise en scène implacable et virtuose: Cadres, photo, costumes, décors, tout contribue à porter ce scénario délicieusement absurde vers un paroxysme aussi dramatique que désopilant.
Nous sommes bien loin des grosses machines creuses à la "Avatar". Le désespoir d'une Irlande meurtrie et fataliste se mue en parabole rurale sur l'incommunicabilité qui peut pousser des "gentils" à sombrer dans l'irrationnel.
Le film le plus beau, le plus puissant, le plus émouvant et le plus empreint de désespoir de l'année. "Les Banshees d'Inisherin" est un huis clos dans un monde aride au temps suspendu où rien ne se passe, la guerre se déroule au large, et l'univers des possibles semble être toujours très loin. Colin Farrell (qu'on a vu avec plus ou moins justesse dans une ribambelle de rôles au cinéma) se bonifie avec le temps. Ici tous les acteurs sont incroyables, lui en tête, incarnant une homme simple voire simplet. Dans un monde où il n'y a pas grand chose à faire, où l'avenir n'est pas un concept et où les jours se ressemblent, l'ennui guette, et chacun doit choisir ce qu'il fait du temps disponible, être gentil, être méchant, se cultiver, créer. Chaque personnage incarne un peu à sa manière sa façon de s’accommoder de la vie. On dirait des personnages coincés au purgatoire et attendant un dénouement. Certaines situations sont un peu surréalistes et on commence à rire avant de se demander si cela est sérieux. Et le réalisateur/scénariste choisit toujours de creuser le même sillon de conserver le cap, de dramatique en dramatique, il ne dévie jamais. On se dit que cette petite querelle va connaitre une explication, une résolution, avant de comprendre la véritable nature du film, entre conte métaphysique et farce surréaliste. spoiler: N'attendez pas un happy end.
J'aurais bien aimé que le personnage de la Banshee soit un peu plus développé, mais Martin McDonagh semble voir fait le choix du dépouillement le plus profond pour ne laisser presque que ce face à face entre deux hommes. Un film au plus prés de l'humanité. Un film poignant, singulier, si fort qu'il s'empare de vous. Une oeuvre désabusée. Je suis sorti du cinéma profondément triste et remué.
McDonagh signe un film audacieux. Une fable surprenante, grinçante et drôle à la fois. Parfaitement interprétée et magnifiquement filmée. Un très très bon film. Fecking yeah !