Les Banshees d'Inisherin
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439 critiques spectateurs

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Ingouf
Ingouf

1 abonné 4 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 26 janvier 2023
Sur fond de magnifiques paysages de la côte Ouest de l'Irlande, un chef d'œuvre d'humour noir. L'histoire de la fin d'une amitié entre hommes, de nos jours on dirait, je suppose, une bromance.
Comment se débarrasser d'un fâcheux qui vous empêche de jouir du panorama grandiose ? Et de boire votre pinte de Guinness tranquille ?

D'excellents acteurs, déjà repérés dans "Bons baisers de Bruges", du même réalisateur. Un film irlandais, qui s'enracine dans la tradition théâtrale de ce pays, telle qu'on peut la voir à l'Abbey Theatre de Dublin. Mais les fans de la série "Father Ted" y retrouveront aussi leur compte.

On pourrait reprocher à ce film sa trop grande théâtralité car, à vrai dire, on sent le huis clos.

Autre écueil : l'accent irlandais des personnages peut poser au spectateur français, qui a courageusement appris au lycée à s'exprimer avec l'accent d'Oxford, un réel problème de compréhension. Par exemple, le personnage de Dominic, joué par Barry Keoghan, est peu compréhensible, on se raccroche aux sous-titres.

"Les Banshees d'Inisherin " est un film remarquable, qui vaut le déplacement ne serait-ce que pour les images, et une authentique session de "traditional irish music " au fond d'un pub. Pour qui comprend les dialogues, un film d'une rare drôlerie.
tuco-ramirez
tuco-ramirez

166 abonnés 1 778 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 27 janvier 2023
Martin Mc Donagh, réalisateur de l’OVNI grandiose « Three billboards… », récidive avec un nouveau chef d’œuvre. Partant d’un postulat simple comme chou, un homme veut rompre une vieille histoire d’amitié avec un autre homme, car il n’y trouve plus son compte. Ce dernier est désarçonné, ne comprend pas et le vit très mal. Si on n’était pas sur une île du bout du monde où les centres de vie sont limités à l’Eglise, le port et le pub ; on ne comprendrait pas pourquoi ces deux-là si dissemblables se sont choisis. On est en 1923, ils sont coupés du monde, et pour la victime de cette rupture amicale, c’est tout son univers et son équilibre qui s’écroule. Aussi un 3ème personnage important vient rebattre les cartes ; la sœur du malheureux largué par son ami. Cette dernière, vivant seul avec son frère, aspire à une autre vie ; et son propre départ pour le continent symbolisant la fin d’une existence mortifère car sans perspective ; sonne le glas du frère. Et ce film avec trois fois rien traite déjà de çà : que fait-on de nos vies ?
Martin Mc Donagh via un traitement par l’absurde, à chaque film, sonde en profondeur l’âme humaine. Dès les premières minutes du film, on a l’impression que tout est dit ; et c’est de là que le film tire sa force, car il renouvelle sans cesse son traitement durant 1h50 sans jamais se répéter ou se détourner du centre de son propos ; il questionne l’humanité. Et le vase clos, sorte de huis clos insulaire se prête bien à cet exercice et donne un ton de conte théâtrale à son propos. Les paroles sont comptées mais toujours percutantes. On est donc à nouveau dans une fable grinçante tout aussi drôle que tragique, tendre que pathétique ; le genre de film inclassable dont on sort en se disant que le cinéma peut être réellement nommé 7ème art.
Et puis le trio (les deux ex-amis et la sœur de l’un d’entre eux) auraient mérités un prix d’interprétation conjoint à Venise, d’où Colin Farrel partira vainqueur. Ensuite, les paysages grandioses, arides et battus par la pluie et le vent se prêtent à merveille à la rugosité de ces vies irlandaises en 1923 ; la musique est aussi toujours juste et à sa place. Le tout n’est jamais dramatique.
Un film avec une personnalité folle dans lequel si peu de choses sont dites pour tant de messages suggérés ; un chef d’œuvre.
Ma note: 19/20
rvrichou
rvrichou

118 abonnés 584 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 27 janvier 2023
Un film puissant et fascinant. Un scénario original très simple mais audacieux. Des personnages forts au tempérament bien trempé. Un décor majestueux et dans ce décor aride et sauvage l homme en guerre, l homme face au destin, l homme confronté à ses angoisses existentielles sans issue possible ni rédemption.
Les sorties de Philippe
Les sorties de Philippe

76 abonnés 100 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 25 janvier 2023
De Martin McDonagh (réalisateur des excellents Three Billboards et Bons Baisers de Bruges) avec Colin Farrell, Brendan Gleeson. Et une «banshee», une créature féminine surnaturelle de la mythologie irlandaise considérée comme une messagère de l'Autre monde… En 1923 sur l’île d'Inisherin, nous vivons une amitié coupée nette entre deux hommes, et qui va dégénérer parce que l’un des deux, un peu simplet, ne comprend pas pourquoi et s’entête. Un microcosme de la guerre civile qui se déroule sur le continent. Un conte noir et cruel dans un milieu âpre où les haines s’entrechoquent. Un film tortueux qui nous tient en haleine (prix du scénario à la Mostra de Venise). Paysages magnifiques et acteurs remarquables. Si on a le blues on évitera mais autrement, oui, c’est du grand cinéma. Plus de critiques sur mon Instagram Les Sorties de Philippe
Macmaniac
Macmaniac

1 abonné 21 critiques Suivre son activité

0,5
Publiée le 25 janvier 2023
Je suis allé voir ce film, poussé par la bonne critique (et par ma femme)
Comment vous dire notre déception ? On s'est demandé, à la sortie, comment des scénaristes pouvaient imaginer des histoires pareilles, et des dialoguistes, inventer des textes aussi affligeants.
On va résumer l'affaire : un taiseux et un gentil (mais un peu con) sont amis. Du jour au lendemain, le taiseux fait la gueule (il vient de se rendre compte que son pote était un peu con, et ça le rase d'être le pote d'un con, même gentil). Le gentil, qui se demande pourquoi (vu qu'il est un peu con) demande pourquoi au taiseux, vu qu'il est gentil; et le taiseux lui dit pas, vu qu'il est taiseux.
Et ça dure deux heures.
Je vous passe les niaiseries avec les ânes, les chevaux et les chiens, les sorcières et le neuneu un peu excité de la quéquette qui se fait tabasser par son père alcoolique, policier qui plus est.
La seule qui s'en sort, c'est la soeur du con, qui quitte la maison et le film, et elle a bien raison.
velosolex
velosolex

6 abonnés 53 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 25 janvier 2023
Nous sommes en 1922, et même si cette petite ïle d'Aran en face de l'Irlande n'est pas concernée directement par la crise, les derniers échos de la guerre civile se déroulent sur la grande ïle, en face, dans sa partie finale, qui sera finalement la plus cruelle. Celle qui opposa les frères d'armes d'hier, se déchirant à propos du traité de paix et de partition proposé par les anglais.
Il ne faut pas perdre cette notion historique, car elle fait certainement écho à l'histoire centrale du film, qui repose sur la mésentente entre deux amis, qui, de simple bouderie inexpliquée, finit par atteindre des sommets de violence, apparament irrationnelles, et suicidaires.
La beauté de cettte ïle perdue, au large de l'Irlande, avec ces promontoires minéraux, ces chemins bordés de murets de pierres, et ces cieux immenses, nous prend d'emblée à la gorge.
L'intrigue est aussi minimalisme, que la splendeur des lieux. L'histoire devient comme un défit lancé à la raison. Chaque être, ici, semble cheminer sur son rail, insensible à ce que cela va provoquer chez les autres, qu'on observe pourtant de façon vigilente et névrotique. Les personnages ont une vérité que la trois D ne rendrait pas plus pregnante. Ils nous semblent persque des demi dieux de tragédie antique, récitant chacun leur partition écrite d'avance, et avançant vers la fin qu'on redoute, et qui semble même attendue, par ses acteurs même.
Il n'y a pas de secrets, ici ! Pas de forêt où l'on peut se cacher. C'est un monde minéral, où l'on voit de loin la silhouette des rares habitants se déplaçant entre ces chemins de pierre, menant leur économie de survie, avec la soirée dans le seul pub, comme promesse.
Les rapports entre les habitants sont bercés de non dits, de secrets qu'on devine, de vieillles rancunes et de réglèments de compte, dont le crescendo ne semble jamais atteint, jusqu'à atteindre un sommet mythologique.
Ce n'est pas la première fois qu'une ïle est choisie comme théatre idéal pour circonscire les passions humaines, et ses déréglements, comme dans une cornue de chimiste, qu'on agite.
L'enfermement, comme dans le film de Rosselini "Stromboli", est tout autant intérieur, que géographique, et tire des bords vers la folie, et l'exclusion.
Un film admirable dont on sort drôlement secoué. Bien dans la veine de la culture Irlandaise, dont la littérature et le cinéma sont le réflet souvent enthousiasmant, mais vous secouant au niveau émotionnel. Il ne faut jamais s'attendre à être dorloté par cette culture, même si tout est si esthétique et puissant., de la musique enfiévrée, aux génies littéraires dont cette ïle a toujours accouché, entre deux drames historiques, deux guerres civiles, avec l'art et la fête comme possibilités de rédemption. .
Marie Bidouilles
Marie Bidouilles

7 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 24 janvier 2023
Il y a des paysages beaux à couper le souffle , un chien border collie et un âne minuscule à croquer . Voilà voilà ... Me suis endormie en début de film , il ne se passe rien que la querelle inexpliquée de ces deux ex amis . Et ça part ensuite dans un grand n ' importe quoi teinté de fantasmagorie , doublé de scènes violentes bien inutiles , vu la noirceur première du propos . C'est long , très long et ennuyeux .
ChatCat
ChatCat

9 abonnés 11 critiques Suivre son activité

1,0
Publiée le 25 janvier 2023
Le réalisateur veut faire un film d'auteur avec tous les ingrédients pour plaire.
Hélas je n'ai pas adhéré au scénario "prétexte"
Et les scènes qui se voulaient douloureuses m,ont fait éclater de rire !
Raté
SomethingCool
SomethingCool

4 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 25 janvier 2023
Film contemplatif et à l'humour impécable qui prend du début à la fin sur fond de paysages à couper le souffle
Korbô D.
Korbô D.

16 abonnés 101 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 24 janvier 2023
McDonagh signe un film audacieux. Une fable surprenante, grinçante et drôle à la fois.
Parfaitement interprétée et magnifiquement filmée. Un très très bon film.
Fecking yeah !
Cécile LE VAGUERESE MARIE
Cécile LE VAGUERESE MARIE

1 abonné 10 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 23 janvier 2023
Je sors bouleversée de ce film. L'ambiance au cœur de cette nature où le jeu subtil de ces acteurs et actrices se croisent est à la fois drôle, sensible et émouvant. Quelle claque !!!
Lena D
Lena D

1 abonné 11 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 23 janvier 2023
Avec un côté cinématographique indéniable, ce conte irlandais touche à l'intime, la folie, les relations humaines et surtout l'isolement et la mort. C'est sombre et lent, sarcastique et surréaliste, c'est beau et inquiétant. Le duel est ni. Seulement entre les hommes, mais aussi entre les éléments, la raison et l'insensé, la quête éternelle. Les animaux observent les hommes se débattre et. S'entretuer dans un univers où l'espérance a peu de place. Un beau film
Robin M.
Robin M.

4 abonnés 16 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 23 janvier 2023
Un film qui d'apparence apparaît comme fort sympathique, et puis qui entre dans une lenteur assez effroyable. LE jeu d'acteur sauve évidemment la mise mais on se perd vite... heureusement dans un décor somptueux.
gerald b.
gerald b.

17 abonnés 152 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 23 janvier 2023
Le film le plus beau, le plus puissant, le plus émouvant et le plus empreint de désespoir de l'année.
"Les Banshees d'Inisherin" est un huis clos dans un monde aride au temps suspendu où rien ne se passe, la guerre se déroule au large, et l'univers des possibles semble être toujours très loin. Colin Farrell (qu'on a vu avec plus ou moins justesse dans une ribambelle de rôles au cinéma) se bonifie avec le temps. Ici tous les acteurs sont incroyables, lui en tête, incarnant une homme simple voire simplet.
Dans un monde où il n'y a pas grand chose à faire, où l'avenir n'est pas un concept et où les jours se ressemblent, l'ennui guette, et chacun doit choisir ce qu'il fait du temps disponible, être gentil, être méchant, se cultiver, créer. Chaque personnage incarne un peu à sa manière sa façon de s’accommoder de la vie. On dirait des personnages coincés au purgatoire et attendant un dénouement.
Certaines situations sont un peu surréalistes et on commence à rire avant de se demander si cela est sérieux. Et le réalisateur/scénariste choisit toujours de creuser le même sillon de conserver le cap, de dramatique en dramatique, il ne dévie jamais. On se dit que cette petite querelle va connaitre une explication, une résolution, avant de comprendre la véritable nature du film, entre conte métaphysique et farce surréaliste. spoiler: N'attendez pas un happy end.

J'aurais bien aimé que le personnage de la Banshee soit un peu plus développé, mais Martin McDonagh semble voir fait le choix du dépouillement le plus profond pour ne laisser presque que ce face à face entre deux hommes.
Un film au plus prés de l'humanité. Un film poignant, singulier, si fort qu'il s'empare de vous. Une oeuvre désabusée. Je suis sorti du cinéma profondément triste et remué.
nathan dartiguelongue
nathan dartiguelongue

3 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 23 janvier 2023
Les Banshee d'Inisherin.

J'y reviens dans le détail.

C'est le récit très court d'une amitié entre deux hommes Padric et Colm dans un îlot au large de l'Irlande en plein pendant la Guerre Civile.

Ou plutôt le récit de leurs émotions, de celles de Siobhan la sœur de Padric, et de Dominic " l'idiot " du village... alors qu'ielles sont toutes confrontées à la pesante solitude de leur isolement.. de la guerre.. et que l'amour entre les deux hommes se transforme subitement en poison.

Pour commencer un mot sur le casting.

Kerry Condon. Incarne en toute sobriété une sœur condamnée à jouer la maman d'un frère un peu simplet.. et qui des années durant s'est sacrifiée pour veiller sur celui ci. Et qui s'est donc enterrée dans une routine silencieuse dans un monde trop petit pour ses rêves.
Elle joue sobre mais elle est bouleversante de sincérité. Et c'est le cas de tout le casting.

Barry keogan. L'idiot. Victime d'inceste. Bourrin. Bavard. Macho. Désespéré d'attention et de protection. Il est tour à tour drôle malgré lui et puis terriblement tragique. Pendant que la caméra se centre sur Padric et son désarrois.. Dominique court lentement vers sa mort dans l indifférence du village.
Barry le joue si bien.

Brendan Gleeson est Colm. Un artiste " soudainement " aigris. Dépressif. Cynique. Et faux solitaire. Il choisit mystérieusement de rompre une amitié séculaire. Et son personnage entre empathie et cruauté est devenu comme un monolithe incompréhensible pour son ancien ami.
Brendan joue particulièrement bien cet homme blasé. Froid. Désespéré. Et las de la routine sur son îlot.

Et puis enfin Colleen Farell.
Le " gentil ". Confronté à l'abandon. L'acteur est méconnaissable. Terriblement émouvant dans sa "noyade" à la perte de son seul ami. Dans sa vision du monde où la gentillesse et l'amitié priment sur l'orgueil. Mais qui se noie de ne pouvoir accepter la situation nouvelle de la rupture de cette amitié.
Simple. Empathique ou empathisant.. j'invente des mots .. terriblement émouvant encore une fois.

Vous l'aurez compris . Je suis amoureux de ce film et de ces personnages. Certaines scènes sont en effet très drôles. Mais le fond est une tragédie si simple et si dure et cruelle.

L'écriture est brillante. La photo.. les plans sur ce pays d'Irlande magnifient ce lent et court enfer.

Et c'est lent et c'est court parce que l'isolement, la dépression et le sentiment d'abandon sont des lenteurs très courtes.
Le temps change alors. Le jeu de Farell, et des trois autres l'incarne si bien. Servi par des dialogues fous d'humanité dans ce qu'elle a de plus cruel.

Ce film fait échos chez moi à ma demi noyade de l'automne dernier. Quand je n'ai pas vu ni compris qu'un cœur s'éloignait du miens.

J'ai ri. J'ai pleuré. Je pleure encore en écrivant cette critique.

Mais je suis tellement heureux d'avoir vu un tel film.

Vous l'aurez compris pour moi.

C'est un chef d'œuvre.
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