Derniers Avis : Les Banshees d'Inisherin - Page 18
Les Banshees d'Inisherin
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Un visiteur
4,5
Publiée le 16 janvier 2023
Actrice et acteurs magnifiques ainsi que la cinématographie! Je pense que l’on apprécie vraiment ce film quand on remet les personnages dans leur contexte de 1923. L’Irlande avait connu une très forte émigration vers les USA au XIXème siècle. Ces habitants insulaires paumés apparaissent tellement dans ce scénario. Quand on connaît bien l’Irlande profonde , ce film beau et dur à la fois représente le pays de a à z
J'avoue avoir du mal à comprendre l'enthousiasme autour de ce film, qui vient de remporter un Golden Globe.
Son contenu se contente en effet d'illustrer péniblement un pitch initial assez amusant : une rupture amicale prend des allures de drame sentimental dans un cadre insulaire à la fois magnifique et oppressant.
Le script suit avec application une trame qu'on devine dès le début malaisante et toute entière tournée vers l'aggravation et le drame. Ce contenu programmatique nuit beaucoup à l'intérêt qu'on peut porter au film : rien ne nous surprend, tout est anticipable.
La psychologie des personnages est de la même façon exposée dès le début, pour ne plus varier jusqu'à la fin du film, ce qui ne contribue pas à générer de l'empathie chez le spectateur, d'autant plus qu'aucun des deux personnages n'est aimable, ni attendrissant. Leurs dilemmes ne m'ont pas intéressés.
Les banshees d'Inisherin n'évite pas non plus les maladresses (les raccords de lumière sont approximatifs dans quelques scènes, par la faute de la versalité du climat insulaire), ni les facilités (la façon dont l'étudiant en musique gobe le mensonge de Padraic, l'aspect caricatural des seconds rôles, l'esthétique artificielle des décors).
Le résultat est un exercice de style froid et désincarné, pauvre en cinéma comme en émotion, qui m'a totalement laissé au bord de la route.
Acclamé au Golden Globes, Les Banshees d'Inisherin est un film singulier porté par un casting brillant, une photographie sublime associée à des décors naturels insulaires irlandais. Singulier car son ambiance sobre est emprunte de mélancolie et de nostalgie avec un humour noir assumé et des dialogues cinglants. Les personnages magnifiquement incarnés sont touchants, autant que cette histoire intimiste universelle. Très simple, le scénario ne m'a jamais ennuyé. Je trouve cependant que l'image de l'Irlande profonde du siècle passé est un peu clichée. Et le message autour de la guerre civile visible à l'horizon (sur la "grande île") aurait pu être amené bien plus subtilement. Dans tous les cas, le film est à découvrir sans hésiter !
Film à l’élégance formelle indéniable et magnifiquement interprété. J’ai bien aimé l’atmosphère, les relations entre Padraic et sa sœur et celles avec l’idiot du village Dominic plus intelligent qu’il n’y paraît, peut-être le personnage le plus émouvant ‘ En revanche l’intrigue principale m’a laissée perplexe tant les ressorts de cette brouille entre les deux amis sur la décision unilatérale de l’un d’eux semblent bien minces et le comportement du personnage interprété par Brendan Gleeson, j’ai oublié son nom, trop énigmatique. Je n’ai pas bien compris non plus le rôle de la vielle dame, que je croyais être une allégorie de la mort mais je ne suis pas sûre au final. Cela reste néanmoins un vrai film de cinéma, bien au dessus de la moyenne des productions actuelles
L'histoire peut sembler anecdotique, mais elle ne l'est pas. Elle touche à des choses profondes : notre relation aux autres, nos choix, la finitude de nos existences, le fantasme de l'ailleurs, nos préjugés... Les paysages irlandais ne gâchent rien. Ils sont simplement sublimes.
Bah franchement, je sais toujours pas quoi en pensé. C'était long, je me suis quasiment endormie alors qu'il y avait vraiment de l'idée derrière cette fable.
Superbe reflexion sur la condition humaine, l'amitié, ce qu'on laisse derriere soi.... La realisation est splendide. On arrive a toucher du "doigt" la melancolie a travers ce film. Les acteurs sont exceptionnels. C'est glauque, c'est vrai, mais on en sort interrogatif et meditatif. Une bonne claque crasse de temps en temps, ca fait du bien aux neurones.
une grande déflagration émotionnelle, des personnages incroyables joués par des acteurs de grand talent, une profonde réflexion sur notre condition humaine
Difficile de s'enthousiasmer pour un film aussi triste et désespèré. Cela reste une œuvre originale, dure, questionnante sur ses choix de vie. Mais au final, pour quoi ?
On s'attendait à du rude, on a eu de l'âpreté sublime, une quintessence d'évocation des bons et mauvais cotés d'une communauté ilienne, réduite, isolée du monde et de la guerre qui gronde à l'horizon. McDonagh nous avait enchanté avec l'histoire de trois banals panneaux publicitaires, et nous entraine dans un univers complètement différent, si merveilleusement photographié, souvent sous le soleil, mais il n'a pas oublié quelques scènes sous la pluie (heureusement on est en Irlande!). Nous entraine personnellement, car le résultat est celui de son travail d'écriture, de construction d'un récit ancré sur les quatre personnages principaux. Colm, Padraic, Siobhan, et Dominic vivent il y a un siècle dans un monde rural, et pourtant, on se sent proche de leur variation d'états d'âme, de leur vérité intrinsèque. Le casting est parfait, le huis-clos du pub peut commencer à bouillir, les sentiments iront ensuite exploser face aux éléments naturels extérieurs, le vent, la mer, les falaises grises, les chemins bordés de murets de pierre. Colère, honte, incompréhension, résolution, ironie, et j'en passe, McDonagh fait vibrer ses personnages au fil de la confrontation entre les deux amis d'hier. La mise en scène nous implique plus qu'elle nous explique. Les fantômes restent tapis dans la lande verte, les hommes affrontent leur finitude, que vais-je laisser derrière moi? Le curé dogmatique, le policier véreux, l'épicière inquisitrice, les violons qui ressassent les ballades celtiques, tout concourt à construire une atmosphère unique, pas faussement spectaculaire, mais expressément oppressante. Une atmosphère rappelle de loin La leçon de piano musique, isolement, affrontement, mutilation… ou les romans de Peter May dans les iles septentrionales d'Ecosse. "On est quitte maintenant?" demande Colm en conclusion? Eh bien non, nous on en redemande à McDonagh, continuez à nous produire du aussi bon. cinéma vo -janvier 2023
Banshees est la preuve qu'un réalisateur talentueux peut faire un bon film à partir de (presque) rien. L'histoire est minimaliste, une amitié qui brusquement s'arrête. Le paysage irlandais est aussi beau qu'ascétique, les personnages sont sans complexité, les dialogues sont réduits... pas d'effets spéciaux, pas de retournements innatendus, pas d'esbroufe... Pourtant ce film en raconte tant avec si peu ! En finesse et en beauté. Le talent, c'est tout.
Un très beau film , dur et déchirant, qui nous plonge dans ce que l'humain peut avoir de plus cruel mais aussi de lumineux . L'acharnement de l'un à conserver une amitié et de l'autre à se défaire d un lien qu'il juge encombrant pour une postérité qu'il n'aura pas, cette sœur si déterminée à ne pas laisser grignoter par la mort lente, et ce naïf philosophe qui déchire le cœur . Un lieu et des images magnifiques et la musique qui va avec .
Il était une fois, sur une île irlandaise, deux amis. Un beau jour, brutalement, l'un annonce à l'autre qu'il ne veut plus le voir, qu'il ne le supporte plus et le prie de ne plus lui parler ni venir l'embêter. Il a besoin de se réapproprier son temps pour composer, jouer de la musique, réfléchir. L'autre n'a plus de grâce auprès de lui : trop gentil, ennuyeux, satisfait de sa vie tranquille à s'occuper de ses animaux. C'est pourtant l'archétype du brave type, mais il le rejette violemment, le menaçant même se de mutiler s'il refuse d'obéir. Le brave type ne comprend pas ce rejet. Ils étaient jusqu'alors inséparables malgré leurs différences. Et là, ces différences ont creusé un fossé entre eux ? Face à cette violence jetée à son visage et à sa porte, le brave type réagit, désemparé. La souffrance, brisant les barrières, le mène sur le chemin de la haine, de la colère, de la rancune et le spoiler: conduit à commettre des actes odieux qui ne lui ressemblent pas. Lui, le brave type, se transforme. Mais ce n'est pas la seule violence exercée sur cette île. Un jeune garçon, considéré comme simple par tous, est victime des abus de son père. Ce "simplet" ne l'est pas tant que ça ; ses observations et ses réflexions, empreintes de franchise, sont pertinentes. Comment réagir face à cette violence subie ? Par la fuite ou par l'affrontement, jusqu'à la désolation et le désespoir. Ce film pose beaucoup de questions. Notamment celle du rejet et de l'abandon. Comment supporter cela ? Sachant, que tous, nous pouvons nous trouver à la place de l'abandonné comme à celle de "l'abandonneur". Quoi qu'on fasse, n'oublions pas que nos paroles et nos actes peuvent avoir des conséquences terribles sur les autres. Le curé, au lieux d'accabler ses paroissiens avec leurs péchés, aurait peut-être mieux fait de leur rappeler le message du Christ "Aimez vous les uns les autres". En résumé, j'ai beaucoup aimé. Formidables acteurs et actrices.
Un film vraiment très puissant, un rien immobile et contemplatif mais cet aspect sert le propos et renforce une ambiance particulière allant crescendo. Visuellement , la photographie est époustouflante et la musique (irlandaise, évidemment) envoutante. J'ai été plus d'une fois surpris par le cours de la narration. Vraiment un bon film