Ce film ne fait pas partie d'un genre que j'apprécie (sorte de mélo), mais faut reconnaître la mise en scène inspiré et le scénario plutôt bien construit de ce long-métrage. Une histoire assez classique mettant en avant la vie de la noblesse européenne au début du siècle dernier un monde qui est intéressant mais sans plus.
Probablement le meilleur film de Max Ophüls, et accessoirement le film qui prouve définitivement que non, ni Jeanne Moreau ni Catherine Deneuve n'est la plus grande actrice française, puisqu'il s'agit (et de loin!) de l'IMMENSE Danielle Darrieux. Au début, futilité et sarcasme accompagnent cette description cynique d'un couple de la haute société obsédé par les apparences. Soudainement, un amour imprévu vient combler le vide de l'existence de cette femme dont on ne saura jamais le nom. Ophüls a construit son film autour de l'astuce littéraire des boucles d'oreille, qui tout en changeant de main gagnent en importance jusqu'à devenir le centre du film, retrouvant ainsi une construction cyclique comme il les aime. Tout au long du fil, il nous gratifie de ses plans séquences d'une mobilité merveilleuse dont on ne se lasse jamais. Mais si ce film, le moins léger dans la tonalité du cinéaste avec Lola Montès, a une telle densité dramatique à la fin, il le doit avant tout aux interprètes, et surtout à cette actrice incroyable.
Max Ophuls met sa caméra au service du talent d'une Danielle Darrieux incandescente. Il souligne la beauté de l'actrice. Une actrice, qui comme son rôle l'exige, arrive à mettre en avant son charme tout en laissant transpirer un vide intérieur total. Une véritable prouesse. Bravo Madame Darrieux. En revanche, le scénario est largement trop plat pour nous tenir vraiment en haleine, et les autres acteurs ne sont pas à la hauteur de l'héroïne.
Indubitable, cette Madame de... est à voir, mais il n'en est pas pour autant le chef d’œuvre que j'attendais.
Histoire captivante. Mise en scène virtuose. Dialogues étincelants. Le trio d’acteurs est magnifique. Trio au centre duquel Danielle Darrieux, radieuse, déploie toute l’étendue de son talent tant dans la frivolité que dans l’amour éperdu.
Ce film dresse un portrait , minutieux, ironique et précis d' une femme savamment interprétée par Danielle Darrieux.
Max Ophuls jubile avec une mise en image virtuose. Tout est précisément cadré et signifiant! La forme et le fond nourrissent un récit cinématographique exceptionnel où rien n' est au hasard ! Du grand art cinématographique qui transparaît malgré ma première vision en Blu Ray et non en salle de cinéma........
Notons que le plan séquence final revêt une intensité , forte , fragile et symboliquement étonnant.
Mise en scène d’une belle précision et acteurs impeccables pour une observation cynique et sans jugement apparent de la haute société. Ce drame romantique et classe nous transporte de façon quasi documentaire dans un autre monde, un milieu, une époque avec ses mœurs, son code d’honneur et son cynisme : « Vous avez des remords et vous essayez d’en faire des souvenirs. »
Un film impressionnant sur pleins de points. C'est amusant à regarder. Alors que le film est très calé, il est aussi très claire. Rien ne vient obscurcir le tableau.
L'histoire d'un bijou, bibelot encombrant sans signification, qui devient le plus précieux des cadeaux. L'histoire d'un badinage qui se change en amour, une satire légère qui progressivement paraît grave, pure et vraie. Les comédiens ont de la classe, et le style d'Ophuls est ennivrant. Ce mouvement incéssant de la caméra propulse les personnages dans un tourbillon de sentiments. Ou comment une histoire banale peut donner, par la magie de la mise en scène, la magie du cinéma, un film sublime.
Cette oeuvre sublime d'Ophuls est un sommet dans la carrière de la grande Darrieux, dont le rôle ici est l'un des plus marquants du cinéma français. Tout est parfait : le scénario, l'atmosphère et le trio d'acteurs. Une splendeur.
Le plus beau film français de tous les temps, la perfection. La progression de la futilité au drame et le chemin de croix de cette coquette qui finit par se sacrifier sont proprement admirables en tous points. Tout comme le sont les célebres mouvements de caméras de max ophuls et l'interperatation a la fois intelligente et incarnée de danielle darreieux, vittorio de sica et charles boyer Je ne vous ame pas, je vous aime pas, murmure-t-elle. MAis nous, c''est une femme que l'on a envie d'aimer, cette Madame de, malgré ses défauts, malgré tout. Mais qui sait encore aimer une femme comme celle là ?
Ce film mise tout sur un objet symbolique – une paire de boucles d’oreilles – pour porter son récit, mais ce choix donne au scénario une légèreté qui l’empêche de marquer durablement. Les allers-retours de ce bijou, censés structurer l’intrigue, finissent par étouffer les enjeux émotionnels : au lieu de servir les personnages, ils les relèguent au second plan. Le thème des rencontres, des amours et des honneurs est déjà un exercice périlleux au cinéma. Ici, l’accumulation de coïncidences autour de ces boucles d’oreilles (trop présentes, trop insistantes) dilue la tension dramatique. Le résultat ? Un film qui, malgré un certain charme désuet, peine à transcender son époque. On le regarde sans déplaisir, mais on l’oublie presque aussitôt – comme un accessoire égaré, justement.
Comment ne pas se laisser séduire par Madame de ? Du grand Max ophüls. C'est la magie du noir et blanc et surtout d'une histoire belle et bien racontée.
Comme dans ce film tout est parfait, profitons en pour rappeler tout ce qu'il y a dans un film. Des décors de studio, des scènes tournées en extérieurs, des vrais décors, des champ-contrechamp, des plans séquences, des travelling, des costumes, le montage, la musique intégrée au film, la musique composée pour le film, des travellings, des plans fixes, des cadrages, des jeux d'ombres et lumières, des acteurs de second rôles, des acteurs principaux, des dialogues, des silences, et une vision artistique. Tout est ici au sommet, orchestré par Max Ophüls qui signe son chef d’œuvre. Une narration éblouissante fait basculer une vaudeville dans un drame poignant. Au coeur du film deux acteurs géniaux: Boyer et Darrieux. Si parce qu'Ophüls adore filmer le femmes Darrieux ressort encore plus, Boyer livre une performance exceptionnelle qui nous montre le refus d'Ophüls à se contenter de condamner son personnage. Avec Ophüls, les personnages sont complexes et ici plus qu'ailleurs Ophüls nous fait comprendre leur raison d'agir et leurs désirs et leurs souffrances. Le triangle amoureux est décrit par les silences par le cadre, le montage, et quelques détails que le réalisateur glisse ici et là, sans jamais donner l'impression de devoir en faire trop. La simplicité et la foule de petits détails dans a mise en scène: Ophüls a tout compris du travelling qui survole et donne l'impression d'aller à l'évident pour en fait cacher sous le regard du spectateur attentif les détails clés.
Ophüls a quelque chose à dire, et il ne le perd jamais de vue, et chaque scène est un argument supplémentaire à son argumentation souterraine ou artistique. Ophüls parle de l'impossibilité d'atteindre la vérité des sentiments: si les sentiments s'imposent à nous, ils nous sont étrangers et donc ne sont pas vrais: il ne sont qu'une perception de l'exteriorité. Si nous nous imposons nos sentiments, nous vivons dans une fiction que nous nous racontons. Le drame des personnages c'est d'essayer de donner un sens à leurs sentiments. Si une chose est vrai alors il faut tout lui sacrifier. Mais cette recherche d'absolu échoue dans le mensonge et s'échoue contre cette évidence: nous doutons de tout. A l'image de Louise qui doute trop du Baron pour lui dire la vérité. Le mensonge brise tout, révèle les craintes et la faiblesse des sentiments. Dès lors il n'y a que le suicide pour se montrer qu'on s'aime puisque toute les preuves d'amour terrestres sont vaines rhétoriques. Seules les actions donnent un sens à nos sentiments. Et encore... Car n'agit-on pas seulement pour éviter de laisser la superficialité de nos représentation nous éclater au visage? Nos actions n'ont elles pas pour unique but de poursuivre le vaste mensonge que la volonté impose au réel à travers une représentation trompeuse? "Le malheur s'invente" dit Charles Boyer et plus que tout autres phrases de film celle ci me hante. A force de se mentir à soi même, on se crée des malheurs pour donner du sens à ce vide: même le malheur est superficiel (ce que disait d'ailleurs aussi Caligula dans la pièce éponyme d'Albert Camus). Tout est silence et il n'y a que la mort et l'art qui rendent au monde sa beauté ténébreuse. Bref, ce film est un chef d’œuvre!
Notons en particulier la scène d'ouverture, la scène où les les amoureux dansent dans toutes les soirées parisiennes d'affilée, la scène de l'aveu silencieux dans la bibliothèque (ce montage qui enchaîne un gros plan sur chaque visage à la fin de la scène dans un ordre tout sauf hasardeux est un bijou), la scène du bal où Darrieux rend les bijoux, et les vingt dernières minutes.