On connaît maintenant par cœur le cinéma d'Ashgar Farhadi, son inspiration pour ne pas dire son obsession vitale à visiter les défauts de la société iranienne, à hurler à bas bruit contre le machisme, à critiquer un sens dévoyé de l'honneur dans son pays, à crier contre une Administration omniprésente et tatillonne. De film en film, il accuse ce pays de museler sa population et de censurer toute forme de liberté individuelle. Malgré toute notre empathie à l'égard du réalisateur, la répétition des critiques ne fait pas forcément du bon cinéma. Il y a comme une forme de bégaiement du cinéaste dans son expression...On a envie de lui dire de passer à autre chose. Dans cette histoire de trésor trouvé, de dettes, de familles et d'honneur, on finit par se désintéresser du fond du récit et on aurait préféré approfondir ces histoires de couples, d'amour dans une société aussi corsetée moralement que sur le plan de la religion. Sur le plan cinématographique, on reste sur un niveau peu sophistiqué de déroulé chronologique, les scènes - parfois longuettes - se succédant sans surprise dans un esprit assez documentaire peu enthousiasmant. Interprétation de qualité comme toujours chez Fathadi.
Habitué aux Berlinale, Oscars, Golden Globes, César et Festival de Cannes, le cinéaste Iranien revient sur la croisette avec “Un héros”, un thriller à l’heure des réseaux sociaux. En prison à cause d’une dette qu’il n’a pas pu rembourser, Rahim réalise une bonne action lors de ses deux jours de permission. Sa compagne a trouvé par hasard un sac de pièces d’or. Au lieu de l’utiliser pour rembourser son créancier, il décide de retrouver sa propriétaire pour lui rendre. Ce geste va lui valoir un passage à la télévision et une solidarité des reconnaissants. Mais certains doutent de son altruisme et le spectateur pourrait également trouver suspect son sourire charismatique. Les retournements de situation compliquent alors le sujet par des engrenages incisifs de jalousies. Grand Prix ex aequo à Cannes, Amir Jadidi aurait également pu recevoir le prix d’interprétation masculine tant sa justesse est captivante. D'autres critiques sur notre page Facebook : Cinéphiles 44 et notre site cinephiles44.com
" Un héros" Grand Prix du Festival de Cannes est un drame iranien convaincant. En effet le réalisateur Asghar Farhadi maitrise totalement son sujet à travers l'histoire de Rahim (brillamment interprété par Amir Jadidi) qui va peu à peu sombrer , le réalisateur dénonce l'hypocrisie de la société iranienne, plongeant un individu dans une sombre mécanique sociétale aussi kafkaïenne que destructrice dans un dénouement qui pince le cœur.
Le développement de l'intrigue nous tient en haleine d'un bout à l'autre. A travers cette intrigue sont posées la question philosophique de la vérité, la question morale de la dignité , la question politique de la liberté. Si "un héros" mérite la médaille de la reconnaissance, assurément cette récompense revient au scénariste.
Peu enclin à voir un film iranien, la récompense à Cannes a attisé ma curiosité. Une récompense à Cannes de plus pour du vide... Un scénario famélique que l'on peut résumer en une phrase: un déténu en permission trouve un sac avec des pièces en or et décide de le rendre à sa propriétaire. Voilà c'est tout. Une ambiance et des décors d'une tristesse épouvantable: une ville en Iran inconnue. Un intérieur de maison. Quelques commerces. Des comédiens sans envergure, des dialogues insignifiants. Des personnages auxquels on ne s'attache pas. On tourne en rond pendant deux heures et on arrive à la fin, au point de départ. En bref, une fois de plus, fuyez les films récompensés à Cannes...
Je vais à l'encontre de la plupart des critiques déposées ici : non je n'ai pas aimé ce film et oui je suis ravi que Titane ait remporté la Palme à la place de celui-ci. Un héros c'est un personnage tête-à-claque tellement son sourire faux est permanent qui nous promène au grès d'une histoire de pièces d'or aux rebondissements grotesques dans un Iran où règne la corruption et où le regard de l'autre et l'honneur de la famille passe avant tout libre-arbitre. Le tout mise en scène sans grâce particulière mais avec un ennui bien réel. Montesquieu en hommage à la Perse nous avait offert des Lettres, Farhadi nous propose le Néant.
Film bien construit, histoire d'un engrenage, particulièrement intéressant par ce qu'il dit de la société iranienne mais aussi des réseaux sociaux qui n'épargnent aucun recoin du monde
Un fois encore Fahradi nous emporte dans un thriller social passionnant et subtil. Du grand cinéma subtil, intelligent, impeccablement joué. On comprend, ressent la problématique de chaque personnage alors même que nous tout se passe dans un pays, une culture très différente de la nôtre. Du grand art. Tout simplement universel !
Film très bien pensé et ficelé aux dialogues incroyables pour ceux qui comprennent le persan. Un film très moderne illustrant les comportements humains naturels à l’ère des réseaux
Quel ennui, comment peut-on apprécier un film aussi insipide ? Il faudra qu'on m'explique l'engouement qu'il peut susciter ... parfois le cinéma est un art, mais pas accessible à tout le monde ...
Asghar Farhadi signe avec Un Héros un nouveau thriller à la mécanique implacable. C'est haletant de bout en bout. Il nous offre en même temps une radiographie passionnante de son pays, l'Iran, entre tradition et modernité, les réseaux sociaux semblent y être encore plus omniprésents et dévastateurs qu'ailleurs. Un des grands films de cette année 2021.
Après un passage peu convaincant par l'Espagne, Asghar Farhadi est de retour pour un nouvel écheveau dont il a le secret et qui lui sert comme toujours de radiographie de la société iranienne. Comme il est dit dans le résumé de Un héros : tout ne se passe pas comme prévu dans cette histoire assez tarabiscotée et riche en mensonges et retournements de situation. C'est toujours un peu pareil chez le cinéaste iranien, sa toile d'araignée enserre ses protagonistes et les met dans des situations inextricables tout en prenant en otage les spectateurs, pour le plus grand bonheur d'une grande partie d'entre eux, les autres ayant à peu près toujours les mêmes griefs à formuler à son encontre. La famille est le pivot narratif d'Un héros mais rien n'est simple dans ce noyau dysfonctionnel, dès lors que tout est question de réputation, tant le regard des autres et particulièrement des différentes autorités, prime. Il est beaucoup question des réseaux sociaux dans le film mais en creux, comme source jaillissante d'exposition, de révélation et de manipulation, moyens modernes et rapides comme l'éclair, bien plus puissants que les éternelles rumeurs. La façon dont Farhadi introduit cette nouvelle donne dans Un héros est remarquable, suscitant coups de théâtre, revirements et suspense. Ce n'est pas avec ce dernier long-métrage que le réalisateur iranien fera basculer les habituels réticents à sa manière mais pour les autres, c'est une nouvelle fois du nanan.
Retour au pays pour Farhadi, et retour gagnant...On ne parle jamais mieux que de ce qu'on connait...Pour lui l'Iran …Le film a un scénario magnifique, quand un détenu en permission essaie de se justifier et de rester libre...Sur un sac trouvé et restitué par le héros (Amir Jadidi) qui lui aurait permis de rembourser ses dettes, mais qu'il a eu l'honnêteté de restituer donc, le scénario suit les pas de cet homme qui va tout à tour être victime et coupable devant la société , ses parents, ses amis, ses ennemis...Scénario incroyable, qui va le mener dans les studios de la télévision, avec tantôt des impasses , tantôt des moments d'intimité, des bagarres, des diatribes exemplaires, le film est fait surtout de dialogues et de rencontres, qui dévoilent certains aspects de la société iranienne , société complexe et moderne, mais aussi traditionnelle....Le film est presque filmé caméra sur l'épaule, parfois dans les rues, avec un rythme soutenu, presque celui d'un thriller psychologique....Pour moi c'est peut être le film le plus accompli du réalisateur avec son premier, (.' à propos d'Elly 2009)...UN moment de cinéma très intelligent...Je conseille
Après une “aventure espagnole” moyennement convaincante (Everybody Knows), Asghar Farhadi est donc revenu au pays pour ce film où il fait montre, à nouveau, de toutes ses qualités. Avec maîtrise et intensité. Sans beaucoup surprendre, peut-être. Mais sans forcer le trait, sans sombrer dans le mélodrame, comme dans Everybody Knows. La mécanique narrative est parfaitement huilée autour d’un personnage central aussi simple que naïf, objet de manipulations, embourbé dans des mensonges et s’enfonçant davantage à mesure qu’il essaie de trouver des solutions. Dans cet engrenage inextricable et oppressant, élaboré par un scénario et une mise en scène d’une belle précision, Farhadi s’approche plus que jamais d’un naturalisme à la Zola (avec un côté désespérant à la clé), adapté au contexte iranien et à la communication moderne. Comme souvent dans les films du cinéaste, il est question de cas de conscience, d’enjeux moraux et d’honneur. Plus nouveaux sont les leviers dramatiques qui servent à activer ces thématiques : les médias, les réseaux sociaux, qui tournent et retournent les opinions, font et défont les réputations, au gré des utilisations opportunistes. La réflexion critique sur ce jeu médiatique et la mécanique des foules, où tout le monde en prend pour son grade, donne à ce thriller social et intime une forte contemporanéité.