Original sur le fond, maîtrisé et tendu du début à la fin, parfaitement interprété et captivant sur les sujets qu’il entreprend, ce premier film de Mathieu Gerault est une excellente surprise. Surtout, fait rare, on peut sans peine avancer que « Sentinelle sud » ne souffre quasiment d’aucun des défauts inhérents aux premières œuvres comme c’est souvent le cas. Le scénario est bien écrit et nous cueille avec son histoire de soldats de retour en France après une embuscade meurtrière louche en Afghanistan. Ceux-ci vont tenter à la fois de se reconstruire, de démêler le vrai du faux dans cette affaire tout en essayant de gagner de l’argent ainsi que rembourser une dette d’une manière pas très catholique. Un script qui se révèle touffu sans être trop chargé. A la fois prenant sur le versant du suspense militaire et émouvant sur celui de la psychologie de ces soldats quelque peu abandonnés à eux-mêmes, ce long-métrage épate et fonctionne sans écueil. Le sujet du retour de la guerre est tout de même moins âpre et difficile que dans le cinéma de l’Oncle Sam, car le problème du traitement des soldats de retour au pays en France est moins flagrant et problématique que pour les soldats américains dont le syndrome post-traumatique a été le sujet de beaucoup de débats et a occasionné de nombreux films. De « Dans la vallée d’Elah » à « Cherry » pour les plus réussis mais moins connus au bulldozer à succès patriotique « America Sniper », les exemples courent les salles contrairement au cinéma français où c’est un sujet rarement abordé et c’est ici le cas avec beaucoup de justesse et de précision.
Les dialogues qui habillent « Sentinelle sud » sont le plus souvent parfaitement écrits et mis en bouche mais c’est lorsque le sujet de la guerre et du retour au bercail et ses conséquences est abordé qu’ils frappent le plus fort. Le constat des deux protagonistes est fin, logique et triste, presque évident mais il est nécessaire de l’entendre. Ces hommes qui ont donné leur vie pour la France et seront changés à jamais souffre de cette déconsidération, de cette impression de n’être chez eux nulle part et de n’appartenir à rien, la guerre devenant leur seul leitmotiv. Si la réalisation de Gerault est purement illustrative, le film demeure sous tension. L’enquête sur le trafic d’opium et les magouilles des deux personnages principaux est prenante et nous fait vibrer pour ses personnages. Le très beau duo formé par Niels Schneider et Sofian Khammes, qu’on n’aurait tous deux pas imaginé là, campe de très bons soldats, crédibles et sincères. L’amourette de l’un d’entre eux avec une infirmière jouée par India Hair apparaît plus anecdotique et pas forcément nécessaire. Dans tous les cas, « Sentinelle sud » est un bon suspense doublé d’un drame plus insidieux et très intéressant par le sujet peu commun qu’il aborde. Une bonne surprise que ce premier film passé inaperçu lors de sa sortie.
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Deux frères d’armes revenu de mission après avoir subi une attaque se retrouvent à affronter le difficile retour à la réalité du quotidien et doivent affronter le leur , le duo Niels Schneider, Sofian khammes ( j’ai surtout regardé pour lui) fonctionne bien , après le film ne révolutionne pas le genre , je m’attendais plutôt à mieux.
Outre l'étude de caractère du soldat qui réintègre la vie civile après la guerre, les errances, les tentations, ce récit n'est vraiment pas palpitant! Certains aspects du récit sont flous, les deux scènes plus "dynamiques" sont même mal réalisées. Ennuyeux et décevant.
De retour d'Afghanistan un jeune appelé tente désespérément de trouver sa place en France. Mais comme il le dit "être civil c'est compliqué car personne nous dit ce qu'il faut faire". Entre absence de but et manque de camaraderie le retour au front est même envisagé comme un idéal. Un film psychologique tendu et sans artifice sur le post-traumatisme des soldats qui ont connu l'enfer, aussi habituel dans le cinéma américain que rare dans celui hexagonal servi par deux acteurs très justes.
Ne boudons pas notre plaisir... "Sentinelle Sud" est un bon film ! Cette remarque de ma part ayant une grande importance, surtout lorsque j'évoque le cinéma français ! Ici, rien de cette approche "bobo intelectuellisante " caractéristique de nos réalisateurs hexagonaux... Et même si le film souffre de quelques défauts lus et soulignés ça et là, le scénario tient bien la route, la trame est intéressante et, les acteurs tiennent vraiment tous la corde. Cerise sur le gâteau, la trame romanesque ne tombe à aucun moment dans le pathos ! L'issue étant juste suggérée... Quant à Niels Schneider, sa prestation est vraiment convaincante, pour ne pas dire hors norme ! Preuve à l'appui, sa métamorphose entre les premières images du film et celles de la fin... À voir (et à retenir) !
Un drame de qualité, l'écriture est présente ainsi qu'une réalisation sobre mais efficace. Denis Lavant pour peu qu'on lui donne pas un rôle de fada comme à l'accoutumé, et bien il est impérial. Trois étoiles et demie.
Malgré une interprétation convaincante de Niels Schneider, ce thriller s'avère particulièrement tortueux et bancal sur la fin. Celui-ci rentre de la Guerre avec son ami Mounir (Sofian Khammes), le premier souffre de trouble violents et le deuxième est, lui, estropié. La dure réalité du retour à la vie civile va s'imposer à eux. Il y avait matière à mieux faire pour le cinéaste Mathieu Gerault, tant la crédibilité de cette histoire fait retomber la tension pourtant palpable par moments. C'est dommage car le film montre comment l'Armée peut laisser de côté ces "inadaptés" du quotidien. Décevant.
La qualité de ce drame émouvant est surtout à mettre au crédit du casting, en particulier Niels Schneider comme souvent impeccable, et de la sensibilité et bienveillance avec lesquelles Mathieu Gerault traite du difficile retour des soldats dans la vie civile. Dommage que le scénario tombe parfois dans le prévisible (l'embuscade) ou le maladroit (la résolution finale), mais ce premier long-métrage n'en reste pas moins prometteur.
Pour son premier film, le réalisateur Mathieu Gerault aborde la question de ces militaires revenus des combats en Afghanistan et dont la réinsertion est difficile et auxquels on ne propose rien dans un film sombre mais pas totalement pessimiste. Porté par ces deux interprètes principaux, Niels Schneider et Sofian Khammes, tous deux parfaits dans leu rôle, Sentinelle sud propose un sujet original pour un traitement qui l’est tout autant avec ses images aux couleurs délavées, ces lumières hivernales dans des tons qui rappellent par moment le cinéma policier des années 70. Dommage que le film manque un peu de fluidité avec un scénario construit bizarrement et qui semble par moment ne pas trop savoir où il va. Malgré tout, on sort du film plutôt convaincu par ce portrait réussi de deux anciens soldats paumés et à l’avenir incertain. https://www.hop-blog.fr/sentinelle-sud-film-de-mathieu-gerault/
Christian Lafayette (Niels Schneider) est un marsouin de l’armée française, rapatrié d’Afghanistan après une embuscade qui a décimé son peloton. Le retour à la vie civile n’est pas simple pour lui qui n’a trouvé qu’un emploi de manutentionnaire dans un supermarché et noie son mal-être dans l’alcool. Henri, un autre soldat démobilisé, a perdu la raison et est soigné dans un hôpital psychiatrique. Mounir (Sofian Khammes), le frère de lait de Christian, qui l’a suivi par amitié en Afghanistan, est aussi mal en point que lui, une jambe folle et impliqué dans des trafics louches.
"Sentinelle sud" entrelace deux histoires. D’un côté le stress post-traumatique de soldats détruits par la guerre, incapables de se réadapter à une vie « normale ». De l’autre un polar assez classique avec son lot de petites frappes, de coups tordus et de braquages plus ou moins bien ficelés.
La recette n’est pas nouvelle et a déjà été utilisée dans plusieurs films français ou américains plus ou moins fameux : "Rambo", "Né un 4 juillet" avec Tom Cruise, "Démineurs", l’Oscar du meilleur film attribué en 2010 à Kathryn Bigelow, "American Sniper" de Clint Eastwood, "Maryland", un petit film français passé inaperçu avec pour acteur principal Matthias Schoenaerts, "Voir du pays", sur le séjour de décompression que les militaires français déployés en Afghanistan effectuent à Chypre sur le chemin du retour, etc.
Le problème de "Sentinelle sud" est qu’il n’innove guère sur cette trame bien usée. L’interprétation parfaite de ses deux principaux protagonistes, brillamment secondés par India Hair dans le rôle d’une infirmière compatissante et par Denis Lavant dans celui d’un commandant droit dans ses bottes, n’y change rien.
1er film très prometteur : généreux en actions, intrigues, dilemmes. Excellente interprétation même si Mounir en fait un peu trop dans les réquisitoires tous azimuts et parfois guère audibles. Ce n'est pas le cas des autres personnages. Très bonne piste que cette intervention en Afghanistan avec des formes bien surprenantes et tristes.
Enfant abîmé, adolescent paumé, adulte cassé à la recherche d'une famille, d'un groupe pour l'accueillir. Besoin d'une autorité, d'un ordre établi et comme le dira le héros: à l'armée, pas besoin de réfléchir, de prendre des décisions, on obéit. Cet homme, Christian a manqué de repères, il s'est perdu entre nourrice d'accueil et grand-père de substitution. Vulnérable. La guerre pour oublier son quotidien du quartier, pour noyer sa vie. Au retour une claque. Quelle reconnaissance a-t'il ? Il est en quête d'affection plus que l'amour. C'est aussi la dénonciation d'une armée particulière, une armée du secret. Les militaires, avec le chef dit le "père", comme une famille pour des hommes perdus, fragilisés mais une famille dangereuse. Ce film n'est pas un film de plus sur le milieu du traffic de drogue dans les cités et des braquages non c'est un film plus engagé sur la société qui parle du determinsme social entre autre, un film plus politique qui dénonce les traumatismes de guerre. Blessures irréparables physiques, psychologiques.
Très bon film, juste. Les acteurs principaux sont parfaits et les dialogues sont riches et intelligents. Le scénario est original. Nous avons beaucoup aimé !
L'émotion que dégage ce film n'est pas tant due aux drames que vivent les soldats sortis de la guerre en Afghanistan que par tous les sujets abordés par ce film virtuose d'intelligence. Que l'on soit pour ou contre la guerre, pour ou contre le racisme, quelle que soit l'idéologie que l'on porte, le film aborde des réalités insoupçonnées et implacables. Le jeu des acteurs est remarquable, le scénario l'est tout autant. C'est un film d'un grand humanisme avant tout.
splendide. Dans ce film, tout est fait pour vivre un suspense et un drame simple et du coup on retrouve là l'ambiance du film simple et efficace l'anti thèse du blockbuster américain en quelque sorte., les acteurs sont remarquables et la réalisation est parfaite. Il y a des films qu'on oublie et ceux dont on se souvient, ce film marque la mémoire et je suis content de l'avoir vu