Une fable satirique réjouissante, absurde et acerbe qui dénonce la superficialité du pouvoir politique et médiatique, portée par un sublime Peter Sellers en anti-héros parfait. 3,75
Scénario faiblard, sans aucun rebondissement, c'est plat, fade, pas du tout captivant.... Peter Sellers sans relief, avec un air ahuri pendant ces deux interminables heures... Perte de temps !
Le portrait d'un homme naïf et plus que limité intellectuellement ne sachant faire que deux choses : jardiner et regarder la télévision. Qu'était donc ce "Bienvenue Mr. Chance" ? Une fable se payant le scalp de la politique et les médias ? Le point de vue est intéressant et s'entend parfaitement mais je suis davantage d'accord avec un autre exprimant l'idée d'une société qui cède à la superficialité, s'intéressant à quelqu'un bien davantage pour son aura que pour ses réelles compétences. Et pour cause, le néant intellectuel de Chance est tel qu'il lui confère un naturel désarmant ceux qui l'entourent, eux qui sont coincés dans leur carcan d'homme politique, d'homme d'affaire ou d'épouse délaissée. Il faudra bien un jour redonner du crédit à Hal Ashby, car s'il n'avait pas beaucoup de bagage technique et n'entendait pas grand chose à l'art de la mise en scène (ce qui est d'ailleurs une tare ici, trop monocorde pour un film de plus de deux heures) il était en revanche un très bon raconteur d'histoires (même quand celles-ci sont improbables) et le cinéma a autant besoin de gars qui savent raconter des histoires que de gars qui savent manier une caméra. Quant à Peter Sellers, s'il n'a pas toujours été très inspiré pour jouer les rôles comiques, il ne s'est en revanche jamais trompé pour jouer les rôles de composition.
Socialement inadapté par candeur et insensibilité, l'imbécile heureux qu'incarne avec une déconcertante délicatesse Peter Sellers permet de libérer une charge satirique acide contre les médias et la politique mais aussi de proposer une cynique étude de moeurs puisque l'irruption de cet illettré ignorant des enjeux qui l'entourent révèle désirs ou manques enfouis et véritables personnalités. Usant de la métaphore du jardin pour décrire notre propre macrocosme, le récit se rit de l'incapacité des hautes sphères à entendre le premier degré, croyant en des manipulations ou sous-entendus constants. Life is a state of mind!
Trop drôle ! Peter Sellers, toujours prompt à jouer les crétins de service, effectue ici une prestation de très haut niveau. On assiste à une satire jubilatoire du milieu politique et économique US : l’origine de Mister Chance n’étant trouvée ni par le FBI ni la CIA, après la demande du Président lui-même, ce dernier ne trouve plus le sommeil et a sa panne sexuelle : franchement hilarant. Au départ, tout vient d’un accident bénin de Mister Chance par la voiture d’un « vieux » très haut placé de l’économie américaine, habitué des contacts avec le Président, et tout s’enchaîne avec un humour décapant. Partout où il passe, Mister Chance attire la sympathie par ses propos directs toujours positifs et ses comparaisons avec les règles du jardinage que le Président veut appliquer à sa politique. Franchement à voir, d’autant que Shirley Maclaine, en épouse insatisfaite du vieux grand patron immensément riche, est tout simplement sublime.
Ce film de Hal Ashby est une grosse blague! Un jardinier complètement demeuré, n'ayant comme raison de vivre que le visionnage de la TV, devient quelqu'un d'important qui va faire de l'ombre au président des Etats-Unis. Le scénario est invraisembable mais c'est bien le but du film. Peter Sellers joue à merveille ce Chance Gardener complétement idiot mais pris pour un génie dans les hautes sphères du gouvernement américain. Ce film est un ovni dans le genre comique, une grosse farce. Mais cette fable burlesque devient parfois ennuyeuse tellement elle est improbable, on est parfois énervé par tant de débilités. Un film à voir pour sa singularité.
Vu à sa sortie et depuis plus rien. Un vague souvenir d’un monsieur bien mis, remontant une avenue de Washington, seul et désemparé. C’est tout. Ce que je croyais être une fin, plus de quarante ans après, s’avère être le début. Une mise à jour était bienvenue.
Voir Mister Chance errer dans Washington, une valise à la main, découvrant le monde pour la première fois - lui qui le connaissait qu’à travers la télévision, lui qui n’était jamais monté dans une automobile - le ventre vide, démuni de toute connaissance, m’inquiétait ; je me demandais ce que Al Ashby me réservait.
Dans Mister Chance, il y a Chance, mot anglais et français qui signifient la même chose. Et Mister Chance porte bien son nom puisqu’il a eu la chance de tomber sur l’épouse d’un homme qui côtoie très étroitement le président des Etats-Unis.
Al Ashby a eu pitié de lui et a opté pour une issue relevant du conte. Oui « Bienvenue Mister Chance » est un conte où un ravi de la crèche est auréolé d’une bonne étoile. « Heureux les simples d’esprit, le royaume des Cieux leur est ouvert.» (La dernière image semble confirmer une dimension mystique ou religieuse)
Si Al Ashby s’emploie à épargner Mister Chance, grand benêt devant l’Eternel, il s’amuse à abêtir tout l’entourage de Mister Chance qui voit en lui un être à la prose métaphorique.
Dans tout conte, une question se pose : Qui est le plus benêt des deux ? Lui ou son entourage dans lequel on compte le président des Etats-Unis !?
Excellente idée scénatistique parfaitement menée et développée. Il s'agit de prendre un simplet, limite débile léger qui ignore jusqu'au désir amoureux mais qui est parfaitement éduqué, ne connaissant rien au monde que ce qu'il en a vu dans le poste de télévision comme un prisonnier de la caverne de Platon qui ne voit que l'ombre des personnages qui se meuvent derrière lui dans le fond de sa grotte, et de faire sortir de cette grotte ce simplet en le lançant dans le monde. Peter Sellers interprète à merveille ce personnage équanime. La servante noire qui est la seule à connaître l'origine du simplet, il était jardinier où elle travaillait, a envie de voir du racisme dans l’ascension fulgurante de celui qu'elle a connu chez leur maître défunt. Elle se trompe. La bonne éducation de Mr Chance et son costume hérité de son riche maître font qu'il est pris par les "gens de la haute" pour quelqu'un faisant partie de leur monde. Il est suggéré, idée ô combien piquante et subversive, qu'en réalité la bienséance exigée de chacun dans la classe supérieure consiste ni plus ni moins à se comporter comme le fait naturellement un simple d'esprit.
Hal Ashby réaliste une étonnante comédie tant par la nature de son personnage principal, Mister Chance, que par le style intimiste et austère de la mise en scène. Très éloigné des figures exubérantes, voire cabotines, qu'il a pu composer par ailleurs, Peter Sellers incarne ici, sur le mode d'une imperturbable sobriété, un simple d'esprit subitement admis dans la plus haute société américaine, celle des industriels et du Président en personne. Chance est un jardinier qui a passé toute sa vie reclus et qui ne connais du monde que ce que la télévision lui a appris. Un concours de circonstances l'amène à séjourner chez un milliardaire. C'est à ce moment que la comédie prend toute sa saveur. Ou comment la stupidité de Chance est confondue avec une intelligence redoutable. Sa dignité et son laconisme -expressions ordinaires de sa vacuité intellectuelle- impressionnent pourtant et ses considérations florales très simples sont prises pour de subtiles métaphores... Le mérite du film est de rester fidèle à son esprit, se détournant de la farce et des situations possibles de quiproquos. Toutefois, cette retenue en constitue aussi les limites. L'interprétation originale mais monocorde de Peter Sellers, l'expressivité minimale de son personnage et les langueurs du récit font que le film manque de relief humoristique et qu'il est par moment ennuyeux.
Où comment un personnage insignifiant tant socialement qu'intellectuellement devient par cette simplicité extrême même le conseiller le plus avisé des dirigeants économiques comme politiques des Etats-Unis d'Amérique. Métaphore de la simplicité comme parangon de la sagesse peut-être mais qui me rappelle surtout cette histoire d'experts artistiques qui s'extasiaient sur une peinture sans savoir qu'elle avait été peinte par un singe. Mais là, avec ce principe que les gens des hautes sphères côtoient ce personnage en permanence - puisqu'il vit même chez eux - sans y déceler la moindre anomalie intellectuelle est tellement grotesque que l'on ne croit pas un instant à cette histoire de "Oui-Oui dans les antres du pouvoir". Comme si les gens qui dirigent le monde se faisaient systématiquement duper par la clairvoyance de "l'idiot du village". C'est long, lent, morne, ridicule et la fin est de facto incompréhensible. Dommage pour les acteurs qui sont quand même bons.
Dernier film de Peter Sellers sorti de son vivant (1825/1980), Bienvenue Mister Chance (1980) est une séduisante comédie à travers laquelle il incarne un jardinier simplet et accro à la télévision et qui du jour au lendemain, sans le vouloir, va réussir à berner tout le monde et surtout, les hautes sphères de la politique ainsi que les médias. Ses phrases sur le jardinage et la botanique sont pris pour un discours lourd de sens, les gens s'abreuvent de ses paroles, sont en extase, comme hypnotisés. Peter Sellers avec son regard d'ahuri nous fait irrémédiablement penser à Rain Man (1988) ou encore Forrest Gump (1994), sa prestation est à la fois drôle et touchante, aux côtés de la séduisante Shirley MacLaine. Une satire sociale gênante mais très réaliste, récompensé par le Golden Globes du meilleur acteur et nommé à l'Oscar du meilleur acteur, Peter Sellers nous offre sans nul doute l'une de ses plus belle performance.
Fable exquise sur l'incrédulité prise pour du génie,"Bienvenue Mister Chance"(1979)montre à quel point le talent comique de Peter Sellers était immense.Avec son air hagard d'ahuri spirituel,toujours dans le registre du pince sans-rire,il fait de son personnage de Chance un sommet d'absurdité.Hal Hashby,réalisateur très estimé de la contre-culture américaine des années 70,joue de cette ambiguïté.Chance,jardinier élégant qui ne connaît le monde que par le biais de la télévision,est d'un naturel désarmant et déstabilisant pour son entourage.Son ingénuïté passe pour de la sagacité.Son laconisme pour du génie.Ses métaphores botaniques pour de brillantes prophéties.Les tenants du pouvoir en prennent pour leur grade.Sellers provoque le rire,tant par sa gestuelle unique que par ses malentendus verbaux.J'avoue avoir ri à en pleurer devant certains quiproquos,aussi improbables soient-ils.Shirley MacLaine est adorable en femme de milliardaire sentimentalement frustrée,et Melvyn Douglas est épatant en financier chaleureux,proche de la mort.Mister Chance chamboule ceux qui l'entoure.Le destin d'un homme est bien fragile,et peut être bouleversé facilement.Sellers profite de la scène finale sur le lac enneigé pour faire disparaître ce mystérieux personnage,aussi attachant qu'insondable.Une fable remarquablement écrite,et toute en demi-teinte.
Les films de simplets ça n’a jamais été mon truc, d’autant plus que dans le cas présent le neuneu en question est accro à la télévision. Au moins le film possède une certaine ironie, notre sympathique idiot arrivant à berner la haute société, les médias et la politique par son « bon sens » et sa simplicité. Il agit comme un révélateur des tares de ces milieux : frustrations, avidité, mensonges… Dernier grand rôle pour Peter Sellers, que l'onn sent très investis, Shirley Mac Laine quant à elle à droit à une scène mémorable.
Ce qui distingue un grand film d'un bon film c'est que le premier traverse le temps sans encombre. C'est largement le cas de Bienvenue Mister Chance qui est sans doute le meilleur rôle de Peter Sellers. C'est une fable dans laquelle on marche de bout en bout jusqu'au dénouement final qui nous laisse amusé et stupéfait.
Chef d'œuvre, personnage déroutant ce "Chance gardener" !!! Quasi surnaturel ! Pas d'existence, sachant palrer aux grandds de ce monde comme nul autre ! Désarmant de simplicité et dénonçant la bêtise des classes aisées tout en montrant ce qui se passe dans les bas quartiers... C'est autant un film social que poétique ! Shirley Mclane est géniale et sa nuit d'amour avec Chance d'une surprenante inventivité ! J'adore ce film ! On est dérouté par ce phénomène, une sorte de Bartleby du cinéma. Le jardinnier des conscience qui finira sans doute sur les plus hautes marches ! Hein Bobby ! A voir et revoir !