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Zeugax Ouvier
24 abonnés
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4,5
Publiée le 3 avril 2026
Excellent à tous pointe de vue, le poids du travail est extrèmement bien rendu, les textes sont fins, casting et acteurs sublimes. Vraiment une totale réussite.
Une belle surprise. Un sujet très atypique que sont les noyautage d'entreprises par la gauche bourgeoise post-68. Une très belle photographie et de super décors. Un film très actuel sur son propos de fond. Je le recommande fortement!
Un film qui m'a laissé perplexe, car je n'ai pas trouvé ce film très intéressant, bien que le sujet aurait pu l'être, d'ailleurs je ne connaissais pas ce processus d'infiltration dans les usines par des militants éduqués à la suite des évènements de mai 68. Donc, dommage car le film aurait pu être intéressant, mais on s'ennuie un peu.
L’Établi présente deux intérêts majeurs qui le distinguent du tout-venant des productions à sujet social : d’une part, l’ambiguïté profonde du personnage campé par Swann Arlaud et de sa situation, égaré entre deux milieux sociaux, entre deux familles chacune définie par un vêtement et une langue spécifiques – quoique la langue ouvrière relève d’une pluralité de langues révélatrices des origines diverses des ouvriers. Il incarne fort bien le divorce entre l’origine sociale, innée, et les valeurs philosophiques et idéologiques que l’on porte en soi, acquises et construites dans l’interaction avec autrui ; en cela, la clausule séparant la théorie lassante et la pratique stimulante symbolise cette tension. L’intérêt réside aussi, d’autre part, dans l’échec de l’entreprise poursuivie par le professeur infiltré, à savoir rallier à sa cause des ouvriers aveuglés par le fordisme ; au contraire, tout se passe comme s’il vivait lui-même un récit d’apprentissage, comme s’il recevait une leçon différente de celle qu’il voulait dispenser. Le film explore avec intelligence la complexité de l’engagement et de la révolte : il fait évoluer son interrogation initiale – que signifie combattre pour l’égalité lorsque l’on ne risque rien soi-même ? – pour ébranler les frontières entre deux mondes sinon reliés par la voiture que les uns assemblent et que les autres achètent. C’est par le travail à la chaîne, par le sacrifice du confort, que Robert Linhart éprouve son individualité, se transforme par momifications intermédiaires. La réalisation, précise et élégante, rend compte de la secousse physique, intellectuelle et morale des protagonistes, même si elle cède à terme à quelques facilités fédératrices.
Certes, "L'établi" est un film militant qui défend la nécessité des luttes ouvrières. Pourtant, Mathias Gokalp a su éviter une approche trop simpliste et manichéenne des relations de pouvoir et d'exploitation au sein de l'entreprise. Il raconte une infiltration politique, la naissance et l'essor d'une lutte sociale, mais ne juge pas les ouvriers qui ne se joignent pas au mouvement et montre leurs difficultés. Swan Arlaud est une nouvelle fois très juste. Un film utile.
Près de quinze ans après son premier film, « Rien de personnel », qui traitait déjà du milieu des entreprises mais sous le versant des ressources humaines et des nouvelles méthodes de management, Mathias Gokalp revient donc de nouveau avec une œuvre sur le monde du travail. Mais cette fois, changement d’époque puisqu’on se retrouve à la fin des années 60 après les accords de Grenelle de mai 68 ainsi que de sujet puisqu’on assiste à une autopsie du quotidien des ouvriers dans une usine Citroën où le patronat règne en maître. « L’établi » est adapté de l’ouvrage autobiographique de Robert Linhart, bourgeois et militant d’extrême gauche, qui avait infiltré l’usine pour connaître les conditions de travail des employés et fomenter une révolte syndicale et ouvrière. On est donc en plein dans un récit aguerri et pertinent de lutte des classes qui plus est inspiré d’une histoire vraie. Un récit qui résonne encore pour beaucoup aujourd’hui et qui a sa version contemporaine, les cols blancs ayant remplacé les cols bleus et des œuvres comme la série « Severance » montrant bien que l’aliénation par le travail existe toujours même si elle a changé de visage. Tout comme le fait que les patrons exploitent toujours, de manière différente et plus sournoise, les classes moyennes et les pauvres. On est donc face à un long-métrage très engagé, à la fois fort et nécessaire, dont les velléités humanistes et sociales sont la première qualité et qui nous rappelle que le combat cher à Marx est loin d’être fini. On n’est pas loin du cinéma de Stéphane Brizé mais en mode plus passéiste et vieillot sans que cela soit un défaut. Dans les deux cas, c’est du cinéma qui interpelle et duquel serait fier un Ken Loach, lui qui s’est tant investi dans la cause par son cinéma durant des années de l’autre côté de la Manche.
Dès le départ on est en immersion totale dans ces usines de l’époque où il y avait encore très peu de droits pour les salariés. On pense parfois à « Germinal » et les mineurs dans la manière dont Gokalp, via le récit de Linhart, nous peint les conditions de travail dans l’usine. On n’est pas loin de la Bête métaphorique du roman de Zola quand on entend en voix off, une voix un tantinet trop solennelle et verbeuse par ailleurs, du personnage principal. Mais la folie de la répétition des tâches est bien là. Et « L’établi » nous la fait ressentir par toutes les pores. L’abêtissement du travail à la chaîne, le peu de répit, l’absence de droits, l’exploitation des ouvriers étrangers, les tâches plus répétitives les unes que les autres, le mépris des contremaîtres et surtout la cadence infernale imposée par le rythme de production. C’est édifiant et il est bon de rappeler que depuis les choses ont heureusement bien évolué. Gênant au début, puisqu’il est difficile de comprendre pourquoi un bourgeois qui a tout vient tenter de mener une rébellion chez le prolétariat, le film prend ensuite le temps par petites touches d’expliquer les motivations du personnage pour qu’on le comprenne (un peu) mieux. Dommage que le côté vie privée soit moins réussi et que le rôle de Mélanie Thierry soit trop peu développé. C’est donc une œuvre intense, dont certaines scènes sont déchirantes (celle où l’ouvrière parfaite qui a peur de perdre son emploi craque pendant la grève en est l’exemple le plus marquant) et qui nous percute l’esprit malgré son côté parfois austère qui pourra en rebuter certains.
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Un film pas inintéressant et instructif sur la condition ouvrière a la fin des années 60, qui montre que depuis les choses ont quand même bien évolué dans le bon sens. Cependant la mise en scène très classique, manque d’ampleur et on ne ressent finalement que très peu d’émotions pour les personnages. Pas mal mais sans plus
Tiré du livre, de R Linart, normalien et prof d'université racontant son expérience en usine peu après mai 68, " l'établi " n'est malheureusement pas très bien servi par sa réalisation un peu trop terne.
La première demi-heure, poussive, ne laisse pas espérer le meilleur qui advient pourtant.
Porté par une interprétation à la hauteur, mieux servie par les seconds rôles ( Olivier Gourmet est excellent comme à l'accoutumée ), " l'etabli" pose le rapport entre l'idéologie et la réalité du monde du travail ( loin d'être une source d'épanouissement pour beaucoup, mais une nécessité indispensable pour payer ses factures).
Plusieurs scènes sont vraiment réussies et " l'etabli" s'avère finalement plus intéressant qu'accompli au plan formel.
Les amateurs de films à caractère politique et social sur le travail et le monde de l'entreprise ne le manqueront pas, même s'il n'est pas un des modèles du genre ( Cantet, Loach, Guediguian ont par exemple, dans leur filmographie des opus largement supérieurs).
Film engagé restituant un livre, une expérience inspiré de faits réels, cela pourrait être intéressant dans le témoignage d événements en mai 68 dans cet environnement d usine Citroën. Mais le film est très lent, manque de punch pour restituer les événements et on ne sent pas trop les acteurs inspirés ... enfin bon on s ennuie. L acteur principal me semble à côté de la plaque en plus ...
Quelques mois après la révolte de mai 68, des militants politique réussissent à intégrer des usines Citroën. Robert, professeur de philosophie est de ceux là. Lorsqu’un patron décide de revenir sur les accords signés quelques mois plus tôt, Robert organise la riposte des salariés. Le récit d’une lutte, avec ses réussites et ses échecs. C’est magnifique.
Ai vu "L'établi" réalisé par Mathias Gokalp d'après le roman autobiographique de Robert Linhart. Un établi entre autre, est un intellectuel qui se fait embaucher dans une usine en tant qu'ouvrier pour raviver la flamme révolutionnaire auprès du personnel. Robert est professeur de faculté et est totalement engagé au parti communiste avec sa femme pharmacienne. Il se fait employer chez Citroën pour travailler à la chaine à la fabrication des 2CV. L'entreprise décide début 1969 de faire travailler gratuitement ses ouvriers, 45 minutes supplémentaires tous les jours pour rattraper le manque à gagner à cause des grèves de mai 68. Robert entrevoit tout à coup l'occasion de réveiller tous ses collègues pour défendre leurs droits. Quand bien même le premier film de l'histoire du cinéma en 1895 était une sortie d'usine à Lyon, le travail à la chaine en usine n'a pas été tant traité que cela (évidemment il y a le génial "Les temps modernes" de Chaplin). Gokalp réalise un film essentiel et s'il y a bien un film qui mériterai d'être vu par tout le monde en ce moment c'est bien celui là. Le sujet principal étant la pénibilité au travail et la difficulté de prendre la parole et de se faire entendre. Le metteur en scène sait filmer l'effort physique, l'humiliation phychologique, la cadence infernale sans caricature et tout en faisant réellement du cinéma. La mise en scène est très belle pour toutes les scènes dans les ateliers, les postes de travail, les éléments de 2CV qui avancent inexorablement, les robots qui obligent les humains à un rythme infernal, tout est magnifiquement filmé sans être magnifié. La photographie est très soignée et lumineuse. La musique (beaucoup de percussions) qui prend son tempo au rythme des coups de marteaux, des soudeuses, des visseuses électriques est très inventive et anxiogène. Le propos est intense et il y a un vrai suspens tout au long du film. Quand la caméra sort de l'usine c'est pour des réunions syndicales passionnées dans des bars où des jardins ouvriers. Swann Arlaud est comme à son habitude très habité et puissant en un mot une très grande interprétation. Olivier Gourmet en prêtre ouvrier travaillant également dans l'usine, Mélanie Laurent en femme solidaire du combat de son mari et Denis Podalydès en chef d'atelier complètent le casting. Mais c'est surtout les comédiens peu connus italiens, arabes, africains, bulgares qui sont à souligner tant leurs incarnations sont justes, profondes et essentielles au film. Un vrai film de cinéma important qui parle d'une révolution qui a tout juste 55 ans mais toujours si actuelle.
Film que je veux défendre car il a de l'épaisseur. Le sujet était pour moi inconnu, et cette lutte valait vraiment la peine d'être dévoilée. Il parle de questions éternelles et donc actuelles. Que fait-on quand on est conscient ou victime de l'oppression et de l'injustice ? Quelles sont les luttes légitimes et utiles ? A quel moment et à quelles conditions fait on pire que bien ?
J'ajouterai que le scénario, les dialogues et le scénarios sont à la hauteur du sujet. Swann Arlaud et Denis Podalydès sont très bons.
une plongée captivante dans le monde du syndicalisme post-68 dans les usines Citroën. Le réalisateur nous présente une réalité sociale marquée par des tensions palpables entre les travailleurs et les patrons, ce qui rend ce film très intéressant.
L'histoire suit un groupe d'ouvriers qui luttent pour faire valoir leurs droits face à un patronat qui ne leur accorde que très peu de considération. La pression monte au fil des jours, mais les travailleurs restent unis et déterminés à obtenir des résultats. La narration est particulièrement bien menée, avec des moments de tension qui maintiennent le spectateur en haleine tout au long du film.
Les personnages sont très bien construits, avec des acteurs qui ont su rendre les émotions des travailleurs de façon très réaliste. On ressent leur colère, leur frustration et leur détermination tout au long du film. Le réalisateur a également réussi à montrer l'impact des événements sur leur vie personnelle et familiale, ce qui rend le film encore plus poignant.
, "L'établi" est un excellent film qui réussit à capter l'essence même du monde ouvrier et de la lutte syndicale. Les acteurs sont fantastiques, la narration est bien construite et la réalisation est impeccable. Je recommande vivement ce film à tous les amateurs de cinéma social et engagé.
Intéressante étude d'une période délicate de notre histoire récente ( assez bien vue en cette période troublée). La reconstitution de 1969/70 est parfaite, jusqu'à l'usine Citroën et le sujet doit donner à réfléchir...
Le film rappelle un peu le "Annie Colère" de Blandine Lenoir. Même attachement, probablement sincère, à un passé engagé, même façon d'en simplifier les contradictions et d'en estomper les blessures. La Gauche prolétarienne n'était pas (que) ce sympathique groupe de parole et de solidarité décrit par le film. Le mouvement maoïste était violent, dogmatique, tiraillé, jusqu'à sa tentation ultime d'un engagement armé, comme d'autres fractions ou brigades européennes qui ont elles franchi le pas. De la même façon, la brutalité des conditions de travail et des rapports de classe est ici ramenée à l'anecdote, au pittoresque, avec les doigts bandés de Swann Arlaud, ou la bonhommie hypocrite de Denis Podalydès en petit chef. Comment peut-on faire un cinéma aussi conventionnel d'un sujet qui ne l'est pas ? Le moindre plan de Bruno Muel, récemment disparu, à Sochaux ou à Besançon, dans la rage comme dans le désespoir, nous en dira mille fois plus sur la classe ouvrière que ce film appliqué et trop poli (pour être honnête ?).