L'Établi
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Arthur Brondy
Arthur Brondy

300 abonnés 1 440 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 22 avril 2023
Quelques mois après la révolte de mai 68, des militants politique réussissent à intégrer des usines Citroën. Robert, professeur de philosophie est de ceux là. Lorsqu’un patron décide de revenir sur les accords signés quelques mois plus tôt, Robert organise la riposte des salariés. Le récit d’une lutte, avec ses réussites et ses échecs. C’est magnifique.
Jcdeseloux
Jcdeseloux

3 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 20 avril 2023
Film à voir pour sa portée sociale qui reste totalement d'actualité. Son défaut reste une mise en oeuvre parfois poussive mais cela n'est quand meme pas rédhibitoire.
Jipéhel
Jipéhel

101 abonnés 601 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 18 avril 2023
Loin du romantisme révolutionnaire

Pour son film Mathias Gokalp a adapté le roman éponyme et autobiographique de Robert Linhart. De ce cinéaste, je n’avais vu en 2010 que Rien de personnel, qui m’avait marqué et qui traité déjà des arcanes sordides du monde du travail. Depuis, Gokalp n’a plus rien sorti au cinéma. Donc ces 117 minutes constitue en somme une renaissance… Quelques mois après mai 68, Robert, normalien et militant d’extrême-gauche, décide de se faire embaucher chez Citroën en tant que travailleur à la chaîne. Comme d’autres de ses camarades, il veut s’infiltrer en usine pour raviver le feu révolutionnaire, mais la majorité des ouvriers ne veut plus entendre parler de politique. Quand Citroën décide de se rembourser des accords de Grenelle en exigeant des ouvriers qu'ils travaillent 3 heures supplémentaires par semaine à titre gracieux, Robert et quelques autres entrevoient alors la possibilité d'un mouvement social. Un film fort, intelligent et bouleversant, qui revient dans la veine classique du film social des 70’s. Et pourtant, en reconstituant avec intensité ce moment essentiel et particulier du mouvement syndical et ouvrier, ce drame est d’une puissance rare et nul ne sort totalement indemne de la projection.
On est constamment entre Stéphane Brizé et Ken Loach, les références s’il en est de ce genre âpre et sans concession. Mathias Gokalp ressuscite toute une époque et interroge avec pertinence les préoccupations, les rêves et les désillusions d'une certaine jeunesse d'alors. Ce film est d’autant plus douloureux qu’il trouve des résonances dans les combats qui sont menés aujourd’hui par ce qu’on appelle avec un peu de condescendance « la France qui se lève tôt ». On apprend donc que ces « établis » étaient des étudiants qui, à partir de 1967, "s'établissaient" – comprendre se faisaient embaucher - dans les usines ou les docks, afin de mieux connaître le milieu ouvrier, avec pour objectif de prendre part aux luttes sociales. Ici, notre « établi » travaille à la chaîne, subissant, au même titre que ses collègues, à la fois des conditions de travail inhumaines, mais aussi les méthodes de surveillance et de répression des supérieurs. Il décrit également d'autres sujets inhérents à cet univers, comme la lobotomisation des salariés, le racisme et bien sûr l'inévitable grève. On touche ainsi du doigt la violence, l’absurdité, la folie et le caractère impersonnel de cette machine à broyer les hommes qu’était le monde du travail – en l’occurrence, je parle sans doute un peu vite au passé -. Outre la reconstitution très fine des ateliers Citroën de l’époque, le film réussit à raconter l’histoire d’un groupe et pas d’un héros. C’est évidemment ce qui le rend très attachant. Encore un incontournable du ciné français sur nos écrans.
Côté casting, on touche la perfection. Swann Arlaud est tout simplement extraordinaire. A ses côtés, Mélanie Thierry, pour une fois, joue sobre et sans verser dans l’hystérie… c’est à noter. Enfin, avec Denis Podalydès et Olivier Gourmet, le réalisateur jouait gagnant à coup sûr. Tous les autres rôles sont tenus par des comédiens et des comédiennes quasi inconnus, trouvés à la sortie du Conservatoire ou au théâtre. Une chronique très réaliste d'un monde du travail où l'aliénation des uns contribue à l'enrichissement des autres. Cette magnifique chronique, d’une efficacité redoutable, nous prouve que si on ne peut briser la révolution, on peut briser ceux qui la font. Un grand film.
Baba
Baba

3 abonnés 6 critiques Suivre son activité

1,0
Publiée le 19 avril 2023
J'ai pas aimé ce film .
L'auteur, Robert linhart est un intello soixante huitard , maoïste qui a écrit un roman sur son vécu en tant qu'infiltré dans une usine Citroën . Son livre n'est pas des plus intéressant . Il a juste raconté la vie des ouvriers à l'usine en 68 mais c'est le point de vue d'un bourgeois .
Donc non ce film n'est pas indispensable ,
Ce n'est pas une belle satire sociale
il ne reflète pas la réalité de l'époque
Ce film n'est pas ambitieux , il est juste fidèle au roman
Il n'y a aucune bonne surprise .
C'est long 2h pour ça !
Les ouvriers dans leur beau costume , tout bleu , tout propre ce n'est pas crédible . Et on entend rien du vacarme qu'il y avait , de la poussière, de la fumée de cigarette !
Les seconds rôles sont moyens . Et que vient faire Mélanie Thierry dans ce film . Elle fait de la figuration .
Tout tourne autour de l'établi
Le reste laisse à désirer
Pierre Kuzor
Pierre Kuzor

176 abonnés 568 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 18 avril 2023
Ai vu "L'établi" réalisé par Mathias Gokalp d'après le roman autobiographique de Robert Linhart. Un établi entre autre, est un intellectuel qui se fait embaucher dans une usine en tant qu'ouvrier pour raviver la flamme révolutionnaire auprès du personnel. Robert est professeur de faculté et est totalement engagé au parti communiste avec sa femme pharmacienne. Il se fait employer chez Citroën pour travailler à la chaine à la fabrication des 2CV. L'entreprise décide début 1969 de faire travailler gratuitement ses ouvriers, 45 minutes supplémentaires tous les jours pour rattraper le manque à gagner à cause des grèves de mai 68. Robert entrevoit tout à coup l'occasion de réveiller tous ses collègues pour défendre leurs droits. Quand bien même le premier film de l'histoire du cinéma en 1895 était une sortie d'usine à Lyon, le travail à la chaine en usine n'a pas été tant traité que cela (évidemment il y a le génial "Les temps modernes" de Chaplin). Gokalp réalise un film essentiel et s'il y a bien un film qui mériterai d'être vu par tout le monde en ce moment c'est bien celui là. Le sujet principal étant la pénibilité au travail et la difficulté de prendre la parole et de se faire entendre. Le metteur en scène sait filmer l'effort physique, l'humiliation phychologique, la cadence infernale sans caricature et tout en faisant réellement du cinéma. La mise en scène est très belle pour toutes les scènes dans les ateliers, les postes de travail, les éléments de 2CV qui avancent inexorablement, les robots qui obligent les humains à un rythme infernal, tout est magnifiquement filmé sans être magnifié. La photographie est très soignée et lumineuse. La musique (beaucoup de percussions) qui prend son tempo au rythme des coups de marteaux, des soudeuses, des visseuses électriques est très inventive et anxiogène. Le propos est intense et il y a un vrai suspens tout au long du film. Quand la caméra sort de l'usine c'est pour des réunions syndicales passionnées dans des bars où des jardins ouvriers. Swann Arlaud est comme à son habitude très habité et puissant en un mot une très grande interprétation. Olivier Gourmet en prêtre ouvrier travaillant également dans l'usine, Mélanie Laurent en femme solidaire du combat de son mari et Denis Podalydès en chef d'atelier complètent le casting. Mais c'est surtout les comédiens peu connus italiens, arabes, africains, bulgares qui sont à souligner tant leurs incarnations sont justes, profondes et essentielles au film. Un vrai film de cinéma important qui parle d'une révolution qui a tout juste 55 ans mais toujours si actuelle.
anonyme
Un visiteur
2,0
Publiée le 17 avril 2023
J'avais lu, il y a de nombreuses années, le livre dont s'est inspiré le film. En voyant le film à l'affiche, j'ai relu le livre avec autant d'intérêt que dans mon souvenir, .............., et je suis allé voir le film. Quelle déception !!! Là ou le bouquin fait ressentir tout au long de la lecture "l'ambiance" de l'usine, ses bruits, sa saleté, ses poussières et ces vapeurs nocives, sa chaleur et son froid qui agressent l'homme, là ou l'écriture décrit des hommes sales, épuisés, usés, au bout de leurs forces physiques et morales, on voit dans le film des hommes qui semblent relativement sereins, habillés de bleus de travail propres, et tout cela dans un environnement coloré, peu bruyant, peu sale, bien éloigné de la grisaille oppressante qui était celle des usines des années 70. Je ne comprend pas les choix du réalisateur. Il lui aurait suffi de recréer cet environnement pour que le message soit clair et sans appel : Les conditions de travail dans ces usines étaient horribles ! Ok, l'oppression de l'encadrement a été mise en évidence, et heureusement, sinon il ne resterait plus grand chose du film. Et donc, si vous souhaitez vous plonger dans ce témoignage sincère et poignant (et même si vous avez vu le film), lisez le livre !!!!!! : L'établi, par Robert LINHART, aux éditions de minuit, vous ne le regretterez pas
thierry s.
thierry s.

1 critique Suivre son activité

4,5
Publiée le 17 avril 2023
Excellent film qui tout en faisant ressurgir le contexte politique et social particulier de l'après mai 1968 a des résonances étonnantes avec la période actuelle. Pas caricatural, intelligent, émouvant... A voir !
François Begaud
François Begaud

1 critique Suivre son activité

4,5
Publiée le 17 avril 2023
Une immersion dans le monde de l'usine Citroën période années 60. Un film qui ne se contente pas de décrire une époque passée mais qui invite à la réflexion. Une très bonne expérience cinématographique en ce qui me concerne. J'aimerais voir plus de film de ce genre. Ici pas de happy end ni de fatalisme. La complexité du réel et seulement cela.
laurent t
laurent t

4 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 16 avril 2023
J'avais lu le livre il y a 30 ans.
C'est un tres bon film avec des acteurs tres émouvant.
Le militantisme apres mai 68, croire en la Révolution, ŕéveiller les consciences contre le capital qui exploite les hommes sans se soucier de leur bien-être.
Un film qui résonne avec l'actualité du moment .
A partager entre amis ou avec ses élèves de collège et lycee
On est en 2023 et au fond rien n'a changé !
garnierix

306 abonnés 593 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 16 avril 2023
Mai 68, qui a raté sa révolution, c'est bien loin. L'auteur du bouquin à l'origine du film (et personnage principal) est plutôt inconnu. Le maoïsme est oublié, voire diabolisé. N'empêche que ce film a son intérêt, d'abord pour rappeler les choses, ensuite et surtout pour mesurer où en est aujourd'hui le dialogue entre les intellectuels et les ouvriers, où en est la révolution, accessoirement.

Le film montre des ouvriers de 1969 comme on n'en imagine plus, sans protection de travail, abrutis par la performance et la constance de la performance du travail à la chaîne, apeurés à l'idée d'être virés, triste résultat du capitalisme primaire, bien servi par "les services d'ordre" au sein de l'entreprise (y a-t-il un capitalisme secondaire ?!)... Ce n'est donc pas un film facile, ni distrayant. Quand on ne supporte pas l'injustice, on peut péter un plomb.

Mais curieusement, film pas si émouvant qu'on l'aurait imaginé. Peut-être qu'on est de l'avis de certains ouvriers qui pensent que ce prof de philo, infiltré, est un "putain de menteur". Alors que ce dernier cherche avant tout à éduquer, alerter (on touche du doigt de tristes vérités sur la condition humaine)... Qui finit par éduquer l'autre dans le film ? Que devient la logique quand on pipe les dés au départ ? Rêver à un monde nouveau est "légitime" (ainsi que tenter de le faire), mais à quoi rêvent les ouvriers ? A quoi rêvent les intellos ? A quoi rêvent les gens ? Ce film fait réfléchir à tout cela.

Le manque d'émotion dans le film vient peut-être aussi d'autre chose qu'un simple parti pris. Peut-être de certains acteurs qui surjouent trop ? La voix off qui enlève de la force au film : on croirait qu'il en a besoin pour expliquer les images, alors que les acteurs principaux sont suffisamment expressifs pour cela, en premier ce Swann Arlaud dont le visage travaillé, torturé, domine le film du début à la fin.

Côté technique, on est surpris qu'un film de ce genre ait réussi à recréer des chaînes de montage des anciennes 2 chevaux Citroën des années 60. On s'y croirait vraiment.

A.G.
Simon Bernard
Simon Bernard

206 abonnés 689 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 14 avril 2023
Professeur de philosophie à l'université, Robert et d'autres militants intellectuels de gauche décident de se faire embaucher dans les usines des grandes entreprises françaises pour rencontrer les ouvriers et les amener à rejoindre leur révolution. Robert découvre que la prise de risque n'est pas si aisée sans filet de sécurité.
En salle le 5 avril.

spoiler: L'Établi présente une période historique peu traitée au cinéma : les mois qui ont suivi les évènements de mai 1968, période à laquelle il a fallu consolider les acquis sociaux malgré une tentative des entreprises de revenir à la situation précédente. Dommage que le film se montre très documentaire sans parvenir à plaire par ses personnages et son histoire narrative, qui sont mis en retrait au profit de la cause militante. Un moment intéressant mais pas captivant, qui permet de se mettre à la place de ces ouvriers des années 1960.
Olivier G.
Olivier G.

24 abonnés 80 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 13 avril 2023
Un film sobre, passionnant, intelligent et subtil qui documente une page méconnue de notre histoire sociale. Excellent!
vidalger

378 abonnés 1 311 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 13 avril 2023
Partant d'un texte autobiographique relatant l'expérience d'un professeur de philo normalien qui décide d'entrer en septembre 1968 dans une usine Citroën afin d'y attiser les braises d'une révolution qui viendra du prolétariat, Mathias Gokalp a bâti un film modeste et ambitieux. Modeste par les moyens dont il a disposés. En effet, la reconstitution des chaînes de fabrication de la 2 chevaux fait un peu "cheap" et la quasi-absence de plans extérieurs évite de coûteux décors ...Ambitieux, car il est difficile d'expliquer aux spectateurs de la jeune génération, à l'heure de la "start-up-nation ", qu'il y a une cinquantaine d'années, quelques centaines ( milliers?) de jeunes gens a priori intelligents et cultivés d'Europe ont pu gober les écrits et discours de quelques criminels autocrates exerçant leurs dictatures à des milliers de kilomètres.
Le résultat est assez mitigé. On voudrait croire à toutes ces belles scènes des ouvriers main dans la main, chantant des chants révolutionnaires et qui fomentent une grève pour s'opposer à l'affreux Thénardier. Pour autant, le réalisateur ne cache pas les difficultés et les contradictions de l'exercice...
Swann Arlaud en prolétaire de pacotille au masque figé, fait le job. Les autres figures, du patron finaud au prêtre-ouvrier cégétiste en passant par les nervis du syndicat-maison, tous paraissent crédibles.
Nb : Pour avoir connu jadis quelques spécimens authentiques de maoïstes, je pense même que ceux du film sont des comiques à côté des vrais.
LoicDRF
LoicDRF

49 abonnés 112 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 13 avril 2023
En période de grève, et face à un gouvernement de patrons, il est plus qu’intéressant de se replonger dans ce que fut l’une des expériences de militant les plus formatrices qui soient: celle des « Etablis ». Pas les meubles pour bricoler, les gens qui, n’étant pas ouvriers par déterminisme social, le devenaient par choix politique et philosophique. Le film est très fidèle au bouquin de Robert Linhart qui y raconte son expérience d’Etabli à l’usine Citroen de Choisy en 1968/1969. Et pourtant, pour une fois, n’y avait pas marqué « tiré d’une histoire vraie » au générique. Tout paraît vrai, senti, vécu dans cette histoire qui malheureusement n’a pas pris une ride car elle y décrit le fonctionnement éternel du patronat, hier comme aujourd’hui. Swann Arlaud poursuit sa carrière de comédien qui tient à jouer pour quelque chose, à dire quelque chose. De « Petit Paysan » à « L’Etabli » en passant par « Les Anarchistes », il construit clairement une œuvre. Bravo.
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 12 avril 2023
Un film en plein dans l'actualite
Que de combats pour un monde meilleur
Quand donc l'humain comprendra que nous ne sommes pas obligatoirement des ennemis
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