Great Freedom
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Jorik V

1 363 abonnés 1 952 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 31 mars 2022
Il est certain qu’on ne va pas voir un film tel que « Great Freedom » pour véritablement se divertir ou se vider l’esprit. Le sujet est très sérieux et difficile tout comme les thèmes abordés (l’homosexualité interdite en Allemagne jusqu’en 1994 et la vie carcérale). C’est une œuvre très âpre, parfois même glauque et très sombre. Un long-métrage plutôt difficile et sérieux mais nécessaire, qui nous rappelle à l’heure de relents homophobes dans certains pays et dans d’autres où les homosexuels sont toujours emprisonnés, comme dans le temps, voire même exterminés, que l’égalité et le respect sont très loin d’être acquis et logique partout et pour tout le monde... Le sujet est donc plus que jamais à l’ordre du jour et peut se voir comme un devoir de mémoire ou une alerte à ne pas prendre à la légère. Sébastien Meise fait le choix judicieux de ne rien cacher de la réalité des prisons pour cette population sans non plus en rajouter dans le misérabilisme ou le pathos. Il s’accroche à la réalité des faits, certes de manière brute et sans concession, mais jamais sous une forme voyeuriste ou déplacée. Ce qui n’empêche pas que « Great Freedom » ne soit pas à montrer à tout le monde. Les amours véritables que vit le personnage principal sont adroitement dépeintes et apportent un peu de lumière dans ces ténèbres d’injustice sans pour autant être niaises et enjolivées. En toute logique, Meise les dépeint comme le lieu dans lesquelles elles se déroulent : sauvages, tristes et bafouées.



La structure du film, qui se déroulent conjointement sur trois époques est très pertinente et astucieuse. Elle permet de montrer l’évolution plus que minime dans le temps des mentalités. De 1945 à la fin des années 80, le personnage principal épris de la liberté d’aimer, se verra confronter aux mêmes murs de bêtise, d’ignorance et de méchanceté. Mais l’amour apparaît toujours autant comme une prison que comme un sentiment de liberté et d’évasion. Les fondus au noir quand il se retrouve au trou permettent admirablement de passer d’une époque à l’autre. En revanche, il y a beaucoup de répétitions et de longueurs qui donnent la désagréable impression que « Great Freedom » tourne en rond. On finit d’ailleurs par s’ennuyer un peu sur la fin à force de tant de noirceur et de tristesse. Le début avec ces images amateurs de cruising dans les toilettes publiques est quelque peu intense mais cela nous met dans le bain, quant à la fin elle apparaît un peu trop angélique, l’amour semblant plus fort que la liberté mais de manière bien trop improbable. On ne croit pas vraiment au choix final du personnage. Ce film choc et cru est donc d’utilité publique mais l’absence presque totale d’émotion et d’affects le rend souvent trop austère et difficile à appréhender pour certains publics non avertis.



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Bart Sampson

414 abonnés 855 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 19 mars 2022
Petit retour sur le film « Great Freedom » dont j’avais annoncé la sortie dans un précédent post.
Un beau film, utile et qui convainc sans excès ni mièvrerie.
Rappel de l’histoire : L’histoire de Hans Hoffmann. Il est gay et l’homosexualité, dans l’Allemagne d’après-guerre, est illégale selon le paragraphe 175 du Code pénal. Mais il s’obstine à rechercher la liberté et l’amour même en prison.
Porté par le personnage principal aussi déterminé à vivre sa sexualité qu’à s’élever contre toutes formes d’injustices, le film s’enrichit au fur et à mesure du déroulement de l’histoire et choisit un traitement brut et sans concession de la situation des homosexuels dans cette Allemagne d’après-guerre qui semble ne pas avoir encore exorcisé tous ses démons.
Dans ce champ de ruine des principes humains les plus élémentaires va germer et fleurir une histoire d’amour/amitié entre les deux détenus forcés au départ de partager la même cellule avant de se découvrir, se respecter et même s’aimer au sens pur du terme.
La dernière scène est à ce propos très cinématographique et finalement pas si incongrue que cela.
Un beau moment de cinéma.
ATON2512
ATON2512

76 abonnés 1 317 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 17 mars 2022
De Sebastian Meise (2022).
Un film fort, autant historique que sociétal sur une aberration historique méconnue de l'Allemagne ce jusqu'à l'aube des années 19990. Une situation que malheureusement tous les autres pays occidentaux et les autres ont connus ou pour les autres connaissent encore. A savoir la criminalisation d'une autre façon d'aimer ! La force, voir l'abberration de la situation vient du fait que l'histoire commence dès la fin de la guerre 39-45 et la libération des camps de concentration où les homosexuels comme de nombreuses autres minorités étaient emprisonnées. En effet Hans Hoffmannsort presque directement d'un camps pour aller en prison au seul motif de son orientation sexuelle et de l'application d'un article du code pénal. Le décor est tellement invraisemblable qu'il pourrait apparaître absurde . Et pourtant vrai. La force du film tiens en ce qui peut dès le départ apparaitre comme sidérant. Ensuite le film est un long cheminement fait de flash-back sur plusieurs période historiques. La prison est montée comme un univers dur et implacable qui pourtant peu à peu deviendra le seul repère de vie du jeune homme. Franz Rogowski dans le rôle de Hans est très bon sinon exceptionnel de force et de retenue.
Georg Friedrich jouant Viktor est aussi très juste. Le film nous démontre très clairement comment des lois, comment un état, une collectivité peuvent broyer une personne au seul titre que sa vie ne correspond pas à une majorité ou à des critères bien définis. Jusqu'à la fin du film où la boucle semble se refermée.
ffred

1 988 abonnés 4 258 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 16 mars 2022
Vu en salle à sa sortie et bizarrement complètement oublié. Au point de ne pas donner mon avis. Et pourtant le film est très réussi sur plein de points, une mise en scène solide, une interprétation magnifique et une histoire édifiante. Il n’y a pas si longtemps que cela l’homosexualité était encore un crime dans beaucoup de pays européens (en Allemagne ici, et malheureusement on revient en arrière dans certains, à l’est pour ne pas les nommer). Il manque là, pour moi, quelque chose pour en faire un grand film. L’émotion est peut être trop sèche. Et on a un peu de mal à s’attacher au personnage. La fin peut sembler inattendue mais finalement pas tant que ça. Où est la grande liberté du titre finalement ? En tout cas en sortant de la projection, on se dit qu’on a bien de la chance de vivre en France à notre époque. Une légère déception mais à voir tout de même…
Roseanne
Roseanne

16 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 18 mars 2022
un sujet clair traité proprement. une image absolument juste, des personnages ciselés servis par de magnifiques jeux d'acteurs. Le film est sombre et lent en conformité au sujet traité.
bouleversée, ce film est un gros coup de cœur qui fait souffrir.
Sylwish
Sylwish

10 abonnés 79 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 28 avril 2022
De prime abord, on pourrait penser que Great Freedom est un film glauque. Ce serait le juger trop hâtivement car même s'il dépeint l'enfer de l'univers carcéral à une époque où l'homosexualité était illégale, il est surtout empreint d'une grande poésie. C'est un film à sensations, où la frontière entre l'amour et l'amitié est poreuse, où les corps se cherchent et s'emmêlent. Le spectateur se retrouve, à plusieurs reprises, face à un écran noir. Les craquements d'allumettes, filaments de lumière, sont alors comme des bouées de secours. La chronologie est éclatée : seuls les détails physiques des héros nous aident à y voir clair (une moustache, des cheveux courts, un tatouage...). Les situations ne sont pas toujours réalistes et ce n'est jamais problématique : le spectateur se fait une petite place dans la bulle de Hans, personnage éthéré et romanesque au possible. Un film ouaté, doux et irréel.
Cinéphiles 44

1 666 abonnés 4 646 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 14 mars 2022
“Great Freedom” est l’histoire d’un prisonnier enfermé pour un seul crime, celui d’être gay. Dans l’Allemagne d’après guerre, l’homosexualité est illégale selon le paragraphe 175 du Code pénal. Cette peine, Hans Hoffman la purgeait déjà en camp de concentration, et effectuera le solde jusqu’en 1969, date à laquelle le pays cessera d’enfermer les homosexuels. Le réalisateur Sebastian Meise ne traite pas cette horrible histoire de manière larmoyante. Il donne à son personnage principal, une perpétuelle envie de vivre. Le comédien Franz Rogowski déploie un charisme fascinant et incarne à lui seul l’espoir de liberté et d’amour, malgré les violences qui l’entourent. “Great Freedom” est une histoire humaine et romantique aussi poignante que sidérante.
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anonyme
Un visiteur
2,0
Publiée le 12 mars 2022
Le film passe à côté du sujet. Il y a pourtant tant à dire sur l'évolution de la dépénalisation de l'homosexualité. Le film est très lent, souvent répétitif, sans réel message. Décevant.
Yves G.

1 845 abonnés 4 020 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 1 mars 2022
En vertu de l’article 175 du Code pénal allemand, qui depuis 1871 pénalise l’homosexualité, Hans Hoffmann (Franz Rogowski) a été arrêté et déporté sous le nazisme. Mais, à la chute d’Hitler il doit encore exécuter le reliquat de sa peine avant d’être libéré. En 1957 et en 1968, il sera à nouveau arrêté et emprisonné dans le même établissement où il retrouve Viktor (Georg Friedrich), un héroïnomane qui deviendra, malgré son homophobie, son ami le plus cher.

Que la pénalisation de l’homosexualité – en Allemagne comme dans bien d’autres pays du monde – fut et reste encore aujourd’hui une aberration et une monstruosité, bien difficile de ne pas le reconnaître. Le sujet est bien connu qui donna lieu à beaucoup de livres, de films, de documentaires, au rang desquels celui réalisé en 2000 par Rob Epstein et Jeffrey Friedman ressorti le mois dernier à l’Espace Saint-Michel.

Mais on se demande diable quelle actualité a poussé Sebastian Meise, réalisateur allemand inconnu de ce côté-ci du Rhin, à réaliser en 2020 ce film-là. S’il s’inspire de faits réels, il a inventé de toutes pièces le personnage de Hans, remarquablement interprété par Franz Rogowski (découvert chez Christian Petzold), et de Viktor. Sans guère de surprises, l’homophobie de son compagnon de cellule se dissout lentement pour se transformer en une émouvante amitié.

Si le montage de "Great Freedom" (pourquoi ce titre anglais d’un film allemand ?) permet de passer élégamment d’une époque à une autre, ce film trop classique dure une bonne demie heure de trop.
St Montipel
St Montipel

8 abonnés 152 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 26 février 2022
Assez déçu par le traitement de ce film . S'il relate bien la clandestinité et la condition des gays jusqu'à l'abolissement de l'Art 175 en Allemagne , il édulcore totalement la condition pénitentiaire des homos et c'est dommage. On est loin de l'excellent Gefangen de Jorg Andreas. Sauvé par les acteurs qui sont justes .
Jean d.
Jean d.

2 abonnés 26 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 27 février 2022
jeu des acteurs décors scénario une réussite nous interpellant sur ce terrible article 175. Après la déportation l'emprisonnement....
mattdvl
mattdvl

30 abonnés 49 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 25 février 2022
Comment, sur un tel sujet, peut-on faire un récit aussi austère, éteint, morne? A aucun moment, le film ne nous parvient à nous emporter. Quelle déception.
leobis
leobis

71 abonnés 260 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 23 février 2022
Très beau film sur la naissance d'une relation amoureuse entre deux personnes que tout oppose sauf le fait de se trouver à devoir partager une même cellule de prison. L'un est incarcéré à cause de son homosexualité punie par la loi à l'époque des faits et l'autre pour avoir tué sa femme lors d'une crise de jalousie, à voir absolument.
Regine C.C
Regine C.C

46 abonnés 258 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 11 mars 2022
C'est un film sur l'homosexualité en milieu carcéral. Film à éviter si l'on est pas intéressé par le sujet car c'est un peu redondant et certaines scènes sont assez réalistes.
Mais le mérite est de nous faire comprendre que l'homosexualité fonctionne comme l'hétérosexualité avec de véritables relations amoureuses. D'où la fin que je ne dévoile pas. C'est aussi un film sur la notion de liberté bien évidemment, d'où le titre et l'on comprend que, selon sa "condition" sociale, elle peut revêtir des réalités bien différentes!!
pitch22
pitch22

198 abonnés 691 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 21 février 2022
C'est dur, âcre, brut, sans démonstration mais aussi bourré d'émotion. Cette fiction offre enfin une réalité représentative post-guerre au documentaire Paragraphe 175 (et sur la période des camps, il y a eu BENT). C'est joué impeccablement, avec un protagoniste principal un peu trop sexy tout le long puisqu’il conserve sa musculature sèche alors qu'on parcourt tout de même deux décennies en allers-retours, un choix de montage original. Ce film donne à réaliser à quel point l'Allemagne (ici, la RFA) n'a pas su voir son histoire en face ni la représenter : BENT est un film anglais, Paragraphe 175 un documentaire de nationalité américaine (bien que les réalisateurs soient allemands) et GREAT FREEDOM est un film autrichien. Décidément, ou l'Allemagne a loupé quelque chose ou y a un problème ! La dénazification ne s'est pas faite réellement après guerre (on imagine même que les gardiens de prison aient pu être d'anciens gardiens de camps de concentration) et seuls les homosexuels masculins ont continué à être emprisonnés pour ce qu'ils sont et pour leurs actes pris sur le fait, avec des peines lourdes, comme celles aujourd'hui encore pratiquées par de nombreux Etats africains, sans parler des Etats du golfe persique, etc., où cette réalité effrayante n'a toujours pas été représentée au cinéma, comme s'il s'agissait d'un véritable tabou : dire qu'il a fallu attendre 50 ans après l'abrogation pratique de cette loi infecte pour que ce film se fasse (et la loi elle-même n'a disparu du code pénal allemand qu'en 1994, au moment où la France commençait seulement à engager sa "révolution" gay). Quel long chemin...
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