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Un visiteur
4,5
Publiée le 20 février 2023
Un film qui surprend de par la neutralité de son auteur - on s'attend à une critique du système, c'est tout le contraire qui se déroule sous nos yeux. Ses acteurs émouvants, sincères. Merci à Rachid Hami pour ce film, dans lequel il partage sa douleur et celle des siens. On en sort émus, et à la fois désolés. Le message est si beau, si (ir)réel. Et les acteurs sont bluffants. On partage un peu la même peine, la même désolation. Il rend un très bel hommage à son frère disparu.
En éclatant son récit entre différents pays et différentes temporalités, Rachid Hami raconte une épopée familiale sensible, cruelle, portrait de deux générations d’immigrés qui revendiquent leur place dans la société française. Un grand film !
Film inspiré de l'histoire vrai d'un brillant étudiant à Saint-Cyr, d'origine algérienne, mort lors d'un bizutage. Le film est réalisé par Rachid Hami, frère du défunt. Ce dernier ayant, à l'époque, contesté le jugement peu sévère envers les bizuteurs, on aurait pu s'attendre à un film qui relate ce jugement mais ce n'est pas le parti pris par le réalisateur. Le film traite un peu du combat de la famille pour que le défunt soit décoré et enterré dignement et non dans un cimetière quelconque à Bobigny. Mais il s'agit surtout d'un hommage de Rachid Hami à son frère défunt à travers une chronique familiale, la mère ayant choisie, au moment de la révolution islamiste en Algérie, d'emmener ses deux enfants en France, tandis que le père a choisi de rester au pays. Et surtout, il s'agit de l'histoire de deux frères aux tempéraments diamétralement opposés, l'un brillant étudiant et préféré des parents, l'autre un peu raté; deux frères souvent en conflit mais qui s'aiment malgré tout. Le seul défaut du film peut résider dans son rythme très lent mais j'ai aimé cette mise en scène très sobre avec beaucoup de plans fixes qui laissent parler l'émotion. Le casting, lui, est parfait. De Karim Leklou et son faciès si particulier à l'interprète d'Aissa (vu apparemment dans le dernier Kechiche mais que je découvrais avec ce film) en passant par la mère ou encore le père joué par Samir Guesmi. Dommage que ce bel hommage à un étudiant brillant, tragiquement décédé, n'ai fait que 60 000 entrées.
Définitivement un film lent qui aurait mérité un meilleur traitement tant le sujet des bahutages est une plaie dans les écoles de formation. On navigue entre les problèmes filiaux, les questions d'intégration et le devoir de servir.
De ces douleurs, de ces injustices, Rachid Hami, ne fait pas un film vengeur, bien au contraire. Il rend hommage à son frère et raconte leur histoire familiale. Dans les années 1990, en Algérie, leur mère est menacée par les islamistes, elle part en France avec ses deux fils. Ensemble, ils partagent la misère, et l'amour de leur terre d'exil. À contre-courant des débats polarisés et stériles, Rachid Hami ose la nuance. Grand Film !
Avec Pour la France, le réalisateur Rachid Hami met en scène une histoire profondément personnelle, inspirée par la mort de son propre frère lors d’un bizutage à Saint-Cyr.
Le film aborde avec beaucoup de finesse la gestion de cet incident tragique, montrant toute la complexité d’une institution militaire davantage soucieuse de contenir l’affaire que d’en reconnaître pleinement la gravité. Mais là où le film convainc, c’est qu’il évite constamment les pièges du pathos facile ou du discours manichéen.
À travers ce drame intime, Pour la France interroge avec intelligence des thèmes plus vastes : l’appartenance à la nation, la reconnaissance par les institutions et la place que celles-ci accordent à ceux qui les servent lorsqu’un drame survient en leur sein.
Un film touchant, sobre et sincère, qui invite à la réflexion sans jamais forcer l’émotion.