Bien au-delà de ce que présente la bande-annonce, qui semble ne concerner qu'une bataille juridique pour faire reconnaître l'honneur d'un homme engagé, "Pour la France" est avant tout une histoire de famille renversante. Derrière l'histoire d'un bizutage qui tourne à la tragédie et d'une demande expresse de reconnaissante, on assiste au récit d'un lien fraternel puissant, menant d'une enfance en Algérie à des retrouvailles à Taipei. La complicité le dispute à la gêne entre ces deux frères qui ont évolué différemment et cela offre une réflexion sur les notions de résilience, sur ce que peut être la réussite, sur la comparaison et l'ordre des choses. L'interprétation est magistrale de bout en bout. Karim Leklou impose sa carrure aux fissures de son personnage de frère aîné, Shaïn Boumedine illumine chacune de ses scènes et Lubna Azabal est prodigieuse en mère éplorée mais responsable. Un excellent film et un bel hommage du réalisateur à son frère disparu injustement.
Ce film montre bien le monde de l'armée, fait de rigueur absolue, nationaliste et soucieux de son image à l'extérieur, et celui d-'une famille dans le deuil mais déchirée. Et s'il y avait du racisme derrière le décès du jeune homme? Les flash-back donnent duvpeps au film. Les acteurs jouent avec beaucoup de sensibilité, notamment la mère. On passe rapidement d'une atmosphère à une autre, de l'armée à la famille, de la France à Taïpé. Un regret toutefois: Les actes de bizutage, appelé ici bahutage, sont à peiné évoqués, jamais montrés, ce qui enlève de la force aux propos de la famille.
Film inspiré de l'histoire vrai d'un brillant étudiant à Saint-Cyr, d'origine algérienne, mort lors d'un bizutage. Le film est réalisé par Rachid Hami, frère du défunt. Ce dernier ayant, à l'époque, contesté le jugement peu sévère envers les bizuteurs, on aurait pu s'attendre à un film qui relate ce jugement mais ce n'est pas le parti pris par le réalisateur. Le film traite un peu du combat de la famille pour que le défunt soit décoré et enterré dignement et non dans un cimetière quelconque à Bobigny. Mais il s'agit surtout d'un hommage de Rachid Hami à son frère défunt à travers une chronique familiale, la mère ayant choisie, au moment de la révolution islamiste en Algérie, d'emmener ses deux enfants en France, tandis que le père a choisi de rester au pays. Et surtout, il s'agit de l'histoire de deux frères aux tempéraments diamétralement opposés, l'un brillant étudiant et préféré des parents, l'autre un peu raté; deux frères souvent en conflit mais qui s'aiment malgré tout. Le seul défaut du film peut résider dans son rythme très lent mais j'ai aimé cette mise en scène très sobre avec beaucoup de plans fixes qui laissent parler l'émotion. Le casting, lui, est parfait. De Karim Leklou et son faciès si particulier à l'interprète d'Aissa (vu apparemment dans le dernier Kechiche mais que je découvrais avec ce film) en passant par la mère ou encore le père joué par Samir Guesmi. Dommage que ce bel hommage à un étudiant brillant, tragiquement décédé, n'ai fait que 60 000 entrées.
suivi d'un débat en présence du réalisateur Rachid Hami pour ce film tourné entre autre en Audonie . Ne vous trompez pas sur le sujet du film, le titre est trompeur. "Pour la France", un titre polysémique pour casser les clichés, les aprioris sur une institution militaire souvent dénigrée, sur les immigrés, sur les classes populaires ... il s'agit de privilégier un regard centré sur l'intériorité d'une famille en deuil. Si le point de départ est inspiré de la mort tragique en 2012 de l'élève Jallal Hami à l'école de St Cyr, qui avait été fort médiatisée et politisée à l'époque, c'est en fait un alibi. Car ici, c'est le point de vue de l'intime qui a été choisi par le réalisateur pour nous narrer ce dramatique événement .. . Lui se nomme Rachid ... Rachid Hami... il va nous transmettre cette histoire, son histoire, son ressenti ... nous parler de son frère, de leurs relations familiales , du déracinement, de leur complicité. C'est un film très personnel qu'il nous livre. Une "fausse fiction" fortement autobiographique même si les prénoms ont été modifiés ; la participation du co auteur Ollivier Pourriol a permis un prise de distance. Il ne s'agit pas de politique ou de polémique mais d'un récit personnel. D'ailleurs lors de l'échange avec le public Rachid Hami revendique pleinement le côté romanesque et non l'aspect enquête ou journalistique. Il évoque aussi une quête du pardon... restée sans réponse , C'est au public de s'interroger... de réfléchir , nous dira t'il. Ce réalisateur est sincère et humble, il nous transmet son histoire avec pudeur Il nous confie avec sensibilité sa vie : respect. Ce fut un débat digne.
Je suis sortie quand même déçue, le film manque un peu de souffle et d'envergure... Par contre, chapeau bas à tous les acteurs, plus remarquables les uns que les autres...
Le fait divers du bizutage passe petit a petit au second plan au fil du film. Quand on sait que c'est un film autobiographique, que le real a vraiment perdu son frere , mort par accident dans une noyade lors d'un bizutage, le résultat est vraiment surprenant :(
Loin de tout manichéisme, rachid hami évite tout procès a charge sur la france, l'institution militaire, ne rentre pas dans l'esprit de vengeance. Il en fait un film assez intimiste abordant différent sujets sociétaux d'actualités, tels que le concept d'intégration de musulmans binationaux et leur rapport à la patrie. N'importe quel autre film francais classique serait tombé dans la chouinade communautaire, sur cette méchante france raciste, bref la soupe habituelle. Finalement, on y voit un parcours d'immigrés cherchant a fuir la situation politique en algérie, classique mais bien traitée.
Mais la , c'est avant tout un drame familial sur 2 frères totalement opposés dans leurs parcours, l'un le gendre idéal , l'autre le vilain petit canard, qui finissent par se retrouver via cette aparté géniale a taipei. Et cette scène de fin dans le taxi, magnifique.
Karim Leklou excellent comme d'hab, bien aidé par des dialogues très bien écrits
Un film fort où la pudeur des réactions diverses au sein d'une famille à un deuil absurde fait écho aux diverses manières de s'intégrer dans la société française. Ce vers 2012 après avoir traversé la guerre civile liée au FIS en Algérie vers 1990.Et sur les motivations du Disparu à vouloir servir la France comme Officier après un parcours préparatoire choisi, précis et de haute qualité universitaire. Parcours jusque là étrange pour le frère aîné plus habitué aux larcins banlieusards...qui comprendra peu à peu les motivations et l'héritage de son frère en se remémorant des épisodes partagés de leurs 2 vies. Et en constatant jusqu'où la fierté d'une mère peut en 7 jours construire un hommage digne à son cadet et soutenir cet aîné et son troisième fils..Sincère et juste,avec des expressions du corps exprimant le ressenti de chacun
De Rachid Hami (2023). Le film tiré d'un fait divers à savoir un bizutage dramatique et mortel dans une grande institution militaire . Voilà pour la trame enfin plus sur la genèse du film . Pour autant et c'est pourquoi le film est passionnant est qu'il détricote tous les aspects de ce drame comme la gestion de ce que l'on nomme à raison ''la grande muette'', la relation historique et passionnelle entre la France et l'Algérie , deux pays à l'histoire imbriquée et douloureuse . Autant aussi ce que la France vit encore de nos jours , la relation ambiguë q'elle entretient avec ses citoyens de seconde zone . Le film est aussi sociétal car il mets en exergue la différence de traitement suivant l'origine sociale . Le film est touchant et puissant . Et aussi superbement interprété Karim Leklou, Shaïn Boumedine, Lubna Azabal et Latent Lafitte.
il y a mensonge sur la marchandise. Cet élégant film qui est des plus ennuyeux prétend traiter un sujet politique pour finalement verser dans le pathos d'une relation entre deux frères... et l'un des fils semble aussi âgé que sa mère...
décevant. je m'attendais à voir la bataille en justice menée par son frère pour accuser ceux qui ont tué son frère ..rien de tout ça on part sur une quête mélodramatique avec son frère
J'avoue que j'étais moyennement enthousiaste à l'idée d'aller voir ce film dont j'avais peur qu'il soit un peu du type "les bons et les méchants", donc simpliste et polémique... et j'ai vu un excellent film, plein de finesse, de justesse, d'humanité, de nuances. Il m'a fait pleurer, il m'a fait rire, il m'a ému, il m'a touché. Karim Leklou est excellent, joue avec beaucoup de finesse. C'est un film humaniste. On a beaucoup parlé de Tirailleurs, car Omar Sy y joue, mais qui est un film très moyen, pas antipathique mais objectivement raté. Il me semble qu'on a bien moins parlé de Pour la France qui est infiniment meilleur et mériterait un bien plus grand succès !