Gavagai, et autres malentendus
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Jmartine
Jmartine

202 abonnés 748 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 25 juillet 2026
Il y a parfois des films dont on se demande longtemps où ils comptent nous mener et quels messages ils entendent passer, si tant est qu'il y en ait un ou plusieurs « Gavagai et autres malentendus » fait partie de ces œuvres un peu énigmatiques, quant à leur signification, au-delà d'une mise en abyme assez classique, avec un tournage de cinéma et une histoire d'amour qui naît entre ses deux interprètes principaux.
Au Sénégal, une cinéaste française (Nathalie Richard) met en scène une version vraiment très revisitée de « Médée ». Mais, ce n'est pas anodin, il y est question de l'adaptation d'un mythe célèbre, réalisée en Afrique par une cinéaste européenne qui dirige au Sénégal un casting presque exclusivement africain…L'atmosphère est plutôt tendue , à l’écart de ces tensions, les deux interprètes principaux nouent une relation ... Quelques mois plus tard, le film est en compétition à Berlin. Mais l’acteur principal, noir, est victime de discrimination de la part de la sécurité de l’hôtel où loge l’équipe… l’ensemble de l’équipe se retrouve pour présenter l’œuvre, et de nouveau éclatent sur la sphère publique et intime les vieux relents racistes et discriminatoires. Tandis que la tragédie antique se joue à l’écran, un drame moderne se déploie dans la vie réelle …Ulrich Köhler, réalisateur remarqué d’une mouvance baptisée naguère « l’école de Berlin », interroge avec une fine ironie les privilèges et l’exclusion à l’aune d’un certain néocolonialisme. Les situations imaginées soulèvent une forme d’ambiguïté assez déroutante. La fable est un peu décousue … et j’ai eu du mal à y entrer !!
Corinne76100
Corinne76100

87 abonnés 650 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 24 juillet 2026
Je ne suis pas rentrée dans ce film, que j'ai trouvé inintéressant. Où le réalisateur veut nous mener ? Entre une histoire d'amour compliquée et le tournage chaotique d'un film ... à lire les autres critiques, un film à ne pas prendre qu'au premier degré ...
Joce2012
Joce2012

263 abonnés 758 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 24 juillet 2026
Scénario un peu confus qui tourne autour du mythe de Jason et de Medee aménagé à la modernité de notre temps et de l'histoire des acteurs avec une notion de lutte contre le racisme
Loïck G.

389 abonnés 1 831 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 22 juillet 2026
Au Sénégal, le tournage d'une adaptation de « Médée » est plutôt tendu. La réalisatrice est française. Les vexations des figurants sénégalais ressurgissent beaucoup plus tard lors d’une altercation raciste au festival de Berlin. Entre les deux , Ulrich Köhler dévide à l’envie , subtilement, le mécanisme relationnel qui mène de la fiction à la réalité, et pose les ressorts du racisme et de la suprématie blanche Une passerelle intelligemment jetée entre deux continents sur un art médium comme le cinéma et sa lecture des drames antiques. A noter que l’adaptation est largement commentée dans le véritable film. On se l’approprie avec grand plaisir, autant que le support qui le diffuse. Avec un trio d'acteurs épatants , Nathalie Richard, Maren Eggert, et Jean-Christophe Folly,
Direct-actu.fr

384 abonnés 515 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 3 juillet 2026
Gavagai dépasse rapidement le cadre d'une romance pour proposer une réflexion sur les limites de la communication humaine. Les personnages parlent la même langue, partagent parfois les mêmes valeurs et les mêmes sentiments, pourtant leurs échanges révèlent une distance qui ne cesse de grandir. Cette fracture ne provient pas d'un manque de volonté mais de l'impossibilité d'accéder pleinement au vécu de l'autre. L'expérience personnelle, la mémoire, les habitudes sociales et les rapports de domination produisent des interprétations différentes d'une même situation.

Même si on parle le même langage, la barrière de l'esprit et les différents biais cognitivo-émotionnels font qu'on ne comprendra jamais l'autre. Ce souci de communication et de fusionnalité est au cœur de la Nouvelle Vague ou encore de Huis-Clos de Sartre où l'Enfer devient rapidement les autres, car ils nous jugent ou ne nous comprennent pas. Un duo est difficile à maintenir, une triade devient rapidement l'enfer. Godard parlait également de l'enfer de la compréhension et de la communication entre les Hommes et les Femmes dans Une femme est une femme ou encore Sauve qui peut, la vie. Décalage des genres, biais culturel, biais émotionnel, la liste est longue, car bien souvent nous voyons le monde depuis notre point de vue. Et dans ce film, on retrouve la même problématique : quand on veut aider une personne de couleur, on ne le peut pas, car on ne peut pas se mettre dans sa peau, dans son quotidien. Les personnes de couleur finissent par lassitude à composer avec leur quotidien, ça les révolte fréquemment, mais ils savent qu'ils ne pourront jamais changer le monde à eux-seuls.

Cette réflexion prend une dimension supplémentaire grâce à la présence du mythe de Médée. Loin de réduire cette figure antique à une criminelle, le film invite à considérer la possibilité qu'elle puisse aussi être une mère persuadée d'agir pour protéger ce qui lui reste. Cette ambiguïté se retrouve dans le comportement de Maja lorsqu'elle tente de défendre Nourou après un acte raciste. Son geste est sincère, mais il révèle progressivement une contradiction fondamentale. En voulant protéger celui qu'elle aime, elle risque de parler à sa place et d'interpréter une réalité qu'elle ne peut connaître entièrement.

Le film ne distribue jamais les rôles entre innocents et coupables. Chaque personnage agit selon ses convictions tout en demeurant prisonnier de son propre point de vue. Cette approche transforme progressivement le récit sentimental en réflexion philosophique sur l'altérité, l'identité et les limites de l'empathie. Gavagai laisse finalement une interrogation ouverte, sans chercher à la résoudre : jusqu'où peut-on défendre quelqu'un sans lui retirer la maîtrise de sa propre histoire ? Cette frontière, rarement visible au premier regard, continue d'accompagner le spectateur bien après la dernière séquence.


(projection presse 3 juillet 2026)
traversay1

4 498 abonnés 5 397 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 5 octobre 2025
Il y a parfois des films dont on se demande longtemps où ils comptent nous mener et quels messages ils entendent passer, si tant est qu'il y en ait un ou plusieurs. Gavagai fait partie de ces œuvres un peu énigmatiques, quant à leur signification, au-delà d'une mise en abyme assez classique, avec un tournage de cinéma et une histoire d'amour qui naît entre ses deux interprètes principaux. Mais, ce n'est pas anodin, il y est question de l'adaptation d'un mythe célèbre (tu peux, Médée), réalisée en Afrique par une cinéaste européenne qui dirige au Sénégal un casting presque exclusivement africain. Le metteur en scène, Ulrich Köhler, a-t-il dans l'idée de se livrer à une forme d'autocritique ? C'est très possible et le sentiment de supériorité blanche adossé à un racisme plus ou moins sournois domine toute la deuxième partie du film, cette fois situé en plein Festival de Berlin. Gavagai surfe sur les ambigüités de notre époque et la remise en question de valeurs trop facilement édictées dans la vie sociale, depuis des lustres, mais sans pour autant énoncer franchement ses opinions sur le sujet. Cela crée un trouble, pas forcément désagréable, dans l'impression générale ressentie à la vue de ce long métrage que l'on aura certainement tort d'analyser au premier degré.
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