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Cyril Bureau
14 abonnés
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4,5
Publiée le 26 mai 2022
Un univers déjanté, une bo exquise, de l'humour noir à la pelle, un Sean Penn captivant, une Jennifer Lopez inattendue est toujours aussi belle, un casting efficace (Joaquin Phoenix, Nick Nolte, ...) on ne sait pas jusqu'où cet engrenage d'emmerdes va aboutir. Un thriller/comédie décalé et piquant. Un univers épileptique, des personnages hauts en couleurs, une mise en scène en surcharge mais on aime sa! Pour les fans de tueurs nés, une pépite comme Oliver Stone sait les faire.
Oliver Stone nous offre un bon thriller haletant et déstabilisant dans le désert d' Arizona avec Sean Penn, Jennifer Lopez Nick Nolte et Joaquin Phoenix.
D’après la rumeur Oliver Stone ne savait pas trop quoi faire après la douche froide sur « Nixon » et la mine boudeuse de ses producteurs. Il sort alors de ses gongs pour aller prendre le soleil de l’Arizona où les vautours ne dorment jamais. Il y a effectivement beaucoup à faire dans ce bled totalement paumé où débarque son héros par manque de chance. En attendant qu’un garagiste patibulaire (Billy Bob Thornton, méconnaissable) lui répare sa belle Mustang, il flâne au hasard de la seule rue, tombe sur une femme qui se révélera fatale avec un mari tout aussi inquiétant. La roue tourne pour notre homme dans le mauvais sens qui lui fait croiser toute une cohorte de personnages plus déglingués les uns que les autres. Mais sous la coupe de gens comme Sean Penn, Jennifer Lopez, Nick Nolte, John Voight ( aveugle vétéran du Vietnam … ) et autre Joaquim Phoenix tout jeunot et psychopathe en herbe, on ne s’ennuie pas. Compter aussi sur l’œil toujours avisé d’Oliver Stone qui semble expérimenter quelques cadres et se contenter d’un peu de lumière bizarre pour accentuer la symbolique de ses gros plans, et de ses zooms furtifs. Ce qui donne un film plaisant dans le genre noir mais pas trop, avec un brin de fantaisie sur les quelques imbéciles croqués au passage . Un tout petit peu d’horreur au final, mais rien d’effrayant ! AVIS BONUS Des angles pour comprendre le film, une master class édifiante et le point de vue de l’auteur sur sa manière de composer un film. C’est très intéressant dans l’ensemble . Pour en savoir plus : lheuredelasortie.com
L'histoire d'un mec qui aurait jamais dû s'arrêter à cet endroit... Les ennuis vont s'enchaîner du début à la fin. Humour noir , violence, réplique excellente non sans rappeler du Tarantino. Un super polar déjanté. Sean Penn , J lo , Nick Nolte et même le jeune Joachim Phœnix sont excellent. Du bon Oliver Stone .
Si on regarde l'image d'ensemble, la carrière de Oliver Stone est une mosaïque particulièrement riche où les déconstructions historiques la dispute aux charges formalistes. Dussions-nous définir l'artiste à l'aune de son œuvre, il serait un patriote en lutte avec son pays. Un citoyen inquiet de voir les mémoires d'une nation réduite à un palimpseste sur lequel légendes et mensonges recouvrent les faits, habile palliatif pour engourdir sa mauvaise conscience. Et un homme écœuré de voir le stupre et la violence devenir devenir l'alpha et l'oméga d'un imaginaire américain détraqué. Deux thématiques qui maculent la fresque Stone de part en part, de l'épicentre aux moindres recoins. C'est justement à l'un d'eux que l'on trouve U-Turn. Comme de juste, il complète autant qu'il dénote dans le paysage.
Chose inédite, le metteur en scène n'est pas crédité au script, l'auteur du roman John Ridley signant lui-même son adaptation. La posture ne sera pourtant pas en retrait mais bien en surplomb, comme si les tribulations dans cette Amérique profonde se connectaient directement avec les travaux antérieurs du cinéaste. On pense évidemment à Tueurs-Nés, sommet punk-destroy dont les expérimentions jusqu'au-boutistes ont marqué au fer rouge l'année cinéma 1994. Si elle n'est pas aussi frénétique, cette nouvelle virée rappelle que Oliver Stone n'est jamais très loin de la surchauffe créative (j'y reviendrai plus tard). La vraie surprise vient d'un ton rigolard, volontiers vachard avec ce repaire à bouseux du fin fond du trou du cul du monde. On est dans un univers à mi-chemin entre le pastiche du roman noir et la satire qui tranche dans le vif, à en juger par cette ville de Superior (en Arizona) que l'Enfer semble avoir choisi comme résidence secondaire. Que déduire de cette anomalie de la civilisation, sinon que l'isolement et le soleil semblent avoir carbonisé le cervelet de chaque habitant ? Un arrêt non-désiré pour son poissard d'anti-héros (Bobby) qui n'a pas fini de mijoter chez les poisseux. Chaque interaction évoque une rencontre du troisième type, une galère en chasse une autre jusqu'à atteindre l'absurde le plus total. On aurait presque envie qu'il réussisse le Bobby, mais ses mésaventures sont trop drôles pour qu'on lui lâche la grappe comme ça. Deux heures où on slalome entre humour, sadisme et écœurement jusqu'au final délicieusement nihiliste. Je tire mon chapeau à Sean Penn lancé à corps perdu dans un numéro masochiste de premier ordre. En prime, U-Turn déroule un parterre de seconds-rôles tonitruants (Billy Bob Thornton, Nick Nolte, Powers Boothe en tête) pour s'assurer d'une balade aussi dépaysante que malaimable. Enfin, Jennifer Lopez se montre à l'aise dans le numéro de charme vénéneux, force est de constater qu'il prend bien.
Comme je l'ai indiqué plus haut, Oliver Stone n'est pas du genre à activer le pilotage automatique et ce même s'il n'est pas l'auteur du scénario. L'orée des années 90 fut un tournant artistique, puisque le cinéaste va constamment interroger le médium. Jean-Luc Godard disait que le cinéma c'était la vérité 24 fois par seconde, Brian De Palma souscrivait aux 24 mensonges par seconde. Oliver Stone se place dans une démarche où il fera coexister les deux notions dans une profusion d'images pour les amener au point de fusion. De ce maelstrom, JFK ou Nixon faisaient jaillir une harmonie les rapprochant d'une forme opératique de toute beauté. À l'opposé, Tueurs-Nés ou U-Turn visent la rupture technique et structurelle pour faire corps avec leur univers anarcho-givré. En poussant la recherche vers un stade terminal, la mise en scène peut prendre le risque d'épuiser son spectateur en l'assaillant de procédés visuels. À cet égard, l'équipée sauvage mettant en vedette Woody Harrelson et Juliette Lewis fut un cap. Nous nous situons ici un bon cran en dessous (ouf), bien que Stone continue les expériences sur le terrain du montage (jump-cut, images subliminales, filtres, faux-raccords,...). Il y a toujours trop de zèle, mais on est plus près de cet équilibre dans le chaos que le réalisateur s'ingénie à trouver. L'ensemble est plus digeste et accessible, proche des intrigues férocement moqueuses d'un Jim Thompson (comme Une femme d'enfer ou Nuit de fureur). Si U-Turn fait logiquement partie des moins connus, il a cependant toute sa place sur la gigantesque toile de son auteur, dans un petit coin pittoresque qui mérite le coup d'œil.
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1,5
Publiée le 13 décembre 2020
U-Turn, ici commence l'enfer est moins un film qu'une séquence de scènes vaguement reliées par des personnages communs. Il commence par l'arrivée de Sean Penn dans une petite ville de l'Arizona en fuite d'un usurier et à qui il manque plusieurs doigts. Au cours du film diverses choses se passent. Le personnage de Sean Penn se lie avec une jeune Latina fougueuse qui peut ou non avoir des relations sexuelles avec son père. Claire Danes fait une brève apparition comme un stéréotype de plouc tout comme Vince Vaughan. Les choses se passent sans ordre particulier et sans raison particulière pendant deux heures. Enfin le film s'achève après avoir audacieusement ignoré des subtilités telles que le développement des personnages et l'arc de l'histoire. C'est un film confus, ennuyeux et bien trop long...
Oliver Stone est quand même un réalisateur « À part »; Témoin ce petit film nerveux , assez déjanté, superbement interprété. Une histoire banale de panne de voiture qui va conduire son propriétaire dans un enchaînement de coups du sort tout sauf heureux y compris son aventure avec Grâce ( torride Jennifer Lopez). Ça va mal tourner! Dès le début par sa rencontre avec un garagiste complètement barge, on a tout de suite l’impression que Bobby ne va pas connaître une journée tranquille. Mais nous, sur notre siège, quel régal de voir se démener ce petit monde! Un film décapant qui montre bien qu’au fin fond du texas, dans des bourgs perdus au milieu de nulle part, Les passions peuvent toujours se déchaîner, plus violentes que n’importe quelle tempête.
Film bien intéressant avec une belle histoire . Avec une histoire qui tient le bout du suspense une belle actrice . Une femme qui ne finit pas en que de poissons
Débutée en fanfare avec "JFK", la décennie 1990 fut pour Oliver Stone celle d'un certain dynamisme, et même d'une grandiloquence de mise en scène. "U-Turn" s'inscrit d'emblée dans cet état d'esprit. On y retrouve en effet un peu de "Tueurs Nés" et même de "L'enfer du dimanche" qui clôturera la décennie. Le cinéaste filme Sean Penn dans la peau d'un Pierre Richard beaucoup plus trash, accumulant déboires sur déboires. L'oeuvre, très agréable, bénéficie d'un tonus certain et d'un charisme indéniable au niveau de ses acteurs. Le cinéaste réunit un casting assez impressionnant avec des acteurs confirmés (Penn, Nolte) ou débutants comme Jennifer Lopez ou Joaquin Phoenix. À noter que les apparitions de ce dernier se font sur l'air "A Ring of Fire" de Johnny Cash. Cpendant, on y retrouve également les défauts de son auteur, à savoir un côté assez cabotin, pour ne pas dire démonstratif, ce qui est la marque de fabrique de la seconde période de Stone. "U-Turn" pâtit enfin de sa longueur alors qu'il aurait pu sans problème être traité en 90 minutes.
Outrancier, mal filmé (ces gros plans sur les visages !), mal doublé musicalement , grand guignolesque. Stone devait être sous acide quand il a tourné ce navet.
Signé Oliver Stone, un thriller cauchemardesque jubilatoire, à l'humour noir, porté par un superbe Sean Penn, poissard comme jamais face à l'envoûtante JLo.
A la juste limite de la parodie, très drôle et bien filmé, des personnages très charismatiques et Sean Penn nous montre une nouvelle fois toute sa diversité.