Ari Aster en deux films à concrétisé une percée qui l'a directement placé au sommet, entre adulation et détestation, le type à quoiqu'il advienne su se démarquer et incarner un nouveau courant. A titre perso, Hérédité et Midsommar m'ont filé pour l'un les jetons comme jamais, pour l'autre une forme hybride de fascination / répulsion tout aussi terrifiant et dont j'ai à la fois hâte et un peu peur de redécouvrir ...
J'attendais donc Beau Is Afraid avec un mélange d'appréhensions et d'impatience. Bon, sans tourner autour du pot, je ressort de la séance un peu déçu ! Ari Aster, nous pond ici une sorte de Big Fish ( Tim Burton ) sordide qui entretien une correspondance avec un Only God Forgives ( Nicolas W. Refn ) et plus surprenant encore avec un Judd Appatow époque 40 ans toujours puceau. Pour le dernier, j'abuse volontiers. Pour ce qu'il en est de Refn, en revanche, il partage le syndrome de destruction massive, détruire ce qu'ils ont bâtit, une mégalomanie que je respecte, sans y adhérer, mais après tout, on va aussi au cinéma pour vivre des expériences qui nous sortent de nos cocons ... Aucun doudou style donc !
Aster, en cinéaste du cauchemar nous incite à prendre tout de biais et gouter sa texture mixé sous le joug de la farce dénonciatrice, avec une bonne grosse touche de grotesque en prime. Il dépeint une ribambelle carnavalesque sur fond d'un message d'un cynisme malsain, d'une charge halluciné du système victimaire, d'une relecture de la société ici vu par la manipulation à outrance, dans l'exagération de sa soumission pour infléchir un prisme de l'autoritarisme confondant dans une même malle tout se maux actuels. Il m'arrive d'être client mais là je sèche !
Coté dystopie et psychédélisme sociétale et politique, je lui préfère les films de Jordan Peele, voir le décrié Don't worry Darling d'Olivia Wilde. D'autres films sur ses vingt-cinq dernières années comme Twin Peaks, The Truman Show, Sorry to Bother you, Under the Silver Lake ou encore l'incompris Southland Tales de Richard Kelly ont su à mes yeux capté ce quelques choses de détraqués dans le système sous couvert de furia caractérisé, chose que ne parviens qu'a moitié Ari Aster avec Beau is Afraid. Les scènes de son appartement au début du film étaient pourtant assez imbriqué dans la dérégulation. A oui, dans ma liste, j'ai faillit oublié le Titane de Julia Ducournau qui saisissait la charge à la Cronenberg pour en ressortir un matériau, brutal, fugace, branlant mais utile ... Car ici c'est gratuit !
Joaquin Phoenix, acteur de génie, à aussi attrapé la mauvaise piquouze ! Il parodie la parodie, œuvre à grands renforts de surjeu, pour la gloire et le phénomène de caste de la zone qui en redemande après une incroyable prestation en Joker qu'il avait dynamité à sa sauce. Two Lovers me semble loin à ce moment ...
Le pire, c'est qu'en terme de visu, le film est correct, même assez chouette, mais sans trop vraiment m'intéressé ... J'ai par 2 ou 3 fois vraiment faillit piqué du nez, chose qui m'arrive pas non plus de manière très courante ! L'ennui est significatif et symptomatique de mon incompréhension non pas de l'histoire, de certains points mais belle et bien de la manigance de son manège, ou le serpent ce mord la queue, et puis basta ...
J'ai sans doute raté un truc, mais pour moi, Beau is Afraid ne l'a pas fait ...