Olalalalala… je suis bien embêté pour vous faire une critique totalement objective après être allé voir « les Passagers de la nuit » le nouveau film de MIKHAËL HERS avec notre Charlotte Gainsbourg nationale. Il y énormément de raisons pour que je dise du bien du film. J’ai eu le même âge que le fils de Charlotte dans le film et la panoplie des objets signés « années 80 » me parle évidemment. Le film prend racine dans le quartier de Beaugrenelle qui se trouve être également mon quartier et le principe de mélanger des images d’époque avec des séquences tournées de nos jours grâce à un « grain » commun fonctionne plutôt bien. Il y a pas mal de références hommages aux films du Losange (Les nuits de la pleine lune d'Eric Rohmer, Bulle et la regrettée Pascale Ogier) ainsi qu'à des lieux restés emblématiques des eighties comme le Palace ou les Bains (j'hésite sur la scène de la boîte de nuit) La direction d’acteur est plutôt réussie et j’ai eu le plaisir de découvrir des nouveaux visages de cinéma comme Quito Rayon Richter ou Noée Abita. Je ne vous parlerai pas de l’histoire (elle tient en 2 lignes) car ce n’est pas le but de ce film. On parlera plutôt ici d’un cinéma d’atmosphère, un peu comme le « Liquorice Pizza » de Paul Thomas Anderson. Alors pourquoi est-ce que j’hésite à m’emballer pour ce film? Et bien parce qu’une petite voix a commencé à résonner en moi à partir de la moitié du film et me susurrait gentiment mais fermement…. « Elle commence à me les gonfler Charlotte Gainsbourg et en plus ils nous ont fourgué une mini-charlotte sur le siège passager… ». Je me suis raccroché aux critiques dithyrambiques lues çà et là. Je me suis dit qu’on allait me taxer de « sans cœur » ou « il a rien compris » ou « laissez-vous aller c’est tellement beau » et puis je me suis demandé si j’avais déjà vu un film ce genre qui avait fonctionné avec moi et le mot BOYHOOD (de Richard Linklater) est finalement apparu quelque part dans ma mémoire de cinéphile et je me suis dit « tu n’es pas seul »….enfin il y aura surement d’autres personnes ( en plus des multiples bâillements autour de moi dans la salle, les gens qui se sont levés prestement dès le générique de finet les discussions à la sortie de la salle avec des « oui,mais » ou des « mais quand même ». Ce film fait du bien mais ce film divise. Et vous qu’en avez-vous pensé ?
"Les passagers de la nuit" est de ce genre de film qui dégage un doux parfum de mélancolie et de poésie. L'action s'étale sur une décennie (les années 80), où l'on peut suivre Elisabeth (Charlotte Gainsbourg), fraîchement séparée, trouver un emploi de nuit à la radio, le tout en gérant ses deux enfants puis trois avec l'arrivée de Talulah. Mickaël Hers dirige ses acteurs avec maestria pour chercher en eux le meilleur. Les images d'archive de l'époque ainsi que les décors (habits, mobylettes ou clopes à gogo...) contribuent à un véritable voyage dans le temps. Charlotte Gainsbourg, tout en sensibilité et en timidité, livre une prestation remarquable dans cette oeuvre qui prend son temps pour faire grimper le curseur des émotions. Une réussite.
En filmant Paris la nuit comme elle a rarement été filmée, Mikhaël Hers pose un principe de mise en scène où les néons, les immeubles ( de l’intérieur aux façades ) , les avenues désertes servent de décors immédiats, voire évidents, aux aléas d’une famille aimante, qui un temps se retrouve dans une impasse. Tout peut se jouer autour de la mère Elisabeth , forte et déterminée, malgré les épreuves, mais aussi auprès de Talulah qu’elle accueille un soir de solitude. Ses grands enfants l’adoptent très vite , comme une autre sœur dit Judith, et peut-être un peu plus pense Mathias. Le va et vient de la maisonnée donne au réalisateur des élans d’amour et de fraternité, qu’il traduit dans une mise en scène très intuitive. L’implication du spectateur me parait évidente et le jeu des jeunes comédiens , entre insouciance et fragilité, concour à ce bonheur de cinéma . Au milieu Charlotte Gainsbourg, dans une composition extrêmement dépouillée. Une grande dame Pour en savoir plus : lheuredelasortie.com
A Paris entre 1981 et 1988, une femme dans la quarantaine (Elisabeth jouée par Charlotte Gainsbourg), mère de deux ados (Judith et Matthias), manque de sombrer après le départ de son mari. Sans travail, elle se rapproche de l’animatrice d’une émission radiophonique de nuit qui lui confie une activité de standardiste auprès d’elle. Une nuit, Elisabeth porte secours à une ado attachante et paumée (Talulah jouée par Noée Abita) et l’héberge quelques jours chez elle. Un amour nait entre Matthias et Talulah qui pourrait mettre en danger tout ce petit monde. Une chronique des années 80 tout en nuances et en sensibilité. Le Paris des 15ème et 16ème Seine, souvent filmé depuis l’appartement logé dans l’une des tours du Front de Seine, apparaît sous un angle vivant et fait un décors stimulant. Charlotte Gainsbourg, dans le rôle d’une mère courage douce et bienveillante, nous transmet ses émotions avec une grande élégance. Elle n’a jamais été aussi impressionnante de maîtrise. Les autres acteurs sont excellents, en particulier Noée Abita dans le rôle de l’ado paumée. La façon de filmer les ados rappelle celle de François Ozon. On retrouve dans ce film les qualités de sensibilité, de finesse et même de légèreté sur des sujets graves qu’on avait déjà beaucoup aimé dans « Amanda » du même réalisateur, un maître pudique de l’émotion.
Une balade plaisante... Mais sans plus ! Le film ne trouve pas de trame originale et on perçoit difficilement le but de toute cette histoire ... Nous sommes comme des passagers qui observons un beau paysage qui passe, sans nous arrêter vraiment à une destination narrative ! Pourtant quelques scènes d'une incroyable justesse subliment ce film ! Noée Abita est une très belle découverte et Charlotte Gainsbourg livre une performance incroyable ! Touchant
Belle réussite de Mikhaël Hers. Le grain de sa pellicule, les plans et les mouvements de caméra plongent rapidement le spectateur dans des années 80 joyeusement nostalgiques ; une période de transformation de la société et de libération des femmes. L'aspect politique est en filigrane. L'histoire est simple, celle d'une famille éclatée qui se recompose avec maladresse et humanité autour d'une mère divorcée. C'est une belle reconstitution du passé qui porte en elle un message d'avenir. Un très beau film.
Jolie comédie douce-amère se situant dans les années 80, les années Mitterrand. Parfaite restitution de cette époque, musique décor, vestimentaire, toute une ambiance ... Les années du possible, nostalgie. J'aime la dédicace à Pascale Ogier disparue si vite, à travers ce film de Rohmer, "les nuits de la pleine lune" il faudrait que je le revois, les débuts de Luchini. Je pense au mot "bienveillance" car il est tellement bien adapté à ce film. Merci à Charlotte pour ce beau portrait de femme à la quarantaine blessée par l'amour déçu, blessée dans son corps, blessée par la vie ; merci pour ce possible avenir qu'elle nous offre par sa résilience. Une renaissance tout en discrétion, pas à pas, possible par ce don de soi, par son ouverture vers les autres . La maturité lui va si bien. Elle habite avec sincérité son personnage et elle éclaire les autres comédiens qui peuvent ainsi vivre leur rôle pleinement. Il se crée une vraie famille avec des petits bonheurs, des déceptions, des réussites et des échecs. Il y a des rencontres et surtout celle de bouleversante de fragilité, on dirait "un petit oiseau " déclare . Vous me direz que je suis fan de Charlotte Gainsbourg, même pas, juste que là elle m'a bluffée et a transformé cette histoire en conte.
Avec son quatrième long-métrage, Mikhaël Hers poursuit son exploration sensible du deuil. Après Amanda où l’on suivait Vincent Lacoste à la suite de la perte prématurée de sa sœur dans des attentats, Ce sentiment de l’été qui explorait la reconstruction mutuelle d’une sœur et d’un amant après une disparition soudaine, et Memory Lane nous faisant entrevoir les adieux à un lieu d’enfance, Mikhaël Hers creuse encore son sujet avec ici le récit de la reconstruction d’Elisabeth qui vient d’être quittée par son mari et qui doit assurer le quotidien de ses deux adolescents, Matthias et Judith. (lire la suite sur cultureauxtrousses.com)
Il y avait tous les ingrédients : le casting, le côté esthétique des images, les années 80 reconstituées, une atmosphère...pourtant je n'ai pas été totalement embarquée par le film. Peut-être l'histoire n'était-elle pas assez forte ?
"Les passagers de la nuit" est un film d'une extrême douceur et délicatesse et qui a suscité chez moi une grande et longue émotion tout le film durant. Charlotte Gainsbourg est la pièce maîtresse de ce film. Elle a de profondes blessures intimes : son mari qui vient de la quitter, la renvoyant à sa solitude et au fait qu'elle se soit sacrifiée pour sa famille, n'ayant jamais travaillé ; ainsi que son cancer du sein qui lui a valu le retrait d'un sein et qu'elle dévoile face caméra (très belle démarche du réalisateur) ; le sentiment d'être nulle et jamais à la hauteur. Elle rejoint une émission de radio nocturne qui met en lumière des histoires ayant une certaine singularité et non racontables en journée. Charlotte Gainsbourg est alors touchée par une jeune toxicomane de 18 ans rencontrée lors d'une émission de radio et la prend sous son aile. Nous voyons Charlotte remonter la pente petit à petit : elle trouve un travail ; elle prend soin de ses enfants qui sont également très doux et attentionnés avec elle, à cela s'ajoute la toxicomane qui a également un besoin criant de douceur et d'attentions ; elle plaît à des hommes. Nous sommes enveloppés par toute cette douceur et cette attention à l'autre,qui est bénéfique en fait pour chacun. Ce film c'est aussi les années 1980, l'engagement politique de sa fille, et une bande son caractéristique de ces années là.
Quel joli moment de tendresse et d'humanité ! Les acteurs sont justes et parfaitement crédibles dans cette histoire touchante d'une famille qui traverse une période compliquée ,et ,de cette jeune fille très chahutée par la vie elle aussi. Le scénario et les images nous replongent dans les années 80 entre 1981 et 1988. L'émission de nuit de France Inter installe l'atmopshere propice à ces rencontres humaines si riches. On en ressort simplement heureux.