Diffusé sur ARTE, et célébré au Festival du Film de Taormine, Malena met en lumière la beauté et la sensualité d'une femme, à l'ère mussolinienne en Sicile.
Veuve de guerre, au cœur de tous les fantasmes, objet de toutes les convoitises, Malena suscite inexorablement une jalousie exacerbée des femmes, craignant que leurs époux succombent à ses charmes.
Comme chaque matin, elle traverse l'allée centrale de Castelcuto avec une élégance toute naturelle, et met en émoi, les adolescents et la gente masculine amassés sur son passage en rejoignant son père à l'heure du déjeuner.
Malena déchaîne les passions, et devient alors, malgré elle, le fruit d'une obsession quasi quotidienne de Renato, un collégien en mal d'amour, qui voit en elle, la femme idéale.
Giuseppe Tornatore a donné un aspect presque burlesque aux fantasmes érotiques de Renato nourrissant l'imaginaire de l'adolescent en pleine puberté.
Les hommes quant à eux, en perdent la raison, les femmes jalouses "comme des tigresses" !
Mais, le film ne peut se résumer à l’ébullition de toute une population à l'égard d'une jolie femme.
Malèna est ce que d'autres ne sont pas, projetant un rejet bien plus profond et dangereux encore, mettant à jour la stigmatisation et la discrimination sous le couvert de la morale dans une société italienne à l'heure du fascisme.
Une haine métaphorique comparable à celle des septacteurs dans une arène au moment ultime où la proie doit être achevée.
La laissant seule, face à elle-même n'ayant plus d'autre choix que "d'user de ses charmes" pour vivre.
C'est une descente aux enfers.
Monica Bellucci incarne à la perfection cette ambivalence.
Giuseppe Tornatore signe de nouveau, un chef d’œuvre.
Très belle distribution !
A voir sans hésiter !