"Life Of Chuck" fait clairement partie de mes plus belles découvertes de 2025. Réalisé par un Mike Flanagan habitué à l'horreur en temps normal, le film est une nouvelle adaptation d'une œuvre de Stephen King. Et le moins que l'on puisse dire, c'est que nous sommes probablement en face de l'une de ces plus atypiques. Dans son déroulé, et pour suivre la vie de Chuck, le long-métrage choisit le parti-pris de se raconter à l'envers. On commence donc par parler de sa fin, et on remontera jusqu'à son enfance. Un concept assez étrange, mais qui prend finalement tout son sens dans la manière d'aborder la thématique centrale du projet. Ici, tout tourne autour de la vie, et plus particulièrement de la mort. Et comme point de départ, le film choisit donc de nous parler de cette dernière en premier, créant une atmosphère assez sombre et angoissante. Symbolisé sous la forme d'une fin du monde, toute l'introduction nous attrape par son concept. Plus le temps avance, plus les choses deviennent de plus en plus folles, et plus l'inévitable se rapproche. La tension s'accentue donc, bien maintenue par un casting de qualité. Personnellement, j'ai adoré le duo entre Chiwetel Ejiofor et Karen Gillan, mais je peux également citer l'excellente apparition de Matthew Lillard, dans une séquence assez mélancolique. Mais au-delà de ça, cette première partie pose quand même des questions quant à son contenu, on ne comprend pas forcément tout ce qui se passe. Ce mystère nous tient donc en haleine, avant que n'arrive la seconde partie. Pour le coup, je pense que c'est ma préférée du film ! Très honnêtement, cela faisait longtemps que je n'avais pas autant bougé la tête devant une scène musicale, elle est diablement efficace. Elle est très courte, mais c'est la plus déjantée du projet, car elle symbolise la simplicité de la vie dans sa forme la plus naturelle possible. Contrastée par une voix-off qui nous rappelle l'introduction, cette partie centrale nous expose clairement la morale du film : vivre, sans se soucier de la suite. Nous savons clairement où nous allons, mais cela ne doit pas nous empêcher d'avancer. Cela sera d'ailleurs encore remis sur le tapis lors de la dernière partie, qui peut paraître beaucoup plus classique, mais qui fonctionne tout autant. Se concentrant sur l'enfance et ses rêves, c'est clairement le segment le plus naïf du projet, mais cet aspect était nécessaire. Il justifie tout ce que l'on a vu avant et nous laisse donc sur une note assez positive malgré tout. Certes, quand on reprend un peu tout ça, on pourrait se dire que le message est très bateau. On nous parle de la vie d'une manière assez banale, et on a déjà vu ça de nombreuses fois ailleurs. Mais déjà, je ne pense pas que ce côté naïf doit être pris comme quelque chose de mauvais. Dans un cinéma moderne toujours plus terre-à-terre, ce genre de proposition plus légère fait clairement du bien ! Mike Flanagan a clairement su poser sa patte sur cette idée, et autant dire que sa réalisation très simple, mais efficace, aide à cela. Et enfin, je trouve qu'en prenant le concept de cette histoire en compte, il est assez compliqué de ne pas voir la manière dont la forme épouse le fond. Pour moi, ce parti-pris de prendre le scénario à l'envers était le meilleur choix possible, car il nous fait ressentir exactement ce qu'il fallait. On commence en ayant peur, puis on relativise, et on finit par comprendre. Le sens en est donc renforcé par cette approche, et je dois dire qu'elle a totalement fonctionné sur moi. J'ai ri, j'ai bougé la tête, j'ai pleuré et j'ai été inquiet, mais j'en ressors avec une sensation très positive. À mon sens, le film est très efficace, et vous devez absolument le voir ! Pour conclure, un petit bijou.