Avec Je T'Aime Moi Non Plus, Serge Gainsbourg écrit et réalise un premier film tout juste moyen. L'histoire nous fait suivre la rencontre entre Johnny, une serveuse solitaire dans un bar pour routiers, et Krassky, un conducteur de camion à benne venu dans ce coin perdu au milieu de nul part pendant une courte période. Seulement, Boris, le patron de la jeune fille au look de garçon manqué la met en garde contre cet homme qu'il soupçonne d'être homosexuel. Ce dernier est d'ailleurs attiré par l'aspect androgyne de Johnny mais cet amour naissant va être contrarié par la jalousie de Padovan, le petit ami de Krassky. Ce scénario n'est malheureusement pas très intéressant à visionner pendant toute sa durée d'un peu moins d'une heure et demie, malgré une légère amélioration au fil des minutes et un dernier tiers plus prenant. La faute à un rythme lent et ennuyant tirant en longueur de nombreuses scènes manquant d'ambiance, même s'il souffle un vent de liberté, de nudité et d'intimité dans l'air. Des séquences qui oscillent entre sorties rurales à deux pour tuer l'ennuie et sessions de sexes douloureuses. Hélas, cette relation faite de hauts et de bas ne parvient pas à toucher. La faute en grande partie à l'un des deux amoureux. Si Jane Birkin se donne corps et âme dans son rôle, Joe Dallesandro, son partenaire à l'écran, surjoue beaucoup au point de casser la synergie devant normalement s'instaurer entre eux. Le reste de la distribution comprend entre autre Hugues Quester, Reinhard Kolldohoff ou encore Gérard Depardieu et Michel Blanc qui font une courte apparition. Tous ces rôles entretiennent des rapports entre amour et jalousie, donnant lieu à des disputes, des larmes, mais également quelques beau moments en couple. Des échanges soutenus par des dialogues hélas peu inspirés, jamais drôles, ni touchants. Sur la forme, la réalisation de l'artiste aux multiples talents s'avère correcte. Sa mise en scène tente des choses même si elle est un peu maladroite. De plus, elle évolue dans un environnement naturel et isolé en accord avec le propos. Ce visuel sans identité est accompagné par une b.o. là encore signée par l'artiste qui endosse sa casquette de chanteur pour cela. Celle-ci est malheureusement en demi-teinte. Si les instrumentales de ses chansons connues sont jolies et en symbiose avec les images, ses compositions originales créées pour l'occasion sont elles moins inspirées et en décalage avec le ton. Cette romance ambivalente s'achève sur une fin marquante, venant mettre un terme à Je T'Aime Moi Non Plus, qui, en conclusion, est un film avec de bonnes intentions mais bancal dans son exécution, ce qui en fait un métrage convenable mais loin d'être indispensable.