Après s'être confortablement installé dans le paysage du cinéma hollywoodien, Quentin Tarantino livra son projet le plus ambitieux au début des années 2000. "Kill Bill: Volume 1" est donc la première partie d'un diptyque particulièrement reconnu, considéré même comme une pièce maîtresse de la carrière du réalisateur. Sur le papier, je dois dire que ce projet m'a toujours beaucoup attiré, car ce que j'en avais entendu semblait vraiment prometteur, bien que je ne sois pas le plus grand fan de Quentin Tarantino à la base. Pour le coup, seul ce principe de séparer l'œuvre en deux me faisait un peu peur, car je ne savais pas si les deux films avaient réellement été conçus pour cela à l'origine ou non. Le visionnage du long-métrage allait donc être le seul moyen de répondre à ma question, et je dois dire que ce premier chapitre a complètement réussi à me convaincre. Même en étant peu fan du style de ce metteur en scène, je suis obligé d'admettre que la grande qualité de ce projet vient clairement de ce point-là. Le film est un regroupement d'idées graphiques, de visuels et de concepts de mise en scène absolument dingue ! Très sincèrement, il va m'être très compliqué de parler de tout, mais je vais quand même tenter le coup. Pour commencer, le film opte pour le ton habituel du réalisateur : le mélange entre le gore et l'humour noir. Ici, cela se traduit clairement par une approche particulière des scènes d'action, qui en deviennent donc encore plus divertissantes. Cela se ressent dans cette envie d'exagérer à fond les blessures des personnages par le sang qu'ils perdent, ou bien même dans les bruitages, qui sonnent comme très cartoonesques et légers comparés à la violence des coups. Dans l'ensemble, ces séquences sont donc très plaisantes à regarder, en plus d'être assez bien chorégraphiées. Ensuite, le film cherche à aborder sa narration sous le rythme des chapitrages, ce qui permet d'offrir un cadre très clair au récit. Si cette idée peut paraître pour de la fainéantise de scénaristes ne sachant pas découper leur histoire, je la trouve particulièrement importante dans ce cas précis. En effet, avec autant d'allers-retours au niveau des temporalités, cette approche permet de toujours nous faire comprendre où nous en sommes, mais surtout de séparer certaines idées les unes des autres. Et pour moi, c'est là qu'est la plus grande force du film, à savoir cette envie de constamment développer des styles visuels différents, mais de correctement les intégrer par ce choix des chapitres. Ainsi, le récit peut se suivre naturellement, sans que la mise en scène très vivante ne paraisse comme trop disparate. Et en ce qui concerne les idées visuelles en elles-mêmes, elles sont légion. Que ce soit au niveau des choix de ratios, de cadrages ou de montage, le film ne nous épargne jamais son rythme si sauvage. Mais pour ne pas trop m'éparpiller malgré tout, je tiens simplement à parler de mon passage préféré : celui en animation. Profitant du fait de parler des origines d'un personnage asiatique, Quentin Tarantino s'essaye à l'animation japonaise, et le résultat est grandiose. Non seulement l'esthétique est particulièrement maîtrisée, mais le passage permet également de s'éclater clairement avec cette débauche de sang encore plus facile à rendre via ce procédé. Sur le papier, si ce principe de film qui part dans tous les sens n'est donc pas pour moi en règle générale, je trouve que Quentin Tarantino a su utiliser les bons éléments pour rendre cette approche intéressante et pour ne jamais perdre le spectateur. Et à cela, il est évidemment important de mentionner la très bonne bande-son du long-métrage, que ce soit dans ses compositions originales ou dans l'utilisation de morceaux existants. Cette idée permet alors de renforcer l'aspect volontairement kitsch de certains passages, mais aussi de dynamiser l'action à d'autres instants. Dans l'ensemble, seul le traitement des personnages m'a donc un peu dérangé, car je trouve dommage que l'on en sache finalement assez peu sur eux, même à la toute fin du film. Pour le coup, je sais désormais que le second épisode va régler ce problème, mais cela n'enlèvera pas la petite frustration que j'ai quand même ressentie devant celui-ci. Au global, je suis donc vraiment content d'avoir découvert ce projet, et j'attendais alors impatiemment de découvrir la suite à la fin de ce dernier. Pour conclure, une très bonne première partie.