Le scénario de ce film repose sur un des évènements tragiques et dramatiques (les mots sont faibles) de l’une des guerres nationalistes et ethniques qui ont suivi la dislocation de l’ex-Yougoslavie et qui ont conduit à cet évènement majeur au sein de l’Europe qui était en paix depuis une cinquantaine d’année : le siège de Srebrenica et le massacre (ou encore génocide ou crimes de guerre) qui a suivi. Ces évènements datent certainement pour le spectateur lambda qui n’en a pas forcément conservé un souvenir précis, ni pour les plus jeunes appris grand-chose sur les bancs de l’école. S’il y a quelque chose à regretter, c’est donc que ce film n’ait pas été précédé d’une présentation de la situation politique et militaire du moment, des forces en présence, du rôle de l’ONU et de la mission (entravée) de son détachement militaire sur place (Néerlandais ici). Cette lacune ne devrait cependant pas empêcher un large public de se raccrocher à ne serait-ce que quelques bribes d’un contexte historique pour suivre avec la plus grande attention et tension ce qui est mis en images ici. Un film témoignage. Pour réfléchir. Pour se souvenir. Pour apprendre le cas échéant. Ce genre de film s’adresse souvent à un public avisé et autorisé. C’est dommage et il y a lieu de souhaiter qu’il ait la plus grande audience possible. Ce qui viendra certainement avec l’accumulation de nominations et de récompenses (il en a déjà reçues certaines).
Présentant les massacres de Srebrenica à travers la tentative effrénée d'une femme pour sauver mari et fils (impressionnante Jasna Duricic), ce drame historique échoue à contextualiser le plus grand génocide depuis la Seconde Guerre Mondiale, le réduisant à un crime de guerre aveugle. Certes, la volonté de donner au fil de la narration des indices sur les motivations, sur la situation, sur les menaces peut se justifier, mais on y perd en efficacité et en émotion, l'attention étant tournée vers ces éléments pour saisir la réalité derrière la fiction. En outre, l'intrigue est clairement scindée en deux: une excellente première partie dans son rythme, sa montée en tension, ses peintures psychologiques (clairement féministes, au sens noble du terme), une seconde caractérisée par une course inutile de l'héroïne contre l'inéluctable, une insistance tire-larmes évidemment superflue (d'autant que la réalisatrice a grandement édulcoré les faits) et une longue conclusion didactique dispensable. On appréciera par contre le rappel des manquements atterrants de l'ONU ainsi que le besoin (extrêmement difficile) de réunir les anciens ennemis. Une oeuvre de mémoire nécessaire mais très perfectible.
Film très bien non par ce qu'il raconte qui est une horreur comme toutes les guerres mais par la façon dont s'est raconté et la façon dont s'est joué... on tremble du début à la fin que l'on sait inéluctable. .. que l'humain est moche il ne tire pas leçon du passé et recommente toujours les mêmes horreurs les guerres ethniques
Autant vous prévenir, ça n’est pas ce qu’on peut appeler, un film pour se détendre…mais un film qui fait l’oeuvre salubre de nous faire détester la guerre !!!
Bien sur, cette fois c’est la description avec précision, du comportement horrible du commandant Mladic et ses hommes (serbe) à Srebenica (Bosnie)…. Cette « fiction » est si forte que le film nous captive comme un « policier » Comme l’ONU et ses soldats, semblent impuissants !!!
….mais j’ai plus encore, le sentiment qu’il s’agit d’un épisode qui se reproduit à l’infini, dans tous les conflits armés. ( indochine, Algérie, Rwanda, tant d’autres) « Au nom de la guerre ou de la vengeance Et là c’est l’escalade de l’horreur !!!
Film qui revient sur un épisode du massacre de Srebrenica en 1995, survenu pendant la guerre civile en ex yougoslavie. Le point clef fut la responsabilité de troupes hollandaises de l'ONU qui ne protègerent pas de futures victimes placées sous leur responsabilité. Le général Serbe Mladic commandant le massacre, fut arrêté seize ans après les faits avant d'être jugé et condamné par le Tribunal Pénal International. Il s'agit ici de l'histoire d'une enseignante, interprète musulmane de Bosnie pour les troupes onusiennes, qui tente de sauver son mari et ses deux fils. Porté par son sujet, le film comporte malgré tout quelques défauts. Tout d'abord la réalisation est très banale, les acteurs ne sont pas exceptionnels, mis à part l'actrice principale. On regrettera l'absence complète de mise en perspective de ce drame, qui empêche le spectateur peu averti ,de connaître certains éléments essentiels de cette affaire . Par ailleurs, passé les dix premières minutes, le film présente pendant une demi-heure une baisse de rythme dommageable. Sorte de huis clos , le point fort du film porte sur la tension qui s'en dégage. A voir, mais uniquement si le sujet vous intéresse à priori .
Le masssacre de Srebrenica vecu de l'intérieur. On est Aida, avec sa peur et sa conscience du mal et son courage aux tripes pour sauver les siens. Un film exemplaire qui avec force décrit la violence d'une guerre effroyable et intestine sans se départir d'humanité voire également de pudeur. Ce film, à voir, lutte encore plus contre toutes les guerres génocidaires et donne de l'espoir, in fine, pour retrouver la paix.
Film Historiquement important réalisé par Jasmila Zbanic sans manichéisme et qui retrace le massacre Srebrenica , considéré comme le pire commis en Europe depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale , devant une ONU passive et complètement dépassée ! Et en parallèle un portrait déchirant de Femme ! Le pire pour moi c'est qu'elle côtoie après ce conflit certains bourreaux , notamment de sa Famille , libre et circulant en toute impunité comme si de rien n'était !
On a fini par oublier cette satanée guerre à nos frontières entre serbes et bosniaques à la fin du XXème siècle. Une guerre ponctuée de massacres et même d’un génocide perpétré par l’armée serbe dont le plus célèbre reste celui de Srebrenica orchestré par le boucher les Balkans, le Général Mladic. Au travers des yeux d’une bosniaque mère de deux grands garçons, la réalisatrice Jasmila Zbanic va nous immerger au cœur des organes de décision dysfonctionnels qui ont conduit à ces massacres. Aïda, professeur reconvertie en traductrice pour les forces onusiennes sur place, est le relais entre la population bosniaque musulmane opprimée, l’ONU et le spectateur. Elle est nos yeux et nos oreilles dans tout ce qui a très vite les accents d’un drame annoncé. Elle comprend très vite ce qui se passe mais est impuissante, elle est la bouche et les oreilles entre Mladic et le Général impuissant des forces internationales. Et me revient très tôt en tête le qualificatif utilisé en son temps par De Gaulle pour nommer le gendarme du monde : « Le machin ». A quoi sert le machin aux moyens limités et tiraillé entre les alliances politiques parfois radicalement différents de ses membres ; et bien ce film nous donne une réponse cinglante à cette question : « à rien ». Impuissant devant Mladic, fort avec les faibles et faible avec les forts ; l’ONU ne répond même pas à un engagement de base, protéger les populations civiles. On connait l’Histoire, mais c’est toujours par la petite histoire que l’on perçoit toujours mieux les enjeux d’une situation parfois complexe. La réalisatrice en choisissant comme personnage principal une interprète fait un choix scénaristique fort et plein de malice qui permet de nous immerger au plus près de l’Histoire tout en évitant tout pathos et reconstitution morbide. Sa construction est simple, sans emphase, sans grande originalité ; très linéaire mais fichtrement efficace. Elle cherche à faire passer un message fort sur l’absurdité des conflits et y parvient. Elle montre des gens qui vivaient jusqu’alors ensemble dans les mêmes villages, musulmans et chrétiens, en harmonie ; mais une communauté finie par vouloir exterminer l’autre. Un film coup de poing indispensable pour continuer à éclairer l’esprit de fraternité au-delà des différences qui a tendance à fuir nos pays. TOUT-UN-CINEMA.BLOGSPOT.COM
Excellent film sur le drame de Srebrenica. Certes, ce film bosniaque a chargé contre les Serbes de comprend. Il manque néanmoins des éléments de compréhension qui auraient permis de mieux comprendre cette tragédie.
Le massacre de Srebrenica perpétré par l'armée serbe vu par la réalisatrice bosniaque Jasmila Žbanić. Une mère appartenant à l'ONU tente désespérément de sauver son mari et ses deux enfants d'un crime de masse que l'on sent venir. Glaçant, poignant, implacable ,et le tout sans voyeurisme.
“La Voix d'Aida” est une fiction qui trouve ses sources dans le massacre de plus de 8000 habitants de Srebrenica en Bosnie en 1995. Pendant tout le conflit, l’ONU avait déclaré la ville “zone de sécurité” pour les civils. Mais les forces bosno-serbes ont envahi la ville et désarmé les Casques Bleus. Dans le film, Aida est une professeure d’anglais, réquisitionnée comme interprète par l’ONU. Témoin du danger qui approche, elle décide de tout mettre en œuvre pour sauver ses deux fils et son mari. Jasmila Žbanić signe une œuvre troublante, qui sous l’urgence des actions de la protagoniste, nous montre l’impuissance des uns et des autres face à l’inévitable. D'autres critiques sur notre page Facebook : Cinéphiles 44 et notre site cinephiles44.com
Je visionnais ce dvd quand les bruits de bottes se faisaient de plus en plus insistants à la frontière entre l’Ukraine et la Russie. Aujourd’hui « La voix d’Aida » résonne avec encore plus d’acuité , de gravité tant elle crie le désespoir de l’humanité, sa barbarie, sa lâcheté. Il y a 25 ans Srebrenica était encerclée par les forces serbes. Une zone de sécurité, assurait l’ONU qui tout au long de ce conflit montrera ses faiblesses, pendant que l’armée Serbe prenait possession des lieux, sans y mettre les formes. Ce que révèle avec une évidence désarmante la réalisatrice à travers le destin singulier d’une interprète Aida, qui face au chaos tente de sauver ce qui peut l’être encore de sa famille dispersée au milieu de milliers de gens. Ce film ne témoigne pas de l’Histoire, il l’éclaire crument 25 ans avant l’invasion de l’Ukraine, un scénario semblable, une même ignominie. Encerclée par les forces serbes, Srebrenica est une zone de sécurité, selon un code onusien qui ne tient pas un instant. « La voix d’Aida » crie toujours dans le désert… AVIS BONUS Le commentaire de la réalisatrice, d’un ancien casque bleu et d’un documentaire sur Srebrenica à l’époque de la guerre, édifiant . Pour en savoir plus : lheuredelasortie.com