Les Olympiades
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Yves G.

1 845 abonnés 4 020 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 6 novembre 2021
De nos jours, dans le quartier des Olympiades, à Paris 13ème, quatre jeunes gens se croisent, se séduisent, s’aiment, se quittent, se retrouvent….
Emilie (Lucie Zhang) cherche à s’émanciper d’une famille chinoise étouffante. Son diplôme de Sciences po en poche elle s’est installée dans l’appartement de sa grand-mère, internée en EHPAD, et a trouvé un emploi sous-qualifiée de télévendeuse.
Camille (Makita Samba) a répondu à l’annonce passée par Emilie pour devenir son colocataire. Professeur de français dans un lycée du quartier, il prépare mollement l’agrégation. Il séduit instantanément Emilie qui couche avec lui et en tombe amoureuse ; mais il refuse de s’engager dans cette relation.
Nora (Noémie Merlant) est une jeune provinciale récemment arrivée à Paris pour y reprendre des études de droit après une première expérience professionnelle dans l’immobilier. Ses camarades de fac croient reconnaître en elle Amber Sweet (Jehnny Beth), une star du porno. Elle quitte la fac et rencontre Camille qui, pendant l’année de césure que l’Education nationale lui a accordée pour préparer l’agrégation, a repris l’agence immobilière d’un cousin.

Jacques Audiard est peut-être l’un des plus grands réalisateurs français – certains disent même mondiaux – contemporains. Palme d’or en 2015 pour "Dheepan", il a eu trois fois le César du meilleur réalisateur pour "De battre mon cœur s’est arrêté", "Un prophète" et "Les Frères Sister". Le film que j’ai préféré de lui est peut-être "De rouille et d’os", l’adaptation d’une série de nouvelles de l’écrivain canadien Craig Davidson. J’en ai retrouvé la structure dans "Les Olympiades" qui adapte trois nouvelles graphiques du bédéiste américain Adrian Tomine.

Avec une extrême fluidité, Jacques Audiard et ses co-scénaristes Céline Sciamma et Léa Mysius entrelacent trois récits. Le résultat est beaucoup plus réussi que "The French Dispatch", construit sur un principe similaire mais où les trois histoires racontées n’avaient entre elles aucun rapport.

Cette fluidité dans le récit est la première qualité des "Olympiades". Mais c’est loin d’être la seule.

Le film est d’une étonnante fraîcheur. D’autant plus étonnante que le réalisateur qui le signe a près de soixante-dix ans. Cette fraîcheur, il la doit à ses trois interprètes principaux. On connaissait déjà Noémie Merlant, notamment mais pas seulement pour son rôle dans "Portrait de la jeune fille en feu". On la reverra bientôt dans "A Good Man" dans le rôle d’une mère transgenre (sic) sous la direction de Marie-Castille Mention-Schaar. Lucie Zhang est la révélation du film. Âgée de vingt ans à peine, elle incarne Emilie et toutes les contradictions des jeunes femmes d’aujourd’hui : le désir de rompre avec sa famille et un profond attachement à sa grand-mère en fin de vie, les difficultés à trouver un métier qui satisfasse ses aspirations et un logement qui corresponde à son budget, une liberté sexuelle qui ne va pas toujours de pair avec les attachements du cœur.
Makita Samba enfin. Un acteur follement sexy, à la grâce féline, qui m’a rappelé John David Washington (le héros de "Tenet") et André Holland (celui de la série "The Eddy"). J’ai adoré l’intonation de sa voix. Et j’ai aimé que le personnage qu’il interprète ne se définisse pas par la couleur de sa peau et aurait pu tout aussi bien, sans changer une ligne au script, être interprété par un Blanc.

Dans un registre qui n’était pas le sien jusqu’alors, et qui n’est pas sans rappeler la "Nouvelle Vague" et l’oeuvre de Rohmer, Audiard dissèque les émois amoureux des vingtenaires d’aujourd’hui. Il parle de sexe et n’hésite pas à le montrer – les scènes très crues auraient peut-être justifié une interdiction aux moins de douze ans. Il parle surtout d’amour avec un romantisme étonnant. Il se clôt par deux scènes portées par la grâce, dont le souvenir m’accompagnera longtemps.
Fabien S.

686 abonnés 4 150 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 14 novembre 2022
Jacques Audiard filme le quotidien d'une jeunesse dépravée en noir et blanc avec Noémie Merlant, Lucie Zhang , Makita Samba et Jehnny Beth.
Boby 53
Boby 53

26 abonnés 251 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 6 novembre 2021
Oui ce film est revigorant: ses 3 acteurs principaux nous emballent, marivaudage du XIXeme dans un Paris du 13eme...Un Paris surprenant filmé en noir & blanc, loin des sempiternelles images Hausmaniennes. On y échange paroles, désirs, assouvissements, fantasmes...Reste une image Rhomerienne de l'ensemble, qui nous ravit, nous réconforte. Tout n'est pas perdu pour ces 3 jeunes trentenaires, et c'est ce qui clôt le film. Soit.
Damien Vabre
Damien Vabre

187 abonnés 488 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 10 novembre 2021
Jacques Audiard se renouvelle avec cette comédie sentimentale inégale dans le scénario et la symbolique de ce quartier parisien mais trop talentueuse et attachante pour passer à côté: l'interprétation de Lucie Zhang, Makita Samba, Noémie Merlant et Jehnny Beth, des dialogues vifs, un superbe noir et blanc et la musique électro de Rone.
Isabel I.
Isabel I.

50 abonnés 317 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 12 novembre 2021
La bande annonce  pourrait desservir le film car les images  présentées sont surtout centrées sur les scènes les plus  érotiques du film alors qu'il est bien plus que cela ; limite cela aurait pu me décourager d'y aller si ce n'est le nom de  Jacques Audiard au commande et l'intensité immédiate du noir et blanc qui m'a séduite. Bref sans être particulièrement prude,  oui j'ai hésité.
Cette  bande annonce est  pourtant en même temps sincère et trompeuse tout comme le sont Emilie, Camille, Nora et  Amber.
Oui ça cause beaucoup de sexe et ça le montre aussi ( assez joliment d'ailleurs : sensualité sans pornographie ) oui le sexe est définitivement le fil conducteur de ces histoires, de ces personnages un peu paumés qui se croisent. Le vrai thème du film est bien autre chose.
Le sexe est une thérapie. Il est omniprésent pour  mieux masquer les sentiments, les fragilités de chacun,  donner l'impression qu' on maîtrise tout : ses relations,  ses amours  et en particulier sa vie ; enfin s'en donner l'illusion... car la vulnérabilité des personnages se ressent très fortement  malgré leur désinvolture, leur dénis.
Le thème  c'est cet isolement affectif dans la ville , être si seuls, perdus et anonymes avoir peur de trop donner, avoir peur d'être blessé.
Donner plus d'importance au corps pour se protéger le cœur.
Didier M.
Didier M.

14 abonnés 88 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 6 novembre 2021
Les gens, leurs bons et mauvais côtés, leurs rencontres, une dalle, des galeries, des tours d'habitations, le sexe puis l'amour. Jusque là rien d'original.
Sauf que là on a d'excellents acteurs, très bien dirigés, une magnifique photo quasi exclusivement noir et blanc et une musique parfaitement adaptée aux lieux et aux personnages.
Des films comme ça j'en redemande.
Leandre H
Leandre H

10 abonnés 37 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 7 novembre 2021
Le noir et blanc est ici tout sauf un luxe, c'est nécessaire à la géométrisation des espaces et des formes. Il sublime ce quartier graphique qu'est le 13e et c'est une des meilleures idées de cette comédie romantique contemporaine, que je ne peux m'empêcher de comparer au beau Julie (en 12 chapitres) de Joachim Trier sorti il y a un mois. Ils réussissent tous deux un portrait d'une jeunesse désenchantée au XXIe siècle, avec réalisme et sans pudeur.

Je parle de réalisme car les personnages sont ici aux prises avec les réseaux sociaux, apps de rencontre et sites porno pour trouver leur place dans un monde ou règne une conception de l'amour qui se veux détaché et sans lendemain. On y rencontre la merveilleuse Lucie Zhang (Emilie), qui campe un personnage sans grande ambition profesionnelle, mais avec un caractère flamboyant; Makita Samba (Camille) qui devient un prof de lettres désabusé qui papillonne d'une femme à une autre, et Noémie Merlant (Nora), une trentenaire en réorientation, victime d'une modernité qui lui a échappé, aux antipodes de Emilie. Des parcours variés et intéressants pour un tel film.

Mais le scénario reste un brin artificiel, tissant des liens entre ces trajectoires qui ne paraissent pas vraiment naturels parfois. Peut-être que le film aurait gagnée à être plus concis également, des scènes n'étant pas forcément utiles à la narration. Les scènes de sexe sont chorégraphiées et deviennent presque abstraites tant le noir et blanc dissout les couleurs pour n'en révéler que les contrastes : on sent de l'alchimie entre les acteurs, ça fonctionne. La BO de Rone, une enivrante électro, est également très prenante.

Voilà un film plus léger qui dresse avec énergie un beau portrait du désir contemporain. Mention spéciale à la révélation Lucie Zhang !
Achim ERNEST
Achim ERNEST

45 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 2 novembre 2021
Du grand Jacques Audiard qui renouvel légèrement son style, en gardant les fondamentaux de son cinéma, plaira aux fans de ce réalisateur et aussi aux simples cinéphiles. La BO composé par Rone est très justement adapté au scénario et superbement entraînante dans ces romances parisiennes. L'attribution du César de la meilleure musique ne serait pas une surprise.
Néanmoins ce n'est pas les romances parisienne clichés tant attendue par les Américains, mais bien le Paris des trentenaires de notre époque. Drôle, émouvant et libre.
Petit pari pour le César de la meilleure espoir féminin, car Lucy Zhang est vraiment géniale de talent.
Jacques Audiard nous refait le coup de Tahar Rahim, mais au féminin, en découvrant cette perle de performance théâtrale. Bravo.
FaRem

10 571 abonnés 11 456 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 8 juillet 2022
Camille et ses drôles de dames. Après son western "Les frères Sisters" que je n'ai pas spécialement aimé, Jacques Audiard nous propose un triangle amoureux adapté de trois nouvelles. Je ne connais absolument pas les œuvres d'origine d'Adrian Tomine, mais le scénario écrit à plusieurs mains avec notamment Céline Sciamma est d'une grande fluidité. Trois portraits de personnes qui vont se croiser, s'apprécier ou même s'aimer à un moment donné. Les échanges entre eux sont nombreux, mais ils sont également un point central de leur propre histoire. Émilie, Camille et Nora existent également par eux-mêmes et pas uniquement à travers ces relations. On découvre une Émilie sûre d'elle, mais en même temps fragile même si on met du temps à la percer à jour, un Camille très charmeur et intelligent qui aime se battre pour ce qu'il veut, et une Nora qui manque cruellement de confiance en elle. Ces beaux personnages parfaitement écrits et incarnés sont la force du film. J'ai apprécié l'histoire, mais ces trois acteurs lui donnent une âme et une certaine grâce. Les trois sont bons, mais la petite nouvelle Lucie Zhang est une véritable révélation. C'est beau, prenant, sensuel, subtil et attendrissant. Bref, un très bon film.
🎬 RENGER 📼 Cinéphile Nostal𝙂𝙚𝙚𝙠

8 850 abonnés 8 175 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 16 novembre 2021
Quartier des Olympiades, dans le 13ème arrondissement de Paris. Dans le tumulte parisien rythmé par le métro-boulot-dodo, Camille démarre une collocation avec Émilie, tous deux nouant une certaine relation alors qu’au même moment, ce dernier est attiré par Nora, elle-même envouté par Amber. Quatre protagonistes au profil très différent, un prof de français, une téléopératrice, une provinciale fraîchement débarquée sur Paris et une cam-girl.

Pour son nouveau long-métrage, Jacques Audiard adapte trois nouvelles de l’américain Adrian Tomine ("Amber Sweet", "Killing and dying" & "Hawaiian getaway") et convie à l’écriture Céline Sciamma & Léa Mysius pour étoffer et transposer sur grand écran ces comics. Il en résulte un drame sociétal oscillant avec la comédie romantique, parfaitement écrit et d’une rare authenticité dans la représentation de ces personnages.

Le multiculturalisme, les valeurs familiales, le triangle amoureux ou encore la découverte de soi, sont au cœur de cette romance brillamment mise en scène au cœur d’un magnifique Paris en noir & blanc, loin de l’image de carte postale à laquelle on est habitué. Le casting est des plus réussit, les acteurs y sont touchants et nous offre de très belles révélations, telles que Lucie Zhang & Makita Samba, aux côtés de celle que l’on ne présente plus, Noémie Merlant (A Good Man - 2021).

Des acteurs en passant par la très belle photo signée Paul Guilhaume ou encore la B.O. composée par Rone, Jacques Audiard séduit une fois de plus, avec légèreté, en nous immisçant au cœur de la psychologie amoureuse de ses protagonistes.

► http://bit.ly/CinephileNostalGeek ★ http://twitter.com/B_Renger ◄
ferdinand75

723 abonnés 4 462 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 30 novembre 2025
Une cure de jouvence et une prouesse pour le déjà mature Jacques Audiard alors âgé de 68 ans , et qui nous livre un film d’une incroyable modernité, tellement contemporain, sur la jeunesse d’aujourd’hui , sur les mœurs en évolution, sur la liberté sexuelle et les nouvelles tendances .En France je ne vois pas un réalisateur, (y compris et surtout chez les plus jeunes )qui ai livré un film le décrivant aussi bien et en phase avec les trentenaires. Il faudrait aller chercher aux USA , où les auteurs sont moins frileux, style Larry Clarke , Gus van Sant ou Vincent Gallo , pour trouver une telle impertinence , une telle fraîcheur, une telle liberté de ton, avec des jeunes vivant librement leur sexualité.
Il y a aussi le choix du noir et blanc magnifiquement réussi, très belle qualité d’image, contraste puis gris velouté, une réussite du chef Op, Paul Guilhaume, qui aura le César et l’ Oscar de la meilleure photo en 2025,pour « Emilia Perez », un nom à retenir.
Les trois jeunes acteurs sont excellents, bien sûr Noémie Merlant que l’on connait maintenant très bien, mais ce sont surtout Makita Samba et Lucie Zhang qui crèvent l’écran, de fraicheur, de justesse , de naturel. Souhaitons- leur une belle carrière .
Starwealther
Starwealther

107 abonnés 1 319 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 13 mai 2022
Jacques Audiard réussit une superbe romance contemporaine avec "Les Olympiades", sorte de melting-pot amoureux où on suivra les aventures d'un homme noir, d'une fille asiatique et d'une blanche française dans le 13ème arrondissement de Paris. Il décrit avec beaucoup de justesse la jeunesse parisienne de notre époque. Un métissage très enrichissant et une vie amoureuse aléatoire fait de nombreuses histoires sans lendemain. Bien sûr, le long métrage ne serait pas moderne sans la petite touche homosexuelle à la fin du film, j'ai l'impression qu'un réalisateur ne se sent pas tendance sans rapport lesbien dans au moins une scène. Un film que j'ai beaucoup apprécié, Jacques Audiard a du talent c'est absolument indéniable.
anonyme
Un visiteur
2,5
Publiée le 28 juillet 2022
Jacques Audiard nous pond un film assez étonnant. Un beau film en noir et blanc à une séquence près. Mais à bien y regarder, ce qui est beau c’est le noir et blanc, et ce noir et blanc n’en fait pas pour autant un beau film.
J’ai côtoyé l’ennui jusqu’à l’arrivée de Nora (Noémie Merlant).
Cependant, force est de reconnaître que ce petit film choral m’a réconcilié avec la présence de Nora.

En vérité, je suis dans l’expectative : un sentiment mitigé.
Ce récit fourre-tout a sans doute le défaut d’aborder trop de thèmes dans ce Paris du XIIIème arrondissement : co-locataires et précarité de jeunes sur-diplômés ; Alzheimer ; communauté ; sexualité assumée et sexualité sur commande ; troubles des sentiments ; incertitude de l’avenir, vivre au jour le jour, traumatisme, cyber harcèlement.

En résumé, j’ai regardé « Les Olympiades » avec une certaine distance sans être indifférent aux personnages. En effet, j’ai pris plaisir à découvrir deux jeunes acteurs prometteurs qui ont eu l’audace de se mettre à nu : Makita Samba (Camille) et Lucie Zhang (Emilie).
C’est déjà ça !
Juan 75
Juan 75

78 abonnés 488 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 5 mai 2022
Jacques Audiard est probablement leréalisateur le plus surestimé du cinéma français. Un peu de sexe, du noir et blanc, du métissage et tout le monde crie au génie. Pourtant le film est très conventionnel, hétéronormé et plutôt macho dans son esprit et assez plat dans sa réalisation. L'image est certes très belle et le choix du quartier intéressant mais il y avait plus à faire sur la communauté chinoise à Paris. Seules les scènes entre Amber et Nora émeuvent un peu. Décevant de la part de Céline Sciama de participer à un scenarios si conservateur.
Martin P.
Martin P.

57 abonnés 263 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 9 novembre 2022
Encore un super film d'Audiard, qui rentre dans l'intimité de jeunes gens habitant dans le 13e arrondissement de Paris. Léger, très bien amené et très bien réalisé (le noir et blanc et les quelques passages à la couleur fonctionnent très bien), le film est vraiment agréable à regarder et on s'attache aux personnages, les acteurs peu connus sont très justes. (Film réservé aux adultes en revanche).
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