Sacrée pellicule que celle-ci ! Bertolucci nous livre ici un métrage de plus de 5 heures sur la lutte des classes dans l'Italie d'avant guerre. On y suit les destins croisés de deux amis nés en 1900 aux trajectoires opposées puisque l'un étant paysan et l'autre bourgeois. Et c'est durant plusieurs heures donc que l'on va les voir évoluer avec en fond le paysage politique italien tantôt fasciste, tantôt communiste de 1900 à la seconde guerre mondiale. Si l'intrigue est passionnante à suivre, elle n'est en revanche pas toujours palpitante, la faute bien évidemment à quelques longueurs inévitables sur une telle durée et il est vrai qu'il vaut mieux être un minimum calé en Histoire pour apprécier cette oeuvre à sa juste valeur. L'intention est tout à fait louable du réalisateur et l'ensemble hume bon le cinéma d'un autre temps, sans oublier que le Monsieur a réussi l'exploit de réunir à l'écran Gérard Depardieu et Robert De Niro, tout juste auréolé de ses premiers rôles sous la direction de Scorsese et de Coppola, les deux sont d'ailleurs excellents et l'on peut les faire rejoindre par Donald Sutherland, très étonnant ici. Bertolucci fait se croiser des scènes presque futiles avec d'autres très crues ou encore d'une violence implacable, il en ressort du coup une certaine véracité. On regrettera toutefois des doublages plus qu'approximatifs, des ellipses et coupures difficiles à appréhender et quelques passages à vide qui peuvent faire perdre un peu le fil mais dans l'ensemble, Bertolucci a réalisé quelque chose de grand et d'assez unique en son genre qu'il faut je pense avoir vu au moins une fois pour sa culture qu'elle soit ciné ou personnelle.
Cette énorme fresque se passant dans la région de Parme où le réalisateur est né et a grandi, nous permet de découvrir le monde paysan italien entre 1901 et 1945, ainsi que la vie de ceux qui les exploitent, en suivant ainsi la trajectoire de deux personnages de conditions sociales opposées. Le premier, Olmo Dalco (Gérard Depardieu) est le petit-fils bâtard d'un ouvrier agricole tan disque que le second, Alfredo Berlinghieri (Robert De Niro) est le fils d' un riche propriétaire terrien qui exploite sa main d'oeuvre. Alors que ces 2 personnes nés le même jour, vont grandir enfant côte à côte et bien que Alfredo se révèle sensible un moment à la condition des plus pauvres, les 2 amis d''enfance vont prendre peu à peu leur distance vis à vis de l'un et de l'autre, Alfredo suivant finalement le destin de sa classe sociale et Olmo développant fortement une conscience politique de gauche. La mise en abîme de cette situation où se creuse progressivement trop d'inégalités entre ces 2 classes sociales, permet au réalisateur de prendre parti sur le plan politique tout en montrant le démantèlement progressif d'un monde. Egalement, il est intéressant dans ce film d'histoire sociale et politique, de découvrir la lutte entre les paysans et les propriétaires terriens féodaux dans un contexte historique où aussi bien sur le plan national que local, la montée et la chute du fascisme, ainsi que l'émergence du communisme. Et à travers l'ascension de ces courants politiques, 1900 met ainsi en opposition, les mérites des paysannes transmis de pères en fils et la décadence de la bourgeoisie rurale des maîtres de la propriété où évoluent les personnages. Pourtant si tout ces aspects sont montrés avec originalité et souvent avec une forte intensité, par ailleurs certaines séquences insoutenables peuvent choquer, on peut regretter que la dernière demi heure de ce film de 5h30 composé en 2 parties, apparaît un peu en dessous de l'ensemble de cette oeuvre monumentale, en reformulant trop ce q
Parler de l'histoire de son propre pays n'est jamais chose aisée. Quant à lui, Bertolucci n'a pas hésité à tomber dans la caricature, ou disons simplement, le cliché. Mais c'est avec brio qu'il commet un tel outrage, n'oubliant jamais, à l'inverse, son amour pour son pays et pour le cinéma. C'est en délaissant l'analyse historique et en épousant le mouvement cinématographique, que Bertolucci nous fait revivre l'histoire italienne du XXème siècle, dans ses moments sanglants (commis par des fascistes inhumains) comme dans la libération (les communistes qui se libèrent du joug aristocratique), avec une force admirable, digne d'un grand metteur en scène. La quête des deux amis est bien symbolique de cette volonté: cette amitié devient également "historique" et c'est l'une des plus grandes réussites du film d'avoir réussi à transformer cette relation banale en une métaphore du temps et de la durée pure. Tel le monologue de Depardieu l'annonce bel et bien, Bertolucci a voulu, et a réussi, à nous faire ressentir, non pas les faits, la "vraie histoire", mais ce qui est peut-être encore plus dur à ressentir : l'homme hégélien, l'homme dans l'histoire, "l'ivresse historique". Et cela, par la seule magie du cinéma (14.6/20)
Bertolucci ne se prend pas pour n'importe qui. Digérant les monstres sacrés du patrimoine, du précieux Boignoffi, du guindé Visconti jusqu'au naïf De Sica, en passant par l'outrance de la comédie dramatique boufonne où on réduit les bourgeois aux paysans, il systématise qelque chose de latent et d'inexplorer dans le cinéma italien, à ce que le baroque et l'exubérance auraient pu s'allier au néo réalisme, au lieu d'en être un contrepoint brillant mais formaliste, un système hybride qui aura aussi été unique dans le cinéma. Bertolucci chausse ses bottes de septs lieus et brasse de l'histoire avec une grande passion et une grande connaissance de son sujet, pas l'histoire italienne, mais l'histoire des masses. Les tableaux sont de la chaire et, de loin, des mouvements, des pans de cinéma spectaculaires, la folie est toujours là, le tragique finit classiquement par tout absorbé, et surnage un engagement. Dans une volonté de politisé un cinéma qui ne finira depuis plus de decliné sur le terrain du conformisme morale politique et esthétique (culte de la forme notemment dans le cinéma russe classique), le réalisateur construit de nouvelles conventions, ou les rapprochement sexuels sont explorés ou la confusion devient amère et triste. Bien qu'il ne reste rien de bertolucci aujourd'hui (aprés ses incartades orientales désincarnées et inutiles) on pourra se souvenir qu'il aura construit une des plus belles fresques historiques du cinéma du 20ème et sans rougir y avoir mis ce qu'un raffinement prudent ne faisait que murmurait dans le cinéma italien trés bourgeois d'alors, du rouge. Cimino s'en souviendra pour ce qui sera l'avenement de la fresque américaine ancienne.
Le fait qu'un individu comme "Jean C." (l'initiale est de lui) trouve ce film (je cite) "à chier" parce qu'il ny a rien compris, prouve bien que les 75% de critiques très favorables sont amplement justifiées.
Une fois que l'on a admis que Bertolucci adotpte sur l'histoire de l'Italie durant la première moitié du XXème siècle un point de vue résolument marxiste, on comprend mieux - à défaut de l'approuver- le manichéisme parfois un peu énervant qui accompagne toute l'oeuvre.
Cette réserve émise , il est indiscutable que 1900 est une oeuvre majeure du cinéma italien.
Le film est balayé par un souffle épique incroyable à l'appui duquel viennent une distribution absolument éblouissante, une photographie magnifique, et la superbe musique d'Ennio Morricone.
Malgré sa longueur, il se laisse voir avec un intérêt soutenu et le plus grand plaisir. Une oeuvre de la taille du légendaire "Guêpard" de Visconti, à laquelle l'associe d'ailleurs la présence du grand Burt Lancaster.
Il est intéressant de compare la manière dont deux grands du cinéma italien évoquent la dure condition des métayers italiens au début du siècle dernier:
Fatalisme et passivité dans "L'Arbre aux Sabots" , d'Olmi,
1900 (ou Novecento) est une fresque cinématographique sur le XXe siècle italien (ou du moins sur sa première moitié) très réussie. J'ai vu les deux parties à la suite et je ne me souviens plus d'où se trouve la frontière entre les deux moitiés. Le film de Bernardo Bertolucci marche très bien grâce un casting extrêmement solide, mêlant stars américaines et européennes : Gérard Depardieu, Robert de Niro, Donald Sutherland, Burt Lancaster … et même si les acteurs ici, ne délivrent pas forcément leurs plus grandes performances (on a vu notamment Gérard Depardieu faire mieux), le tout reste convaincant (et Donald Sutherland pour le coup, est excellent en fasciste sadique). Cette fresque suit l'évolution à travers les âges de deux enfants, nés le même jour, dans le même village mais pas sous la même étoile : le premier, fils du propriétaire terrien, se voit offrira dès la naissance le droit de jouir de tout, tandis que le second, fils de métayer, sera condamné à trimer et à mener une vie plus miséreuse. Un bon film.
Portée par un vrai sens de la fresque que le montage exprime puissamment à de rares expressions près, cette épopée foisonnante et fleuve sur l'Italie populaire de la première moitié du XXème, et à travers elle sur les cycles de l'Histoire, est une oeuvre profondément marquée par la patte de Bernardo Bertolucci. La tension sexuelle qui jalonne son cinéma surligne inévitablement le caractère passionnel du moteur qui pousse les hommes à écrire la destinée de leur Monde, même si par ailleurs il arrive qu'elle salisse légèrement l'émotion. On retrouve aussi tout l'engagement du cinéaste, à l'excès d'ailleurs, quand celui-ci sombre dans un manichéisme agaçant appuyé par une violence dont la gratuité sent forcément une forme de manipulation factice. C'est d'ailleurs bien une des seules choses que je reprocherai à Bertolucci tant par ailleurs il s'avère convaincant, surtout au travers de son sens de l'image toujours impeccable, souvent impressionnant. J'ai aussi totalement goûté au charme de la photographie, dont le grain désuet est très immersif, ainsi qu'à la partition forcément réussie d'Ennio Morricone. Côté casting, les grands noms se succèdent, et voir tant de gueules célèbres vaquer dans le récit puis le quitter, preuve qu'elles sont mises à son service et non l'inverse, à quelque chose d'impressionnant qui lui confère une vraie ampleur. Seules les deux têtes d'affiche De Niro et Depardieu, impeccables de bout en bout, traverseront les quelques cinq heures de pellicule qui auront entres autres vu défiler Sterling Hayden (sobre mais consistant), Burt Lancaster (d'une présence souveraine) et Donald Sutherland (inquiétant et dégoûtant à souhait). J'ai aussi apprécié l'idée de faire correspondre périodes historiques et saisons dans un grand mouvement pas sans effet sur l’œil. Non vraiment, il est dommage qu'un long-métrage souvent si fin dans la forme soit si caricatural dans le fond, et qu'il soit un peu moins documenté sur l'époque que ce que j'espérais, sa reconstitution soignée n'étant pas vraiment mise en avant. Au moins, Novecento possède incontestablement le souffle qui aura par exemple manqué à Michael Cimino quelques années plus tard avec son Heaven's Gate, pour rester dans la fresque sociale à grande échelle. Un long-métrage imparfait, mais marquant et quasi-légendaire.
Chef-d’œuvre mésestimé du cinéma italien et mondial, film monumental à l’ambition démesurée, fresque épique et éminemment politique retraçant un demi-siècle de l’histoire de l’Italie, tableau d’une beauté saisissante sur la vie, les mœurs et les traditions des paysans d’Émilie-Romagne au début du siècle dernier, production hollywoodienne au fort parfum communiste, (très) long-métrage au casting démentiel, œuvre nostalgique sur l’amitié, le temps qui passe et les utopies perdues,... 1900 (Novecento) est tout cela à la fois. Réalisé par Bernardo Bertolucci au milieu des années 70 dans la foulée du succès du Dernier tango à Paris, ce film aux mille paradoxes semble à la fois intemporel, de par les thèmes qu’il développe et le panorama qu’il dresse sur la campagne et les paysans, et à la fois très ancré dans son temps, de par sa grande politisation, son engagement pro-communiste et son incroyable liberté de ton – plusieurs séquences sont sexuellement explicites. Remarquablement mis en scène par un cinéaste au sommet de son art (et de sa mégalomanie), magnifiquement mis en lumière par un Vittorio Storario qui s’apprêtait à travailler sur Apocalypse now de Francis Ford Coppola, bénéficiant de décors naturels somptueux, Novecento est porté par des acteurs étourdissants de fougue, de folie et de passion : Gérard Depardieu, Robert De Niro, Dominique Sanda, Donald Sutherland, Burt Lancaster, Sterling Hayden, Laura Betti, Stefania Sandrelli, Romolo Valli, Alida Valli, Maria Monti,... Extraordinaire de bouillonnement et d’exaltation.
Fresque politique et idéologique tout aussi somme que modèle, 1900 de Bernardo Bertolucci est un film d’une ambition folle. L’immensité de ce diptyque monumental ne réside pas uniquement dans sa durée (5h17). Le casting international convoqué, la narration filant sur près d’un demi-siècle, la réalisation impeccable, un tournage sur neuf mois embrassant les quatre saisons annuelles sont autant d’éléments qui nous poussent à considérer cette saga familiale comme l’un des plus grands films italiens des années 1970. Critique complète sur incineveritasblog.wordpress.com
Cette superbe fresque sur l'histoire de l'Italie dans la première moitié du XXème siècle possède d'indéniables qualités et constitue une œuvre très réussie. Elle est toutefois handicapée par quelques éléments. Au premier chef sa longueur, qui pour moi n'est pas totalement justifiée. Certaines scènes auraient pu être supprimées sans que l'intrigue en souffre aucunement. Les acteurs sont talentueux. Ils apparaissent toutefois caricaturaux dans certaines situations, tels Depardieu en paysan mal dégrossi ou Sutherland en fasciste psychopathe. La voix de Dominique Sanda sonnait faux, c'est peut-être dû au doublage. La lutte immuable entre paysans et patrons est au cœur du film. Mais c'est également un film sur l'amitié. Parmi les points forts, je retiens aussi la superbe musique de Morricone, et une mise en scène recherchée, avec des plans magnifiques dans la campagne italienne. A voir, donc.
Grande fresque de plus de 5 heures. Beaucoup de thématique brassées, montée du fascisme (surtout dans l'acte 2), lutte des classes (durant tout le film), les guerres mondiale et aussi des histoires intimes. Énormément de scènes fortes en émotion et en symbole (parfois le cinéaste en fait trop d'ailleurs). Les jeux des acteurs sont déconcertants (surtout Sutherland) et même énervant tant c'est exacerbé.
Une grande fresque de l'Histoire de l'italie à travers l'histoire d'Olmo et d'Alfredo, que tout sépare, mais qui entretiendront une grande amitié malgré leurs différents. Une super musique (de Morricone), deux grands acteurs à leur débuts, Depardieu et DeNiro (et Donald Sutherland en Attila!) (Quel surprise de les voir jouer ensemble.). Le film est très beau, mais un peu trop long, avec des scènes qui ne sont pas franchement très utiles.. et le parti pris se sent un peu trop. Mais ce film est une grande œuvre et je ne suis peut-être pas assez connaisseur en histoire de l'Italie pour l'apprécier toute entière.
Film qui mérite d'être vu. Fresque toute racontée d'un point de vu de la société à partir des deux personnages principaux. Le tout ponctué de scènes incroyables de temps à autre. Je regrète la musique un peu faible de Morricone, ainsi que la voix de la "française" que je trouve horrible. Sinon, acteurs irréprochables, décors assez réduits (manque de volume).
Cette grande fresque historique, très dense, portée par des acteurs talentueux, a le mérite de garder constant l’intérêt qu’on peut lui porter sur tout le film. Assez peu de longueurs, ce qui est un exploit pour un film de 5h20. Les deux époques, bien mises en parallèles, se distinguent largement. La première développe et expose le contexte historique d’une société gouvernée par la lutte des classes, la seconde époque approfondit de manière bien plus tragique et sombre les dégâts du fascisme. Ce film marxiste est clairement ancré dans l’histoire et se veut encore moderne avec cette histoire très actuelle. Une belle galerie de personnages qu’on voit évoluer sur 45ans servie par des acteurs performants, en particulier le couple Attila/Regina d’une incroyable cruauté et le duo Depardieu/De Niro avec leur confrontation fraternelle. On regrettera un peu cette fin un peu longue qui se délecte dans son mouvement de vengeance générale. Une très belle œuvre.
Découvert chez moi en une superbe édition Blue ray j ai un peu honte de voir pour la première fois un film dans ces conditions mais parfois ça permet de découvrir de grand film . C est le cas ici pour cette fresque humaine qui déborde dans tous les sens . Un plaisir gargantuesque de cinéma.